Métro Montréal n°2020-05-01 vendredi
Métro Montréal n°2020-05-01 vendredi
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2020-05-01 de vendredi

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Médias Transcontinental S.E.N.C.

  • Format : (279 x 286) mm

  • Nombre de pages : 12

  • Taille du fichier PDF : 11 Mo

  • Dans ce numéro : dépistage accru dans Montréal-Nord.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 6 - 7  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
6 7
métr 117e OPINIONS journalmetro.com Week-end 1"-3 mai 2020 6 Des journées « artcovidiennes » bien occupées ! Ce lecteur créatif nous a envoyé quelques images de ses oeuvres réalisées pendant les dernières semaines de confinement. La rédaction a choisi de publier ces deux bouquets de couleurs, qui nous ont fait chaud au coeur ! COLLABORATION SPÉCIALE/FLORENT TANLET Faites-nous découvrir vos activités de confinement ! Pâtisserie, couture, jardinage, coloriage... Le confinement semble inspirer les plus créatifs d'entre vous, petits et grands. Faites nous parvenir vos créations en photos à opinions@journalmetro.com, elles seront peut-être publiées dans cette page. Au plaisir de les découvrir ! TRIBUNE LIBRE Lapandémie a généré un abondant courrier des lecteurs. Envoid quelques uns. L'illusion d'une revanche des fourneaux Restaurants fermés et livraisons surchargées  : l'expérience en épicerie n'est plus la même. Pour plusieurs, la crise du coronavirus a entraîné un arrêt forcé et a permis de s'approprier le temps des transports en commun ou du trafic quotidien. Nous avons certes plus de temps pour cuisiner et moins d'options pour prendre des raccourcis. Ce chamboulement des horaires, qui vont normalement à toute allure, laisse maintenant place à la créativité, à l'expérimentation et à la débrouillardise. Conséquemment, la tendance générale fait pleuvoir des miches maison, des tartelettes portugaises et des plats que nous n'avions jamais eu le temps de préparer. Crise sanitaire ou pas, nous ne délaissons pas le réconfort qu'apporte un repas partagé en famille, la majorité d'entre nous est déjà habituée à le faire au travers de l'écran. Bien avant le contexte actuel, nous étions martelés d'encouragements à cuisiner davantage. Pour notre santé ou pour nos portefeuilles, les recommandations étaient nombreuses. Nous pouvons croire que nous avons maintenant pris le dessus sur notre alimentation, que nous nous la réapproprions en raison de ce printemps inhabituel. On entend déjà dire que nous en ressortirons gagnants sur cet aspect de nos vies. Malheureusement, la situation ne fait que montrer le peu de pou- voir que nous avons sur nos paniers d'épicerie. Parce que nous n'avons plus beaucoup d'options, parce que les ingrédients de base se font rares, les prix augmentent et les rabais disparaissent. Les gens vont acheter de toute façon et ils n'ont pas le loisir de discriminer ce qui reste sur les tablettes. Cuisiner est déjà moins économique qu'il l'était il y a six semaines et nous ne pouvons rien y faire. Ce que nous avons le loisir de mettre dans nos assiettes est et demeurera à la discrétion des lois du marché faisant fi du droit à l'alimentation pour toutes et tous. Difficulté à s'alimenter Ne nous faisons pas d'illusions, bien avant la pandémie, beaucoup trop de familles n'avaient pas la liberté de manger au restaurant ou de recevoir familles et amis le dimanche. Toute l'année, ces Québécoises et Québécois n'ont d'autres choix que de suivre de près l'inventaire du garde-manger, courir les rabais et organiser les repas tout en craignant de ne pas y arriver. Cette crainte de ne pouvoir nourrir les siens n'est pas apparue en même temps que les mesures de confinement, ne l'oublions pas. Depuis 1990, le Regroupement des cuisines collectives du Québec (RCCQJ est un témoin privilégié de la difficulté de s'alimenter. À travers la province, ce sont plus de 7 000 personnes qui participent aux cuisines collectives. Ces personnes veulent reprendre le dessus sur leur autonomie alimentaire dans une société où cela ne va pas de soi. Si certains expérimentent l'insécurité alimentaire pour la première fois, bon nombre d'entre nous n'ont jamais connu l'abondance et le choix. Y faire face devrait nous amener à Le secteur philantropique saura rebondir Selon une étude menée par BNP Performance philanthropique auprès de quelques 150 représentants d'organismes de bienfaisance au Québec pour connaître l'impact de la crise de la COVID-19 sur leurs activités, plusieurs faits sont à retenir et mettent en lumière des pistes de solution. [...] 90% des organismes sont considérablement affectés par la crise de la COVID-19 et que leurs pertes de revenus se feront lourdement ressentir pour le 2e trimestre de 2020. [...] Nos gouvernements devraient donc envisager sérieusement de mettre en place des mesures de bonification des crédits d'impôt et d'appariement des dons de bienfaisance. [...] Le secteur de la bienfaisance et sans but lucratif représente un secteur majeur pour nos communautés et l'économie canadienne. En effet, il représente plus de 170 000 remettre en perspective l'accessibilité universelle à l'alimentation, sans discrimination. Si on espère retirer du positif de la crise, avoir pu prendre le temps de développer habiletés et intérêts pour la cuisine, l'introduire à nos enfants et avoir envie de l'intégrer dans nos routines est magnifique, en plus d'être au coeur même des principes d'éducation populaire qui guident le mouvement des cuisines collectives. Dans l'absolue, cette répercussion en est une très belle, mais le simple fait de redécouvrir nos fourneaux n'est pas suffisant. Nous devons tendre vers une société qui respecte le droit à l'alimentation, comme le revendique le RCCQ depuis un bon moment déjà. Cuisiner ne sera jamais une panacée si nos rythmes de vie ne nous laissent pas le temps de nous y adonner, si nos revenus demeurent insuffisants et si les aliments sont considérés comme de banales marchandises. Si nous arrivons collectivement à dénoncer cette aberrance et à revendiquer à nos gouvernements le droit à l'alimentation pour tous et en tout temps, nous pourrons alors parler de revanche des fourneaux. SYLVIE SARRASIN, REGROUPEMENT DES CUISINES COLLECTIVES DU QUÉBEC organismes à but non lucratif, 8,1% du PIB, emploie plus de 2 millions de personnes et mobilise 13 millions de bénévoles. [...] Pierre angulaire de nos communautés à travers le pays, le secteur de la bienfaisance et sans but lucratif ne doit pas être oublié à travers cette crise car il peut et doit être, un élément moteur qui permettra à nos communautés de mieux rebondir et de prospérer de nouveau. C'est pourquoi, ensemble, nous devons poursuivre nos engagements pour un écosystème philanthropique encore plus solide. CHRISTIAN BOLDUC, BNP PERFORMANCE PHILANTHROPIQUE L'actualité vous fait réagir ? Écrivez-nous ! opinions@ journalmetro.com
Z airmlq& I\, r  : - 1116 À SIN. 1111.411411er,CONCEPTION ET RÉALISATION KARINE BERTRAND/MÉTRO PHOTOS NEC/COLLABORATION SPÉCIALE 7". DANS LES ULigSÉS D Dunder « Dunder Mifflin, ici Pam. » Quinze ans après sa première diffusion, la version américaine de la comédie The Office a atteint l'enviable statut de série culte. Comment expliquer un tel engouement pour les travailleurs d'une compagnie qui vend du papier à Scranton, en Pennsylvanie ? Tout simplement parce qu'il s'agit de la « plus grande sitcom des années 2000 », selon le journaliste du magazine Rolling Stone Andy Greene, qui vient de publier une brique de plus de 400 pages sur le sujet. L'histoire ne dit pas si ce livre est imprimé sur du papier Dunder Mifflin, mais son titre (en anglais), The Office  : The Untold Story of the Greatest Sitcom of the 2000s, ne laisse aucun doute sur l'admiration qu'éprouve son auteur pour la série. L'affmnation peut sembler tendancieuse, mais Andy Greene l'assume. « Je le pense vraiment En plus d'avoir transformé le paysage télévisuel, The Office est supérieur à tout ce qui a été fait pendant cette période. » Les inconditionnels de la série sont nombreux à avoir visionné tous ses épisodes des dizaines de fois. Même les adolescents, trop jeunes pour regarder la télé à 21 h un soir de semaine lors de sa diffusion originale, les enchaînent désormais en rafale sur Netilix, où les neuf saisons connaissent un grand succès. Sur les nombreuses plateformes en ligne dédiées à la série, les adeptes citent leurs répliques préférées et partagent quantité de mèmes et de GIFs du patron Michael Scott et de ses employés. Tout récemment, un mème à propos de la pandémie de coronavirus s'est propagé sur le web. Il montre comment les différents personnages nommeraient cette maladie. Alors que Todd Packer la qualifie de « virus chinois », Andy la surnomme « Big Rona ». Fidèle à lui-même, Oscar y réfère par son terme scientifique, Sars-CoV-2. Andy Greene estime que le confinement est l'occasion tout indiquée pour replonger dans cette série aussi hilarante qu'attendrissante. « Plus que jamais, on a besoin d'être diverti, de rire et de s'évader de l'affreuse réalité qu'est devenu notre quotidien. » C'est d'ailleurs ce que permet la lecture de son ouvrage. Tout a débuté par son amitié improbable avec Creed Bratton, interprète du personnage excentrique et un peu louche du même nom, et