Métro Montréal n°2020-05-22 vendredi
Métro Montréal n°2020-05-22 vendredi
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2020-05-22 de vendredi

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Médias Transcontinental S.E.N.C.

  • Format : (279 x 286) mm

  • Nombre de pages : 12

  • Taille du fichier PDF : 11,9 Mo

  • Dans ce numéro : déconfinement sous surveillance.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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À un cli de tout qu'il fau savoi Nos infolettres vous suivent partout. Abonnez-vous sur journalmetro.com métr métr D." Ulrf journalmetro.com Week-end 22-24 mai 2020 6 à crier « victoire » Coronavirus. Nouveaux bilans et nouvelles mesures  : un point sur les dedernières évolutions J de la pandémie de la COVID49 qui a fait plus de 329 000 morts dans le monde. à Â Soldats de l'Armée populaire de libération (APL) défilant hier à Beijing./AFP Au moins cinq millions de cas Le nombre de cas de nouveau coronavirus a doublé dans le monde en un mois, passant à plus de cinq millions (5 049 366) dont 329 799 décès, selon des données collectées par l'AFP auprès de sources officielles hier à 19h00 GMT. On constate ainsi une accélération en Amérique latine, en particulier au Brésil, mais la Chine, où la crise a démarré en décembre, s'apprête à déclarer « victoire », tandis que l'Europe, continent le plus touché avec près de 2 millions de cas et plus de 170 000 morts, poursuit sur la voie d'une très lente normalisation. Les États-Unis sont le pays le plus touché en nombre de ISRAËL Tensions avec l'Iran Sites, israéliens piratés, allégations d'attaques informatiques sur des installations stratégiques, combat de mots entre l'Israélien Benjamin Netanyahu et l'Iranien Ali Khamenei  : la rivalité Israël Iran s'intensifie. Le chef de la diplomatie de l'UE Josep Botrella condamné hier les menaces proférées par le guide suprême iranien Khamenei, à l'encontre d'Israël, estimant qu'elles mettaient en danger la paix mondiale. AFP morts, 93 439, mais aussi de cas, 1,55 million. Suivent le Royaume-Uni avec 36 042 morts, l'Italie (32 486), la France (28 215) et l'Espagne (27 940). Beijing menace de rétorsion La Chine a averti hier qu'elle prendrait « des mesures de rétorsion » si le Congrès des États-Unis adoptait des sanctions contre elle pour sa responsabilité supposée dans l'épidémie de la COVID-19. « Dans la lutte contre l'épidémie, le gouvernement chinois a toujours été ouvert, transparent et responsable », a répondu Beijing aux accusations de Donald Tramp qui l'a accusée d'être responsable d'une « tuerie de masse mondiale ». Des centaines de villages inondés, des cultures perdues et des maisons détruites par dizaines de milliers  : le passage du cyclone Amphan, hier, a laissé des scènes de « dévastation inouïe » en Inde et au Bangladesh où il a fait au moins 88 morts. Malgré les dégâts considérables causés par le cyclone, le plus puissant à se former dans le golfe du Bengale au) 0fie siècle, les pertes de vies Instabilité politique à Hong Kong Les États-Unis ont mis en garde hier la Chine contre l'adoption d'une loi sur la « sécurité nationale » à Hong Kong qui serait, selon Washington, « très déstabilisatrice » pour le territoire semi-autonome. AFP La Chine se dit prête Confinement trop tardif aux États-Unis Plus de 35 000 morts du coronavirus auraient pu être évitées aux États-Unis si les mesures de confinement avaient été appliquées ne serait-ce qu'une semaine plus tôt, selon de nouvelles estimations de chercheurs de l'université new-yorkaise Columbia. État d'urgence levé dans l'ouest du Japon L'état d'urgence en vigueur depuis avril dans trois régions de l'ouest du Japon est levé, a annoncé le premier ministre, laissant entendre qu'il ferait de même dès la semaine prochaine pour Tokyo et les régions limitrophes. humaines semblent avoir été contenues. Jusqu'à une époque récente, les cyclones les plus violents faisaient parfois des milliers de morts dans cette région du monde. L'Inde a recensé 72 morts dans l'État du Bengale occidental et le Bangladesh a fait état de 16 personnes décédées sur son territoire, selon des bilans officiels encore provisoires hier. AGENCE FRANCE-PRESSE Pour lutter contre le coronavirus, l'Australie a lancé cette semaine un vaste programme visant à descendre dans les égouts pour traquer toute trace de coronavirus dans les eaux usées afin de prévenir tout nouveau foyer épidémique. 1 G$ pour le vaccin Le groupe pharmaceutique britannique AstraZeneca a annoncé avoir obtenu « une contribution d'un milliard de dollars » des pouvoirs publics américains pour le développement d'un vaccin contre le coronavirus. AstraZeneca a assuré collaborer avec plusieurs pays et organisations multilatérales pour rendre ce vaccin largement disponible à travers le monde d'une façon équitable. Mine d'or russe contaminée La Russie a envoyé des militaires en Sibérie pour contenir la propagation d'un foyer de la COVID-19 dans la plus grande mine d'or sur son territoire, où près de 1 200 des 6 000 employés ont été contaminés. L'un d'eux est mort, a annoncé hier Polyus, propriétaire de l'exploitation. AGENCE FRANCE-PRESSE Climat. L'Inde et le Bangladesh frappés par le cyclone Amphan Scène de désolation, hier en Inde/Arp 3 millions Les deux nations d'Asie du Sud avaient évacué à titre préventif plus de trois millions de personnes dans des abris.
CONCEPTION ET REALISATION MINE BERTRAND/M TRO La pandémie a modifié le quotidien de tous, y compris de ceux dont le travail est justement 1 de capturer l'essence de chaque journée, les photographes. Métro s'est interrogé sur l'impact de la crise— s r ceux et celles qui documentent au jour le jour le moment historique que nous traversons. _ffll Depuis deux mois, le retour à la maison est un peu plus complexe pour Josie Desmarais, photographe pour Métro. Chaque soir après le boulot, elle prend le temps de désinfecter patiemment son équipement  : son appareil photo, ses objectifs, son sac, ses ganses. Puis, elle change de vêtements et met ses habits du jour à l'écart. « C'est une espèce de protocole que j'ai bâti pour être sûre de ne pas transmettre le virus et devenir un danger ambulant », raconte-t-elle en riant. Métier oblige, les photographes de presse sont parmi les rares qui ont continué à circuler malgré le confinement Leur travail a toutefois bien changé. Fini les concerts, manifestations et autres grands rassemblements à immortaliser. Les rares conférences des presse sont devenues des « ballets » bien particuliers où les représentants des médias tentent de faire leur travail tout en restant à distance sécuritaire les uns des autres. Et lorsqu'ils circulent dans les rues, les photographes trouvent souvent des lieux désertés par leurs cibles préférées  : les humains. « La façon d'entrer en contact avec les gens a vraiment changé, soutient Josie Desmarais. D'abord, il y a moins de gens dans les rues. Et on a une certaine phobie des autres en ce moment Certaines personnes me lancent un  : "approche toi pas" avec leurs yeux, d'autres détournent le regard. Mais j'ai vu plus souvent l'opposé  : des gens heureux de me parler et d'être photographiés. Certains sont plus souriants et plus à l'aise, peut-être parce qu'ils ont été privés de socialisation. On devine leur sourire même derrière leur masque. » I:attrait du vide Le photoreporter indépendant Jules Gauthier a lui profité du vide pour jeter un regard nouveau sur sa ville. « Pour beaucoup de photographes, dont moi, c'est toujours plus difficile de prendre des photos chez soi. Quand on est à l'étranger en reportage, tout est nouveau et l'oeil est plus sensible. À Montréal, ce sont mes rues, je les connais, je suis un peu moins inspiré. Cette crise-là m'a donné une raison de sortir dans ma ville et de la photographier. » Ses clichés en noir et blanc publiés sur son compte Instagram dépeignent un centre-ville monumental où les humains paraissent presque écrasés sous le poids des gratte-ciels. « Je voulais jouer avec l'échelle, explique-t-il. Je voulais montrer l'humain en tout petit face aux grands immeubles du centre-ville. J'ai l'impression que l'architecture est plus visible, j'essaie de jouer avec ça. » Celui qui a déjà photographié les ruines d'Alep, en Syrie, et de Detroit, au Michigan, retrouve une atmosphère semblable dans sa ville, à une échelle moins dramatique évidemment dl n'y a pas de bruit, personne ne vient t'achaler. C'est très calme, tout se place tranquillement C'est d'abord un travail de cadrage, donc j'ai tout le temps qu'il faut Mais c'est étrange de marcher dans une ville sans rencontrer personne. » Les photos de centreville déserté BENOIT VALOIS-NADEAU bvabis-nadeau@journahnetro.com « LA PHOTOGRAPHIE EST LE MEILLEUR MÉDIUM POUR DOCUMENTER LA CRISE PUISQU'ELLE A UNE DIMENSION AFFECTIVE IMMÉDIATE POUR CELUI QUI LA REGARDE. » HÉLÈNE SAMSON, SPÉCIALISTE DE LA PHOTOGRAPHIE font partie des images marquantes de la pandémie. Photographier le vide n'est pas si facile qu'il n'y parait et n'est pas dénué d'intérêt artistique non plus. « Vider un endroit de ses habitants peut permettre de découvrir autre chose  : les lignes, la configuration, l'organisation de l'espace, souligne Hélène Samson, conservatrice de l'imposante collection photographique du Musée McCord. « L'esthétique, c'est ce qui est propre à nous émouvoir, ce qui nous touche. Ce n'est pas nécessairement ce qui est beau, mais ce qui évoque des sentiments. Des espaces vides, désertés, inhabités, c'est très fort sur le plan émotionnel. Ça transmet une émotion bien particulière, qui peut être angoissante, triste ou encore très méditative. » Pour la postérité Conscient de l'importance historique du moment le Musée McCord a embauché le photographe documentaire Michel Huneault pour archiver la crise. Son mandat  : prendre des clichés qui survivront à l'épreuve du temps et qui pourront témoigner de la période actuelle dans 20, 50 ou 100 ans. « Lorsque je prends des pho- tos, je dois me demander  : qu'est-ce qui va être descriptif historiquement ? Qu'est-ce qui est à la fois personnel et réel aujourd'hui, mais qui va garder une valeur historique forte et parler de notre époque dans le futur' ? » explique celui qui a aussi travaillé sur la tragédie de Lac-Mégantic et l'accident nucléaire de Fukushima. Contrairement à ses collègues de la presse quotidienne, le photographe a le luxe de pouvoir étaler son regard sur plusieurs semaines, voire plusieurs mois. « Je ne suis pas à la recherche d'exclusivité, je veux comprendre ce qui se passe à large échelle », commente-t-il. Ce temps lui permet notamment d'avoir accès à des endroits qui échappent normalement à l'oeil des médias, comme les hôpitaux, les CHSLD ou les usines. « C'est une crise invisible d'une certaine façon. D'abord le virus lui-même est invisible. Et physiquement ça se passe beaucoup dans les maisons, dans la tête des gens et dans des lieux dos auxquels on n'a pas accès », juge Michel Huneault. « Il faut discuter, négocier et sensibiliser à la photo documentaire pour avoir accès à certains lieux. Ce n'est pas seulement une question d'accès à l'information, mais d'intérêt général. la photographie en temps de crise, c'est une question de mémoire collective à construire. On a seulement un court moment pour le faire. » g Sa à



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