Métro Montréal n°2020-04-09 jeudi
Métro Montréal n°2020-04-09 jeudi
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2020-04-09 de jeudi

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Médias Transcontinental S.E.N.C.

  • Format : (279 x 286) mm

  • Nombre de pages : 12

  • Taille du fichier PDF : 13,4 Mo

  • Dans ce numéro : moins de logements.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 8 - 9  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
8 9
I kals à Êoude 9-13 AVRIL 2020 Alors que les événements culturels disparaissent de notre calendrier les uns après les autres, certains festivals ont choisi de tenir le flambeau et de transférer leurs activités sur le web, pour le meilleur ou pour le pire. Tour d'horizon d'un phénomène qui pourrait bien changer les façons de faire, même après la fin de la pandémie. 1 CONCEPTION ET RÉALISATION./CARINE BERTRAND/MÉTRO PHOTO COLLABORATION SPÉCIALE r La 3e édition du Festival international du film sur l'art (FIFA) restera gravée dans la mémoire de ses organisateurs longtemps. En l'espace de 48 heures, cette célébration du cinéma documentaire est morte puis ressuscitée dans une formule complètement nouvelle, avec succès. Le 12 mars dernier, pour la première fois en quatre décennies, le FIFA a été obligé d'annuler ses activités après l'interdiction des rassemblements de plus de 250 personnes. Deux jours plus tard, le festival annonçait qu'il était prêt à reprendre du service. « On a décidé d'annuler le festival jeudi. Le vendredi, on écrivait déjà aux réalisateurs pour savoir s'ils étaient prêts à nous laisser les droits de leurs films pour une diffusion en ligne. Et le samedi, on l'annonçait au public », se souvient Philippe Drago, directeur général du FIFA. « Une fois qu'on a avalé la pilule de l'annulation, on s'est retourné assez vite. On a réalisé rapidement qu'on était capable de faire un vrai festival en ligne, pas seulement avec 20 films, mais une vraie édition. » Le festival s'est finalement tenu aux dates prévues, du 17 mars au 29 mars, avec une programmation impressionnante de près de 200 films accessibles pour seulement 30$. Le public a répondu présent BENOIT VALOIS-NADEAU bvalois-nadeau@journalmetro.com « LA CRISE QU'ON VIT EN CE MOMENT NOUS FORCE À SE POSER DES QUESTIONS SUR LES FAÇONS DE CONTINUER À FAIRE NOTRE TRAVAIL TOUT EN RESTANT FIDÈLE À NOTRE MISSION ET À NOTRE MÉTIER. » PHILIPPE DRAGO, DIRECTEUR DU FIFA « On a été agréablement surpris de la réponse », dit Philippe Drago, ajoutant que le box-office numérique du FIFA 2020 est pratiquement équivalent à celui qui était prévu en salles. D'autres festivals de cinéma ont emprunté une approche semblable comme Regard, spécialisé dans le court métrage, et Vues d'Afrique, qui a décidé de présenter sa programmation sur la plateforme de la chaîne 1V5. Du concret au virtuel Le festival BD de Montréal (FBDM), présenté à la fin mai, a lui aussi décidé de transposer ses exposants et ses ateliers sur le web. « On aurait pu se dire  : "on ferme ça et on se revoit l'année prochaine". Mais comme on avait du temps devant nous, on s'est dit  : "On va essayer, on ne va pas se croiser les bras" », explique Johanne Desrochers, directrice générale de l'événement Ainsi, la neuvième édition du FBDM offrira aux internautes des panels de discussions, des ateliers et des concours de dessins, entre autres activités. Ce redéploiement numérique ne se fait toutefois pas sans heurts. « C'est un défi technique pour tout le monde, reconnait Johanne Desrochers. Habituellement, on a des tâches très concrètes, très "terrain"  : on loue des chapiteaux, on monte des kiosques, on gère des séances de dédicace, etc. « En ce moment, on entre dans un univers dans lequel on a moins l'habitude de travailler, mais il y a des gens dans notre équipe qui sont quand même très compétents et qui connaissent la technique. C'est une occasion extraordinaire d'essayer cette formule. Qui sait, peut-être que ça fera école et que dans les années à venir, notre festival sera autant en live sur le web qu'en vrai. » Rejoindre le public Même pour les festivals de cinéma, dont le médium se transporte plus aisément dans l'univers virtuel, la transition n'est pas toujours évidente. « Un festival en ligne demande beaucoup beaucoup de services à la clientèle et d'accompagnement des festivaliers, souligne Philippe Drago, du FIFA. La ligne téléphonique n'a pas dérougi pendant les 6-7 premiers jours du festival. On a reçu un nombre astronomique de courriels, de commentaires et de questions sur les réseaux sociaux. » Il faut également convaincre les créateurs de présenter leurs oeuvres en ligne plutôt que lors d'une première en salle. « Psychologiquement, pour certains réalisateurs, aller directement sur le web, c'est comme dire que le produit est arrivé en fin de cycle », estime Dédy Bilamba, conseiller au développement de Vues d'Afrique. Les interactions entre les festivaliers et les artistes sont évidemment limitées par cette transition. Le principal défi est donc de conserver l'aspect festif et rassembleur de l'événement malgré la distance. « Il ne s'agit pas seulement de mettre nos films sur Viméo ou sur YouTube pour que les gens les regardent, précise Dédy Bilamba. Il faut trouver un environnement favorable qui permet de garder un caractère événementiel et qui correspond à notre identité. Et surtout, il faut rejoindre les spectateurs. » Ainsi, pour la première fois en 36 ans d'existence, Vues d'Afrique décernera un prix du public, qui sera déterminé par le vote des festivaliers à domicile. Des discussions et des classes de maîtres seront également offertes en direct sur Facebook Live. dl faut qu'il y ait un "plus" d'être là en ligne au moment où ça se passe, rappelle Johanne Desrochers. Un festival, c'est un événement, on rencontre du monde et on fait partie d'une communauté. On essaie, autant que faire se peut, de conserver cette ambiance même si on est chacun chez soi devant un écran. » Des leçons Tous les intervenants interrogés par Métro s'entendent pour dire que l'échange humain doit demeurer au coeur de leur événement « Ce qui a manqué le plus au festival, et qui manque à tous en ce moment, c'est les rapports humains physiques. Le téléphone, Skype, Zoom, ça dépanne, mais ça ne remplace pas les interactions physiques », croit Philippe Drago. Ce qui pourrait changer toutefois, particulièrement pour les festivals de cinéma, c'est la disponibilité des oeuvres sur le web. « Dans un festival comme le nôtre, plus de 80% des films ne vont jamais se retrouver en salles ou à la télévision et 60% n'iront même pas en ligne », soutient le dirigeant du FIFA. « En ayant les droits des films pour le Canada au complet, on a pu aller à la rencontre d'un nouveau public, ailleurs au Québec, en Ontario, au Colombie-Britannique et même au Yukon, des territoires qu'on ne couvre jamais habituellement Nous allons redevenir un festival en salles, mais c'est sûr qu'il va y avoir une partie plus grande en ligne. De quelle façon ? C'est ce à quoi on réfléchit en ce moment » « Le spectacle vivant est remis en question, croit Dédy Bilamba. Ce n'est pas forcément lié à la situation de confinement, c'était une tendance qui était déjà là avant Le numérique impose de sortir des sentiers battus et de penser différemment » UN PEU D'INFO Vues d'Afriqu Du 17 au 26 avril tv5unis.ca Festival BD de Montréal Du 22 au 24 mai fbdm-mcaf.ca
Les expositions virtuelles Distanciation sociale oblige, notre accès à l'art visuel est limité depuis quelques semaines. Heureusement, des lieux de diffusion offrent des visites virtuelles grâce à la magie d'Internet. C'est le cas de la Galerie Simon Biais (galeriesimonblais.com), qui propose d'éclairantes visites guidées en vidéo de ses expositions Espaces optiques et Louis-Philippe Côté : L'eau et les rêves. Les descriptions explicatives du galeriste permettent d'apprécier davantage les oeuvres qui nous sont présentées, à défaut de pouvoir les contempler de visu. On recommande aussi chaudement la visite virtuelle de 150 ans1150 oeuvres  : L'art au Canada comme acte d'histoire de la galerie de l'UQAM (150ans150oeuvres.uqam. ca), qui présente un fascinant survol de l'histoire du Canada à travers des incontournables. MARIE-I1SE ROUSSEAU Art'Vue de l'exposition Espaces optiques de la Galerie Simon Biais, qui présente notamment des oeuvres de Guido Molinari et de Jean McEwen./GUY L'HEUREUX/COLLABORATION SPÉCIALE La finale de Schitt's Creek Comme un bon vin (et non un Moira Rosé !) , cette comédie canadienne s'est améliorée au fil des saisons pour se conclure en un véritable happy ending, au sens propre comme au figuré. On lève notre verre au duo père-fils formé d'Eugene et de Dan Levy, créateurs et acteurs de cette saga familiale atypique. On se souviendra qu'après avoir perdu leur fortune, les Rose se sont retrouvés coincés dans le bled qui prête son nom à la série. Le duo mère-fille joué par Catherine O'Hara et Annie Murphy n'est pas en reste, nous faisant souvent hurler « Oh my god », mais jamais « Ew ! » Sur CBC Gem. MARIE-LISE ROUSSEAU F.'s KUNITON... _-, _'%. *.,_. - e-4,-.1 e—:Yàairgera. gi-,2-:.rigb.. 1-.% - -- — - —4-. Kumtor Du journalisme international, il s'en fait peu au Québec, et encore moins de l'enquête à l'étranger. C'est donc avec un grand intérêt qu'on a regardé Kumtor, de la journaliste Brigitte Noël. Le documentaire s'intéresse aux agissements plus que douteux de la minière canadienne Centerra, qui exploite une mine d'or à même les glaciers du Kirghizistan. En plus de mettre en danger les ressources en eau potable du pays, la société est également visée par des allégations de corruption et d'intimidation. Un portrait peu reluisant, mais révélateur de l'impunité dans laquelle baigne les minières canadiennes. Disponible sur Club Illico merorr VALOIS-NADEAU àfr, Cette semaine, on craque pour... s I Feel Alive de Tops La première chose qui nous vient à l'esprit à l'écoute du quatrième album du groupe montréalais, c'est son authenticité. Tops reste fidèle à Tops, avec sa douce synth-pop réconfortante et colorée, sans jamais céder aux sirènes de la musique qu'on entend trop, partout. L'ensemble est musicalement très bon, mais petit bémol  : quelques titres gagneraient davantage à se démarquer du reste. On s'impatiente de la fin de la distanciation sociale pour que Tops puisse enfin donner son concert initialement prévu le 21 au Rialto. AMÉLIE REVERT C 6 Jeanne Dielman, 23, Quai du Commerce, 1080 Bruxelles Jeanne est veuve. Jeanne élève seule un fils taciturne. Jeanne fait son épicerie, prépare à manger, met la table, la débarrasse. Jeanne dépose soigneusement dans la soupière l'argent de ses passes. Jeanne prend un bain. Pendant près de trois heures et demie, la cinéaste belge Chantal Akerman transcende un quotidien ritualisé jusqu'à la suffocation avec une acuité déroutante, où la puissance des non-dits et des images a raison des quelques dialogues épars. Une oeuvre féministe magistrale et saisissante. Sur Kanopy AMÉLIE REVERT Feel Good Mae Martin est une humoriste canadienne qui interprète une humoriste canadienne du même nom dans la série Feel Good. Ici s'arrête la comparaison ? Difficile à dire. Reste que Mae est particulièrement attachante. Au premier épisode, elle tombe en amour avec une femme venue voir son spectacle. Ex-cocaïnomane, Mae a une « personnalité addictive » selon sa mère, qui s'inquiète de voir sa fille multiplier les conquêtes. Sa flamme George serait-elle sa nouvelle drogue ? Sur Netflix JOSIE BOMBAIS WEEK-END 9 Ça va bien aller Ce nouveau rendez-vous télévisuel conçu dans l'urgence remplit sa mission  : briser l'isolement, promouvoir la solidarité citoyenne et faire sourire. Le tout est entrecoupé d'entrevues en vidéoconférence avec des personnalités culturelles et mené par un duo d'animateurs à la hauteur de la situation  : Fabien Cloutier, depuis sa cour boisée, et Marie-Soleil Dion, en direct de sa table de cuisine. Avec les moyens du bord et sans artifices, Ça va bien aller réussit l'essentiel  : faire oeuvre utile en produisant une émission sympathique, rassembleuse et bienveillante. Du lundi au jeudi 19h00 à TVA. MARIE-LISE ROUSSEAU ET ON SE DÉSOLE POUR La fin de Radio-Classique La nouvelle est passée inaperçue en raison de l'éclipse médiatique causée par le coronavirus, mais elle mérite tout de même qu'on s'y attarde  : le CRTC a approuvé la semaine dernière le changement de vocation du 99,5 FM. Radio-Classique deviendra ainsi WKND Montréal, une station consacrée à la musique pop-rock On a rien contre le pop-rock (quoique...), mais on trouve tout de même désolant que l'un des rares lieux de diffusion de la musique classique disparaisse au profit d'une station commerciale comme les autres. REMIT VALOB-RADEAU RADIO CLASSIOU



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :