Métro Montréal n°2020-03-24 mardi
Métro Montréal n°2020-03-24 mardi
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2020-03-24 de mardi

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Médias Transcontinental S.E.N.C.

  • Format : (279 x 286) mm

  • Nombre de pages : 16

  • Taille du fichier PDF : 14,5 Mo

  • Dans ce numéro : le Québec en pause.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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métr Gn journalmetro.com Mardi 24 mars 2020 8 OPINIONS COURRIER DES LECTEURS « Il ne faut pas laisser tomber nos élèves » Lettre ouverte adressée àFrançoisLegault, premierministre duQtyleç etàjean-François Roberge,ministre delTducationet de l'Enseignementsupérieur Monsieurlepremierministre, Monsieurleministre, Nous, les directrices et directeurs des écoles du Québec, observons le courage de notre gouvernement et la solidarité des Québécois depuis le début de la crise actuelle. Nous sommes fiers de la mobilisation et des sacrifices dont font preuve les Québécois pour protéger la santé et le bien-être de leurs concitoyens, particulièrement de nos aînés, parce que nous les aimons, comme vous l'avez sibien dit Nous représentons la grande majorité des directions d'écoles primaires et secondaires du Québec, publiques et privées. Ensemble, dans ce même esprit de solidarité, nous vous implorons de ne pas annuler ce qu'il reste de l'année scolaire au Québec et de nous permettre de mettre en oeuvre une continuité de services éducatifs à distance durant la fermeture des écoles. Toutes les études démontrent qu'une longue période d'inactivité scolaire a une incidence négative sur la réussite des élèves, particulièrement celle des élèves en difficulté. Imaginons les conséquences de cinq mois ou plus d'inactivité, si nous laissons nos élèves à eux-mêmes sans le moindre accompagnement du système scolaire. Couleurs intemporelles Ce cliché a été réalisé il y a quelques années, mais la beauté du moment est intemporelle, dit un lecteur. Pris dans le coin du métro Henri-Bourassa, Rif le boulevard Gouin./COLLABORATION SPÉCIALE, PIERRE DENIS 4 11.111aLL Souvenir du Village Les fameuses guirlandes du Village gai ne sont plus qu'un souvenir.../COLLABORATION SPÉCIALE, ANNA S Faites-nous découvrir votre Montréal ! Photographes, à vos appareils ! Courez la chance de voir votre cliché publié dans les pages Opinions de votre journal favori... Faites-nous parvenir vos photos de la ville à opinions@journalmetro.com. MÉTRO La pandémie a généré un abondant courrier des lecteurs. Voici quelques lettres. Nous avons été heureux d'apprendre que de premières mesures seraient officiellement mises en place pour l'apprentissage à la maison. Il est effectivement possible de mettre en oeuvre une continuité de services éducatifs pour les enfants du préscolaire, du primaire et du secondaire d'ici la réouverture de nos écoles. Nos enseignants, orthopédagogues, techniciens en éducation spécialisée, etc., peuvent être mis à contribution pour concevoir des formules créatives. Il ne faut pas laisser tomber les élèves du Québec. Si l'Ontario et d'autres juridictions dans le monde peuvent le faire, nous le pouvons aussi au Québec. Cela est primordial pour la réussite de nos enfants. Nous réalisons qu'il y aura des défis et des embûches, mais en assurant des services éducatifs à distance cette année, en débloquant des fonds au cours de la prochaine année scolaire pour venir en aide encore davantage aux élèves en difficulté d'apprentissage et en ajustant les programmes l'an prochain pour tenir compte de cette réalité, nous considérons que nous pouvons minimiser les risques d'échec et de décrochage qui pourraient être causés par cette crise exceptionnelle. En nous donnant des directives claires, laissez-nous faire preuve de leadership pédagogique et mobiliser nos équipes pour relever ce défi. Nous offrons tous de collaborer, écoles publiques et privées de tous les milieux, à une mobilisation historique du système scolaire