Métro Montréal n°2020-05-27 mercredi
Métro Montréal n°2020-05-27 mercredi
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2020-05-27 de mercredi

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Médias Transcontinental S.E.N.C.

  • Format : (279 x 286) mm

  • Nombre de pages : 12

  • Taille du fichier PDF : 11,7 Mo

  • Dans ce numéro : opération canicule.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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métr journalmetro.com Mercredi 27 mai 2020 OPINIONS UN GRAND QUÉBEC IN LI BRO VERITAS FRÉDÉRIC BÉRARD docteur en droit et politologue Vous savez quoi ? J'ai appris à aimer, depuis la crise, François Legault. Sérieusement. Oui, je sais, pas toujours limpide à la lecture de mes chroniques ou autres publications — le mutisme ambiant provoquant parfois cette nécessité de contrepoids — mais il n'en demeure pas moins que le style Legault, au final, séduit. Certes, je le préférerais davantage intellectuel. Plus voyageur, littéraire et visionnaire. Plus intéressé aux droits fondamentaux et leur fonctionnement, et plus sensible (beaucoup plus, en fait) à la réalité de Blancheur printanière Ce magnifique pomier photographié cette semaine dans le Jardin communautaire Ahuntsic serait, selon un habitué, centenaire./COLLABORATION SPÉCIALE, SYLVIO LE BLANC minorités, la musulmane au premier chef Moins brouillon ou petite semaine. Reste que la bonhomie du premier ministre, son pragmatisme et sa sincérité compensent ces travers. Parce qu'au contraire de plusieurs prédécesseurs, lorsque Legault se dit outré d'une situation X ou Y, on le croit. Exit le jeu d'acteur ou les larmes de croco. Dans le même rayon, sa capacité à admettre les erreurs de son gouvernement et rectifier le tir tranche, pardon pour la lapalissade, avec la condescendance des pouvoirs antécédents. S'ajoute enfin, à ceci, la composante sui- vante  : l'absence d'idéologie trop ancrée. Rien de surprenant du fait que l'on parle ici d'un assez jeune parti formé à titre de coalition, dont l'axiologie demeure, bien souvent, à être définie ou parfaite. A un point tel où j'ai récemment rêvé — au sens propre — que le gouvernement Legault lançait une tournée de consultation visant à définir le Québec post-COVID. Mes premiers flashs, non-partisans, absolus ou irrespectueux d'autres priorités tout autant valables, ci-après  : Un Québec (également) de régions. Conflit d'intérêts, ici, j'assume. À quand la décentralisation de certains centres décisionnels ou, surtout, opérationnels ? Est-il absolument névralgique que le ministèreX, avec ses emplois d'ordinaire rémunérateurs, ait pignon sur rue à Québec ou à Montréal ? A quand le prochain vrai ministère des régions, au fait ? TRIBUNE LIBRE emesouviendrai Pour être honnête, #Jemesouviendrai est un hastag qui j'espère, dépassera le statut de mot clic. Je me souviendrai, alors que tous les partis étaient d'accord pour la motion de reconnaître les réfugiés et régulariser leur statut, que la CAQa dit non. Cette même CAQdont le chef de parti, appelait à l'aide dans presque tous les points de presse, demandant à la population de contribuer à l'effort de guerre. Je me souviendrai que certaines personnes que l'on qualifiait d'illégales, de parasites, de miséreux, ont répondu à l'appel au péril de leur santé et parfois de leur vie. Je me souviendrai de cette réponse du premier ministre en point de presse pour dire que les personnes qui sont entrées par le chemin Roxham et celles qui aident maintenant sont deux dossiers. Il ne faudrait pas mélanger les personnes qui demandent l'aide humanitaire avec des personnes qui font de l'aide humanitaire. Faites-nous découvrir vos activités de confinement ! Pâtisserie, couture, jardinage, coloriage... Le confinement semble inspirer les plus créatifs d'entrevous, petits et grands. Faites nous parvenir vos créations en photos à opinions@journabnetro.com, elles seront peut-être publiées dans cette page. Au plaisir de les découvrir ! Un Québec davantage ouvert. Plaidoyer pour la trêve de la chasse, stérile, à la différence. Cessons la construction d'ennemis imaginaires. La femme musulmane, incluant évidemment celle qui porte le voile, se veut autant Québécoise que quiconque, a fortiori lorsqu'elle souhaite oeuvrer pour l'État en raison de son diplôme universitaire en enseignement — grâce auquel elle paiera ses impôts et servira, en français, ses concitoyens. La libérer de l'emprise d'un barbu l'enchaînant au calorifère d'un sous-sol ? Arrêtons les conneries et fichons-lui, enfin, la paix. Quant aux étudiants étrangers, demandeurs d'asile ou autres, ceux-ci sont des alliés et des ambassadeurs, non des ennemis ou simples statistiques économiques. Ils ont choisi, parmi une tonne de possibilités, le Québec. Soyons, à l'image des Lévesque, Couture et Godin, à la hauteur. Délestons la crainte et épousons, de nouveau, l'audace identitaire. « Et entre l'utopie et la dystopie, mieux vaut la première. Particulièrement, il va sans dire, lors d'un gouvernement à l'écoute. » Un (vrai) Québec vert. Go pour la mesure déjà adoptée, excellente par ailleurs, d'hydro-électrifier les transports, processus industriels et bâtiments. Une portion appréciable de l'économie, en d'autres mots. Étendons, maintenant et sans freins, les mesures annoncées. Incitatif, voire imposition, dans certains cas, du télétravail ? Re-go. Fin aussi de l'insulte à l'intelligence collective par des formules mwellienne du style « le troisième lien est bon pour le développement durable ». Et pour s'assurer que les prochaines actions étatiques respectent le nouveau paradigme, amendons la Charte québécoise afin d'y inclure un droit, cette fois coercitif, à la sécurité Je me souviendrai de ces mots utilisés pour instrumentaliser son ami noir afin de montrer qu'il n'a pas de biais. C'est un des plus vieux mécanisme de défense quand on a un biais. Trouver un ami noir et s'en servir comme bouclier contre toutes idées négatives sur notre image. Je me souviendrai du poids des mots et de l'amalgame dangereux que l'on fait malgré les bonnes intentions. En France, il a fallu sauver un enfant devant des milwliers de personnes pour devenir citoyen. L'athlète d'origine autre devient Québécois le temps d'un article s'il fait la fierté du peuple et il redevient autre s'il se conduit en mauvais citoyen. La marge de manoeuvre est mince pour ne plus faire partie de « nous autres » et il faut beaucoup pour être simplement considéré. L'idée du « bon immigrant) est un concept basé sur des mécanismes discriminatoires qui ont des répercussions générationnelles. Ces personnes qui travaillent dans les CHSLD en ce moment, sont des personnes qui contribuent à la société québécoise. Devoir prouver sa valeur constamment pour se faire accepter, environnementale. Un Québec pro-information. En ces temps difficiles, voire catastrophiques pour l'information (et son corollaire), pourquoi ne pas reprendre l'idée du chum Éric Bédard et faire de Télé-Québec une salle de presse d'envergure ? Couverture régionale, nationale, internationale ? Quoi, trop cher, les quelques centaines de millions nécessaires à l'opération ? Ah bon. Et le coût de la désinformation sur la démocratie et l'État de droit, lui ? Un Québec pour les aînés. Nul besoin d'en dire davantage. Mais propositions de clowns (sans mauvais jeu de mots) ou de Mr. Freeze à l'orange, s'abstenir... Ridiculement rêveur ? Partiellement, oui, du moins selon certaines couleurs déjà affichées. Mais l'opération demeure gratis. Et entre l'utopie et la dystopie, mieux vaut la première. Particulièrement, il va sans dire, lors d'un gouvernement à l'écoute. ce n'est pas une relation égalitaire. Reconnaissons que l'on demande un mythe de perfection à « nos cousins » qu'on ne demanderait jamais à notre propre famille. Souvenons-nous que la pression pour reconnaître le statut de quelqu'un, qui ne peut vivre ailleurs, est exceptionnelle. Cette pression ne devraitelle pas, elle aussi, être régularisée ? La nouvelle fenêtre qui s'est ouverte est une grande chose mais il va s'en dire que le concept de reconnaître quelqu'un doit s'humaniser. Pour être honnête, je me souviendrai. 6 GABRIELA omit MONTRÉAL Écrivez-nous ! opinions@journ «. I
