Métro Montréal n°2020-05-15 vendredi
Métro Montréal n°2020-05-15 vendredi
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2020-05-15 de vendredi

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Médias Transcontinental S.E.N.C.

  • Format : (279 x 286) mm

  • Nombre de pages : 12

  • Taille du fichier PDF : 11,4 Mo

  • Dans ce numéro : congé scolaire jusqu'en septembre.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 6 - 7  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
6 7
métr journa ÉBOLA Compte à rebours relancé en RDC Les autorités sanitaires de la province du Nord-Kivu ont indiqué hier qu'elles relançaient le compte à rebours de la fin de l'épidémie d'Ébola dans l'est de la hetro.com Week-end 15-18 mai 2020 6 Coronavirus. Trump durcit le ton face à la Chine Donald Trump durcit encore le ton face à la Chine sur le coronavirus  : le président américain a menacé hier de rompre toute relation avec le géant asiatique et assuré qu'il ne souhaitait plus parler à son président. Le locataire de la Maison Blanche martèle depuis plusieurs semaines que le lourd bilan de la COVID-19 - près de 300 000 morts à travers le monde - aurait pu être évité si la Chine avait agi de manière responsable dès l'apparition du virus dans la ville de Wuhan. Dans un entretien à Fox Business diffusé hier, il s'est dit « très déçu » de l'attitude de Beijing et a rejeté l'idée de s'entretenir directement avec son homologue Xi Jinping pour apaiser les tensions. « J'ai une très bonne relation [avec lui] mais pour le moment, je ne veux pas lui parler », a-t-il déclaré. Interrogé sur les différentes mesures de rétorsion qu'il envisageait, M. Trump, Donald Trump/AFP « Nous pourrions rompre toute relation. » Donald Trump, à propos des relations diplomatiques liant Washington et Beijing qui a ces derniers jours évoqué la possible instauration de taxes douanières punitives, s'est montré à la fois évasif et menaçant. « Ils auraient pu l'arrêter [le virus] en Chine, d'où il est venu. Mais cela ne s'est pas passé comme ça », a encore dit le président américain. AGENCE FRANCE-PRESSE République démocratique du Congo, malgré l'existence d'une patiente en fuite. Cette période de 42 jours correspond à deux fois la durée moyenne maximale d'incubation du virus. Le responsable provincial a lancé un appel à la vigilance. Arp Déconfinement devancé à Rome La mairie de Rome a décidé d'accélérer un peu le déconfinement et de permettre l'ouverture à partir de lundi prochain de certains magasins, comme les coiffeurs ou les centres de beauté, initialement prévue pour le ter juin. mg, La quête d'un vaccin aiguise les rivalités COVID-19. Entre les rivalités américanoeuropéennes sur un futur vaccin et de nouvelles tensions entre Donald Trump et la Chine, les divisions entre grandes puissances se sont accentué hier dans la lutte contre la pandémie de la COVID-1.9. Plus de 300 000 morts dans le monde y sont attribuables. Outre les ravages humains, le coronavirus continue de mettre à bas les économies mondiales. Près de 3 millions de personnes se sont inscrites au chômage en une seule semaine aux États-Unis, qui compte désormais 36,5 millions de chômeurs - près de 15% de la population active - depuis l'arrêt brutal de l'économie mi-mars en raison des mesures de confinement pour endiguer la progression du virus dans le pays. La récession a déjà frappé de nombreux pays  : en Italie, Inspection du matériel dans un laboratoire de recherche en Hongrie, hier./AFP des millions de « nouveaux pauvres » ont fait leur apparition et en Inde, le confinement a provoqué un exode de travailleurs migrants, petites mains des grandes villes privées de leur gagne-pain. Mais la solution que tous attendent est un vaccin contre le virus apparu en décembre en Chine. Au vu des efforts déployés, celui-ci pourrait être disponible dans un an, a estimé hier l'Agence européenne du médicament (EMA). Il s'agit d'une perspective « optimiste », a nuancé Marco Cava- leri, directeur de la stratégie à l'EMA, dont le siège est à La Haye. Convoitises Mais le sujet aiguise les convoitises et les rivalités. Le géant pharmaceutique français Sanofi a provoqué l'indignation en Europe en annonçant qu'il distribuerait un éventuel vaccin en priorité aux États-Unis, qui ont investi 30 M$ pour soutenir ses recherches. Le président français Emmanuel Macron a réclamé qu'un vaccin ne soit pas Soyez informé soyez branché avec Métro 3 façons de rester connecté jour tro. om Suivez l'actualité locale, nationale et internationale en temps réel. eseaux sociaux L'infolettre Restez informé et interagissez sur l'actualité de dernière minute. Abonnez-vous et recevez l'essentiel de l'actualité dans vos courriels. il 100 Plus de 100 projets ont été lancés dans le monde et une dizaine d'essais cliniques sont en cours pour tenter de trouver un remède contre la COVID-19. soumis « aux lois du marché » tandis qu'un porte-parole de la Commission européenne a estimé qu'il « doit être un bien d'utilité publique et son accès doit être équitable et universel ». Un vaccin ou un traitement contre la COVID-19 devrait même être fourni « gratuitement à tous », insistent plus de 140 personnalités, dont le président sudafricain Cyril Ramaphosa et le premier ministre pakistanais Imran Khan dans une lettre ouverte. Car la maladie frappe durement les plus pauvres. Virus endémique Vaccin ou pas, « ce virus pourrait devenir endémique » et « ne jamais disparaître », selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Quant à l'essai clinique Discovery lancé en Europe fin mars pour trouver un traitement à défaut de vaccin, il piétine, ont indiqué des chercheurs. AGENCE FRANCE-PRESSE métr Jou
W CONCEPTION ET RÉALISATION  : /CARINE BERTRAND/MÉTRO 1 La crise de la COVID-19 que nous traversons marque l'imaginaire. De tous les temps, les artistes se sont inspirés des grands événements historiques dans leur création. Peut-on en déduire que les oeuvres de demain traiteront d'une façon ou d'une autre de la pandémie ? Essayons de prédire l'avenir culturel. Par le passé, de grands artistes ont produit des oeuvres significatives en temps de crise. Après la peste de Florence de 1348, qui a décimé une partie de sa famille, l'écrivain Giovanni Boccaccio a publié l'imposant recueil Le Décameron, qui raconte l'histoire de 10 jeunes en quarantaine en 100 nouvelles. Le célèbre William Shakespeare a traversé quatre épidémies au cours de sa vie. Durant ces périodes où les théâtres étaient fermés, il a écrit certaines de ses plus grandes oeuvres dont Macbeth, Antoine et Cléopâtre ainsi que Le Roi Lear. Le peintre Edvard Munch, célèbre pour son tableau Le Cri (1893), a créé plusieurs toiles lorsqu'il souffrait de la grippe espagnole en 1918, notamment le bien nommé Autoportrait à la grippe espagnole. Son confrère Pablo Picasso a peint Guernica, un de ses tableaux les plus célèbres, en réaction au bombardement de la ville du même nom lors de la Guerre d'Espagne en 1937. « Dans des moments de grands traumatismes collectifs et individuels, un des moyens de s'en sortir est bien sûr de créer », rappelle l'historien Laurent Turcot. On peut ainsi s'attendre à ce que les artistes témoignent à leur façon de la pandémie de la COVID-19, selon le muséologue et professeur au Département d'histoire de l'art de l'UQAM, Yves Bergeron. « C'est de la prospective, mais je crois qu'on peut l'imaginer parce que nous sommes en train de vivre l'histoire. » Les artistes étant sensibles à ce qui se passe autour d'eux, il est tout à fait prévisible que leurs oeuvres futures traitent de la pandémie, croit l'écrivaine montréalaise Heather O'Neill. « C'est certain que des oeuvres parleront de la pandémie », dit-elle à Métro. En mars, au début du confinement, elle a rédigé une chronique sur les conséquences de la pandémie chez les créateurs dans le magazine MaClean's. « Ces périodes de difficultés marquent l'art de façon indélébile. [...] Toute création qui suivra contiendra les échos et les cicatrices de ce que nous avons vécu », y a-t-elle écrit. Si Heather O'Neill s'est intéressée à ce phénomène, c'est entre autre parce que la pandémie — « un événement qui touche tout le monde et qui va changer le monde », dit-elle — l'angoissait profondément. « Y a-t-il encore une place pour l'art dans ce contexte ? J'ai fait des recherches pour voir comment les artistes dans le passé ont réagi à des événements semblables. J'ai réalisé que les artistes ont toujours été présents. » Plus récemment, de grands événements comme le 11 septembre 2001 ou, plus près de chez nous, la grève étudiante de 2012, ont inspiré la création de nombreuses oeuvres dans tous les domaines, comme la littérature, le théâtre, les arts visuels et le cinéma. La COVID-19, une crise « terne » De quelle façon la pandémie de coronavirus inspirera-t-elle les artistes ? Nous l'avons demandé au duo de réalisateurs derrière le film Ceux qui font les révolutions à moitié n'ont fait que se creuser un tombeau, MARIE-LISE ROUSSEAU mErousseau@journahetro.com « C'EST INTÉRESSANT DE VOIR LES PARALLÈLES ENTRE LES PANDÉ- MIES DU PASSÉ ET CELLE QU'ON « VIT AUJOURD'HUI. ÇA ME DONNE BEAUCOUP D'ESPOIR. C'EST LE RÔLE DES ARTISTES DE BOUGER AVEC LE TEMPS, D'INTÉRIORISER CE QUI SE PASSE. ÇA VA ALLER ! » HEADER O'NEILL, ÉCRIVAINE oeuvre de fiction sortie en 2017 qui se déroule dans la foulée du mouvement étudiant de 2012. Selon Mathieu Denis et Simon Lavoie, la pandémie est loin d'être inspirante, contrairement à la grève. Alors que cet événement avait « quelque chose d'exaltant et de vivifiant pour plusieurs », la crise actuelle est « au contraire profondément terne » et « dénuée de poésie », soutient Lavoie. Ces événements se situent en effet à deux extrêmes. En 2012, on se rassemblait dans les rues par choix et par conviction. En 2020, on s'isole diacun chez soi par obligation. « Ce n'est pas un matériau dramatique très fort », résume Mathieu Denis. « Je suis sûr que des oeuvres vont parler de ce qu'on vit en ce moment, mais je ne suis pas sûr que ça va susciter le même foisonnement que le mouvement étudiant de 2012 », ajoute-t-il. Le cinéaste établit un parallèle avec la crise du verglas de 1998, événement marquant du Québec qui n'a pourtant pas inspiré « des tonnes d'oeuvres culturelles puissantes », observe-t-il. Selon Simon Lavoie, le fait que les créateurs souffrent directement des mesures de confinement risque aussi de les décourager. « rai l'impres - sion que les artistes voudront rapidement tourner la page, affirme-t-il. Je crains qu'il faille -.11 plusieurs années — une décennie — pour qu'on 4111MMID, daigne à nouveau se replonger dans des récits qui illustrent ces histoires de confinement, de masques, de distanciation sociale et, surtout, de mort. » Cela dit, si la situation venait à perdu rer, les oeuvres de demain devront refléter cette nouvelle réalité. Voilà justement un autre bâton dans les roues des créateurs  : impossible de savoir combien de temps le confinement durera. C'est particulièrement problématique au cinéma, étant donné que le processus de création d'un film, de la scénarisation à la postproduction en passant par le tournage, s'échelonne souvent sur plus de deux ans. « C'est difficile de prédire le monde dans lequel on vivra dans deux ans, commente Mathieu Denis. Comment faut-il le représenter ? Ce n'est pas clair. J'ai l'impression que tous ceux qui écrivent des scénarios en ce moment se posent beaucoup de questions ! » Le temps fera son oeuvre Chose certaine, il faudra du recul pour mesurer l'impact qu'aura eu la pandémie chez les artistes. C'est ici que notre exercice de devin atteint ses limites. « On a beau créer autant qu'on le veut, on ne verra pas l'effet que ces oeuvres auront tout de suite. Il faudra que le temps passe », rappelle l'historien Laurent Turcot. Ce à quoi renchérit Mathieu Denis  : « Les oeuvres très collées dans le temps sur un événement en question sont rarement les plus éloquentes, parce qu'il faut du temps pour comprendre l'impact durable de l'événement sur nos vies et ce que ça a provoqué en nous. » Se voit-il lui-même écrire un film sur le sujet dans quelques années ? « Peut-être qu'un jour, dans 5 ou dans 10 ans, j'aurai quelque chose à ajouter sur l'événement, que j'en aurai tiré des conclusions ou que je m'interrogerai sur les impacts qu'il a eus. Je ne peux pas exclure ça, mais dans l'immédiat, je ne considère pas avoir grand-chose d'intéressant à dire sur le sujet. » Pour sa part, à l'exception de l'écriture d'un roman qui se déroule dans le passé, toutes les chroniques qu'écrit Heather O'Neill pour diverses publications portent actuellement sur la pandémie. « C'est ce qui intéresse les gens, souligne-t-elle. Ce serait trop bizarre d'écrire sur autre chose. »



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :