Métro Montréal n°2020-01-29 mercredi
Métro Montréal n°2020-01-29 mercredi
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2020-01-29 de mercredi

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Médias Transcontinental S.E.N.C.

  • Format : (279 x 286) mm

  • Nombre de pages : 20

  • Taille du fichier PDF : 16,9 Mo

  • Dans ce numéro : pas d'arrêt de service pour le recyclage.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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eât journaimetro.com métr Mercredi 29 janvier 2020 8 CULTURE Rire pour s'en sortir On se sent parfois comme dans un épisode de Twin Peaks en regardant Le rire, cinquième long métrage du cinéaste Martin broche. Onirisme, inquiétante étrangeté, ruptures de ton, climat angoissant et présences mystérieuses alimentent cette puissante réflexion sur l'humour comme mécanisme de survie. MARIE-LISE ROUSSEAU mlrousseau@journalmetro.com. Contrairement à son amoureux, qui s'est fait tuer sous ses yeux, Valérie (Léane Labrèche-Dor) a survécu à la guerre — guerre dont on ignore tout, mais qui a eu lieu dans le Québec contemporain. Quelques armées plus tard, en amour avec Gabriel (Alexandre Landry) et préposée dans un CHSLD, où elle se lie d'amitié avec une patiente, Jeanne (Micheline Lanctôt), elle peine à apprivoiser le bonheur, car les démons du passé la hantent toujours. Malgré son titre, Le rire n'est pas une comédie. Ce qui ne nous empêche pas de rire aux éclats par moments en visionnant cette oeuvre singulière signée Martin Laroche. Qu'est-ce qui vous a amené à aborder de grands thèmes comme le choc post-traumatique, le syndrome du survivant et le rire comme mécanisme de survie ? Les conséquences de la guerre m'ont toujours fasciné. Les combats ne m'intéressent pas, c'est le côté psychologique  : comment en est-on venu à commettre de tels actes ? On a connu très peu de guerres au Québec. Alors, souvent on se retrouve devant un mur  : on ne peut pas vraiment en parler. J'avais le goût de contourner ce mur. Je ne voulais pas faire un film qui se passe dans les années d'après-guerre en Europe, car ça instaure une distance, ça appartient au passé. J'ai donc voulu situer la guerre ici. Le film ne nous dit rien sur les circonstances de ce conflit. Le voyez-vous comme un prétexte pour aborder ces conséquences ? Je voulais représenter des événements horribles qui se passent pendant la guerre et, oui, utiliser ce prétexte pour explorer ses conséquences. Qu'est-ce que le rire ou l'humour peuvent apporter quand on a des séquelles, le syndrome du survivant, la culpabilité d'être la personne qui a survécu, qu'on devient la personne capable d'oublier, capable de rire ? Est-ce que le choix de situer cette guerre dans un contexte contemporain vise à permettre au public de s'identifier davantage aux personnages et à ce qu'ils vivent ? Ça oblige à se confronter. [Le dramaturge] René-Daniel Dubois a déjà dit qu'au Québec, on a souvent l'impression d'être en dehors de l'histoire ; ça m'a marqué. Ça fait en sorte qu'on a l'impression que ça ne nous concerne pas, comme si on n'avait rien à se reprocher. Mais on y participe, à l'histoire ; l'attentat à la grande mosquée de Québec en est un exemple récent Je trouvais donc intéressant de ramener ça à notre quotidien. Le rire est un film déroutant, qui nous rend souvent inconfortable. Comment avez-vous voulu jouer avec les émotions du public ? Ça fait partie du plaisir du cinéma. Pas de manipuler le Alexandra Stréliski nommée trois fois aux Juno J, Alexandra Stréliskiest l'artiste québécoise la plus citée en vue des prochains prix Juno. Son album Inscape est sélectionné dans les catégories Révélation de l'année, Album de l'année et Album instrumental de l'année. Patrick Watson, Half Moon Fi I Run et Dominique Fils-Aimé figurent aussi sur la liste des nominations. Le gala aura lieu le 15 mars à Saskatoon. mem « Le cinéma est un art très réaliste, mais de temps en temps, on peut se permettre de livrer une certaine forme de poésie visuelle. » Martin Laroche, cinéaste spectateur à tout prix, mais de l'amener dans des zones auxquelles il ne s'attend pas. J'aime beaucoup les films qui me surprennent, qui me déstabilisent J'adore ça ! Dans ce film, je voulais susciter des questionnements sans que ce soit juste ça. Je ne veux pas que les gens sortent frustrés de la salle en se disant  : « Je n'ai rien compris ! » Idéalement, je souhaite qu'on sorte de cette expérience avec un beau feeling. On se sent par moments dans l'univers de David Lynch, notamment en raison du symbolisme et de la présence de deux mystérieux personnages secondaires interprétés par Sylvie Drapeau et Catherine Proulx-Lemay. Que vouliez-vous exprimer par ces représentations surréelles ? Il y a du Lynch, c'est une influence. J'aime semer de fausses pistes ou, du moins faire des trucs sans tout expliquer, parce que ça fait en sorte que le film nous hante, nous reste dans la tête. Dans ce cas, on essaie de trouver une interprétation, on revoit le film'- pour essayer de comprendre. J'ai revu plusieurs fois les films de Lynch et, à chaque fois, j'ai vu quelque chose de nouveau. D'ailleurs, plein de membres de l'équipe du film m'ont posé des questions. Le monteur sonore arrivait chaque jour avec une nouvelle explication des symboles ! (Rires) Même eux n'ont pas eu droit à des indices de votre part ? Ils n'ont pas toutes les infos et ils interprètent... C'est fou, des fois, des gens me sortent des interprétations auxquelles je n'avais même pas pensé ! Voici la mienne  : ronirisme serait-il un moyen de traduire les émotions inqualifiables que ressentent les personnages ? Je ne le voyais pas exactement comme ça, mais c'est super intéressant comme analyse ! Il y a en effet des choses dans la vie qui nous apparaissent difficiles à verbaliser ou à exprimer, qui relèvent du ressenti. 11 y a de la poésie dans les choses qu'on n'explique pas. Devant une toile de Riopelle, on ne saisit pas ce qu'il peint, on apprécie tout simplement la poésie de son oeuvre. Même chose dans les chorégraphies. Il y a plusieurs ruptures de ton dans Le rire. On n'a qu'à penser à la transition entre la scène au début où Valérie sort traumatisée d'une fosse commune et le moment où elle s'éclate avec son amoureux sur la chanson Sensualité d'Axelle Red. Qu'est-ce qui vous plaît dans ces contrastes ? Ça fait partie de ma réflexion sur l'humour. Selon moi, une des plus belles façons qu'a l'humour de s'exprimer est par contraste avec le drame. J'aime alterner, car c'est un peu ça, la vie. Le vibrant monologue de la fin livré par Valérie - dans lequel elle dit notamment « Pendant la guerre, j'ai beaucoup ri » - raboutissement de cette réflexion ? Je vais donner un exemple personnel. J'ai perdu mon meilleur ami à 21 ans, il avait la fibrose kystique. La journée où il est décédé, notre petite gang est sortie dans un bar. On s'entend  : c'est le plus gros drame que j'ai vécu dans ma vie, je n'ai jamais été aussi triste et j'ai pleuré toutes les larmes de mon corps... Mais pendant cette soirée, je me rappelle qu'on a fait des blagues, qu'on a ri, qu'on a dit des niaiseries... C'est ce que je trouve le plus beau  : cette possibilité de rire quand même. Finalement, l'humour est un mécanisme de survie ? Oui. Dans son essai Le rire, le philosophie Henri Bergson écrit que le rire est une distance émotive. On a souvent tendance à penser que c'est une émotion, mais au contraire, c'est la capacité de se distancier d'une chose au point d'être capable d'en rire. Ey a un processus d'intellectualisation. C'est une résilience, dans le fond. C'est ce qui est beau. Bas les masques Le rire est une proposition originale dans la cinématographie québécoise. Métro a demandé à trois de ses acteurs ce qui les a séduits dans le scénario. « Ça se rapproche de beaucoup de choses qui me touchent C'est une représentation très humaine et complexe des émotions. Et puis, l'arme du rire est vraiment bien utilisée dans le film. » Léane Labrèche-Dor « Le rire est un des deux grands masques du théâtre, avec celui de la tristesse. Ce n'est jamais tout à fait l'un ou tout à fait l'autre. Les deux ont la même fonction de libération complètement essentielle. » Micheline Lanctôt 1 « Ce an pose r- beaucoup de 1. questions et i offre peu de 114ei réponses. J'aime quand on ne prémâche pas le sujet, que le spectateur a un cheminement à faire et doit être actif » Alexandre Landry Le rire, de Martin Iaroche, prend l'affiche ce vendredi. COLLABORATION SPECIAIE/LA BOITE A FANNY
Les traumatismes après la fusillade de Québec Documentaire. Pour bien des gens, le caractère paisible de la vie à Québec a disparu le soir de la fusillade à la grande mosquée du chemin Sainte-Foy. Le temps de l'innocence n'existe plus depuis le jour fatidique du 29 janvier 2017, et la communauté musulmane peine à reprendre confiance. FRANÇOIS CATTAPAN rédaction_quebec@metromedia.ca Cette réalité est dépeinte dans le documentaire La mosquée  : une communauté menacée, dont la projection prévue ces jours-ci coïncide avec la commémoration des trois ans de ce traumatisme collectif. S'ouvrant sur des images des plus beaux atours hivernaux de Québec, le film montre rapidement que les choses ne sont plus ce qu'elles étaient. Pendant que certains s'accrochent « à l'espoir du vivre-ensemble en harmonie », d'autres craignent « le cynisme politique et les discours creux sur le multiculturalisme, sans désir d'endiguer les problèmes de racisme et d'islamophobie ». À bout d'énergie, des membres de la communauté se préparent à quitter le Québec, tandis que d'autres s'efforcent de transformer leur déception en détermination. Il y a une fracture depuis les événements. Et l'émergence de groupes d'extrême droite, favorisée par les propos xénophobes des animateurs de radio poubelle, n'a rien pour rassurer. Le film sera projeté ce soir à Montréal/PHOTO GRACIEUSETÉ LOADED PICTURES À cet égard, la démarche comporte des limites qui soulèvent des questions qui restent sans réponse. Le fait que les entretiens avec des survivants portés à l'écran remontent à moins d'un an après la tragédie ne permet pas de brosser un portrait actuel de la situation. Cet aperçu d'une autre époque, alors que la douleur était vive, n'offre aucune perspective sur l'évolution des choses, trois ans plus tard. Comment se portent les fidèles ? Quelles initiatives d'ouverture ont été tentées ? Que faire pour assurer une meilleure cohabitation ? On n'en sait rien. Des projections provinciales Dressant un portrait intimiste de la communauté musulmane de Sainte-Foy, La mosquée  : une communauté menacée s'attarde à son courage face à la dureté de l'épreuve. Les témoignages sont aussi nombreux qu'éloquents sur la profondeur des cicatrices qu'a laissées le drame. Cette démonstration de la résilience de ces personnes qui ont choisi Québec pour s'établir et élever leur famille prend fin sur un message d'optimisme  : le souhait que Pour ne pas oublier Réalisée par Ariel Nasr et produite par Sergeo Kirby, l'oeuvre documentaire d'une durée de 68 minutes a été tournée à l'approche des cérémonies soulignant le triste anniversaire de la première attaque sur une mosquée en Occident. Malgré l'effervescence et la solidarité du moment, le moral est au plus bas. « les différences s'ajoutent et s'intègrent afin de devenir des complémentarités dans une société meilleure ». Le film a fait l'objet de présentations spéciales à l'intention de la communauté musulmane, le samedi 25 janvier et le dimanche 26 janvier au pavillon Desjardins de l'Université Laval, à Québec, ainsi que le lundi 27 janvier (projection en anglais) au Cinéma Politica Concordia, à Montréal. Par ailleurs, des projections destinées au grand public sont prévues aujourd'hui, jour de la commémoration de la fusillade, dans le réseau Cinéplex à Québec, Montréal, Sherbrooke, Victoriaville et Gatineau. JEAN CARRIER rédaction_quebec@metromedia.ca te La famille Zougar lors de la projection i MÉTRO el DERNIÈR CHAN DE T'INSCRIRE Rentrée le 3 février DEP CUISINE ASP CUISINE DU MARCHÉ 2000, rue Sainte-Catherine Ouest, Montréal Admissibilité aux prêts et bourses Cours en français ou en anglais CULTURE 9 Réactions. Vives émotions lors de la projection du documentaire Frustration, injustice, tristesse sont des émotions ressenties par ceux qui se sont déplacés à l'Université Laval pour assister à la projection publique du documentaire La mosquée  : une communauté menacée. Un état d'esprit que le réalisateur Ariel Nasr a su capter, selon les personnes qui ont assisté à la projection. « J'ai été touché et j'ai même versé une larme durant le documentaire. Le réalisateur a très bien su dégager les différents aspects de la journée du 29 janvier 2017 », déclare le papa de la famille Zougar, installée depuis peu au Québec après avoir vécu en France. Pour cette famille de sept, il fait peu de doute que le racisme existe au Québec. « Nous avons subi du racisme depuis notre arrivée à Québec. Spécialement avec nos enfants. Notre plus vieux se fait carrément dire de retourner chez lui, ou il se fait traiter de sale Français qui pue. C'est difficile de comparer avec la France, mais le documentaire met en lumière ce point. Quand on regarde les médias, c'est pourtant le contraire qui est véhiculé », affirment les parents. Pour le producteur Ariel Nasr, l'objectif premier du film était de mettre les pendules à l'heure. « Je n'aimais pas ce qui était véhiculé au sujet de la communauté musulmane de Québec. Il y avait une image négative, et je trouvais que ça sonnait faux. Je voulais changer cette idée préconçue avec l'aide du documentaire pour projeter l'image d'une communauté forte et résiliente — ce qui est la réalité. » Collège LaSalle Montréal 514 939-2006 I collegelasalle.com I Cl Guy ou Atwater U RÉSEAU LCI ÉDUCATION MEMBRE



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