CUIT", métr'u'117, journalmetro.com Mercredi 27 mai 2020 Théâtre en marche Innovation. Activité de prédilection de plusieurs citadins depuis le début de la pandémie, la marche peut aussi servir à appréhender différemment l'expérience théâtrale. BENOITVALOIS-NADEAU bvalois-nadeau@journalmetro.com Avec sa compagnie L'activité, l'auteur et metteur en scène Olivier Choinière (Zoé, Mommy, Ennemi public) s'était déjà fait une spécialité des déambulations sonores, ces parcours théâtraux qui amenaient le spectateur à l'extérieur des murs du théâtre avec l'aide d'acteurs ou d'audioguides. Trois de ses déambulations sont maintenant adaptées en fichiers audio téléchargeables, qui peuvent être écoutés à leur guise par les spectateurs sur leurs téléphones. La marche est toutefois hautement recommandée lors de l'écoute. « Le débit, le rythme, la construction sonore  : tout est fait pour être écouté en marchant. Le format prend en compte la pensée vagabonde du marcheur, qui crée des liens entre ce qu'il voit, ce qu'il entend et les sons accidentels, qui viennent interférer avec la bande sonore, explique Olivier Choinière. Ça n'a pas de sens d'écouter ça à la maison. » On est donc loin du balado traditionnel et de son format léché et beaucoup plus près de l'immersion. Parmi les trois déambulations offertes, une seule, Ascension, pèlerinage sonore sur le mont Royal, est associée à un lieu précis. Les deux autres, Beauté intérieure, interprétée par Marc Beaupré, et Bienvenue à - (une ville dont vous êtes le touriste), qui met le spectateur dans la peau d'un visiteur dans une ville étrangère, s'apprécient dans n'importe quel environnement, pourvu qu'on mette un pied devant l'autre. L'auteur Olivier Choinière. Ses déambulations sonores sont offertes sur le site lactivite.com. Une contribution volontaire de 3$ ar téléchar ement est su érée./JOSIE DESMARAIS/MÉTRO « J'ai toujours voulu m'adresser intiment au spectateur et le rendre actif. Alors quoi de plus actif que de le faire marcher ? » Olivier Choinière, dramaturge et metteur en scène « Le processus d'adaptation a permis de ramener ça à l'essentiel. Ce qui est raconté gagne en clarté. On a coupé du texte et des interventions des acteurs. Ça permet une interaction avec l'extérieur qui est moins contrôlée, moins mis en scène et plus accidentelle », soutient Olivier Choinière. Le dramaturge de 46 ans croit également que ce nouveau format apporte une plus grande marge de manoeuvre aux spectateurs/auditeurs. « Soudainement, en tant que spectateur, je suis plongé dans un autre univers grâce à la bande sonore. On me fait des propositions et j'ai la liberté de les accepter, de m'y plonger, sans avoir à penser aux détails concrets. » Encore là, la marche joue encore un rôle important pour apprécier cette liberté. « Lorsqu'on marche, on écoute d'une autre manière que lorsqu'on est dans une salle devant une scène. Dehors, on est dans une situation réelle. La pensée est très active. Ne seraitce que pour traverser la rue sans se faire frapper, regarder les vitrines ou faire des liens entre ce qu'on entend dans nos écouteurs et l'environnement qui nous entoure. C'est beaucoup d'informations qu'il n'y a pas au théâtre, où tout est construit pour qu'on se concentre uniquement sur l'action présentée sur scène », illustre l'auteur de Manifeste de la jeune-fille. Mais ce type de formats, où le spectateur est seul avec son téléphone, coupé des acteurs et du public, est-il encore du théâtre ? Olivier Choinière croit que oui. « Selon moi, le fondement du théâtre, c'est la rencontre. Dans ce contexte, elle est différente, d'une autre nature, mais elle est toujours là. On est dans la rencontre d'un texte en action, d'un personnage et de ses actions. » Décès de Jimmy Cobb, le batteur de Kind of Blue Jimmy Cobb, batteur de jazz américain qui a participé à L'album mythique de Miles Davis Kind of