Métro Montréal n°2020-05-13 mercredi
Métro Montréal n°2020-05-13 mercredi
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2020-05-13 de mercredi

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Médias Transcontinental S.E.N.C.

  • Format : (279 x 286) mm

  • Nombre de pages : 12

  • Taille du fichier PDF : 11 Mo

  • Dans ce numéro : le port du masque recommandé.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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métr journalmetro.com Mercredi 13 mai 2020 OPINIONS L'ÉCHEC ARRUDA IN LI BRO VERITAS FRÉDÉRIC BÉRARD docteur en droit et politologue Je sais, je sais. Ça ne se fait pas. Parce qu'il travaille fort. Et qu'on l'aime. Mais le fait de bosser avec énergie, malheureusement, n'est pas l'apanage ni une garantie d'une quelconque performance, ni même compétence. Et sur l'amour témoigné... euh... qui embrasse trop mal étreint ? L'écueil du sentiment éprouvé, ici comme ailleurs, réside effectivement en l'aphorisme connu  : l'amour rend aveugle. Or, s'il est vrai que les faits sont têtus, force est de conclure au désastre actuel. Bien entendu, la crise étant mondiale et la science incertaine, nul doute que l'indulgence collective en- TRIBUNE LIBRE L'autre courbe Une bonne proportion des personnes entreprenant un processus de psychothérapie le font à la suite d'un évènement déclencheur  : séparation, décès, perte d'emploi, infidélité, etc. Cela provoque une crise qui amène une souffrance si importante pour la personne qu'elle décide de chercher l'aide d'un psychothérapeute. En creusant, on prend souvent conscience qu'un certain mal-être était déjà présent avant même la crise. Toutes sortes de signes témoignaient alors d'un malaise  : insomnie, anxiété, symptômes dépressifs, difficultés sexuelles, etc. Dans bien des cas, l'élément déclencheur permet de mettre en lumière des problèmes de longue date. vers nos dirigeants se veut actuellement galvanisée au max. Compréhensible et souhaitable. Mais l'excuse a ses limites, notamment  : L'absence de transparence en matière d'évolution de la courbe et du pic, particulièrement quant aux conclusions, alarmantes, de l'Institut national de la santé publique du Québec, le tout apparemment pour « ne pas inquiéter la population ». Les promesses non tenues sur le plan du dépistage (voir l'excellent texte de Lagacé en date d'hier)... L'improvisation perpétuel côté masques, où le docteur temporisait, avanthier encore, son efficacité Avant la crise, la personne était bien souvent tout à fait fonctionnelle. Pour conserver un certain équilibre, elle employait divers mécanismes de protection afin de ne pas entrer en contact avec la souffrance. Pour certains, l'évitement est une défense de choix  : on parle ici d'hypersomnie, de procrastination excessive, de surconsommation d'alcool, de drogues, de pornographie, de nourriture, de divertissement, etc. Pour d'autres, c'est le déni, la minimisation ou la distorsion de la réalité, le refoulement, la somatisation, la projection, la tendance à tout contrôler, etc. Évidemment, la plupart des gens ont recours à ces défenses de façon inconsciente. L'utilisation de mécanismes de protection est tout à fait saine, mais lorsqu'ils deviennent trop rigides, ils peuvent créer encore plus de souffrance, à soi et aux autres, que ce dont ils tentent de nous protéger. Le but de la psychothérapie est d'amener la personne à entrer en contact réelle en se portant en faux des récentes études rendues publiques, probablement afin d'excuser son incurie initiale (voir la pertinente chronique d'André Noël là-dessus). Fallu l'intervention tardive du premier ministre pour rectifier, enfin, le tir. Affirmer, sans fondements et surtout sans modestie, avoir grâce à ses mesures « sauvé entre 30 000 et 60 000 vies au Québec ». Or, quiconque connaît les taux de mortalité des pays les plus lents à avoir réagi, pensons Italie et Espagne, aux populations combien plus nombreuses, comprend aisément qu'il s'agit d'un mensonge pur et simple. Affirmer l'importance d'atteindre « l'immunité collective » en favorisant notamment le retour à l'école, position corrigée immédiatement par l'Institut Pasteur et l'Institut national de la santé publique. Le docteur se ravise, sans mentionner sa gaffe, et autorise néanmoins ledit retour aux classes, mainte- Faites-nous découvrir vos activités de confinement ! Pâtisserie, couture, jardinage, coloriage... Le confinement semble inspirer les plus créatifs d'entrevous, petits et grands. Faites nous parvenir vos créations en photos à opinions@journabnetro.com, elles seront peut-être publiées dans cette page. Au plaisir de les découvrir ! "Justifier l'absence d'imposition du port du masque... par les chartes des droits. On serait curieux de voir les avis juridiques à cet effet, un gouvernement en temps de pandémie ayant assurément le pouvoir, même sans recours à la disposition dérogatoire." nant... sans justification. Répéter jusqu'à plus soif que les 60 ans et plus sont davantage à risque (ce qui est exact selon la science), suivi d'une virevolte spectaculaire et encore sans justification, ceux-ci étant maintenant réquisitionnés pour enseigner dans nos écoles, ou encore... garder leurs petits-enfants à condition, bien évidemment, que ceux-ci... ne restent pas pour souper. D'aucuns seraient ici tentés de conclure au rôle nouvelle- avec ses craintes et ses vulnérabilités les plus profondes, de l'aider à accepter sa souffrance actuelle et passée et à bâtir un bien-être réel qui ne soit pas basé que sur l'équilibre précaire des mécanismes de protection. Dans le processus de guérison, la personne passe donc d'un état relativement fonctionnel, grâce à ses défenses, à un état de grande souffrance généré par la crise, puis par un état d'acceptation, de résilience, de sérénité et de confiance qui lui per- ment politique du docteur, lequel, par son autorité scientifique sert, tout comme dans le cas du retour à l'école, de fairevaloir ou de caution du gouvernement, malgré l'indépendance pourtant inhérente à sa fonction apolitique. Refuser de répondre à la scientifique en chef du Canada, pourtant une spécialiste renommée (voir autre article de Lagacé), celle-ci s'inquiétant des mesures prises par son homologue québécois, autrement que par un « je n'ai pas de compte à rendre à cette dame ». Une réponse fondée sur la science aurait, au contraire, suscité un impératif dialogue public, surtout quand on sait que Québec est le seul endroit en Amérique à permettre le retour à l'école, et où sa politique de déconfinement est indirectement proportionnelle aux succès obtenus jusqu'à maintenant, soit près de 60% des décès au Canada. Malgré les excuses bien senties et collectivement met d'accéder à un bien-être véritable. Mes lunettes de psychothérapeute m'amènent à considérer la situation de crise actuelle comme une occasion incroyable d'effectuer une réflexion collective par rapport au type de société dans laquelle nous désirons évoluer. Je ne peux m'empêcher de faire un parallèle entre la courbe du processus individuel de guérison et la courbe collective dans laquelle nous sommes tous aspirés en ce moment. Dans cette optique, il est possible de concevoir le virus comme le déclencheur qui nous a rendu collectivement non-fonctionnel et qui met en lumière les failles préexistantes de notre système  : problèmes de santé mentale, inégalités sociales, polarisation des idées, dévastation de l'environnement, changements climatiques, endettement croissant, taux d'obésité en hausse, etc. Avec un peu de chance, la crise nous permettra de faire de l'introspection sociale pour acceptées, reste que le clip où il danse sur les paroles « on est chanceux d'avoir François Legault. Suspends TOUS mes droits je te donne le go » constitue la preuve d'une inquiétante promiscuité avec le politique, sans compter un incompréhensible manque de jugement. Un minimum de sobriété, entre autres par respect envers les victimes et leurs proches, aurait été de mise. Je vous entends d'ici  : tu ne ferais pas mieux, alors ta gueule ! Évidemment, que je ne ferai pas mieux. Drôlement pire, même. Mais si mes étudiants me trouvent poche, vais-je plaider pour ma défense qu'ils seraient probablement encore plus mauvais que moi ? En fait, la présente affaire confirme l'hypothèse suivante  : en « politique », seul compte l'amour que les gens éprouvent pour toi, le sens critique s'évanouissant alors de lui-même. Même, ironiquement, quand l'heure est à la catastrophe. prendre conscience du mal-être qui nous habitait déjà et des défenses collectives que nous utilisions pour l'éviter  : dépendance à la croissance, surconsommation (médicaments, matériel, divertissement, etc.), déni par rapport aux changements climatiques, blâme de l'autre, etc. II serait grand temps que nous amenions à notre conscience ce qui nous fait si peur individuellement et collectivement. Serait-ce une angoisse de l'insignifiance, de mort, de solitude ? Et si nous nous permettions collectivement d'accepter l'impermanence, l'interdépendance, notre souffrance et nos vulnérabilités profondes, ne serait-il pas possible de bâtir un monde meilleur ? CAROLINE/SARRAU, M.A. SEXOLOGUE ET PSYCHOTHÉRAPEUTE Écrivez-nous ! opinions@journalmetw.wi,
journalmetro.com métr'n, Mercredi 13 mai 2020 CIPX1 1" Les parodoxes de Dr Miami Documentaire. Michael Salzhauer, mieux connu sous le nom de Dr Miami, est un personnage fascinant pour un documentariste. Mais aussi pour un psychologue, un sociologue ou quiconque s'intéresse à la nature humaine et à ses contradictions. BENOITVALOIS-NADEAU bvalois-nadeau@journalmetro.com Autoprodamé « le médecin le plus connu de l'univers », le chirurgien floridien est une vedette sur Snapchat, où il diffuse à ses milliers d'abonnés des staries de ces interventions chirurgicales, avec l'accord de ses clientes bien sûr. Augmentation mammaire, liposuccion ou encore le très populaire « brazilian butt lift »  : Dr Miami vulgarise son travail dans de courtes vidéos où se mélange sang, humour potache et apologie du corps parfait, sur fond de musique pop. Sa clinique est aussi le lieu de tournage de plusieurs clips hip-hop, qui mettent en valeur Renée Claude/COLLABORATION SPÉCIALE Michael Salzhauer, alias Dr Miami i COLLABORATION SPÉCIALE les courbes prononcées de ses ex-patientes. Dr Miami est également un brin mégalomane. Dans They Call Me Dr. Miami, documentaire que lui consacre Jean-Simon Chartier, on le suit aussi dans ses démarches pour agrandir l'enseigne qui orne l'entrée de sa clinique. « Je veux qu'on puisse la voir de l'espace », s'exclame-t-il avec enthousiasme. Il veut aussi faire peindre sur un mur attenant une gigantesque murale à son effigie coiffée de son slogan personnel : « Faites des fesses, pas la guerre ». Avec d'autres docteurs à qui il enseigne ses méthodes d'au- topromotion sur les réseaux sociaux, il souhaite répandre la bonne nouvelle  : la beauté est une arme et la chirurgie plastique un moyen de l'obtenir. Un moyen de se sentir mieux et de devenir une « meilleure personne ». « La personne qu'on veut vraiment être », selon les dires d'une de ses patientes qui est passée plusieurs fois sous son bistouri. Michael Salzhauer est aussi un être profondément croyant. Juif orthodoxe, il est marié depuis 20 ans, a cinq enfants et respecte scrupuleusement le sabbat. Toutes ses facettes sont Accusé de racisme anti-Chinois, Bryan Adams s'excuse Le chanteur canadien Bryan Adams a présenté ses excuses hier après le tollé suscité par ses déclarations sur l'origine chinoise de la pandémie de coronavirus. L'artiste a dénoncé lundi sur Instagram et Twitter l'annulation de ses concerts à venir  : « Merci à des p... de mangeurs de chauve-souris et vendeurs dans des marchés d'animaux qui créent le virus, cupides bâtards ». MÉTRO réunies à l'intérieur d'un seul homme et semblent (relativement) bien cohabiter. « J'ai été captivé par l'ampleur de personnage et du phénomène qu'il représentait. II y avait définitivement un film à faire sur lui et ses paradoxes », explique le réalisateur Jean-Simon Chartier, qui avait croisé Dr Salzhauer lors du tournage d'un autre film consacré à la chirurgie esthétique, Corps à la carte. « J'essaie de montrer sans le juger un être humain qui a ses contradictions, ses carences et ses croyances. Il croit foncièrement en la chirurgie esthé- « La chirurgie esthétique n'est qu'un facette de la culture de l'image dans laquelle on vit. Mais ce n'est pas certainement pas la seule. » Jean-Simon Chartier, réalisateur de They Cali Me Dr. Miami tique. Il y a eu recours et crois que ça améliore sa confiance et l'améliore comme personne. Quand il intervient sur le corps de quelqu'un d'autre, il fait la même chose  : il permet à des gens d'avoir plus confiance en eux. » They Call Me Dr. Miami est toutefois plus critique du culte du corps et de l'image parfaite véhiculée par les médias sociaux. « Je crois au libre choix. Certaines personnes ont des raisons valables d'avoir recours à la chirurgie plastique et que ce n'est pas à moi de juger », précise Jean-Simon Chartier. « En même temps, il existe un phénomène en Floride et en Californie où les jeunes femmes ont recours à la chirurgie plastique pour être aimées et admirées, à la plage et sur les réseaux sociaux. Etre à la mode, c'est avoir des fesses rondes et de gros seins. Cette culture amène des jeunes femmes à prendre des risques pour leur santé et pour leur vie même, seulement pour s'offrir en spectacle. Ce phénomène-là, je trouve qu'il est exagéré. » Il est aussi exagéré selon la fille de Michael Salzhauer, l'une des intervenantes les plus intéressantes du documentaire. Du haut de ses 13 ans, l'adolescente n'hésite pas à placer son père devant ses contradictions, elle qui a quitté tous les réseaux sociaux, « cette perte de temps qui détruit les relations humaines ». « Dieu nous a créés et nos corps lui appartiennent », affirme-t-elle en reprenant les principes de la religion juive que son père lui a inculqués. Au final, peut-on vraiment concilier de si grandes contradictions ? « Je crois qu'il se pose des questions, soutient Jean- Simon Chartier. Et qu'il se trouve des réponses pour bien vivre avec les deux facettes de sa personnalité, comme on le fait tous. Je crois que je l'ai amené à réfléchir à des choses qu'il ne s'était jamais dites à lui-même. Il n'a pas fini de se questionner. » 7 They Cali Me Dr. Miami Demain zoh à CBC Aussi offert sur CBC Cern Renée Claude emportée par la COVID-19 La chanteuse Renée Claude est décédée hier à l'âge de 80 ans. La grande interprète québécoise a été emportée par la COVID-19 dans le CHSLD où elle résidait depuis plus de deux ans. Renée Claude souffrait de la maladie d'Alzheimer depuis plusieurs années. Le spectacle hommage Renée Claude, la mémoire du coeur a d'ailleurs été présenté à la Maison symphonique l'automne dernier afin de recueillir des dons pour le Fonds de la recherche sur la maladie d'Alzheimer du Centre de recherche du Centre hospi- « La grandeur d'une dame et d'une artiste, symbole de tout ce qui rassure, la voix qui m'accompagne depuis la petite enfance... Elle nous quitte... Je suis atterré... » François Pérusse, sur Twitter talier de l'Université de Montréal (CHUM). Clémence Des- Rochers, Ariane Moffatt, Isabelle Boulay et Louise Forestier y avaient notamment participé. En mars 2019, ces mêmes chanteuses, ainsi que Céline Dion et Ginette Reno, avaient repris une de ses chansons les plus populaires, Tu trouveras la paix. Renée Claude a connu un grand succès notamment avec les chansons C'est le début d'un temps nouveau, Viens faire un tour et Le monde est fou. Elle a fait paraître une vingtaine d'albums au cours de sa prolifique carrière. Dès les années 1960, elle a prêté sa voix à des paroliers renommés, dont Jean-Pierre Ferland et Luc Plamondon. Renée Claude a également été actrice. On a pu la voir au petit écran dans L'Amour avec un grand A et Triplex dans les années 1990, ainsi que dans les films C't'à ton tour, Laura Cadieux et Station Nord. L'annonce de son décès a suscité de vives réactions dans la communauté artistique hier. La chanteuse Martine St- Clair l'a qualifiée de « merveilleuse femme et interprète suprême », tandis qu'Ariane Moffatt l'a décrite comme « LA reine d'entre toutes ». « Je vous souhaite la paix parmi les étoiles. Votre voix nous accompagnera long- temps encore », a écrit Vincent Vallières sur Twitter. « Renée Claude fut l'une des plus grandes chanteuses du Québec. Que dis-je, elle sera toujours l'une des plus grandes chanteuses du Québec. Grande dans le plus beau des sens. Avec de la grandeur. Du coeur », a publié l'auteur et producteur Stéphane Lapone. La mairesse de Montréal, Valérie Plante, s'est par ailleurs dite attristée par « le départ d'une grande Montréalaise et d'une des plus grandes interprètes de l'histoire du Québec ». rento



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