Métro Montréal n°2020-05-04 lundi
Métro Montréal n°2020-05-04 lundi
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2020-05-04 de lundi

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Médias Transcontinental S.E.N.C.

  • Format : (279 x 286) mm

  • Nombre de pages : 12

  • Taille du fichier PDF : 12,2 Mo

  • Dans ce numéro : la riposte des familles s'organise.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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journaimetro.com métr Lundi 4 mai 2020 OPINIONS Sculpture et prévention L'Alliance Internationale des symposiums de sculptures (ISSA) qui réunit des sculpteurs et des organisateurs de symposiums de sculpture à travers le monde a lancé, à sa façon, une campagne mondiale de prévention face à la pandémie de coronavirus./COLLABORATION SPÉCIALE, MARIE-JOSEE LEROUX Faites-nous découvrir vos activités de confinement ! Pâtisserie, couture, jardinage, coloriage... Le confinement semble inspirer les plus créatifs d'entre vous, petits et grands. Faites nous parvenir vos créations en photos à opinions@journalmetro.com, elles seront peut-être publiées dans cette page. Au plaisir de les découvrir ! ON S'EN SOUVIENDRA PEUT-ÊTRE PAS, MAIS... ceux et celles que je vois « On comprend pandémie COVID-19 comme à vivre en collectivité et déambulé.e.s dans le quartier où je vis maintenant. mieux la fragilité notre monde actuel et celui patriotique décomplexé. un événement-fracture entre développer un nouveau sens Ayant grandi à de notre système sans qui suivra. Il est impensable de On laissera sûrement notre St-Michel dans les années l'apport de personnes penser qu'on puisse reprendre individualisme de côté et CARLA 1980-90, j'ai été touchée de là où on était avant la crise. réévaluerons notre façon de BEAUVAIS voir que les réalités et surtout les perspectives ne sont de haut. » une responsabilité à planidémie va causer d'immenses qu'on regardait Nos gouvernements ont traiter nos aînés. Cette pan- info@journalmetro.com guère différentes qu'à mon fier la reprise, non pas d'un souffrances personnelles qui époque. Familles monoparentales, pauvreté extrême, délinquance, difficultés académiques, profilage racial, réalise l'inter connectivité de nos vies et inévitablement de notre survie. point de vue économique uniquement, mais d'un point de vue social. Il faudra nous obligeront à reconsidérer notre vraie nature et à découvrir de meilleures Benoit Dutrizac a peut-être pris congé de ses médias sociaux, mais sa sortie à l'encontre d'un commentaire d'Ismaël Seck, un citoyen et enseignant engagé, risque de le hanter encore longtemps. En réaction à un tweet de Seck nous exhortant à réfléchir sur nos préjugés et sur le sort des réfugiés (qui sont en première ligne, au risque de leur vie, dans notre lutte contre la COVID-19), Dutrizac a répliqué que ce commentaire était méprisant envers le peuple qui l'a accueilli et y est allé d'un « Va donc chier » bien senti. Ce commentaire est encore plus absurde quand on sait que Seck est métisse, né d'un père sénégalais et d'une mère canadienne-française. J'ai visité la classe de M. Seck il y a quelques mois à l'École secondaire Lucien Pagé. J'ai eu la chance d'y offrir un témoignage sur mon parcours de vie pour motiver, et qui sait inspirer ses étudiants. Sa classe était majoritairement composée de jeunes issus de l'immigration. Je suis ressortie de là bouleversée par la fracture sociale bien visible entre ces jeunes et racisme systémique, sont encore le lot d'une jeunesse laissée pour compte dans l'est et l'ouest de la ville. Leurs parents occupent souvent des emplois précaires et sous-payés et pas uniquement parce qu'ils n'ont pas les diplômes pour faire mieux. Ces fameux travailleurs essentiels, invisibles il n'y a pas si longtemps, sont maintenant élevés au rang de héros national. On comprend mieux la fragilité de notre système sans l'apport de personnes qu'on regardait de haut. On La pandémie que nous vivons a la capacité de faire ressortir autant le bon de notre humanité que son côté sombre. Elle a réussi a dévoilé l'immense hypocrisie et notre aveuglement collectif face aux iniquités sociales. Elle a surtout dévoilé les failles de nos sociétés individualistes et capitalistes. L'histoire a démontré la capacité de l'humain à se relever de périodes de crise, à rompre avec le passé et à imaginer un nouveau monde. Cette pandémie ne fera pas exception. On peut voir la investir dans notre système de santé et d'éducation sans oublier d'investir dans nos quartiers défavorisés. Il faudra reconnaître les diplômes étrangers, car la main d'oeuvre locale de suffit pas. Il faudra lutter férocement contre la discrimination. Il faudra combattre les