Métro Montréal n°2020-05-06 mercredi
Métro Montréal n°2020-05-06 mercredi
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2020-05-06 de mercredi

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Médias Transcontinental S.E.N.C.

  • Format : (279 x 286) mm

  • Nombre de pages : 12

  • Taille du fichier PDF : 11,3 Mo

  • Dans ce numéro : déconfinement à l'horizon.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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métr journalmetro.com Mercredi 6 mai 2020 OPINIONS TA GUEULE, DÉMOCRATE IN LI BRO VERITAS FRÉDÉRIC BÉRARD docteur en droit et politologue Tout ceci a commencé, l'inverse aurait été impensable, par un vaste sentiment d'incrédulité. Un virus venu de Chine sur le point de raser temporairement, on se le souhaite, l'activité économique, culturelle, sportive et autres ? Mettre sur pause l'interaction humaine ou presque, en bref ? Apparemment Les réactions collectives, en Occident, devaient ensuite présenter d'étranges similitudes d'une région à l'autre  : le rassemblement autour du ou de la leader. Rien deplus normal, en fait. La crainte, l'angoisse et l'anxiété provoquées par une saloperie du genre, laquelle laisse d'ailleurs encore flotter la science dans un large bain d'incertitudes, amène invariablement l'électorat - d'aucuns préféreraient l'emploi des termes société ou nation - à se « regrouper ». On met ainsi de côté les querelles idéologiques, les broutilles partisanes, les objections souvent bancales ou insignifiantes. Tous et chacun rament ainsi, sous les De bien beaux pliages Confiné, un des lecteurs de Métro s'est mis à l'art du pliage du papier - l'origami. Ces créations feront la joie des enfants de l'École Gadbois et de la Maison des Grands-Parents de Villeray, auprès de qui il fait du bénévolat « en temps normal »./COLLABORATION SPÉCIAIF, ERNEST directives du Lider Maximo, dans la même direction  : celui du bien commun. À l'instar de ses contemporains, le peuple québécois ne devait faire exception à la règle, et c'est tant mieux. Parce que sans cohésion sociale, voire assujettissement aux néo-régles d'Etat, même celles à saveur drastiques, le virus aura déjà, force est de prévoir, remporté la partie. Or, comme chaque chose dans la vie souffre ou bénéficie immanquablement d'un corollaire, il en va de même pour cet assujettissement collectif Poussé à un niveau trop élevé, celui-ci pourrait être assimilé à... une anesthésie généralisée. Ainsi, et même s'il est raisonnable de croire à certaines erreurs majeures sur le point d'être commises, exit la possibilité de critiquer le gouvernement québécois, ce dernier faisant manifestement office de seul palier respecté et TRIBUNE LIBRE 55jours ! Mon univers familial ne comporte qu'une planète et c'est mon fils. J'ai un magnifique grand garçon de 23 ans. Autiste non verbal, déficient intellectuel, pas encore propre et avec d'autres petits défis que la vie lui a donnés pour peaufiner sa patience et la mienne. Il a peut-être 23 ans, mais en raison de ses handicaps, il est encore un grand bébé. Son film préféré est Dumbo et Midcey Mouse est son ami. Il a été avec moi jusqu'à ses 19 ans. Il est formidablement attachant mon garçon. Mais sa beauté et sa candeur s'accompagnent également d'une grande force physique et, à bout de souffle, j'ai dû me résigner à demander de l'aide. Car, lorsqu'il fait des colères, le petit garçon qui écoute pourtant encore religieusement ses Telétubbies peut se transformer en incroyable Huile. Pour paraphraser le cinéma de super héros, je dirai que l'incroyable Hulk a fait baisser les bras de Wonder Wowen. C'est le coeur en mille miettes, avec l'estime de soi au plancher et la culpabilité au plafond que j'ai dû me contraindre à le placer en résidence. Cette résidence est Faites-nous découvrir vos activités de confinement ! Pâtisserie, couture, jardinage, coloriage... Le confinement semble inspirer les plus créatifs d'entre vous, petits et grands. Faites nous parvenir vos créations en photos à opinions@journalmetro.com, elles seront peut-être publiées dans cette page. Au plaisir de les découvrir ! Recette parfaite, si vous souhaitez mon avis, pour une catastrophe annoncée. respectable, celui géré par Trudeau n'étant bon qu'à mitrailler les chèques jusqu'à plus soif En fait, quiconque osera présenter une critique quelconque de la présente gouvernance québécoise en sera quitte pour une sacrée volée de bois vert (pas Yves, l'expression). On l'accusera de partisanerie (euh ?) , de faire davantage partie du problème que de la solution, et d'être de toute manière incapable de faire mieux que Legault et de (comme si le citoyen n'était pas en droit de s'attendre à ce que ses leaders fassent