Blue (1959), est mort à L'âge de 91 ans à son domicile de Manhattan d'un cancer du poumon dimanche. Kind of Blue est considéré comme l'un des plus grands albums de jazz de tous les temps. C'est le disque le plus vendu de L'histoire du jazz. AFP Prise de parole Olivier Choinière fait partie des 250 artistes qui ont appuyé la lettre ouverte Pour les arts vivants, publiée hier par le dramaturge Olivier Kemeid. Les signataires y dénoncent le peu d'attention accordée aux arts de la scène par la ministre de la Culture Nathalie Roy dans la relance du milieu culturel. « On nous dit de nous adapter aux canaux qu'on veut bien nous donner. Mais ce n'est pas au Conseil des arts, aux subventionnaires ou au gouvernement de dire aux artistes comment pratiquer leur art », plaide Olivier Choinière. « Un théâtre, ce n'est pas qu'une salle avec des sièges et une billetterie. C'est un lieu de prise de paroles à travers la fiction. En ce moment, cette parole de citoyens dans une démocratie nous est enlevée. Ce n'est pas anodin. » Cirque du Soleil. Québec donne le feu vert à un soutien financier Le gouvernement Legault vient à la rescousse du Cirque du Soleil en donnant le feu vert à un prêt d'environ 280 M$ dans le cadre d'une entente qui permettrait à l'État québécois d'être éventuellement le propriétaire de l'entreprise de divertissement actuellement sur la corde raide. Une entente est intervenue entre Investissement Québec (IQ), le bras financier du gouvernement québécois, et les actionnaires existants — le fonds d'investissement texan TPG Capital, la firme chinoise Fosun et la Caisse de dépôt et placement du Québec (CPDQ). « Dans les circonstances, c'est une très belle transaction, a affirmé hier le ministre de l'Économie, Pierre Fitzgibbon. La raison pour laquelle nous avons supporté les actionnaires existants, c'est que nous voulions ancrer la reprise du Cirque au Québec. Un jour, le Cirque va redevenir détention québécoise. » L'État pourrait éventuellement racheter la participation des actionnaires étrangers si ces derniers veulent s'en départir, a indiqué le ministre. L'aide financière, qui ne servira pas à payer les détenteurs d'obligations, est assortie de multiples conditions, a expliqué M. Fitzgibbon. Le siège social, actuellement situé dans l'arrondissement de Saint- Michel, devra demeurer dans la province et la rémunération des membres de la haute direction du Cirque devra être raisonnable. Ceux-ci devront également demeurer au Québec. Daniel Lamarre est le président et chef de la direction du Cirque depuis 2004, alors que l'homme d'affaires Mitch Garber a été nommé à la tête du conseil d'administration en 2015. En plus d'avoir vu le jour au Québec, les deux hommes résident dans la province. Par courriel, la porte-parole du Cirque, Caroline Couillard, s'est limitée à dire que le soutien financier de Québec était accueilli favorablement « Le fort intérêt [...] témoigne encore une fois de la force de Le spectacle Corteo du Cirque du Soleil/ARCHIVES MÉTRO 900 M$ US En plus de traîner une dette d'environ goo MS US, le Orque ne génère pratiquement aucun revenu puisque ses activités sont paralysées par la pandémie de la COVID-i9. Cela a forcé la société à annuler, en mars, ses 44 spectades et à licencier la quasi-totalité de son effectif, soit environ 4 700 personnes. notre marque et de l'importance de préserver le patrimoine québécois du Cirque », a-t-elle indiqué. Cette annonce de Québec survient deux jours après que le milliardaire Guy Laliberté, qui a pourtant vendu ses dernières actions dans le Cirque à la CDPQ en février, eut annoncé qu'il voulait racheter l'entreprise qu'il a cofondée en 1984 à un « juste prix ». Le conglomérat Québecor, contrôlé par l'homme d'affaires Pierre KarlPéladeau, a également dit vouloir participer à un sauvetage de la société. La firme d'investissement américaine Providence Equity Partners serait également sur les rangs, d'après le quotidien The Globe and Mail. LA PRESSE CANADIENNE 7



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