Métro Montréal n°2020-04-28 mardi
Métro Montréal n°2020-04-28 mardi
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2020-04-28 de mardi

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Médias Transcontinental S.E.N.C.

  • Format : (279 x 286) mm

  • Nombre de pages : 12

  • Taille du fichier PDF : 12,5 Mo

  • Dans ce numéro : l'aide fédérale arrive à point.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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métr journalmetro.com Mardi 28 avril 2020 6 OPINIONS COURRIER DES LECTEURS Manger local, mais pas au détriment de notre santé ! Avec la crise économique qui accompagne la crise sanitaire, intensifier l'achat local est une stratégie collective indispensable. Soutenir les entreprises d'ici et faire en sorte que le plus de Québécois possible aient un revenu d'emploi soutenant des conditions de vie décentes et, mieux encore, épanouissantes est essentiel. Toutefois, il ne faut pas se méprendre  : ce n'est pas parce que le produit est québécois qu'il est sain et qu'il faut en consommer sans modération ! Rappelons que, virus ou pas, les maladies chroniques touchent un Québécois sur deux et que 60% de la population adulte est en surpoids au Québec. L'alimentation joue un rôle crucial sur la santé, l'apparition de maladies évitables et le maintien d'un système immunitaire fort. Ainsi, pour demeurer en santé et profiter de la vie le plus longtemps possible, il est bénéfique de miser sur une saine alimentation où les aliments peu nutritifs, riches en sucre, sel ou gras, sont des exceptions dans nos assiettes. Récemment, afin de se serrer les coudes, des entrepreneurs du Québec se sont mobilisés pour publiciser leurs produits et services ensemble et en appeler à notre solidarité. S'il est important de répondre à l'appel des producteurs et transformateurs alimentaires de chez nous, il demeure avisé de miser davantage sur des aliments québécois sains, qui sont peu ou pas transformés. Quant aux aliments peu nutritifs produits ici, même si on n'y gagne pas du point de vue de la santé, on peut y avoir recourt pour remplacer un produit similaire venant de l'étranger ou pour souligner une occasion spéciale. On évite le piège d'accroître sa consommation de malbouffe par solidarité économique, car ne l'oublions pas, les maladies chroniques et l'obésité coûtent très cher aux Québécois et Faites-nous découvrir votre Montréal ! Photographes, à vos appareils ! Courez la chance de voir votre cliché publié dans les pages Opinions de votre journal favori... Faites-nous parvenir vos photos de la ville à opinionsejournalmetro.com.rdrnto La pandémie a généré un abondant courrier des lecteurs. Voici quelques lettres. ont des impacts dévastateurs sur le système de soins et l'économie [...]. Le gouvernement doit poursuivre les efforts pour améliorer la qualité de l'offre alimentaire afin de permettre aux citoyens de soutenir les entrepreneurs, sans nuire à leur santé. En somme, manger des aliments sains de chez nous est un geste solidaire et certainement plus savoureux. Pour notre santé et notre économie, encourageons régulièrement les aliments québécois que l'on veut voir au quotidien dans notre assiette. Manger local de façon intelligente 1. Ne vous laissez pas berner par un logo ou un slogan  : même si elles sont « préparées au Québec », les boissons sucrées ou énergisantes sont des produits à éviter. Rien ne bat l'eau de chez nous quand il est question de s'hydrater ! 2. Optez le plus souvent pour des produits québécois peu ou pas transformés comme les fruits et légumes frais ou surgelés, le poisson, le lait ou le yogourt nature, etc. 3. Apprenez comment apprêter les fruits et légumes d'ici grâce aux fiches recettes produites par Equiterre. Mangez les végétaux locaux de saison est un cadeau pour votre santé, vos papilles gustatives, votre portefeuille, pour l'économie locale et pour la planète. En d'autres mots, c'est sain, délicieux, économique et durable ! 4. Si vous achetez des aliments transformés, vérifiez la valeur nutritive. Évitez ceux qui contiennent plus de 15% de la valeur quotidienne pour le sucre, le sel ou les gras saturés par portion (30% pour un mets principal). 5. Lorsque vous faites le choix d'acheter des aliments moins nutritifs, préférez ce qui est fabriqué au Québec. Le sucre d'ici n'est pas meilleur pour la santé, mais choisir le sirop d'érable ou le miel de chez nous fait une différence pour nos acériculteurs et apiculteurs. Bref, on n'en prend pas plus que d'habitude, mais on choisit d'abord ici. CORINNE VOYER, DE LA COALITION QUÉBÉCOISE SUR LA PROBLÉMATIQUE DU POIDS Urgence nationale Quand va-t-on mettre sur la table l'impact systémique d'années d'austérité dans tout le réseau de la santé sur non pas une lourdeur bureaucratique reprochée mais plutôt sur son manque de résilience ? Pour être résilient, il faut du gras, de la redondance, pas de l'épuisement. Les droits des employés du réseau de la santé ont été suspendus par l'arrêté ministériel du 21 mars invoquant l'urgence sanitaire. Une urgence qui, on l'espère, sera scrutée à la loupe d'une commission d'enquête afin d'illuminer la responsabilité des puissants, architectes de ce système grabataire. D'ici là, ce sont les employés, du professionnel au préposé à l'accueil ou à l'agent administratif, qui vont aller ramasser les dégâts. Encore ! Et ces employés envoyés au front, qui va les remplacer s'ils tombent à leur tour ? Combien de militaires Trudeau sera-t-il prêt à appeler sous le drapeau de la COVID-19 ? Alors qu'on apprend que la crise pourrait durer des mois et des mois encore, Legault continue de clamer que c'est pas le temps de parler de ça. Pourtant, c'est aussi une urgence nationale. LINE BONNEAU Renforçons le réseau universitaire québécois La présente est une version écourtée de la lettre envoyée au ministre de l'Éducation et de l'Enseignement supérieur par les membres de la Table des partenaires universitaires (TPU). Jamais encore n'avons-nous autant eu collectivement besoin de la science ! Pour faire face à la pandémie actuelle, partout on se tourne vers les scientifiques. Pour affronter et vaincre cette crise, pour en tirer les indispensables leçons, la pandémie révèle le besoin pour la société québécoise et le gouvernement québécois de s'appuyer sur des citoyens et citoyennes dotés d'une solide formation et sur des recherches et études de pointe menées dans des établissements universitaires. Il y aura au Québec, comme dans le reste du monde, un avant et un après COVID-19. Des leçons devront être tirées pour le secteur de la santé et des services sociaux, pour le milieu de l'éducation, pour les entreprises privées, etc. Le réseau universitaire ne doit pas échapper à l'examen. La crise est en effet une occasion de renforcer le réseau universitaire, c'est-à-dire de réviser son financement, de pallier l'absence de coordination entre les diverses composantes et de réaffirmer les fondements de la gestion des établissements. Un financement public adéquat, prévisible et équitable La crise constitue le bon moment pour le gouvernement d'assurer un financement à long terme de l'enseignement et de la recherche. La combinaison d'un paramètre inadéquat du financement actuel de l'enseignement, soit l'étudiant en équivalence au temps plein (EETP), et de la déréglementation des droits de scolarité des étudiants et étudiantes internationaux qui ne seront vraisemblablement plus au rendez-vous cet automne pousse les directions des établissements à effectuer une gestion à courte vue qui est préjudiciable à leur mission d'enseignement et de formation. Le financement de l'enseignement universitaire doit être révisé afin de freiner la concurrence et le gaspillage de fonds publics auquel elle a donné lieu (« branding » des établissements, mise en marché, déploiement de campus satellites dans des régions déjà desservies, etc.) Les universités ne doivent pas dépendre non plus des fonds accordés par les entreprises et les philanthropes. Le financement doit aussi tenir compte des besoins et des conditions de la population étudiante (première génération, temps par- tiel, parents-étudiants, population autochtone, en situation de handicap, stress, incertitude financière, etc.) Il doit soutenir la nécessité de maintenir des infrastructures et de l'expertise dans toutes les régions du Québec. C'est pourquoi la gratuité scolaire et le soutien aux études sont essentiels. [...] De plus, la précarité sous toutes ses formes et dans les divers corps d'emplois doit faire l'objet d'une sérieuse remise en question. Les conditions de travail du personnel se sont terriblement dégradées au fil des années et le taux de précarité des personnes chargées de cours, des professionnel-les et des personnels de soutien est effarant. Il faut mettre fin aux attaques à la sécurité d'emploi. Le recours à la soustraitance dans tous les secteurs est une tendance qu'il faut pourfendre. Bref, l'État québécois doit assurer un financement adéquat, stable, prévisible et équitable de la mission des universités. [...] CAROLINE QIUNIIM.MÉD.NATIONALE DES ENSEIGNANTES ET ENSEIGNANTS DU QUÉBEC-ŒN) ; LOUISE BRIANDMÉD.DES paorEssanadaas - csre JEAN porraams, efaumfatcoisz DES PROFESSEUIMS ET PROFESSEURS avanmsrrfo ; BERNARD GAUCHER (rto.DU PERSONNEL PROFESSIONNEL DES UNIVERSITÉS ET DE LA RECHERCHE) ; CAROLE NE11.1.(CONSEIL PROVINCIAL DU SECTEUR UNIVERSITAIRE DU SCPP-QUÉBEC) ; PHILIPPELEBEL (Uencer ÉTUDI- ANTE DU QUÉBEC) ET APMRÉANNEST-GELAIS(FÉD. DES ASSOCIATIONS ÉTUDIANTES UNIVERSITAIRES QUÉBÉCOISES EN ÉDUCATION PERMANENTE) L'actualité vous fait réagir ? Écrivez-nous ! opinions@ journalmetro.com
