Métro Montréal n°2020-06-10 mercredi
Métro Montréal n°2020-06-10 mercredi
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2020-06-10 de mercredi

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Médias Transcontinental S.E.N.C.

  • Format : (279 x 286) mm

  • Nombre de pages : 12

  • Taille du fichier PDF : 11,2 Mo

  • Dans ce numéro : centre-ville à adapter.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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métr journaimetro.com Mercredi 10 juin 2020 6 OPINIONS eb TRIBUNE LIBRE Un projet de loi anti-santé Alors que l'Organisation mondiale de la santé (OMS) signale que la biodiversité est indispensable pour notre santé, le gouvernement de M. Legault autorise la négligence environnementale au nom de l'économie. Le plan de relance qu'il propose va ainsi à l'encontre des recommandations de 25 organisations de la santé du Québec et des 40 millions de professionnels de la santé dans le monde qui demandent de prioriser l'environnement dans la relance économique, comme seule option viable pour notre santé à long terme. Le projet de loi 61 est un affront aux efforts des travailleuses et travailleurs de la santé dans la pandémie actuelle  : négliger l'environnement, c'est négliger la crise sanitaire grandissante qui, en marge de k COVID-19, est causée par la destruction environnementale et les changements climatiques. La pandémie met en évidence la fragilité de notre réseau de la santé et les risques de l'inaction en prévention des menaces à la santé publique. Le fardeau sanitaire dû au climat deviendra lui aussi insoutenable pour notre système de soins, si nous n'agissons pas dès maintenant pour y pallier. Notre vulnérabilité aux aléas environnementaux est plus que jamais évidente. On s'inquiétait des CHSLD non-climatisés lors de la chaleur record du mois de mai, avec raison  : des centaines de décès supplémentaires surviennent lors des canicules de plus en plus fréquentes au Québec. Selon Santé Canada, ce sont aussi 3 800 Québécois(e)s qui décèdent annuellement des effets de la pollution. Les oyez informé soyez branché avec Métro 3 façons de rester connecté jour tro. om Suivez l'actualité locale, nationale et internationale en temps réel. allergènes, les vecteurs infectieux se multiplient ; les feux de forêts ont forcé l'évacuation d'hôpitaux ailleurs au Canada et dans le monde... Ces impacts sanitaires liés aux changements climatiques entraînent des pertes économiques annuelles qui se chiffrent en milliards de dollars au Québec seulement Doit-on vraiment attendre de faire des bilans de décès au quotidien, avant d'écouter les experts en santé publique ? Notre manque de préparation à la pandémie actuelle nous apprend que des actions ambitieuses sont nécessaires en amont des menaces sanitaires grandissantes et anticipées. Le plan de relance économique doit donc être robuste pour veiller à notre santé et notre résilience à long terme. L'OMS, figure de proue en temps de pandémie, nous prévient justement que « les changements climatiques sont la plus grande menace à la santé du 21e siècle ». En autorisant la négligence environnementale, le gouvernement du Québec déroge à sa responsabilité de protéger la santé des Québécois(e)s face à la crise climatique et n'engendre aucun avantage économique clairement démontré. Le projet de loi 61 contrevient aux recommandations de nombreux experts en économie dans le monde qui, tout comme le Fonds monétaire international, mettent en valeur la supériorité de plans de relance verts en démontrant leurs nombreux bénéfices à court et à long terme. eseaux sociaux Restez informé et interagissez sur l'actualité de dernière minute. Faites-nous découvrir votre Montréal ! Photographes, à vos appareils ! Courez la chance de voir votre cliché publié dans les pages Opinions de votre journal favori... Faites-nous parvenir vos photos de la ville à opinions@journalmetro.com. gram Face à la menace climatique, chaque décision, chaque geste compte  : non seulement les normes environnementales