Métro Montréal n°2020-04-07 mardi
Métro Montréal n°2020-04-07 mardi
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2020-04-07 de mardi

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Médias Transcontinental S.E.N.C.

  • Format : (279 x 286) mm

  • Nombre de pages : 12

  • Taille du fichier PDF : 11 Mo

  • Dans ce numéro : rebondir une fois la crise passée.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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métra journalmetro.com Mardi 7 avril 2020 Élo‘leir Enfanta,- Expliquer le confinement aux enfants ELANA BROCH ebroch@metromedia.ca Le choc de la pandémie de coronavirus a été aussi soudain que brutal Pour les enfants dont la routine a été chamboulée, la crise risque de devenir une source d'anxiété. Les parents se retrouvent devant deux défis maîtriser leurs propres angoisses et trouver les mots justes pour apaiser celles de leur progéniture. La confrontation, les caprices et les cris. En période de confinement, ces comportements enfantins risquent de s'accentuer et de tomber sur les nerfs des parents. Mais attention, c'est justement à travers ces agissements que l'enfant communique son anxiété, explique Geneviève Beaulieu-Pelletier, psychologue clinicienne et professeure à l'UQAM. Pour améliorer le comportement de leurs enfants, les parents devront prendre le temps de calmement leur expliquer la situation. Une fois son anxiété apaisée, « l'enfant sera capable de suivre les nouvelles routines de vie », affirme la professeure associée du Département de psychologie. Outil Expliquer le nouveau coronavirus aux plus petits peut toutefois sembler intimidant Après tout, la crise actuelle est désemparante, même chez les adultes. C'est donc pour aider les parents dans cette démarche que Geneviève Beaulieu-Pelletier a rédigé un guide avec plusieurs de ses confrères. « Déjà, il faut s'adapter à l'âge de l'enfant et utiliser un vocabulaire approprié », précise d'emblée la psychologue. Pour les plus grands, elle conseille d'utiliser des mots simples. Pour les plus petits, place aux images et aux métaphores « auxquelles les enfants peuvent se référer ». « Celle de l'auto, illustre Geneviève Beaulieu-Pelletier. "On est comme des petites autos qui transportent le virus dans notre valise. Nous, on n'est pas en danger, mais si jamais on ale virus, on va le transporter dans notre valise sans s'en rendre compte. Mais il y en a qui ont des autos plus usées, plus vulnérables." ».joe. L'utilisation de mots simples etd'images pour expliquer la andémie aux enfants./MÉTRO « Les parents doivent éviter de donner trop d'informations à l'enfant. On répond aux questions simplement, mais on ne va pas au-delà de ces questions, car cela pourrait être encore plus anxiogène pour lui. » Geneviève Beauheu-Pelletier, psychologue clinicienne et professeure à UQAM Par l'entremise de cette métaphore, on explique aux enfants pourquoi leur mutine est chamboulée. Pourquoi il faut rester à la maison, se laver les mains et éviter la garderie. Comment expliquer que grand-papa a été infecté et se trouve à l'hôpital ? « Il faut en parler uniquement au moment où cela se passe », insiste Geneviève Beaulieu-Pelletier. Il n'est pas avisé d'en parler en amont et en des termes hypothétiques. « On peut se resservir de l'image de l'auto  : l'auto de grand-papa est au garage pour être réparée, les médecins travaillent très fort », propose-t-elle. Pour que l'enfant comprenne tout cela, la psychologue conseille de lui souligner qu'il fait partie d'un groupe et qu'il n'est pas le seul à vivre cette situation. « On peut lui dire qu'on est tous en train de faire ça. "T'es pas tout seul, on travaille tous très fort ensemble" ».nno ounam I nru or lac jalonne d-how Trfolit-Cloaohe En cette période de fermeture prolongée des écoles, Télé-Québec et le gouvernement du Québec s'associent pour offrir des contenus éducatifs originaux aux élèves du préscolaire, du primaire et du secondaire. Télé-Québec proposera des rendezvous quotidiens à la télé et sur une nouvelle plateforme Web (enclasse.telequebeciv) â compter du lundi 13 avril. MÉTRO Portail pédagogique populaire is ricainnamant Conçue en moins de 10 jours, la nouvelle plateforme du ministère de l'Éducation et de l'Enseignement supérieur a eté mise en ligne la semaine passée. FRÉDÉRIC LACROIX-COUTURE flacroix-couture@metromedia.ca CLARA LOISEAU doiseau@metromedia.ca L'école ouverte connaît un fort engouement au Québec, mais aussi un peu partout au Canada. Avec 100 millions de visiteurs en un peu plus de 24 heures après son lancement, le site est appelé à rester dans le paysage scolaire québécois à la suite de la crise sanitaire. « Cela démontre que ça répond à un besoin. Ce site permet de redonner une certaine structure aux enfants et aux parents dans un contexte où la routine scolaire a volé en éclat », explique son concepteur Thierry Karsenti, titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur les technologies de l'information et de la com- munication en éducation. Son équipe de l'Université de Montréal et lui ont travaillé entre 18 et 20 heures quotidiennement pour mettre en place la plateforme bilingue commandée par Québec, le 20 mars. Le portail propose plusieurs milliers de ressources en ligne existantes, qui couvrent plusieurs matières réparties par niveaux, du préscolaire au secondaire. Il y a aussi des activités pour bouger, se divertir et créer. Chaque jour, de nouvelles ressources bonifient le site. Différents critères sont pris en considération dans la sélection des outils pédagogiques, tels que la gratuité et la facilité d'accès. Les ressources doivent aussi répondre au programme de formation de l'école québécoise du ministère de l'Éducation. « On veut qu'elles soient simples à utiliser pour les parents et les enfants, avec un accompagnement minimal. Il faut qu'elles soient aussi ludiques le plus possible », mentionne M. Karsenti, qui a conçu ce type de site auparavant. Soutien Des experts déplorent toutefois une absence de directions pour guider les jeunes utilisa- Des activités spécifiques destinées aux élèves ayant des besoins particuliers seront aussi offertes prochainement. teurs et leurs parents. Chaque élève est libre de choisir son parcours et les matières à réviser. « C'est un premier jet intéressant, mais qui manque d'accompagnement », souligne Stéphane Villeneuve, professeur au Département de didactique de l'Université du Québec à Montréal (UQAM) et spécialiste de l'intégration du numérique en éducation. « On essaie de faire quelque chose d'uniforme pour tout le monde, alors que chaque classe est unique », ajoute-t-il. Cette lacune devrait être corrigée dès la semaine prochaine, lorsque les jeunes recevront une liste de suggestions d'activités ainsi qu'une communication personnalisée de leurs enseignants, indique le ministre de l'Éducation, Jean-François Roberge. « Le site est très utile, mais ça ne remplace pas la relation élèves enseignants », reconnaît-il, soulignant que les familles peuvent aussi se référer aux propositions d'horaires hebdomadaires sur le site. La présidente de la Fédé- ration des syndicats de l'enseignement (FSE-CSQ), Josée Scalabrini, mentionne que L'école ouverte vise à consolider les connaissances. « On ne demande pas aux parents de faire le travail d'enseignant », fait-elle valoir. Avenir Tout comme M. Karsenti, le ministre Roberge croit que la plateforme restera une référence au lendemain de la pandémie de la COVID-19. « C'est un site d'enrichissement. Il peut permettre de consolider les acquis durant les périodes de pause comme l'été. On est en train de le façonner de jour en jour à la situation actuelle. Quand on reviendra à la normale, on le configurera peutêtre autrement », avance-t-il. Le retour probable en classes est prévu le 4 mai, mais la date pourrait changer, selon l'évolution de la pandémie et les directives de la Santé publique. Le ministre Roberge maintient que l'année scolaire est suspendue jusqu'au ter mai et non annulée pour le moment 8
méta journa lmetro.com Mardi 7 avril 2020 CAludERL.IL Les chefs.7. reprennent du service pour une bonne cause4-a- Socii La Tablée des Chefs lance Les Cuisines Solidaires, un projet visant à produire plus de 800 000 repas pour les Banques alimentaires du Québec (BAQ). MARYSE DERAÎCHE mderaiche@journaimetro.com La crise de la COVID-19 a durement frappé les organismes communautaires, certains ont même dû fermer leurs portes par manque de ressources. Afin de nourrir ceux qui en ont besoin, Jean-François Archambault, fondateur et directeur général de La Tablée des Chefs, s'est mis en action. En moins d'une semaine, il a mobilisé de nombreux partenaires, reçu des confirmations de chefs des quatre coins de la province et l'appui de plusieurs acteurs de l'industrie agroalimentaire. « En voyant les impacts graves de la crise dans nos communautés, nous avons cherché une façon d'aider les gens et imaginé une grande implication de chefs et d'acteurs du secteur agroalimentaire. La réponse à notre appel a été immédiate », affirme Jean-François Archambault dans un communiqué. Les chefs engagés Se joignent à Stefano Faita et Caroline McCann, les porteparoles du projet, John Winter Russell, Jérôme Ferrer, Frédéric Cyr, Baptiste Peupion, Mario Martel, Eric Gonzalez, Yves Lowe et Ricardo Larrivée. À compter du 13 avril, ils mobiliseront leurs équipes, rouvrant pour certains les cuisines de leurs restaurants, fermées à cause de la crise. « Dès cette semaine, nous retournons en cuisine pour tout mettre en place. À partir du 13, des repas vont être livrés aux banques alimentaires pour une durée de trois semaines, explique le chef et porte-parole Stefano Faita. Ça se peut que ça continue au-delà de trois semaines. Ça change tous les jours, on va s'adapter à la situation », ajoute le propriétaire de quatre restaurants montréalais. Gagnant-gagnant Pour chaque repas préparé, 1$ sera versé aux établissements participants pour rémunérer les cuisiniers et leurs brigades, qui étaient, pour plusieurs d'entre eux, sans emploi depuis la fermeture des restaurants. « Le fait que La Tablée des chefs verse 1 $ aux restaurateurs pour chaque repas me permet de ramener des membres de mon staff en cuisine. Ça fait trois semaines qu'ils sont à la maison et qu'ils veulent sortir et cuisiner. ils trippaient lorsque je les ai appelés pour leur proposer d'embarquer. Et je trouve ça le fun d'inspirer mon équipe à faire quelque chose pour la communauté », affirme M. Faita. ar- Collecte virtuelle cour les plus vulnérables Il La chaîne canadienne Quesada Burritos & Tacos lance une collecte de fonds virtuelle pour soutenir les Banques alimentaires du I Canada pendant la pandémie. Depuis hier, et jusqu'au is avril, l'entreprise encourage les Canadiens à faire des dons par l'entremise du site quesada.ca/fr/faire-un-don. La chaîne s'engage à verser une somme équivalente aux dons jusqu'à concurrence de 10 000 $. Nemo « Jean- François Archambault a réussi en une semaine à aller chercher de l'argent et 500 tonnes d'aliments frais qu'on va transformer en plats préparés pour les banques alimentaires du Québec. » Stefano Faita, porte-parole de Les Cuisines Solidaires Les ressources nécessaires Un projet d'une telle envergure n'aurait pu voir le jour sans le soutien de gros joueurs  : Ivanhoé Cambridge prêtera les cuisines de ses propriétés Fairmont le Reine Elizabeth et Fairmont le Château Frontenac pour assurer la production des plats. Plusieurs groupes de restauration ont aussi confirmé leur participation, dont Les rôtisseries St- Hubert, Le Groupe Sportscene, les Canadiens de Montréal (Groupe CH) et les restaurants Normandin. D'autres partenaires mettent également la main à la pâte en contribuant par des dons pécuniaires, de matériel ou d'aliments tels La Fondation Chopin-Péladeau, Québecor, IGA ainsi que le Fonds d'urgence de Centraide, du gouvernement du Québec et des Banques alimentaires du Québec et quelques autres. Bénévolat. En congé forcé, une enseignante donne au suivant ELANA BROCH ebroch@metromedia.ca Depuis la fermeture des écoles, une enseignante de l'est de Montréal a décidé de donner au suivant en allant faire les courses de personnes vulnérables, isolées à la maison en raison de la crise du coronavirus. Marie-Claude Bédard, résidente de Pointe-aux-Trembles, fait partie des volontaires qui se sont engagés auprès de l'association bénévole PAT/ME. Elle fait notamment l'épicerie pour des personnes en difficultés. Mme Bédard s'est sentie interpellée par l'appel lancé par le premier ministre Legault, qui encourageait les citoyens en santé et de moins de 70 ans à aider les organismes. « J'ai répondu à l'appel, car c'était naturel pour moi de m'impliquer, expliquet-elle. Et puis, mes enfants sont grands, autant me donner à une cause. » Se rendre utile permet aussi à Mme Bédard de briser son propre isolement et son anxiété. Elle avoue que ses actions béné voles vont sûrement lui « donner le goût de continuer après la crise. Faire l'épi cerie pour BANQUES ALIMENTAIRES Un don multiplicateur HelloFresh, fournisseur mondial de repas à cuisiner à domicile, a donné 10 000 $ à Moisson Montréal pour aider à soutenir les familles dans le contexte de la pandémie. Cette donation fait partie d'une contribution plus importante de 40 000 $ aux banques alimentaires communautaires à travers le Canada. Second Harvest en Ontario, Edmonton's Food Bank en Alberta et Greater Vancouver Food Bank en Colombie- Britannique recevront à leur tour un montant de 10 000 $. La plupart des banques alimentaires canadiennes s'inquiètent de la façon dont elles pour- « Ça n'a pas de bon sens que je sois rémunérée et que je ne fasse rien. » Marie-Claude Bédard, enseignante et bénévole auprès de l'association bénévole PAT/ME quelqu'un une fois par semaine, ce n'est pas si exigeant dans le fond, puis ça garde un lien avec la communauté. » Mesures d'hygiène respectées Lorsque Marie-Claude Bédard fait l'épicerie, toutes les mesures d'hygiène sont respectées. « Je fais attention. Je porte des gants, je me lave les mains ; je fais encore plus attention que si c'était pour moi », insiste-telle. Pour la remise des denrées, là aussi le protocole est strict. Marie-Claude Bédard « appelle la personne une fois devant chez elle, dépose les sacs devant la porte et se tient à deux mètres ». Louise Crousset, directrice de l'association bénévole PAT/ME précise le mode d'action pour bénéficier de ce service gratuit « L'aîné ou la personne vulnérable laisse un message sur la boite vocale de l'association, on la rappelle pour la liste d'épicerie et on la jumelle à un bénévole. » Ce dernier s'entend ensuite avec le bénéficiaire pour le remboursement de l'épicerie. Pour devenir volontaire ou bénéficier des services de l'association bénévole, il faut contacter le 514 645-1264. ront tenir le coup financièrement pendant et après la crise. Les gens de Moisson Montréal se réjouissent de cet élan de générosité. « Moisson Montréal est fier et sincèrement reconnaissant de recevoir 10 000 $ de la part de HelloFresh. Grâce à notre effet multiplicateur, ce montant va nous permettre redistribuer IF plus de 150 000 $ en denrées », a affirmé Maggie Borowiec, directrice, dévelop. peinent philanthm 11141âle pique et communications, dans un communiqué. MARYSE DERAÎCHE 9



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