métr ‘171 CULTURF Et journalmetro.com Mardi 28 avril 2020 « Partout dans les réserves d'Amérique du Nord, il y a des fans de film d'horreur, mais ils ne sontjamais représentés à l'écran. Je suis fier qu'ils puissent voir mon film et s'y reconnaître. » Jeff Barnaby, réalisateur de Blood Quantum les finalistes sont... Catherine Bourgeois, Pol Pelletier et Catherine Vidal sont finalistes de la première édition du prix lovette-Marchessault, qui souligne la contribution des femmes en théâtre. adrmo Lutte sanguinaire Cinéma. Premier film de zombies campé dans une réserve autochtone, Blood Quantum apporte beaucoup de sang neuf à cet univers riche en symboles. BENOITVALOIS-NADEAU bvalois-nadeau@journalmetro.com Du sang, frais ou pas, Blood Quantum n'en manque pas. Le deuxième long métrage de Jeff Barnaby (Rhymes For Young Ghouls) est campé dans la réserve fictive de Red Crow. Après l'irruption d'un mal mystérieux qui frappe les Blancs, mais épargne les membres des Premières nations, la petite communauté mi'gmaq devient le refuge de survivants de toutes origines face à des hordes de zombies affamés de chair humaine. Incarné par Michael Greyeyes (True Detective, Fear the Wallcing Dead), Traylor, le shérif de la réserve, tente de protéger son fils Joseph (Forrest Goodluck) et sa copine blanche (Olivia Scriven) dans ce monde post-apocalyptique. À coup de sabre ou de souffleuse (!) , la communauté prend tous les moyens pour repousser les envahisseurs. Le film était déjà chargé de sens par sa façon de renverser les relations entre Blancs et autochtones, mais la pandémie de la COVID-19 éclaire d'une lumière nouvelle un autre thème sous-jacent du film  : les épidémies meurtrières qui ont décimé les peuples autochtones depuis les premiers contacts avec les Européens. « C'est presque un fantasme de vengeance, explique le réalisateur Jeff Barnaby, qui a grandi dans la communauté mi'gmaq de Listuguj, en Gaspésie, où une partie du film a été tourné. Dans le film, les membres des Premières nations sont en contrôle, puisqu'ils sont immunisés. C'est un revirement à 180 degrés avec l'époque coloniale, où les Français, les Blood Quantum (Rouge Quantum, en version française) devait prendre l'affiche en salles le 27 mars dernier. Pandémie oblige, il est plutôt offert sur les plateformes de visionnement en ligne dès aujourd'hui. ENTRACT FILMS Anglais et les Espagnols ont amené le virus. » « Il s'agit de déconstruire cette histoire, avec des gens qui se tirent dessus et se découpent à la tronçonneuse », propose-til, en riant. Derrière ses habits de film d'horreur conventionnel et son humour pince-sans-rire, Blood Quantum est également une virulente critique du système colonialiste canadien. « Avec l'arrivée des colons blancs, il y avait aussi la variole, qui, transmise volontairement ou non, a littéralement effacé des populations entières. C'est un impact du colonialisme dont on ne parle pas vraiment, mais qui a eu un effet très grand », rappelle le cinéaste, qui a été formé à l'Université Concordia. « Ironiquement, ce que le coronavirus fait en ce moment, c'est montrer au grand jour l'avarice extrême du système capitaliste sur lequel la civilisation occidentale est bâtie, c'est-à-dire faire de l'argent sur le dos de ceux qui souffrent et qui meurent, comme ça s'est fait dans le passé. » Deuxième degré Les références aux luttes des nations autochtones sont aussi nombreuses dans Blood Quantum, qui est campé dans les années 1980. « J'ai conçu le film en insérant des lins d'oeil pour le public autochtone, mais en même temps, je n'ai jamais oublié qu'il y avait aussi un public plus large qui pourrait voir le film », indique Jeff Barnaby. « Je pense que les Blancs et les autochtones vont voir le film différemment, mais ça ne veut pas dire qu'ils ne vont pas l'apprécier autant C'est un film divertissant qu'on peut re- garder entre amis, mais qu'on peut aussi analyser pour comprendre sur les relations entre Blancs et autochtones. » Par exemple, pour repousser les envahisseurs, les survivants de la pandémie érigent une barricade sur le pont qui les relie au monde extérieur. En réalité, il s'agit du pont J.C. Van Home qui lie la Gaspésie au Nouveau-Brunswick. Les Micmacs de Listugujl'ont bloqué en 1981 après avoir vu les policiers de la Sûreté du Québec envahir leur communauté afin de faire respecter la législation sur la pêche au saumon. « C'est ma façon de rappeler cette histoire sans m'aliéner le public. Il s'agit plutôt de l'amener à s'intéresser à ces enjeux pour avoir une nouvelle perspective », soutient le réalisateur, qui était enfant lors des événements. « C'est comme ça que l'art fonctionne. On capte l'attention des gens en montrant la beauté et la laideur de la condition humaine. Ultimement, on espère que ça provoquer chez le spectateur un effort pour comprendre un peu mieux son voisin et peut-être même devenir une meilleure personne ». 7 Soyez informé, soyez branché avec 1, Métro n't 10, 11tei 3 façons de rester connecté 1. journalmetro.com Suivez l'actualité locale, nationale et internationale en temps réel. 2. 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