mieux que lui...). Si ceci explique effectivement cela, aucune surprise à constater le mutisme quasi-complaisant des partis d'opposition et (trop souvent) des médias envers l'action gouvernementale. Recette parfaite, si vous souhaitez mon avis, pour une catastrophe annoncée. Parce que si la propension au regroupement collectif (simple image, inutile de dénoncer aux flics) se veut souhaitable, reste que l'à-platventrisme, l'auto-censure et et la déification de nos dirigeants provoquent un climat délétère pour la suite de nos vies démocratiques et État de droit Comment ces derniers peuvent-ils opérer sans les pierres d'assise de sens critique, du refus de complaisance, d'une liberté d'expression absolue, c'est-àdire délestée d'auto-censure ? Pourtant, au moment d'écrire ces lignes, le Québec souffre du plus haut taux de mortalité en Amérique, Montréal est un épicentre de la crise, la situation en CHSID est absolument pitoyable, chapeautée par les bons soins du CIUSS- MO. Ah, vous me voyez venir maintenant... pas encore un autre aidant naturel qui veut nous faire pleurer sur son sort ce matin. Eh bien, vos et mes pleurs ne sont pas vraiment nécessaires ici, ni souhaités, mais si cette lettre peut finalement me faire entendre par les hauts dirigeants du CIUSS, go for it et tant pis pour ma timidité naturelle ! Depuis son placement, je visite régulièrement mon garçon et il vient à la maison très souvent Chaque semaine, il attend avec une grande impatience mes visites. C'est assez sportif aller le chercher, car chacune de ses visites ressemble à un parcours d'un combattant. Pendant ces journées je valse entre les pleurs hystériques et les rires en cascades, et si on pouvait filmer mon garçon pendant 24 heures, je vous jure que cela ferait tout un bon feel good movie. Il est tellement heureux lors de ses sorties. Sauf qu'on m'interdit de voir mon fils depuis 55 jours. Au début, je comprenais les exigences du confinement et par ailleurs je les approuvais totalement. Mais maintenant, en ce 6 mai, lorsque bientôt pour réussir mon travail je serai entouré de 300 enfants et d'une multitude de personnes ; je ne comprends plus le refus. Pendant ces 55 jours, mon garçon a essayé quatre fois de se sauver. La rési- et le D'Arruda s'est joyeusement planté avec la question des masques, du « pic », et de « l'immunité collective », se vantant de surcroît, mensonge à l'appui, d'avoir « sauvé entre 30 000 et 60 000 vies ». Alors qu'une réaction normale devrait vasciller entre frusttation et reddition de comptes, le bon docteur se retrouve submergé, pour son plus grand plaisir, d'invitations à une pléiacIP de shows populaires. Et pendant que l'on rigole avec le sympathique toubib, l'hécatombe se poursuit d'emblée, le retour à l'école primaire et aux garderies est maintenant imminent, et se prépare la surveillance policière par voie électronique, le tout à grands coups de gouvernance par décrets... - BERARD !!! - Quoi ? - Y FONT UNE BONNE JOB, OK lA ? ! ? - Okidou. dence a dû même appeler les policiers en renfort trois fois parce qu'ils ne pouvaient pas l'arrêter. Cinq personnes pour le contrôler n'étaient pas suffisantes. Vous savez, un Hulk décidé et en colère, c'est du sérieux. Il a essayé littéralement d'arracher les fenêtres. Ce n'est malheureusement pas une figure de style, il a essayé d'arracher les fenêtres ! Il ne comprend tout simplement pas pourquoi sa mère ne vient plus le chercher. Il ne comprend pas, parce qu'il n'a malheureusement pas la capacité de comprendre la situation. On nous dit ad nauseam que le confinement ne doit pas causer trop de conséquences. Est-ce possible maintenant de permettre, avec toutes les balises de sécurité nécessaires, qu'une mère voie son « petit » Hulk ? Parce que Wonder Wowen à l'impression de jouer dans un bien vilain film et h fin ne s'annonce vraiment pas heureuse. Les aidants naturels et les proches aidants sont les battements d'ailes d'un papillon dans la vie d'une personne handicapée, leur utilité et leur effet semblent insignifiants, pourtant ce battement d'ailes suffit à faire dévier la peur et à installer, telle une tornade d'amour, la certitude d'être aimé. NATHALIE BERTRAND, MAMAN ET DIRECTRICE D'ÉCOLE Écrivez-nous ! opinions@journalmetro.com 6
métr journalmetro.com Mercredi 6 mai 2020 7 IN Une visite gratuite à la fermt — Alors que la question de la souveraineté alimentaire refait surface, le festival Ciné-Vert diffusera gratuitement le documentaire La Ferme et son État de Marc Séguin du 11 au 1.4 mai prochain. Sur Facebook Teno Les kings de l'impro Télé. Des colocs, un salon, un café et des personnages secondaires typés. Vous pensez avoir vu cette comédie de situation des dizaines de fois ? On vous jure que non. Car Rue King est entièrement improvisée par ses comédiens, qui font preuve d'un sens de la répartie et d'une créativité du tonnerre. MARIE-LISE ROUSSEAU mirousseau@journalmetro.com L'idée de départ est archisimple  : Pierre-Luc (Funk) et Marie-Ève (Morency) cherchent un troisième colocataire avec qui partager leur appartement de la rue King. Ils jettent leur dévolu sur Sophie (Cadieux), une avocate de 42 ans venue refaire sa vie à Sherbrooke. L'équipe derrière Rue King a volontairement choisi de situer cette comédie dans un cadre on ne peut plus conventionnel de sitcom, avec un salon, un café, des amis et des quiproquos. « Comme on joue avec le format de la sitcom, il fallait en garder les références, explique en vidéoconférence Vincent Bolduc, producteur au contenu de cette série adaptée du concept allemand Schiller Street. Il fallait avoir une structure que tout le monde comprend avec des histoires d'amour impossible, une mère trop contrôlante, une ancienne conquête qui débarque, des colocs et un café comme lieu de rencontre. » Car le trio de comédiens ainsi que leur entourage, joué entre autres par les excellents Stéphane Crête, Sylvie Moreau et Mehdi Bousaidan (expert en sorties malaisantes), improvisent tout de A à Z. Rien n'est écrit. Rien n'est répété. Seules les grandes lignes de la trame narrative sont amenées par une petite équipe d'auteurs composée de Justine Philie, d'Alex Veineux mi" 1} dam. il amm. Piene-Luc Funk et Mare Ève Morency dans Rue King. Les in épisodes seront offerts dès demain sur Club. i EVE B. LAVOIE/CLUB ILLICO et de Vincent Bolduc. Le tout est tourné en une seule prise sous le regard amusé de Stéphane Bellavance, qui agit à titre de maître du jeu. Avec la complicité du public, il transmet des consignes souvent déstabilisantes et très farfelues dans l'oreillette des acteurs afin de guider leur jeu. Un exemple  : « Pierre-Luc, tu ne peux pas annoncer à Julien qu'il doit partir et ça a rapport avec les bananes ». Ou encore  : « Sophie, tu es avocate  : fais un plaidoyer spontanément ». L'expression dans le regard des improvisateurs lorsqu'ils entendent ces indications est tordante. « Pour avoir joué avec eux, je savais qu'ils étaient capables d'être à l'aise, mais là, je les ai vus complètement désarçonnés. Je voyais leur regard de merlan frit... ! » lance en riant Vincent Boldu. Du jamais-vu Le résultat de cet exercice de « Il fallait que les gens reconnaissent la structure et les repères de la sitcom classique pour apprecier le format éclaté de l'émission. » Vincent Bolduc, producteur au contenu de Rue King haute voltige est aussi surprenant qu'hilarant Si « le gâteau a levé », comme le dit Vincent Bolduc, c'est notamment parce que la série rassemble une « équipe de rêve » formée de pros de l'impro. Tous les comédiens à l'écran ont une solide expérience en la matière. Mais improviser une comédie de situation est une autre paire de manches que de disputer un match d'impro traditionnel, ont-ils rapidement compris. « On s'est dit  : "On sait de quoi il s'agit, on sait c'est quoi de l'impro". Mais en fait, on ne savait pas du tout de quoi il s'agissait. C'est de l'impro comme on n'en a jamais fait et comme on n'en a jamais vu », avance Pierre-Luc Funk. Ce à quoi renchérit sa collègue Sophie Cadieux  : « On était dans une structure avec des codes. Tout ce qu'on semait, on devait le récupérer. Les auteurs Alex, Justine et Vincent nous aidaient et h *r. 41 nous guidaient là-dedans. Ça a vraiment chamboulé nos paramètres d'improvisation. » Le tournage effréné des 10 épisodes en seulement 5 jours a été un défi supplémentaire pour les acteurs. « La seule chose qu'on pouvait faire était d'être totalement à l'écoute de nos collègues, de l'oreillette dans laquelle on recevait des commandes et des réactions des autres. On est sorti de là épuisé, mais c'était hallucinant C'était comme faire du bungee », illustre Marie-Ève Morency. Tous, y compris les comédiens invités dont font partie Anne-Élisabeth Bossé, Julien Lacroix et Marie-Soleil Dion, sont à la hauteur de la mission quasi impossible qui leur a été confiée. « Ils sont tellement habiles qu'on a ajouté au montage quelques réactions de ma part, souligne Stéphane Bellavance. Ça permet de rappeler que ce que vous voyez est improvisé. Si on avait laissé aller les acteurs, on aurait l'impression que c'est une sitcom Certaines scènes nées spontanément frôlent le génie. Les plus grands scénaristes n'auraient pu créer d'aussi beaux moments de folie. Deux mots à ce sujet  : décolleté et salière. Métro vous encourage à acheter bleu - Ensemble, - soutenons - l'économie d'ici ! métr journalmetro.com



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