Métro Montréal n°2020-06-04 jeudi
Métro Montréal n°2020-06-04 jeudi
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2020-06-04 de jeudi

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Médias Transcontinental S.E.N.C.

  • Format : (279 x 286) mm

  • Nombre de pages : 12

  • Taille du fichier PDF : 11,3 Mo

  • Dans ce numéro : pluie de projets sur Montréal.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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métrvre journaimetro.com Jeudi 4 juin 2020 OPINIONS TRIBUNE LIBRE Les personnes handicapées sont toujours invisibles Depuis le début de la crise sanitaire, les effets sociaux et économiques qui en découlent ont frappé de façon inégale les divers groupes de la société québécoise. Beaucoup d'acteurs et d'observateurs ont souligné que la situation actuelle agit comme révélateur des injustices systémiques et des discriminations quotidiennes vécues par les populations vulnérables ou minoritaires. Les personnes en situation de handicap et leurs proches ont été, de tout temps, mises de côté ou invisibilisées dans l'espace public. Malheureuseument, en cette période exceptionelle, elles sont encore plus oubliées dans les annonces et communications des élus et des gestionnaires publics et privés ainsi que dans les médias, qu'elles ne l'étaient avant la crise. Témoignage sur les CHSLD Je suis enseignante à l'école primaire, et, comme tout le monde j'ai eu l'occasion, à plusieurs reprises, de me rendre en résidence ou en CHSLD pour rendre visite à des parents ou amis. Par ailleurs notre commission scolaire nous a récemment sollicités pour aller prêter main forte en CHSLD, ce que j'ai commencé à faire depuis peu. Je ne parviens pas à faire coïncider ce que je constate et ce que j'entends à la radio ou à la télévision. Dire qu' « on ne s'occupe pas de nos vieux, qu'ils n'ont plus leur place dans la société » me parait un peu simpliste. En effet, on sait que la plupart des résidents de CHSLD ou de résidences sont en grande perte d'autonomie, pour certains elle est quasi-totale. Pourtant, je vois des préposés qui prennent soin de ces personnes de manière consciencieuse et professionnelle. Bien sûr, les récentes enquêtes menées dans ces établissements montrent qu'il y a eu des dérapages. Nous savons tous combien cette question de perte d'autonomie au point de ne plus pouvoir vivre seul chez soi est délicate, douloureuse. Pourtant, il ne fait aucun doute que ces résidents ne pourraient ni vivre En cette Semaine québécoise des personnes handicapées (SQPH), nous tenons à rappeler que, bien avant la situation difficile que nous vivons collectivement, les personnes, les familles et les groupes communautaires se battaient pour améliorer l'accès à plusieurs services fondamentaux et pour le respect de leurs droits. Par exemple, en santé et services sociaux, il y a depuis longtemps des problèmes chroniques de sousfinancement et de listes d'attente dans plusieurs programmes et services comme le soutien à la famille, les activités de jour et les programmes socio-professionnels, les services de réadaptation en petite enfance, l'accompagnement et le répit pour les familles, etc. Comment ne pas souligner la négligence historique de l'hébergement spécialisé et du soutien à domicile, véritable angle mort du Réseau de la santé et des services sociaux, qui sont devenus l'épicentre de la crise des dernières semaines ? Nous avons beaucoup parlé de la situation inacceptable des personnes âgées, mais peu de gens savent que des personnes en situation de handicap physique de moins de 65 ans résident chez eux, ni même chez un parent ou un ami. Leur corpulence, voire leur obésité, l'atrophie des muscles et des membres, l'absence d'équilibre et de repère, la douleur, tout cela nécessite de véritables soins et un lit médicalisé. Inéluctablement, il est en grande partie question ici d'éducation à l'hygiène de vie, celle qui commence dès la plus petite enfance pour grandir, puis vieillir le mieux possible D'autant que de nos jours, on peut vieillir longtemps, pour le meilleur et pour le pire. Le dévouement, les infrastructures, l'action concertée, la relation entre les bénéficiaires et les préposés sont autant de preuves de qualité de services. ESTHER ROTER, ENSEIGNANTE Faites-nous découvrir votre Montréal ! Photographes, à vos appareils ! Courez la chance de voir votre cliché publié dans les pages Opinions de votre journal favori... Faites-nous parvenir vos photos de la ville à opinions@journalmetro.com. MÉTRO dans les CHSLD, que des adultes ayant une déficience intellectuelle ou un trouble du spectre de l'autisme (TSA) sont nombreuses dans les ressources intermédiaires et de type familial (RI-RTF) et que depuis près de trois mois, beaucoup de personnes handicapées habitant chez elles ont été privées de leurs services d'aide à domicile. Que faisons-nous des droits de ces personnes et des ces familles, autant ceux enchâssés dans les chartes des droits, dans les conventions internationales que ceux incluent dans la Loi sur les services de santé et sur les services sociaux (LSSS) ? Déjà que ces droits étaient bafoués régulièrement en temps « normal »... Nous sommes inquiets non seulement des situations dramatiques actuelles dans lesquelles se retrouvent de nombreuses personnes, mais aussi de la situation qui prévaudra dans quelques semaines ou quelques mois pour les services et programmes leur étant réservés. Depuis un an et demi, le gouvernement de la CAQa annoncé certaines sommes pour répondre à quelques besoins, mais en raison des années de compressions et de réorganisations, jumelées à des besoins en croissance, elles À propos de l'écriture inclusive Le 25 mai dernier, j'ai été stupéfaite à la lecture des articles rédigés par deux femmes chroniqueuses du Journal de Montréal, qui s'insurgent contre la « communication épicène », mise de l'avant par la municipalité de Montréal le 22 mai. Cette initiative, qui consiste en un règlement pour former les personnes élues et employées de la ville de Montréal à la « communication épicène », ou communication non genrée, vise à rétablir le rapport de force symbolisé par la prédominance du masculin sur le féminin dans la langue française. Ces mesures en faveur de l'inclusion dans la langue française ont fréquemment suscité de vives oppositions, dont les « arguments » sont bien souvent éculés. En France, des intellectuelles « professeur.e.s de philosophie », des chroniqueur.e.s et des politicien.nes ont dénoncé cette pratique au motif qu'elle dénaturerait la langue, qu'elle serait non prioritaire ou, plus stupéfiant encore, qu'elle « façonnerait les consciences », dans une optique orwellienne. Rien de moins. Au Québec, Sophie Durocher sont largement insuffisantes. Bientôt, le gouvernement va publier sa mise à jour économique. Avec un déficit important appréhendé, que restera-t-il pour améliorer les services sociaux et de santé, mais aussi le transport adapté, les services d'éducation spécialisés, l'accessibilité universelle, le logement adapté et autres programmes ? Lorsqu'on nous dira qu'il faut établit un parallèle fallacieux entre la valorisation de la communication épicène et le soin aux patients de la COVID-19, comme si l'un des enjeux pouvait se réaliser au détriment de l'autre  : « Des gens meurent à la poche dans des CHSLD mais... on va consacrer nos énergies à écrire « la police » au lieu de « les policiers ». Un enjeu futile ? La municipalité précise  : « Au lieu de dire, par exemple  : La Ville recherche un responsable de la communication non genrée, il faudrait dire ou écrire  : La Ville cherche responsable de la communication non germée » ; « Il faudra apprendre à dire "Le ou la juriste" ». Ici, l'ellipse de l'article indéfini ou l'usage des deux articles sont justifiés dans la mesure où ils rendent visibles les femmes et les personnes aux identités de genre multiples, leur donnant les conditions de possibilités pour s'identifier et se sentir représenté.e.s. À l'inverse, si l'on est obligé.e de désigner un poste occupé par une femme par un nom masculin parce qu'il n'y a pas d'équivalent féminin dans la langue, il est clair que l'on masque leur activité dans ce domaine. Cette initiative qualifiée de « sottise » donc, relèverait d'une « assainir les finances publiques », « se serrer la ceinture en période de récession », « relancer les secteurs de l'économie durement touchés », les personnes en situation de handicap et les familles seront-elles encore une fois « sacrifiées » et oubliées ? MATHIEU FRANCOEUR, MOUVEMENT PHAS (PERSONNES HANDICAPÉES POUR L'ACCÈS AUX SERVICES) « audace idéologique », de « combats qui sont dans l'ère du temps ». Or, si Denise Bombardier s'intéressait à l'histoire de la langue française, elle apprendrait, entre autres, qu'au cours du Moyen-Âge, les noms de métiers étaient féminisés (les poétesses, peintresses et philosophesses étaient reconnues), puis effacés symboliquement aux 17e et 18e siècles par des hommes grammairiens, qui se sont activés à invisibiliser les femmes dans ces milieux, promouvant le « masculin générique » au nom de « l'universalité ». L'enjeu est donc de rétablir un rapport de pouvoir et non comme le prétend Sophie Durocher, « d'ajouter des e partout » ou « d'appeler la ville Montréale ». On ne voit pas non plus très bien le rapport entre l'enjeu de l'écriture inclusive et les « pistes cyclables réservées aux femmes » à Montréal que fantasme Bombardier, la communication épicène ayant vocation à inclure et non à séparer les personnes. [...] HÉLOÏSE MICHAUD, DOCTORANTE EN SCIENCE POLITIQUE L'actualité vous fait réagir ? Écrivez-nous ! opinions@ journalmetro.com 6
métr journalmetro.com Jeudi 4 juin 2020 7 Cti ILT111 Faire le plein de nostalgie Télévision. Associés à une époque révolue, les ciné-parcs pourraient bien faire un retour en force, pandémie oblige. Ça tombe bien, la chaîne Historia propose dès demain une série sur l'histoire de ces endroits bien spéciaux du Québec. BENOITVALOIS-NADEAU bvabis-nadeau@joumahetro.com Alors qu'on en trouvait une quarantaine il y a quelques années, il ne reste que cinq ciné-parcs dans la province aujourd'hui. Une vue sous les étoiles va à la rencontre des passionnés qui tiennent à bout de bras ces lieux mythiques, de Saint-Eustache à Chandler, en Gaspésie, en passant par Val- Morin, Mont-Saint-Hilaire et Orford. La série en huit épisodes raconte simultanément l'histoire du développement des ciné-parcs au Québec. Une aventure qui s'amorce avec beaucoup de retard si on la compare avec celle de nos voisins canadiens ou américains. En effet, il a fallu attendre le début des années 1970 et le gouvernement de Robert Bourassa pour que les drive-ins fassent leur ap- Le film québécois Nadia, Butterfly sélectionné à Cannes À défaut de pouvoir tenir un festival cette année, Cannes se dote d'une sélection officielle. Le long métrage québécois Nadia, Butterfly, de Pascal Plante, en fait partie. Le deuxième film du réalisateur des Faux tatouages recevra ainsi le seau du festival, tout comme 55 autres oeuvres, dont The French Dispatch de Wes Anderson et Été 85 de François Ozon. Juin », ., , , -, _-iej. »..., ig reee,'Le ciné- arc Saint-Eustache demeure le lus o ulaire de la rovince avec cin écrans et une ca acité de 3 000 voitures.,'HISTORIA parition dans la Belle Province. C'est presque 40 ans après l'invention du concept aux États-Unis ! Il faut dire que l'Église catholique considérait à l'époque les ciné-parcs comme des « lieux de perdition » et pesait de tout son poids pour retarder leur arrivée chez nous. Semblerait-il que la noirceur et l'intimité de l'automobile favorisaient trop les « rapprochements » au sein des couples non mariés... Le premier épisode d'Une vue sous les étoiles est d'ailleurs consacré à la réputation sulfureuse (justifiée dans certains cas !) des ciné-parcs. D'autres épisodes sont dédiés aux entrepreneurs derrière ces institutions, aux changements technologiques et même à la nourriture servie sur place. « C'est un sujet très riche en archives. Au-delà des anecdotes, ça nous en dit beaucoup sur la progression de l'automobile et du cinéma », soutient Louis-François Grenier, scénariste de la série réalisée par Joélle Desjardins Paquette. Industrie fragile L'âge d'or des ciné-parcs dans la province se situe dans les années 1970 et 1980. C'est d'ailleurs avec plaisir qu'on écoute les ex-propriétaires interrogés se remémorer les cohues provoquées par la projection de films comme E.T. l'extraterrestre ou Un amour de coccinelle (pas la version avec Lindsay Lohan, évidemment). La concurrence de la télévision, l'invention de la vidéo maison, l'étalement urbain et l'augmentation des prix de l'essence ont toutefois mis à mal une bonne partie de l'industrie. Il y a quelques années, c'est le passage du projecteur à bobines vers le format numérique qui a signé l'arrêt de mort de plusieurs ciné-parcs québécois. « C'est la technologie imposée par les majors américains qui a fait le plus mal, explique Louis- François Grenier. Ce sont des exploitants qui peuvent ouvrir seulement trois ou quatre mois par année. C'est loin d'être tous les propriétaires qui avaient les moyens d'investir 100 000, 150 000 ou même 200 000$ pour faire la transition. » Malgré tout, les proprié- Soyez informe soyez branche avec Métro 3 façons de rester connecté jour tro. om Suivez l'actualité locale, nationale et internationale en temps réel. eseaux sociaux L'infolettre Restez informé et interagissez sur l'actualité de dernière minute. Abonnez-vous et recevez l'essentiel de l'actualité dans vos courriels. « La série est parfaitement d'actualité parce que les ciné-parcs font un retour, mais aussi parce que le ton employé va faire du bien apres tout ce qu'on a traversé. » Louis-François Grenier, scénariste d'Une vue sous les étoiles taires demeurent très optimistes pour l'avenir. Et avec une offre de divertissement estival pour le moins limitée, les affaires pourraient être bonnes cet été. Des ciné-parcs temporaires sont d'ailleurs dans les plans à Dorval, Vaudreuil-Dorion et Québec. « Avant la crise, les gens de l'industrie avaient déjà noté un regain d'intérêt pour les ciné-parcs, avoue Louis-François Grenier. « C'est porté par une vague nostalgique. On peut comme le retour de Passe-Partout, on veut que nos enfants vivent les mêmes expériences que nous dans notre jeunesse. Ça reste un loisir abordable pour une famille. Le prix d'entrée inclut toute la famille, on peut apporter toute la nourriture qu'on veut.. Qu'est-ce qu'on peut demander de mieux ? » Une vue sous les étoiles Les vendredis 21h Sur la chaîne Historia métr Jou



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