doivent-elles être renforcées plutôt que négligées, mais la transition vers la carbo-neutralité doit être la priorité économique dans le sillage de la COVID-19, pour le bien de la santé des Québécois(e)s dès maintenant et pour les décennies à venir. La relance doit prioriser le verdissement urbain, le transport collectif et électrifié, ainsi que les projets d'efficacité énergétique et d'innovation du secteur de l'énergie pour cesser toute extraction d'hydrocarbures en sol Québécois. Les projets qui favorisent les émissions polluantes, tel les projets autoroutiers comme le troisième lien Québec-Lévis et d'hydrocarbures comme GNL Québec, doivent être proscrits pour prévenir les conséquences de la pollution et du réchauffement planétaire sur notre santé. C'est en priorisant la transition écologique dans la relance post-CO- VID-19 que nous pourrons aplanir k courbe de la crise sanitaire liée au climat. La santé des Québécois(e)s est indissociable de la santé de la planète. Dès maintenant, nous devons soigner l'environnement autant que nous soignons nos aînés, nos parents et nos enfants. OLMIA ZOTOVA, ÉTUDIANTE EN MÉDECINE À ruminant mima ET PRÉSIDENTE DU CONSEIL EXÉCUTIF DE LA PLANÈTE S'INVITE EN SANTÉ L'infolettre Abonnez-vous et recevez l'essentiel de l'actualité dans vos courriels. Qui prendra soin du personnel ? En mars dernier, la ministre de la Santé et des Services sociaux, Danielle McCann, a pris les grands moyens pour faire face à la pandémie. Si l'intention était noble, le prix à payer risque d'être élevé. En modifiant les conventions collectives des personnes salariées du réseau de la santé et des services sociaux (RSSS), elle a donné d'énormes pouvoirs aux gestionnaires afin de pallier la pénurie de main-d'oeuvre qui sévissait déjà depuis trop longtemps dans les établissements. Une carte blanche utilisée pratiquement sans garde-fou contre les dérives possibles de l'application de ces mesures dans les « mastodontes bureaucratiques » que sont nos centres intégrés (CISSS et CIUSSS). Certains employeurs ont profité de ces largesses et, oubliant que les travailleuses et les travailleurs sont des êtres humains qui vivent une pression constante depuis le début de la crise et doivent concilier famille et travail, ils leur ont refusé de prendre du répit La gestion de la crise par les CISSS et les CIUSSS, la négligence organisationnelle et l'abus de pouvoir au sein du RSSS laissent craindre de graves conséquences. Nous nous inquiétons pour la santé mentale des professionnelles et des techniciennes que nous représentons. Certaines sont déjà tombées au combat et seiellbuvent en arrêt de maladie pour détresse psychologique. D'autres considèrent anticiper leur départ à la retraite. Pire encore, on déplore que certaines aient déjà choisi de démissionner, exténuées par les exigences démesurées qui pèsent sur leurs épaules. Pour couronner le tout, le personnel qui travaille d'arrache-pied au quotidien sur la ligne de front, malgré la détresse qui l'habite, pourrait ne plus avoir accès à des vacances, dernier rempart existant pour préserver sa santé psychologique et physique. Loin d'être un luxe, cette période de repos est nécessaire pour prendre du recul et pouvoir continuer à affronter l'ennemi invisible qu'est le coronavirus. Il faut à tout prix éviter que nos membres s'écroulent sous k pression et l'épuisement Nous avons besoin des techniciennes et des professionnelles du RSSS pour répondre aux besoins de la population pendant la crise, mais aussi après. Le retour à la normale laisse présager un sérieux ressac dans le réseau. Les personnes ayant besoin d'un suivi en santé mentale, en dépendance ou en réadaptation, par exemple, auront régressé faute de services pendant les longs mois qui viennent de s'écouler. Elles auront encore davantage besoin des services offerts par nos membres, sans compter les nouvelles personnes qui s'ajouteront aux listes d'attente déjà considérables. Il est impératif que le personnel soit au meilleur de sa forme. Nous demandons au ministère