iniquités salariales pour offrir à tous et toutes la dignité humaine. Il faudra repenser notre dépendance et valoriser la production nationale. D'un point de vue citoyen, j'imagine qu'on devra revoir notre relation à l'autre. On devra apprendre versions de nous-mêmes. On ne se souviendra peut-être pas de ce tweet méprisable de Dutrizac, mais on ne pourra jamais oublier que pour combattre ce virus et gagner cette bataille, il a fallu la contribution de tous les citoyens québécois. Ni la race, ni l'origine, ni la religion, ni le sexe, ni le statut social n'ont été des facteurs d'exclusion pour sauver la vie de milliers d'individus et pour contribuer au maintien de nos services de base. Le Québec postCOVID-19, c'est ensemble qu'on pourra le construire et c'est maintenant qu'il faut l'imaginer. TRIBUNE LIBRE Se réconcilier avec son corps Un sondage Léger-Association pour la santé publique du Québec (ASPQJ mené deux semaines suivant le début des mesures de confinement révèle que 34% des Québécois étaient davantage préoccupés par leur poids qu'avant la crise. Près de 1 Québécois sur 10 rapportait même que cette préoccupation avait beaucoup augmenté. Et voilà que les beaux jours se pointent le bout du nez, accompagnés de belles promesses de l'industrie de l'amaigrissement pour vous préparer à la saison estivale. Le bouleversement des dernières semaines et l'arrivée de l'été accentuent certainement l'angoisse associée au poids pour plusieurs personnes. Vivre avec une insatisfaction par rapport à son image corporelle, qu'on soit en surpoids ou non, peut nous pousser à poser des gestes qui mettent à risque notre santé physique et mentale. L'industrie de l'amaigrissement connaît cette fragilité et propose, à grand renfort de publicités, des produits, des services et des moyens de perte de poids qui s'avèrent généralement inefficaces à long terme et potentiellement dangereux pour la santé. De façon insidieuse, cette industrie tente de nous faire croire qu'il existe une pilule ou une formule miracle et rapide qui nous permettra d'avoir le tour de taille de nos vedettes préférées. Mais, dans les faits, les fausses promesses de l'industrie de l'amaigrissement ne font qu'amaigrir notre portefeuille et nous faire vivre des échecs à répétition. La campagne Méfiez-vous des apparences trompeuses ! de l'ASPQ démystifie cette face cachée de l'industrie de la minceur et propose des solutions durables, pour se sentir bien dans sa peau, sans mettre sa santé en péril. Plutôt que de miser sur son poids, prendre plaisir à adopter de bonnes habitudes de vie, comme manger plus sainement, être plus actif, dormir suffisamment et prendre soin de soi, vous permettra d'améliorer votre santé et votre qualité de vie. Dans le cadre de la Journée internationale sans diète, le 6 mai, ÉquiLibre vous invite à tourner le dos aux régimes. Quel que soit notre poids, opter pour un mode de vie sain s'avère une solution gagnante qui procure de nombreux bienfaits sur la santé physique et mentale. Bref, il n'existe aucune solution miracle ni instantanée pour perdre du poids. Alors, méfiez-vous des apparences trompeuses de l'industrie ! Pour vous aider à y voir plus clair, consultez apparencestrompeuses.ca. LAURENCE SAUVÉ-LÉVESQUE, ASSOCIATION POUR LA SANTÉ PUBLIQUE DU QUÉBEC Écrivez-nous ! opinions@journalmetro.com
métr 117, journalmetro.com Lundi 4 mai 2020'eIh. C1112111r" Récitals de piano en ligne Le Concours musical international de Montréal a dû reporter son édition 2020, mais cela ne l'empêche pas de mettre en lumière le talent de ses jeunes participants. Jusqu'au 14 mai, ces pianistes présenteront tous les jours à 12 h de courts récitals sur le web. semLa reine du Château Docu. Au Château Beaurivage, la pétillante Madeleine Ducharme a mené une vie de reine ou tout comme. Ses enfants la visitaient régulièrement, elle jouait aux cartes, ricanait et partageait des repas avec ses amis. Bref, elle était heureuse. Mais au fil des saisons, son état de santé s'est dégradé. Son fils Denys Desjardins documente sa perte d'autonomie dans Le Château. MARIE-LISE ROUSSEAU mirousseau@journaimetro.com Ce documentaire qui pose un éclairage touchant sur la vieillesse prend l'affiche à un drôle de moment pour son réalisateur, qui surmonte actuellement « une épreuve collective et personnelle ». C'est que la protagoniste de son film, « la meilleure maman du monde », est décédée le mois dernier de la COVID-19 en CHSLD. « C'est un mélange d'émotions que de se rendre compte que la vie de ma mère, qui est maintenant en film, se retrouve au coeur d'une grande réflexion collective sur le vieillissement et sur l'état de nos résidences pour aînés », dit-il. Au départ, Denys Desjardins