Métro Montréal n°2020-01-31 vendredi
Métro Montréal n°2020-01-31 vendredi
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2020-01-31 de vendredi

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Médias Transcontinental S.E.N.C.

  • Format : (279 x 286) mm

  • Nombre de pages : 16

  • Taille du fichier PDF : 16,4 Mo

  • Dans ce numéro : l'état d'urgence décrété concernant le coronavirus.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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métr journalmetro.com Week-end 31 janvier-2 février 2020 OPINIONS « PAS FACILE » CHRONIQUE LA BISE CATHERINE ÉTHIER Auteure Petit sac de gros sel et split sur la glace vive ! Quel janvier de rêve. Menu verglas, brise printanière et surtout, surtout, que d'affriolants constats  : on peut se calmer les nerfs avec le coronavirus (surtout si l'on danse présentement la conga sur une croisière en Italie), Laurent Duvernay-Tarclif prend une petite pause de fabrication de bols artisanaux et. OURRIER DES LECTEUR BAnQ - Un autre centenaire ? Aujourd'hui, Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ) célèbre son 100e anniversaire. Un grand événement pour l'organisation, qui offre quelque 37 millions de livres imprimés et numériques, de documents graphiques et de fichiers des collections patrimoniales, sans parler du plus grand réseau d'archives publiques et privées du Québec. À la lumière des restrictions budgétaires des dernières années, on peut toutefois se demander si l'institution survivra un autre centenaire. Chaque année, BAnQenregistre plus de 2,2 millions de visites dans ses SOIGNEZ VOTRE LANGUE AntiDoTe WINDOWS MAC LINUX www.antidote.info Éric Lapointe trouve que c'est « pas facile ». Pas facile d'écrire une toune sur un vieux paquet d'Export A ? Pas facile de dompter ses bouclettes malgré l'humidité relative ? Que nenni. Éric trouve que c'est « pas facile » d'être accusé d'avoir frappé une femme après un party d'anniversaire qui « aurait dégénéré », nous édifices et gère des millions de documents. Les utilisateurs vont notamment y consulter et emprunter des ouvrages, faire des visites de groupe, participer à des activités d'animation et de formation, voir des expositions, retracer leur généalogie et faire de la recherche dans des documents historiques bien conservés. Derrière ces collections et ces services, des dizaines de professionnels travaillent dans l'ombre pour que la population bénéficie d'un accès démocratique à la culture et à la connaissance. Le personnel professionnel de BAnQfait un travail exceptionnel afin que l'institution poursuive sa mission primordiale de conservation et de mise en valeur du patrimoine documentaire du Québec et de sa vaste collection universelle. Toutefois, cette mission est en péril confiait cette semaine son avocat à la Cour municipale de Montréal. Il vous est maintenant permis de garrocher votre tasse de café dans les airs etiou de tomber en bas de votre chaise et/ou de vous défenestrer en hurlant « BEN VOYONS D00000NC ! » Alors. Éric, éclaire tante Cathie. C'est « pas facile » dans quel sens, exactement ? Dans le fait de t'être fait pincer ? D'avoir perdu ta belle grand'chaise rouge à La Voix ? Dans le fait de sans cesse te faire aduler avec cette petite veillée « qui a dégénéré » quand t'as juste envie de parler de bermudas de cuir et de rock velours ? Ou si c'est le fait d'avoir frappé une femme qui te mine ? J'étais une inconditionnelle. Une qui faisait grésiller Faites-nous découvrir votre Montréal ! Photographes, à vos appareils ! Courez la chance de voir votre cliché publié dans les pages Opinions de votre journal favori... Faites-nous parvenir vos photos de la ville à opinions@journalmetro.com. rem Tes salles sont pleines, Éric. Elles le seront sans doute toujours. Au moindre claquement de bagues, ils accourent. tes records, fenêtres de char baissées et plaisir dénué de toute culpabilité de hurler mon amour pour ta poésie de ruelle et tes hymnes écorchés saucés dans le sirop. Je suis aujourd'hui révoltée que des journaux te titrent le « pas facile » sans pudeur aucune, partisans du grand malheur que tu sembles traverser, de ta tragédie, de ton agacement et de tes petits yeux qui roulent en raison des importantes diminutions de budget des dernières années. De 2009 à 2017, BAnQa dû composer avec des ponctions budgétaires de près de 15 M$, et la situation ne semble pas en voie de se corriger, au contraire ! [...] Et ce n'est pas tout. L'été dernier, le service des expositions de BAnQ a été aboli. Pourtant, les expositions de BAnQ sont appréciées. [...] Malheureusement, le milieu culturel ne semble pas une priorité pour le gouvernement, malgré les retombées économiques et sociales importantes qu'il génère. Ce constat est évident lorsqu'on regarde les conditions de travail des professionnelles et professionnels chargés de faire vivre cette culture au quotidien. Ils sont peu nombreux, mais leur travail acharné, leur dévoue- d'exaspération jusqu'à Nashville. C'est vrai, on est fatigantes, les dames qui en ont leur saint-calvaire de voyage de fermer leur boîte. De vivre dans la peur. Dans le silence et sur le qui-vive. Tes salles sont pleines, Éric. Elles le seront sans doute toujours. Au moindre claquement de bagues, ils accourent. Tous ces gens qui te font confiance, qui te vouent une admiration sans bornes, une reconnaissance infinie de les aider à traverser cette chienne de vie au rythme de tes hits. Ces gens-là sont encore là. Certains, pas prêts à te laisser aller, incapables d'y croire ou profondément enterrés dans un déni que même une vidéo certifiée dudit incident ment et leur expertise font rayonner et rendent accessibles la culture et la mémoire. Pourtant, la reconnaissance de leurs tâches est grandement déficiente. Que ce soit à BAnQ au Musée national des beaux-arts du Québec, au Musée de la civilisation, au Musée d'art contemporain de Montréal ou au Conseil des arts et des lettres du Québec, les conditions offertes au personnel professionnel sont moins avantageuses, pour des postes équivalents, que celles offertes dans d'autres organisations parapubliques et société d'État. Ce constat est d'autant plus troublant qu'il semble doublé d'une discrimination systémique à l'endroit des femmes. En effet, le personnel des institutions culturelles est majoritairement féminin. Or, les salaires 8 ne saurait convaincre. Comme pour 100 autres abuseurs allégués, ton aura de rock star et ton charisme fauve te sauveront de tous les maux. Ne crains rien, Éric. Ça ira. Même si c'est « pas facile ». Tu pourras continuer d'étendre du beurre de cachou sur tes toasts et t'endormir, chaque soir, dans ton petit pyjama de soie, dans la plus inébranlable des certitudes  : le doute collectif, si petit soit-il, protégera toujours les monsieurs aux mains baladeuses et aux poings festifs, en parfaite harmonie avec ces médias qui détestent les femmes et qui préfèrent parler de tragédie plutôt que de violence conjugale. La bise. offerts sont inférieurs — de plusieurs milliers de dollars — à ceux des postes équivalents dans des organisations majoritairement masculines comme Hydro-Québec. Pourtant, l'employeur est le même, soit le Secrétariat du Conseil du trésor. Cette injustice doit cesser ! Le gouvernement doit accorder [aux professionnels de la culture] la valorisation, la reconnaissance et le respect qu'ils méritent ADI JARUPOVEÉ, SECRÉTAIRE DU SPGQ ET RESPONSABLE DE LA CULTURE L'actualité vous fait réagir ? Écrivez-nous ! opinions@ journalmetro.com Volume  : 20 Numéro  : 16 À Montréal, Métro est publié par Métro Média. 101, boul. Marcel-taurin, Montréal H4N 2M3 Tél.  : 514 286-1066 Téléc.  : 514 286-9310 Imprimé par  : Transcontinental Transma9, 10807, rue Mirabeau, Anjou, Québec, H1J 1T7 Distribué par Metropolitan Media Services Directrice de la distribution  : Danielle Tessier Directeur principal des ventes  : Patrick Marsan Contrôleur  : François Dallaire Directeur de l'information  : Olivier Robichaud Chef de pupitre  : Carole Côté Équipe de rédaction/Actualité en soirée  : Zoé Magalhaes Monde  : Chloé Machillot Réviseurs  : Pierre-Yves Thiran, Martin Benoit. Vous avez une opinion à nous faire parvenir ? opinions@journalmetro.com Vous voulez annoncer dans nos pages ? publicite@journalmetro.com Vous avez une nouvelle à nous faire parvenir ? info@journalmetro.com. ISSN 1716-9895 LE MOT DU JOUR ANTIDOTE GAGEURE, nom féminin Présenté par métr Définitions - Pari. Faire une gageure. [SOUTENU] Action, activité très difficile ; défi, tour de force. Cela tient de la gageure. Réussir une véritable gageure. Phonétique - La syllabe geu se prononce comme le mot jus. Gageure rime donc avec injure. Variante - Le mot peut aussi s'écrire gageCire, graphie qui rend mieux la prononciation.
métr `171 31 JANVIER-2 FÉVRIER 2020 MONTAGE  : MAINE BERTRAND/MÉTRO PHOTO  : COLLABORATION SPÉCIALE re> Un festival de nostalgie Le Jay and Silent Bob Reboot Road Show, qui s'arrête bientôt à Montréal, est un véritable « festival de nostalgie », aux dires de Kevin Smith. En plus d'avoir fait revivre au grand écran ses deux protagonistes qui se passent de présentation, le cinéaste planche ces jours-ci sur l'écriture de Clerks III et de Twilight of The Malfrats, deux suites à ses films cultes qui l'ont fait connaître. S'il ne se lasse pas de ramener les mêmes personnages d'un projet à l'autre, c'est parce qu'il adore suivre leur évolution. Kevin Smith est tout le contraire de son alter ego Silent Bob, personnage quasi muet qu'il incarne depuis plus de 25 ans. En entrevue, c'est un véritable moulin à paroles, pour notre plus grand plaisir. Le réalisateur s'amuse comme un gamin à parcourir le Canada et les États-Unis avec son bébé sous le bras. « La tournée est fantastique ! Oh my lord, c'est phénoménal ! Tous les soin, je regarde le film avec 1000, 2 000 fans intenses. Ils connaissent mieux mes films que moi-même ! » Tous les soirs, ça fera pas loin de 100 fois d'ici la fin de la tournée, en février. N'est-il pas tanné de revoir le même film, soir après soir ? « Oh non ! Le meilleur est de voir les réactions du public, qui apprécie le film presque autant que moi Presque ! C'est difficile d'apprécier le film autant que moi, parce que c'est 100% moi, je suis partout dans ce maudit film ! » Ce maudit film, comme Jay and Silent Bob Strike Badc en 2001, est un roadtrip vers Hollywood des deux protagonistes qui veulent stopper une nouvelle production sur eux. C'est l'occasion pour Kevin Smith de parodier les films à suite ainsi que de faire entrer ses deux protagonistes dans l'âge adulte. Jay and Ment Bob Reboot s'adresse aux initiés  : le film est truffé de références à ses oeuvres précédentes. Le cinéaste a également profité de l'occasion pour ramener à l'écran des personnages fétiches de son univers, interprétés notamment par Ben Affieclç Matt Damon, Rosario Dawson, Shannon Elizabeth et Jason Lee. Un festival de la nostalgie, disait-on. Au point où les non-initiés n'y comprendront pas grand-chose. Kevin Smith a-t-il fait ce film pour ses fans purs et durs ? « J'ai fait ce film pour le plus grand fan de Kevin Smith que je connaisse  : moi-même. Puis, je me suis dit que d'autres gens voudraient le voir. » Pourquoi le présenter en tournée au lieu de faire une sortie traditionnelle en salle ? Le cinéaste n'y va pas par quatre chemins. « Écoute, tout le monde se fout de ce film ! Personne ne le réclamait Personne ne disait  : "Pitié, fais une suite à un film avec deux idiots qui date de près de 20 ans ! " ironise-t-il. Non, il faut modérer ses attentes. C'est ce que ma femme a fait en m'épousant ! » Kevin Smith préfère de loin aller à la rencontre de son fidèle public. Ceux qui ne peuvent pas se déplacer peuvent toujours se rabattre sur la version en vidéo sur demande du film, sortie la semaine dernière. « Personnellement, je m'en fous comment les gens regardent le film, que ce soit lors de la tournée ou en téléchargement illégal, tant qu'ils le regardent ! Je sais qu'il y a beaucoup de contenu disponible, je n'ai pas besoin d'être au-dessus de tout ça. Faites juste voir le film avant de mourir, c'est ce que je dis... Ce qui est une phrase terrible à mettre sur l'affiche pour le marketing ! » blague-t-il. En tournant cette suite, Kevin Smith a voulu confronter ses deux éternels adolescents au monde moderne. « J'aime voir comment les personnages évoluent, creuser leur psyché, explique le réalisateur. J'aime prendre des personnages d'une autre époque et les confronter à la culture moderne, dans ce casci, à la culture woke. » En effet, les deux personnages récurrents de son univers font équipe dans da o cette suite avec un quatuor de jeunes filles qui incarnent la MARIE-LISE ROUSSEAU mirousseau@journatmetro.com « J'AIME EXAMINER LA CULTURE MODERNE PAR LE BIAIS DE PERSONNAGES QUI NE PENSENT PAS COMME MOI ; C'EST FASCINANT ! » KEVIN SMITu diversité. L'une d'elles, Soapy, est une femme sourde, jouée par l'actrice malentendante Treshelle Edmond. « Grâce à elle, les personnes malentendantes ont pu se reconnaître pour une rare fois au cinéma, et autrement que dans Silent Bob, blague le cinéaste. On m'a remercié de reconnaître cette réalité. » Pour Kevin Smith, ça va de soi « C'est assez facile de plaire au public de nos jours. It suffit d'inclure les gens. Voilà le secret que personne n'avait révélé dans les années 1980-1990 ! » Le cinéaste était déjà sensible à ces questions avant de réaliser son premier film, Clerks, en 1994. « Mon frère est gai. Je me souviens de discussions au sujet de la représentation des relations amoureuses dans les films, toujours hétérosexuelles. Je me suis toujours senti mal qu'il ne se reconnaisse pas. Quand j'ai commencé à faire du cinéma, je me suis dit  : ce n'est pas vrai que mon frère va encore endurer la même bullshit. » Ainsi, dès ses débuts, des enjeux sociaux étaient au coeur des longs dialogues qui caractérisent les films de Kevin Smith. Dans Clerks II, en 2006, une scène hilarante et brillamment écrite traitait d'appropriation culturelle, 10 ans avant qu'on en fasse un débat de société. Dans celle-ci, le personnage de Randal réclame que l'expression « porch monkey », une insulte raciste envers les Afro-américains, puisse être de nouveau utilisée. « Ce dialogue a bien vieilli, en effet, souligne Kevin Smith. Dieu merci, il y avait des acteurs noirs dans cette scène [NDLR  : Rosario Dawson et Wanda Sykes], sans quoi cette discussion dans laquelle il se dit des choses atroces n'aurait eu lieu qu'entre personnes blanches. C'est de la satire, mais ça aurait pu être mal interprété. » Selon le cinéaste, la comédie est le meilleur véhicule pour traiter de ces sujets sensibles. « Quand on rit, on est dans un état d'abandon, on fait tomber les masques, On est incroyablement réceptif aux nouvelles idées. C'est le meilleur moment pour susciter la réflexion. » Cela dit, Kevin Smith n'a pas la prétention de changer le monde. « Je ne dis pas  : "Ça a marché ! Une génération complète est devenue woke grâce à moi ! " Mais au fil des ans, j'ai vu mon public prendre conscience du monde qui l'entoure. » Il mentionne Les Simpson comme un autre exemple de comédie intelligente. Tiens, justement, le cinéaste a eu l'honneur d'enregistrer sa UN PEU D'INFO Jay and Silent Bob Reboot Road Show Lundi soir au Corona et mardi soir au MTelus voix pour un épisode du célèbre dessin animé la semaine dernière. « Je suis un fan fini ! Leur style de comédie est dans mon ADN », se réjouit-il, décrivant cet honneur comme la réalisation d'un rêve. Ce n'est pas la seule consécration que Kevin Smith a vécu au cours de la dernière année. En plus de laisser l'empreinte de ses mains devant le mythique Chinese Theatre, à Hollywood, le cinéaste a vu Clerks être ajouté à la librairie du Congrès américain, aux côtés de grandes oeuvres, dont Amadeus (Milog Forman) et She's Gotta Have It (Spike Lee). « C'est extraordinaire », dit-il. Toutes ces belles choses sont survenues moins de deux ans après qu'il a été victime d'une crise cardiaque. « Parfois, j'ai l'impression que je suis mort pendant ma crise et que, depuis, je vis au paradis ! Ironiquement, ça m'a sauvé la vie », assure-t-il. Vous l'aurez certainement remarqué, le cinéaste a perdu beaucoup de poids récemmentll est aussi devenu végétalien. « Et sur le plan de la carrière, ça m'a été d'une grande aide », blague-t-il, faisant allusion au fait que cet accident l'a aidé à convaincre certains acteurs de jouer dans Jay and gent Bob Reboot. « Je ne sais pas encore combien de temps je vais pouvoir jouer cette carte, les gens vont bientôt me dire  : "Reviens-en ! " » lance-t-il en riant. Chose certaine, depuis sa crise cardiaque, Kevin Smith ne chôme pas. Après cette tournée, il reprendra h route pour accompagner Clerk, un documentaire à son sujet qui sera présenté en primeur à SXSW en mars. En plus des deux projets de film qu'il mène en parallèle, il planche sur la série animée de Netflix Masters of the Universe. « Dans un monde où je suis toujours en vie et où je garde la tête hors de l'eau, j'essaie de me tenir occupé, commentet-il. D'ici à ce qu'une deuxième crise cardiaque m'em - porte, je suis aussi bien de continuer à travailler ! »



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