ex-rock star des années 1960 au sein du groupe The Ai& j- Grassroots. Ils se sont rencontrés il y a une dizaine d'années pour un article paru dans Rolling Stone. « Il est hyper sympathique, très chaleureux, passionné... J'adore ce gars. Par lui, j'en ai appris beaucoup sur la série et c'est ce qui m'a poussé à m'y intéresser davantage », relate le reporter spécialisé en musique. Puis, pour déjouer l'ennui lors d'une visite dans sa famille à l'Action de grâce en 2018, Andy Greene a réécouté le légendaire Dinner Party, considéré comme un des meilleurs épisodes. Il met en scène Michael et sa conjointe Jan qui reçoivent des collègues à souper à la maison. Ces 22 minutes réglées au quart de tour contiennent à notre avis le plus grand concentré de malaises de toute la série. « Je riais tellement, je n'en revenais pas à quel point c'est brillant », se souvient l'auteur. C'est alors qu'il a eu l'idée de raconter l'envers de cet épisode pour souligner le 10e anniversaire de sa diffusion. « Je me suis donné à fond et j'ai réalisé qu'il y avait une histoire formidable à raconter à propos de cette série. C'est devenu une évidence  : il fallait que j'écrive sur la saga complète de The Office. » Pour se faire, il a mené près d'une centaine d'entrevues avec presque tous les artisans qui ont été impliqués de près ou de loin dans ce bijou télévisuel, à commencer par les créateurs de la version originale britannique, Ricky Gervais et SteveMerchant. À travers les souvenirs des auteurs, MARIE-LISE ROUSSEAU mirousseau@journalmetro.com « LES PERSONNAGES SONT SI RICHES, SI DRÔLES ET SI NUANCÉS. C'EST UN VÉRITABLE PLAISIR DE PASSER DU TEMPS AVEC EUX. » ANDY GREENE, JOURNALISTE ET AUTEUR des acteurs, des techniciens, des coiffeuses et de tant d'autres, Andy Greene propose une fascinante incursion dans les coulisses de la série, qu'il explore sous toutes ses coutures, en plus d'exposer la logistique d'une série d'envergure comme celle-d. « C'était super intéressant de parler aux gens en coulisses et de comprendre comment ça se passait dans leur esprit Personne n'avait vraiment pris la peine de leur parler avant Pourtant, chaque personne qui a travaillé sur cette série a des histoires à raconter. » Même le traiteur Sergio Giacoman, qui révèle des anecdotes — croustillantes, il va sans dire — sur les déjeuners préférés des acteurs sur le plateau. Débats enflammés et émotions fortes Il est particulièrement fascinant de découvrir les points de vue des auteurs sur des moments charnières de la série, comme l'évolution de la relation entre Jim et Pam. On y apprend notamment que le célèbre couple du petit écran a failli se séparer pour de bon avant la finale et que la scène de leur demande en mariage devant une station-service a été un véritable casse-tête à tourner. Les mots « endless debates » reviennent à plusieurs reprises dans le livre pour évoquer les nombreux choix déchirants qu'ont dû faire les auteurs au fil des saisons. Un d'entre eux a été de trouver un remplaçant à Michael Scott après le départ de son interprète, SteveCarell. Comment remplacer un person- nage irremplaçable ? Selon Andy Greene, la série aurait dû se terminer à ce moment plutôt que de poursuivre pour deux saisons supplémentaires. « S'il n'y a pas de Michael Scott, il n'y a pas de The Office, soutient-il. C'est le meilleur personnage. SteveCarell l'a joué avec tellement de nuances, tellement de chaleur et tellement de vulnérabilité qu'on lui pardonne tout même quand il tient des propos racistes, sexistes, haineux et ignorants. C'était du génie. » Son bouquin apporte d'ailleurs un nouvel éclairage sur le départ de l'acteur vedette, bien que le principal intéressé n'y livre pas sa version des faits. L'ouvrage s'ouvre carrément sur sa fête de départ, qui a eu lieu dans l'entrepôt de Dunder Mifflin. Les confidences qu'a recueillies le journaliste de ce moment sont chargées d'émotions. Au fil des pages, on comprend rapidement que SteveCarell est le type le plus chic de tout Hollywood. « Presque tout le monde m'a fait cette remarque. Même à micro fermé, on me le disait. Je peux donc affirmer avec certitude qu'il était adoré par l'ensemble de l'équipe », assure le reporter qui vit à Brooklyn. Andy Greene s'est-il lassé de The Office lors de l'écriture de son livre ? « J'ai trouvé un peu douloureux de réécouter les deux dernières saisons que je n'aime pas trop. Sinon, absolument pas ! Je pourrais regarder l'épisode The Dundies 40 fois et m'amuser toujours autant ! » The Office  : The Untold Story of the Greatest Sitcom of the 2000's Aux éditions Penguin Random House



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :