Métro Montréal n°2020-04-29 mercredi
Métro Montréal n°2020-04-29 mercredi
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2020-04-29 de mercredi

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Médias Transcontinental S.E.N.C.

  • Format : (279 x 286) mm

  • Nombre de pages : 12

  • Taille du fichier PDF : 12,0 Mo

  • Dans ce numéro : la province redémarre lentement.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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métr journalmetro.com Mercredi 29 avril 2020 OPINIONS Faites-nous découvrir vos activités de confinement ! Pâtisserie, couture, jardinage, coloriage... Le confinement semble inspirer les plus créatifs d'entre vous, petits et grands. Faites nous parvenir vos créations en photos à opinions@journalmetro.com, elles seront peut-être publiées dans cette page. Au plaisir de les découvrir ! COMBIEN ÇA COÛTE, UN VIEUX CHRONIQUE IN LIBRO VERITAS FRÉDÉRIC BÉRARD docteur en droit et politologue — Alllô mon grand m la voix est lente, douce, proportionnellement enthousiaste. — Ahhhhh, grand-maman est tellement contente quand tu l'appelles. Oui, ma grand-mère me parle systématiquement à la troisième personne, habitude ancrée depuis toujours. Rien à voir avec la prétention d'un Jules César. Plutôt en lien avec la certitude que, pour elle, l'âge de chacun de ses petits-enfants demeure figé dans le temps. À l'instar de mon autre grand-mère, autant aimante et à la dévotion similaire, COURRIER DES LECTEURS Déconfinement et pédagogie en plein air Monsieur le Ministre, les personnes qui oeuvrent dans le milieu de l'éducation devront déployer des efforts considérables pour faire respecter les règles sanitaires émises par le gouvernement du Québec dans les écoles. C'est une belle occasion pour votre gouvernement de recommander à la communauté éducative de profiter du déconfinement pour pratiquer la pédagogie en plein air. Les possibilités d'activités dehors sont multiples et encore plus à cette période-ci de l'année. Lors des dernières semaines, Jean-Philippe et son fils ont pris des photos des bourgeons en plein débourrement, fait des capsules météo pour apprendre des concepts associés à l'atmosphère et sont partis à la recherche des premières bibittes du printemps dans le sol, dans les airs et dans les écorces des elle m'a initié aux plaisirs de la lecture, de la découverte littéraire. Me souviens encore de mes premières visites, accompagné par l'une ou l'autre, à la minuscule mais sympathique bibliothèque municipale de Mont-Laurier. Celle-ci est rapidement devenue, pour moi, le seul et réel lieu de culte qui en vaille la peine. L'odeur des livres, leur texture, images, couvertures et mots. Univers transcendant qui devait m'amener à voyager par procuration, tester la profondeur de l'âme humaine, vivre des aventures arbres. Julie et son fils ont créé un parcours actif sur le trottoir, fait une dictée sur la galerie en utilisant pinceaux et bol d'eau et réalisé un diagramme à bandes représentant les couleurs des automobiles de la rue. Véronique et ses filles en ont profité pour pratiquer leur équilibre sur une slackline, pour construire un jeu de marelle avec des craies ou pour faire de grandes randonnées pédestres en montagne. Olivier s'est intéressé au patrimoine bâti et à la toponymie des rues, à l'apport des jardins communautaires dans l'alimentation des gens au quotidien et à l'art public dans son quartier. La pédagogie en plein air, jusqu'alors théoriques. Une limite de trois bouquins par emprunt, laquelle forçait, à mon plus grand plaisir, une nouvelle visite trois jours plus tard. De mes deux grandspères, je reçu l'intérêt des sports, de l'information et de la politique. Me rappelle très clairement Rendez-vous 87, à Québec, opposant les vedettes canadiennes aux meilleurs hockeyeurs soviétiques. Ces derniers ayant fait l'objet de huées nourries dès leur premiers coups de patin, ceci devait soulever l'ire de grand-papa  : « Tu parles d'une maudite gang de sauvages ! Des Russes débarquent ici pour un match d'hockey après 18 heures d'avion et on les hue ? ! Ça aucun maudit bon sens ! Faut respecter les étrangers, mon vieux. » Habitant chez lui et grand-maman pendant un certain temps, chacune des soirées débutait par le Télé- "Va-t-on, me chuchotent-ils, crisser nos économies en faillite pour des personnes âgées qui vont probablement mourir bientôt ? " journal, et se concluait par celui-d. Il m'enseignait alors, du haut de mes 10-12 ans, les rudiments de la Guerre froide, de la Seconde Guerre mondiale, de l'univers politique canadien et québécois (allô, Lac Meech), le tout pimenté d'une multitude d'analyses et anecdotes souvent comiques impliquant les Duplessis, Lesage, Bourassa et Lévesque, histoires qui me sont encore utiles aujourd'hui dans mes cours de Droit constitutionnel. Même s'ils avaient somme toute peu ou pas voyagé autrement que par la télévision ou les livres, suintait leur intérêt pour autrui, sa culture, ses moeurs. Le commentaire xénophobe ou raciste formulé était, lui aussi, ipso facto mis à l'index. Sans droit d'appel. lorsqu'elle est judicieusement utilisée en complément avec les activités en classe, comporte de très nombreux avantages. Elle offre de réels contextes permettant de rendre les apprentissages des élèves signifiants, favorise l'activité physique et crée une connexion très stimulante entre les élèves et leur environnement. Plus que jamais, au cours des prochaines semaines, les jeunes pourraient surement se sentir plus épanouis et plus en sécurité à l'extérieur. [...]. JEAN-PHILIPPE AVOITE-BEAUDET, FACULTÉ D'ÉDUCATION DE L'UNIVERSITÉ DE nue BROOKE ET DU CENTRE DE RECHERCHE POUR L'ENSEIGNEMENT ET L'APPRENTISSAGE DES SCIENCES ; JULIE MOFFET, FONDATION MONIQUE- FITZ-BACE ; VÉRONIQUE MARCHAND, FÉD. DES ÉDUCATEURS ET ÉDUCATRICES PHYSIQUES ENSEIGNANTS DU QUÉBEC ; OLIVIER ARVISAIS, FA- CULTÉ DES SCIENCES DE L'ÉDUCATION DE L'UQAM Bas les masques ! À l'heure du déconfinement, au moment où on nous demande d'enfiler un masque pour le bien de la Plusieurs voix, d'ordinaire entendues en privé, s'élèvent actuellement afin de clamer le retour à l'économie active. De toute façon, nous disent-elles, le virus affecte pratiquement uniquement des « vieux ». Va-t-on, me chuchotent-ils, crisser nos économies en faillite pour des personnes âgées qui vont probablement mourir bientôt ? Ça va nous coûter combien, ces vies-là, au fond ? Entre deux conférences dans mon patelin d'origine, au printemps derniers, je retrouvai avec bonheur ma petite bibliothèque d'enfance. Certains trucs ont manifestement changé, certes, sauf l'essentiel. Des fantômes se dressaient à chaque pouce carré, comme le collectivité, nous disons à la classe politique  : « Bas les masques ! » La pandémie actuelle aura révélé sous une lumière crue, sans possibilité, cette fois-d, de masquer la réalité, les failles du système de santé, le sous-financement des services publics, les impacts catastrophiques des réformes austéritaires, la précarité des travailleuses et des travailleurs de la santé, qui sont des anges gardiens depuis bien des années, mais dont on a trop longtemps coupé les ailes. D'autres anges gardiens, dont on a bien peu parlé, se sont attelés à la tâche ces dernières semaines. Ces personnes n'étaient pas exposées au virus, mais elles ont travaillé et travaillent encore d'arrache-pied et avec les moyens du bord pour accompagner les jeunes et les adultes vers la fin d'une difficile session d'études dans la poursuite de leur formation professionnelle et citoyenne  : le corps enseignant des cégeps et des universités. Sans oublier, bien sûr, les enseignantes et les enseignants du préscolaire, du primaire et du secondaire qui chantait Desjardins. Assis près du rayon des bouquins politiques et historiques, le coin de la biblio sur lequel mon adolescence avait jeté son dévolu, je feuilletais du regard les livres derrière moi. Selon ma mémoire, plusieurs parmi ceux-ci (allô, Lac Meech), y figuraient déjà à l'époque. A ma complète surprise. s'étaient depuis ajoutés à ceux-ci... deux ou trois des miens. Combien ça coûte, un vieux ? Pas assez cher, si vous me demandez vraiment mon avis. Que rien de ce je fais, aime ou respecte aujourd'hui ne serait semblable n'eut été de mes quatre grands-parents, maintenant éteints depuis trop longtemps. Que je paierai le prix, même énorme, pour entendre de nouveau, ne serait-ce qu'une seule fois, ceci  : « Allllô mon grand. Ahhhhh, grand-maman est tellement contente quand tu l'appelles... ». continuent à soutenir leurs élèves et à accompagner les parents afin d'assurer la meilleure reprise scolaire possible. la pandémie révèle déjà, et révélera encore plus très bientôt, les failles d'un système d'éducation privé de moyens financiers depuis des années et au sein duquel la précarité des travailleuses et des travailleurs fait des ravages. Or, on le sent venir, on nous parlera bientôt de crise des finances publiques  : « Bas les masques ! » [...] Il est temps de revoir nos priorités ! Si des sous sont essentiels pour sauver les entreprises et soutenir les travailleurs, il en va de même, sinon plus, pour les services publics, qui sont le socle de la société. [...] ISABELLE PONTBRIAND, PROFESSEURE DE LITTÉRATURE AU COLLÈGE LIONEL- GROULX AINSI QUE 180 AUTRES SIGNATAIRES L'actualité vous fait réagir ? Écrivez-nous ! opinions@ journalmetro.com 6
métr 117, journalmetro.com Mercredi 29 avril 2020 7 « Il y a tellement de portes d'entrée à l'art et elles sont toutes bonnes ! Tout peut nous mener à être transformé ou transporté. L'important est de ne pas avoir de préjugés et d'être ouvert à l'expérience. » Cheryl Sim, directrice générale de la Fondation Phi et animatrice du balado The Aura Une institution ferme ses portes La COVID-1g a fait une première victime parmi Les librairies montrélaises. La librairie Olivieri, qui avait pignon sur rue dans le quartier Côte-des-Neiges depuis 35 ans, a annoncé hier qu'elle fermait ses portes. Le confinement et la perspective de travaux majeurs dans le secteur ont incité les fondateurs Rina Olivieri et Won Lachance à jeter l'éponge. rairmo Tête-à-tête avec l'art contemporain Le ton posé, l'écoute active et la passion contagieuse de la commissaire et directrice de la Fondation Phi pour l'art contemporain Cheryl Sim invitent à la confidence. C'est ce qu'offre The Aura, une série d'entretiens intimes qui permet de plonger dans l'univers d'artistes internationaux d'envergure. MARIE-LISE ROUSSEAU mfrousseau@journalmetro.com CI La diffusion de The Aura depuis le 24 mars, à raison d'un épisode par semaine pour un total de huit (en anglais seulement, pour l'instant) tombe à point. Alors qu'il est impossible actuellement de visiter les musées et les galeries, ce balado permet d'explorer les arts visuels tout en respectant les mesures de confinement « C'est dingue ! commente Cheryl Sim à cet égard. On avait préparé ces émissions depuis un bout et on cherchait le bon moment pour les lancer. Voilà, c'est arrivé en plein confinement » Chacun de ses invités a pris part à une exposition de la Fondation Phi pour l'art contemporain (anciennement DHC/ART) au cours des dernières années. L'artiste britannique Ed Atkins, qui y a été exposé en 2017, ouvre le bal avec une généreuse entrevue truffée d'anecdotes fascinantes et de confidences sur sa vision artistique. Dans le troisième épisode, Phil Collins — pas le chanteur, mais bien le photographe et vidéaste — détaille notamment l'approche collaborative et sociopolitique de sa pratique. « La plupart de ces gens... Non, pas la plupart ; tous ont été super généreux et très ouverts à explorer même les questions dont ils n'ont pas encore les réponses, relate Cheryl Sim. Tous les invités ont raconté des mo- ments marquants de leur vie qui ont mené à une tournure dans leur pratique artistique. C'est un grand privilège d'avoir eu accès à leurs pensées. » Selon elle, ces confidences n'auraient pas pu être obtenues dans un autre contexte. « Le balado permet d'aller beaucoup plus loin dans la discussion avec un artiste. On est juste tous les deux dans un studio et non pas pas devant 100 personnes comme lors d'une conférence, par exemple. » Ce format ajoute une nouvelle corde à l'arc déjà bien garni de Cheryl Sim. En plus d'être commissaire et directrice de la Fondation Phi, elle est elle-même artiste visuelle, chanteuse (elle a sorti cinq albums) ainsi que chercheuse universitaire. Oh, elle a aussi une certification pour enseigner le yoga. D'ailleurs, son timbre de voix apaisant rend l'expérience d'écoute de The Aura presque méditative. « Ça, c'est vraiment super gentil ! s'enthousiasme-telle au bout du fiL On dit souvent que les yeux sont le lien direct à l'intellect, mais l'écoute et la voix nous lient directement à l'âme. Ça me captive vraiment ! Je comprends bien pourquoi le ASMR est tellement populaire », dit-elle en riant Quand l'art nous parle Parler d'art visuel dans un médium qui n'a justement rien de visuel est un défi en soi Au début de chaque entretien, Cheryl Sim prend soin de décrire les oeuvres de chaque artiste qu'elle a rencontré. Le fait d'avoir collaboré avec ceuxci en tant que commissaire l'aide à accomplir cette tâche. Une fois la curiosité de l'auditeur piquée, celui-ci est invité à poursuivre sa découverte en menant ses propres recherches. « On essaye d'encourager les auditeurs à aller sur notre site pour voir les installations des artistes et à en découvrir davantage sur leur travail. » Ces discussions qui abordent les questionnements et les préoccupations des créateurs permettent également de rendre leur travail plus accessible aux yeux des néophytes. En abordant le sujet, Cheryl Sim s'anime  : « Ça, c'est cool, oui ! Si un balado comme celui-ci peut réduire l'anxiété construite et nourrie par un certain monde de l'art, qui a un effet néfaste sur le public, qui se dit  : "c'est inaccessible, c'est trop difficile, je ne comprends rien, je n'ai pas les outils", alors tant mieux. » Une des missions de la commissaire est d'ailleurs de briser la perception élitiste ou exclusive qui peut parfois coller au milieu des arts visuels. « L'art est pour nous, souligne-t-elle.ll parle de nos questions, de nos préoccupations, de nos peurs, de nos désirs, de nos joies... » En contextualisant et en vulgarisant la démarche créatrice et la vision des artistes, ce balado peut ainsi être une porte d'entrée vers un domaine culturel moins populaire. « Sans être artistes professionnels, nous pouvons tous comprendre comment une oeuvre nous parle, avoir des questions et vouloir les explorer. Nous ne trouverons pas nécessairement des réponses, mais nous exercerons cette curiosité. Ça peut prendre différentes formes  : ça peut être conceptuel, matériel, une performance, ou encore quelque chose d'accidentel — quand le résultat auquel on arrive n'était pas notre intention de départ. L'important est d'essayer de faire quelque chose. Comme un scientifique, nous avons une hypothèse, nous faisons une expérience, et nous voyons ce que ça peut donner. » Vue de installation Bring Down Die Watts de Phil Collins, présentée à la Fondation Phi l'automne dernier. L'artiste britannique a, arti au balado The Aura animé ar la commissaire Che I Sim./RICHARD-MAX TREMBLAY/FONDATION PHI POUR L'ART CONTEMPORAIN métr CONTENU COMMANDÉ CHIC SHACK tir ; 0. TENDANCES DÉCO 2.0 _10.11111F Chic Shack Micro-Loft'La tendance est au mini maison style micro-loft intégré dans un environnement de nature et de villégiature à quelques minutes du Mont- Tremblant. Avec le concept de Micro-loft Chic Shack se démarque par un souci du détail et son intégration harmonieuse dans son environnement. Son architecture contemporaine, sa grande fenestration qui se marient à merveille avec l'esthétique visuelle ainsi que l'écologie du projet. Chaque Miniloft est pensé pour le respect des besoins de chaque occupant Situé en forêt dans un domaine privé de la Conception, on y retrouve une ferme biologique, des sentiers pédestres, deux lacs et une plage de sable blanc aux abords de la Rivière Rouge. Ces résidences de 800 à1200 pieds carrés offrent un confort absolu. La dimension des terrains varie entre 20 à 25 000 pieds carrés pour assurer l'intimité des occupants. Ce Miniloft aux plafonds de bois et poutres apparentes donnent énormément de cachet à l'espace. Le lieu est pensé pour être le plus optimal et fonctionnel possible. Parfait pour un couple ou une petite famille, à seulement 1h15 de Montréal, à partir de 274 000$. Sicotte & Co - Courtière Immobilière - mariesicotte.com 1514-953-9808



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