de la Santé et des Services sociaux de même qu'à tous les CIUSSS de Montréal d'agir dès maintenant en tant qu'employeurs de choix en assurant à toutes les personnes salariées le droit à des vacances estivales bien méritées, comme l'a fait le CIUSSS du Nord-de-Ille-de-Montréal. La détresse est omniprésente chez le personnel du réseau. Nous devons pouvoir lutter contre l'épidémie tout en prenant soin du personnel qui offre des services essentiels. C'est vital pour sortir de la crise ! REPRÉSENTANTES NATIONALES DE L'ALLIANCE DU PERSONNEL PROFESSIONNEL ET TECHNIQUE DE LA SANTÉ ET DES SERVICES SOCIAUX (APIS) POUR QUATRE DES CIUSSS DE Lobau MONTRÉAL métr Jou
métr 117,'u'journalmetro.com Mercredi 1.0 juin 2020 C1MT11 Épopée en Amérique Littérature. Roman plein de verve, d'aventure et de grands espaces, Les crépuscules de la Yellowstone est aussi traversé par une conscience écologique et la nostalgie d'un monde sauvage en train de s'éteindre. BENOIT VALOIS-NADEAU bvalois-nadeau@journalmetro.com Cette grande épopée signée Louis Hamelin (la Constellation du lynx) prend sa source dans la rencontre réelle survenue en 1843 entre le naturaliste Jean- Jacques Audubon et le coureur des bois Étienne Provost S'il n'a plus aucune dent dans la bouche et qu'il se sent décliné, Audubon est alors au sommet de sa gloire, auréolé du succès de son ouvrage Les Oiseaux d'Amérique (dont un exemple format géant s'est récemment vendu aux enchères pour la coquette somme de 10 M$.) À bord d'un bateau à vapeur, l'Omega, lui et sa petite équipe remontent tranquillement le fleuve Missouri en quête de spécimens pour terminer un ouvrage sur la faune d'Amérique du Nord. « Audubon est personnage fascinant pour un romancier, raconte Louis Hamelin. Il est épris de contradiction. C'est un romantique, un scientifique, un artiste, un bon vivant mais qui pouvait aussi être un peu cassant et donneur de leçons. » Pour le seconder dans son périple, le Français devenu Américain embauche un autre personnage plus grand que nature, Provost, considéré comme le plus grand trappeur de son époque. Né à Chambly, le rondouillet Étienne a marqué de ses exploits l'Ouest américain. Remarquablement oublié aujourd'hui, il est pourtant le premier Blanc à avoir atteint le Grand Lac Salé. Une ville d'Utah, Provo, porte son nom, mais, analphabète, il n'a laissé aucune trace écrite de Louis Hamelin et Jean-Jacques Audubon, héros de son roman Les crépuscules de la Yellowstone. ! FRANÇOIS COUTURE/COLLABORATION SPÉCIALE/WIKICOMMONS sa vie romanesque. S'ils partagent la même année de naissance et la même langue, on peut dire sans se tromper que les deux hommes forment un duo mal assorti. « C'est un couple d'antonymes, comme Don Quichotte et Sancho Panza, explique Louis Hamelin. Audubon, c'est l'homme du livre, le grand romantique. Provost le paysan, c'est l'homme de la terre, avec toute son expérience et sa science de la forêt » Juché sur son mulet (parce qu'un cheval ne supporterait probablement pas son poids) comme le fidèle Sancho, Provost n'a cure des explications scientifiques d'Audubon. Ne lui parlez pas de Marmotaflaviventris ou de gélinotte huppée, mais plutôt de siffleux et de perdrix ! « Je me suis amusé à confronter leurs points de vue  : la sagesse terrienne de Provost contre la passion d'Audubon, qui me fait parfois penser à celle du capitaine Achab dans Moby Dick. On se demande ce qu'il traque finalement ? » On se pose effectivement la question en lisant les descriptions minutieuses des parties de chasse de la petite troupe. Pour le dire franchement Audubon Humoristes au volant Mehdi Bousaidan, Les Grandes Crues, Christine Morency, Eddy King, Neev, Yannick de Martino, Richardson Zéphir et Mélanie Couture sont quelques-uns des humoristes qui prendront part à la première édition du festival au volant Fauv Yul, qui se tiendra du 3 au 5 juillet dans le stationnement P-10 de l'aéroport Pierre-Elliott-Trudeau. MÉTRO « Le travail du romancier, ce n'est pas de changer l'Histoire, c'est de la faire revivre. » Louis Hamelin, auteur du roman Les crépuscules de la Yellowstone, s'est inspiré des journaux laissés par Jean-Jacques Audubon pour bâtir son truculent récit. et ses compagnons tirent sur à peu près tout ce qui bouge. Bête à plumes ou à fiDurrure, peu importe, ils accumulent les trophées au bénéfice de la science. Pour ajouter à leur collection ethnologique, ils vont même jusqu'à profaner la sépulture d'un grand chef assiniboine pour ramener sa tête. « Aujourd'hui, on tombe à la renverse quand on lit une scène comme celle-là, mais à l'époque les gens qui se prétendaient scientifiques faisaient des choses comme collectionner des crânes humains de peuplades jugées primitives », rappelle Louis Hamelin. « Même s'il se considérait comme un homme des bois, Audubon représente aussi la civilisation blanche qui arrive dans l'Ouest, avec l'arrogance de la science et de la connaissance. » Western écologique Celui qui est aussi chroniqueur au Devoir décrit volontiers son neuvième roman comme « un western écolo- gigue », c'est-à-dire un récit d'aventures avec comme décor l'Ouest américain, mais écrit avec le regard d'un « écolo du 20e siècle ». Ce choix explique d'ailleurs l'irruption dans le roman d'un narrateur contemporain qui ressemble drôlement à Louis Hamelin. En pleine crise existentielle à l'aube de la soixantaine, ce double de l'auteur se rend dans un Dakota du Nord pour retracer le parcours de l'Omega. Presque 200 ans plus tard, le pétrole a remplacé le castor comme ressource à exploiter avec des conséquences écologigues tout aussi néfastes. « Écrire un pur roman historique ne m'intéressait pas, dit l'homme de lettres, qui a remporté le Prix du Gouverneur général pour son premier ouvrage, La rage, en 1989. « Je trouvais important de faire un parallèle avec l'époque contemporaine pour mesurer tout ce qu'on a perdu et démontrer que sous d'autres formes, le massacre continue. C'est ce qui fait dire aux scientifiques qu'on est entrés dans la sixième extinction de masse », soutient Louis Hamelin en évoquant la destruction des habitats, de la faune, de la flore et l'étalement urbain. Des maux qui, selon lui, trouvent leurs sources dans l'exploitation à vitesse grand V des ressources de la nature. « En faisant mes recherches, je me suis rendu compte que le capitalisme prédateur existait déjà à l'époque de Provost et Audubon. On a éradiqué le castor des montagnes Rocheuses pour alimenter l'industrie des chapeaux de poils en Europe. Les bisons ont subi le même sort. Même si on a créé des parcs nationaux et des refuges fauniques pour certaines espèces, on évolue très lentement 11 s'agit de regarder les annonces de VUS et de pickup à la télé, pour comprendre que plusieurs humains sont encore en guerre avec la nature. » Les crépuscules de la Yellowstone Aux Éditions du Boréal PARIS Une fresque en hommages tr, L'artiste français JR et des élèves de l'école de cinéma créée par le réalisateur Ladj Ly (Les Misérables) ont réalisé, dans la nuit de lundi à mardi à Paris, une immense fresque en hommages à l'Américain George Floyd et à Adama Traoré, un jeune Français noir décédé lors de son interpellation en 2016. Cet immense collage en noir et blanc représente deux yeux séparés d'une fissure. AFP RELAXNEWS FANTASIA Les premiers titres dévoilés Le thriller d'aventure The Reckoning de Neil Marshall ouvrira la 24e édition du festival Fantasia, qui aura lieu du 20 août au 2 septembre sur la plateforme Festival Scope. Le film, qui se déroule en 1665 lors de la peste en Angleterre, fait écho au contexte actuel. Parmi les autres primeurs mondiales qui seront présentées au festival, il y aura les films canadiens Die Curse Of AudreyEarnshaw (Thomas Robert Lee) et Corne True (Anthony Scott Burns). ento LITTÉRATURE 7 Elena Ferrante de retour Les millions de lecteurs de la romancière italienne Elena Ferrante ont pu retrouver hier leur autrice préférée avec La vie mensongère des adultes, son premier roman depuis la fin de la saga de L'Amie prodigieuse. MÉTRO



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