québécois pour le bien de nos enfants. Nous offrons de partager nos meilleures pratiques et nos plateformes pour qu'un enseignement à distance efficace puisse être offert. Monsieur le premier ministre, nous sommes capables, ensemble, de relever ce défi. Nous avons vu le gouvernement du Québec, le système de santé et la société entière se mobiliser pour protéger nos concitoyens et nos aînés parce que nous les aimons. Laisseznous nous mobiliser à notre tour pour protéger nos élèves, nos enfants, parce que nous les aimons. HÉLÈNE BOURDAGES, LSS. MONTRÉALAISE DES DIRECTIONS D'ÉTABLISSEMENTS SCOLAIRES ; DAVID Boyau, FÉD. DES ÉTABLISSEMENTS D'ENSEIGNEMENT PRIVÉ ; CARL OUELLET, MS. QUÉBÉCOISE DU PERSONNEL DE DIRECTION DES ÉCOLES ; NICOLAS PRÉVOST, FÉDÉRATION QUÉBÉCOISE DES DIRECTIONS D'ÉTABLISSEMENT Des bénévoles pour les services essentiels Je vous écris sous le couvert de l'anonymat, car je suis à l'emploi d'une entreprise de vente de biens non essentiels qui menace à grands coups de « restructuration possible » de ne pas reprendre les employés qui partiront au chômage. Le message est subtil, mais pas moins clair, et il s'adresse à ceux qui partiront pour des raisons familiales, en raison du niveau de risque élevé ou par peur de la situation. Les Québécois et Québécoises se montrent en grande majorité respec-rtir à ge 4w tueux des consignes et mettent en pratique les recommandations émises par le gouvernement Les travailleurs du réseau de la santé, tout comme les pourvoyeurs de biens et services essentiels, font leur possible pour répondre à la surcharge de travail provoquée par la crise. Toutefois, une minorité continue de risquer de rendre vains tous ces efforts. Certains clients à risque, revenant de voyage, appellent et argumentent afin de venir faire des achats. Et si certains appellent, plusieurs se présentent sans appeler. Dans les pharmacies, certains clients sont outrés d'être forcés de se désinfecter les mains en entrant. Des familles complètes, accompagnées de parents âgés, profitent des pharmacies, qui demeurent ouvertes, pour faire le tour de rayons d'articles non essentiels. Des consignes strictes ont été émises, mais tant qu'elles ne seront pas obligatoires, certains n'en tiendront pas compte. Bien que de simples recommandations suffisent à atteindre la majorité, la tragédie qui frappe la planète entière démontre qu'une minorité Le centre-ville un soir d'été Ce cliché remonte à quelques mois, mais il est toujours beau./COLLABORATION SPÉCIALE, WALD) AMGHAR peut rapidement mettre tout le monde en danger. Nous devons nous attendre à ce que nos dirigeants prennent des mesures légales pour faire respecter lesdites recommandations. Nous ne pouvons plus nous contenter du fait que la situation empire lentement le monde entier nous le démontre. Le Canada fait partie des 20 pays ayant le plus de cas d'infection. Nos voisins du Sud font partie des trois pays ayant le plus de cas confirmés. Il faut prendre des mesures. Les entreprises et les citoyens les plus responsables paient le prix du confinement depuis plusieurs jours, tandis que d'autres allongent la crise en prenant des demi-mesures. Le confinement général arrivera tôt ou tard, et ce sont les plus responsables et les plus proactifs d'entre nous qui auront payé le prix le plus fort Je vous prie donc, monsieur le premier ministre, au nom de nos travailleurs de la santé, de ceux et celles qui nous nourrissent, de nos confrères et consoeurs les plus vulnérables et de tous ceux et celles qui ont pris la situation au sérieux depuis le début, d'ordonner la fermeture de tous les établissements et entreprises dont les activités ne sont pas essentielles. Aidons à sauver des vies et à libérer de potentiels bénévoles pour les services essentiels. ANONYME Écrivez-nous ! opinions@ journalmetro.com Volume  : 48 Numéro  : 2 À Montréal, Métro est publié par Métro Média. loi, boul. Marcel-Laurin, Montréal H4N 2M3 Tél.  : 514 286-1066 Télés. : 514 286-9310 Imprimé par  : Transcontinental Transmag, 10807, rue Mirabeau, Anjou, Québec, HU 1T7 Distribué par Metropolitan Media Services Directrice de la distribution  : Danielle Tessier Directeur principal des ventes  : Patrick Marsan Contrôleur  : François Maire Directeur de l'information  : Olivier Robichaud Chef de pupitre  : Carole Côté Équipe de rédaction/Actualité en soirée  : Zoé Magalhaes Monde  : Chloé Machillot Réviseurs  : Pierre-Yves Thiran, Martin Benoit. Vous avez une opinion à nous faire parvenir ? opinions@journalmetro.com Vous voulez annoncer dans nos pages ? publicite@journalmetro.com Vous avez une nouvelle à nous faire parvenir ? info@journalmetro.com. ISSN 1716-9895
métr'n'L..'journalmetro.com Mardi 24 mars 2020 C1MT11'COVI D-19 Tom Hanks et son épouse vont mieux L'acteur américain Tom Hanks et son épouse, Rita Wilson, qui souffrent de la COVID-19, ont annoncé hier qu'ils allaient « mieux », après presque deux semaines de quarantaine en Australie. « Je suis vraiment affectée par ce qui se passe et je n'ai pas du tout de fibre créatrice », confie la comédienne, slameuse et autrice Elkahna Talbi, alias Queen Ka, qui présentait récemment à La Chapelle la performance Si je reste./EMMANUEL CROMBEZ/COLLABORATION SPÉCIALE « Hé, les amis, deux semaines sont passées depuis les premiers symptômes, et nous nous sentons mieux », a écrit l'artiste sur Twitter, exhortant ses abonnés à suivre les consignes de confinement et de distanciation sociale. 11111 Tom Hanks et Rita Wilson i GerrY Mike Ward vient en aide aux humoristes Mike Ward a annoncé hier qu'il allait offrir une aide financière à ses collègues du milieu de l'humour touchés par les conséquences de la pandémie de coronavirus. L'humoriste offrira chaque semaine une bourse d'environ 1000 $ tirée des revenus publicitaires de son populaire balado Mike Ward sous écoute. mfrrRo Le rideau tombe sur les arts de la scène Témoignages. « The show must go on », disent les Anglais. L'expression ne tient plus la route en cette période de confinement. Alors que les spectacles et les tournages sont reportés les uns après les autres, quand ils ne sont pas tout simplement annulés, les artistes s'inquiètent des répercussions qu'aura le coronavirus sur leur capacité à gagner leur vie. NAOMIE GELPERngeiper@metramedia.ca « Je suis en période de deuil », confie d'emblée l'autrice Rébecca Déraspe. la dramaturge, qui est en résidence au théâtre la Licorne, avait cinq projets en cours, dont un en France et un à Vancouver. Reportés ou carrément annulés ? Pour le moment, elle ne le sait pas. « Quand tu travailles des années pour présenter quelque chose à quelqu'un et que cette rencontre est annulée, c'est sûr que ça fait mal », dit celle qui a écrit la pièce Je suis William. Cette douleur, Elkahna Talbi, alias Queen Ka, la connaît également bien. « La base du spectacle vivant, c'est avec une salle et un public. Il y a des gens qui ont créé et qui ont écrit des spectades qui ne verront pas le jour... En tout cas, pas comme ils devaient voir le jour », se dé- sole la comédienne, slameuse et autrice. Ses dates de spectacle ont « sauté ». Elle avoue se sentir « angoissée ». « La seule affaire qui me rassure, c'est qu'il y a beaucoup de choses qui sont reportées. Je me dis qu'elles vont peutêtre avoir lieu... Mais quand ? Parce qu'en attendant, je n'ai rien », confie l'autrice de Moi, figuier sous la neige. Incertitude financière Depuis l'instauration des mesures d'urgence, ici comme ailleurs, la scène culturelle est paralysée, laissant des milliers de créateurs dans le doute. En tant qu'agent d'artistes, Marc-André Globensky se sent comme un « messager de mauvaises nouvelles » depuis plus d'une semaine. « C'est inquiétant pour les artistes, car ils n'ont plus de contrats, plus de travail, et donc plus de revenus, dit-il. C'est aussi inquiétant pour nous [les agents], car notre rémunération dépend des contrats des comédiens. » Certaines ententes sont reportées, d'autres sont annulées, mais rien n'est clair pour personne, explique M. Globensky. « Qui va rembourser tous ces contrats ? Il y a des promesses qui sont faites, notamment que tous les contrats seront honorés — mais par qui ? Quand ? Comment ? Cette incertitude rend tout le monde nerveux. » De son côté, l'Union des artistes (UDA) est en « gestion de crise ». Dans un courriel envoyé le 20 mars, l'agente aux communications Ariane Baillie-Gendron a décliné une demande d'entrevue, expliquant que l'UDA devait d'abord « s'occuper de [ses] 13 000 membres ». La fin abrupte des activités culturelles pourrait affecter lourdement les artistes, un groupe de travailleurs qui devait déjà composer avec la précarité. En 2016, dans un article publié dans La Presse, la présidente de l'UDA, Sophie Prégent, rapportait que la moyenne des revenus annuels des membres actifs était de 21 450 $. Le gouvernement fédéral a récemment présenté son plan d'intervention économique pour répondre à la crise sans précédent causée par le coronavirus. Parmi les mesures annoncées, il y a l'allocation de soutien d'urgence, un programme doté d'un budget de 5 G$. 11 est notamment destiné aux Cana- JEUN ES ARTISTES Coup de pouce de l'Ecole nationale de théâtre Pour faire face aux conséquences qu'a la pandémie de coronavirus sur le milieu culturel, l'École nationale de théâtre du Canada (ENT) a annoncé diens qui perdent leur travail et qui ne sont pas admissibles à l'assurance-emploi Les détails ne sont pas encore connus, mais les prestations devraient être disponibles en avril Reste à voir comment cela s'organisera. Les acteurs du milieu culturel attendent de remplir les formulaires et d'obtenir la confirmation qu'ils sont admissibles. Et après la crise ? Le retour à la normale sera « assez chaotique », prévoit Ires Talbi, comédienne et auteurecompositrice-interprète. « On va devoir s'adapter pendant quelques semaines parce que les gens vont devoir évaluer ce qu'ils refont et ce qu'ils ne refont pas. Ça va être un gros casse-tête pour les agents et les producteurs », prédit celle hier qu'elle versera 60 000 $ en soutien à des artistes émergents touchés par la crise. L'ENT offrira ainsi 80 bourses de 750 $ à des artistes de théâtre en formation ou ayant terminé une formation au cours des cinq dernières années. Sont admissibles les comédiens, les « En ce moment, la culture n'a jamais été aussi importante, même si on n'y a pas accès de façon vivante. » Dany Boudreault, comédien, auteur et producteur qui a entre autres conçu et mis en scène La Renarde, sur les traces de Pauline Julien. De son côté, Elkahna Talbi s'inquiète de l'avenir des salles de spectacle. Certaines devrontelles mettre la clé sous la porte ? « Après tous les revenus que les diffuseurs auront perdus, est-ce qu'ils seront encore capables de présenter des spectacles ? » se questionne-t-elle. Et même si elles survivent, le public sera-t-il au rendez-vous ? « Est-ce que les gens vont se mettre à avoir peur de participer à des événements d'art vivant où ils sont en groupe ? » se demande le comédien, auteur et producteur Dany Boudreault L'avenir est incertain. Néanmoins, Rébecca Déraspe espère que la crise donnera un souffle nouveau à la scène culturelle. « Quand on nous enlève quelque chose, c'est là qu'on réalise la chance qu'on avait de l'avoir. Je me dis que ça va nous donner plus envie de sortir et de consommer du théâtre. » En réaction à la situation de confinement, elle planche en ce moment sur une oeuvre théâtrale commandée par le metteur en scène français Rémy Barché. la pièce sera présentée en direct sur Skype au mois d'avril. « On s'adapte et on essaie, dit-elle. On ne sait pas ce que ça va donner, mais je pense que ça va être fabuleux. » dramaturges, les metteurs en scène, mais aussi les scénographes ainsi que les concepteurs de costumes, d'éclairage, de vidéo et de son. Les artistes de partout au Canada sont invités à soumettre d'ici le 31 mars une oeuvre originale pouvant être présentée en ligne. rerRo 9



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