souhaitait documenter le quotidien des personnes âgées vivant en résidence privée, milieu avec lequel il s'est familiarisé lorsque sa mère y a été logée. « On ne visite pas souvent ces endroits à moins d'y avoir de la parenté. Ça a été pour moi la découverte d'un monde. J'avais l'impression d'être dans un tout indus, mais pas à Cuba ; à Montréal. Pour un cinéaste, ça stimule l'imaginaire. » but indus, c'est justement le nom d'une pièce de théâtre documentaire de François Grisé qui, elle aussi, se penche sur ces Le Château, mettant en vedette Madeleine Ducharme, sera offert sur Illico dès demain. Il atternra sur les autres lateformes dès le 19 mai./LES FILMS DU CENTAURE milieux de vie. Sans avoir pu la voir, Denys Desjardins voit des similarités dans ces projets. « Je crois qu'on avait la volonté commune d'entrer dans les résidences pour aînés, de voir comment ça se passe et de suivre la vie des gens qui y habitent, sans vouloir dénoncer quoi que ce soit » Mais voilà. Alors que dans les premières minutes du film, sa mère confie qu'elle ne se voit pas vieillir, son fils et sa caméra sont bel et bien témoins de sa perte de mémoire progressive. On en a une manifestation émouvante durant le film par les messages vocaux de plus en plus confus qu'elle lui a laissés. Petit à petit, il est devenu évident que Mme Ducharme deviendrait le personnage central de son documentaire. « La réalité nous rattrape toujours au cinéma. Plus ça allait, plus je me rendais compte que ce film serait un portrait de ma mère. » « À la vie à la mort » Le Château témoigne aussi de comment les enfants des personnes en perte d'autonomie sont confrontés au vieillissement de leurs parents. Dans une scène bouleversante à regarder — et « bouleversante à filmer », confirme Denys Desjardins —, on voit le cinéaste et sa soeur expliquer tant bien que mal à leur mère qu'elle devra déménager afin de recevoir des soins mieux adaptés à ses besoins. Celle-ci, troublée, répète qu'elle avait pourtant signé un contrat pour demeurer dans son logement « à la vie, à la mort ». « Le film montre aussi comment on en vient à devenir les parents de ses parents, observe le cinéaste. C'est un peu ce que ma soeur et moi avons vécu. » Filmer ces moments intimes d'une vie a été un grand défi pour le cinéaste qui a plusieurs documentaires derrière la cravate, dont Au pays des colons et Mon cd pour une caméra. Le Château est sans aucun doute le plus personnel de sa filmographie. Aussi intime soit-il, son docu a une grande portée sociale, puisqu'il rend compte d'une situation vécue par de nombreux Québécois. « Si le film était présenté en Afrique, peutêtre qu'on on trouverait surréaliste là-bas qu'on empile les personnes âgées de cette façon. Nous, on ne s'en aperçoit même plus difficile a été d'aborder la vieillesse sans en faire ft « Le. une caricature, de trouver rapproche pour que ce soit respectueux. Je ne voulais pas entrer avec une caméra et faire un reportage. » Denys Desjardins, documentariste plus, on l'a tenu pour acquis. » Ceci dit, la crise de la CO- VID-19 dans les CHSLD remet en question tout le système de soutien aux aînés. Selon Denys Desjardins, « c'est une réflexion qu'on devra mener. » Il la poursuivra d'ailleurs dans ses deux prochains documentaires. Le premier sera une suite du Château, qui prend fin avec l'annonce du transfert de sa mère en CHSLD. Son titre de travail  : J'ai placé ma mère. « Parce que j'ai filmé ma mère jusqu'à la toute fin », explique-t-il. En parallèle, il planche sur un documentaire sur l'industrie de la vieillesse afin de comprendre « comment on en est arrivé là ». « Je ne vais pas le cacher  : comme bien d'autres, j'ai été amené à un peu abandonner ma mère, admet-il. Je l'ai laissée à ce système. » Le cinéaste espère que la crise de la COVID-19 changera notre rapport général aux aînés. « La population est vieillissante, on a intérêt à changer le système si on ne veut pas répéter les mêmes erreurs. » Parce qu'il y a une brèche en toute chose, comme le disait Leonard Cohen, un rayon de lumière traverse ce drame. Quelques semaines à peine avant son décès, Madeleine Ducharme a pu assister à la première du film dont elle est la vedette dans le cadre des Rendez-Vous Québec Cinéma. « La salle était pleine — d'ailleurs, ça me semble surréaliste à imaginer, ce serait criminel aujourd'hui ! — Elle était bien entourée et on a eu une belle soirée. C'était très émouvant de la voir là. » 7 Pour tout savoir au sujet de la COVID-19, suivez Métro Restez informé et suivez nos journalistes d'heure en heure sur l'ensemble de l'information à propos du coronavirus sur journalmetro.com. métr journalmetro.com



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