Métro Montréal n°2020-01-22 mercredi
Métro Montréal n°2020-01-22 mercredi
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2020-01-22 de mercredi

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Médias Transcontinental S.E.N.C.

  • Format : (279 x 286) mm

  • Nombre de pages : 16

  • Taille du fichier PDF : 15,5 Mo

  • Dans ce numéro : PCC, Jean Charest passe son tour.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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métr journalmetro.com Mercredi 22 janvier 2020 8 OPINION ! LA SPIRALE (2) CHRONIQUE IN LI BRO VERITAS FRÉDÉRIC BÉRARD docteur en droit et politologue La « ballade », façon de parler, allait dès le début laisser des traces indélébiles dans mon cerveau de Nord-Américain gâté pourri sale. Des voitures souffrantes sur le bord de la route. Incendiées, souvent Sinon simili-défoncées. Règlements de comptes ? Dommages collatéraux d'attaques militaires ? Allez savoir. Clairement trop figé pour questionner, je me tais. En fait quiconque regarde passer le bazou de Fabio nous COURRIER DES LECTEURS Un moratoire, le temps que le ministère fasse ses devoirs La Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec (FNEEQ CSN), qui regroupe près de 18000 profs de cégep, dénonce l'absence de vision et de planification entourant la multiplication des centres d'études collégiales sans analyse approfondie de leur impact sur le réseau ni sur la qualité du milieu de vie offert aux étudiantes et aux étudiants. La FNEEQCSN s'inquiète particulièrement des répercussions que pourrait avoir le projet de centre d'études collégiales à Vaudreuil-Dorion, qui n'a pas reçu à ce jour l'aval du ministère de l'Éducation et de l'Enseignement supérieur (MEES). Ce projet, porté par les collèges John Abbott et de Valleyfield ainsi que par le Cégep Gérald-Godin, ne repose sur aucune évaluation sérieuse  : il s'appuie sur un simple sondage d'intérêt et semble surtout correspondre à une volonté de s'approprier un territoire dans une course des établissements pour accaparer des « parts du marché » collégial 11 y a donc lieu de se dévisage. Agressivement On peut comprendre. Depuis la venue du petit Trump du Sud, la favela est sur les dents, ou plutôt ses ressortissants. Parce qu'il ne se passe pas 24 heures sans que la possibilité de se faire fusiller manu militari (l'expression n'a jamais eu autant de sens !) soit bien réelle. Peu importe la journée, l'événement l'occupation. Pas très ardu de comprendre, conséquemment, pourquoi et comment chaque nouveau visage est perçu comme une menace réelle ou appréhendée. Après avoir croisé près d'une dizaine de sentinelles années de kalachnikov — possiblement davantage, puisque je baissais les yeux chaque fois, histoire d'éviter la provoc d'un susceptible —, nous voilà enfin sur le « terrain » de soccer où les ados du coin, notamment ceux parrainés par la fondation hollandaise, peuvent oublier, l'instant d'un match ou deux, les affres de la violence institutionnalisée. En fait, l'État brésilien refusant d'investir dans la favela, l'endroit ressemble davantage à un terrain vague, où la pierre remplace la pelouse. Trop heureux du refuge, aucun ado ne semble s'en plaindre, au contraire. Quelques coups de pied sur le ballon, sourire aux lèvres, blagues perdues par le mélange anglo-portugais, tout le monde est heureux. Autant, questionner sur la rigueur de la démarche, qui relègue à l'arrière-plan la notion de projet éducatif sensé et réfléchi. L'ouverture du centre d'études collégiales à Vaudreuil-Donon ne servira qu'à déplacer un effectif étudiant qui dispose déjà d'un choix intéressant d'établissements. C'est pourquoi nous croyons que le projet devrait être mis en veilleuse en attendant d'en démontrer la pertinence à long terme. Pour ce faire, il faudrait analyser la hausse de l'effectif étudiant prévu ainsi que son caractère pérenne et la capacité d'accueil des cégeps environnants, mais aussi se pencher, notamment, sur les modes de transport disponibles ou projetés dans ce secteur. Il faut noter qu'en 2014 le MEES avait précisément refusé des projets de centres d'études collégiales dans cette région, concluant qu'elle était déjà bien desservie. Pour 2021, le MEES projette un effectif étudiant semblable à celui de 2014. Comment conclure autrement qu'en affirmant que la région est toujours bien desservie ? [...] Un établissement d'enseignement doit offrir un véritable milieu de vie et il revient au MEES d'y veiller. L'accessibilité ne peut servir de prétexte dans le cas de Faites-nous découvrir votre Montréal ! Photographes, à vos appareils ! Courez la chance de voir votre cliché publié dans les pages Opinions de votre journal favori... Faites-nous parvenir vos photos de la ville à opinions@journalmetro.com. erra Des petits dealers s'échangent fric et autres trucs obscurs. sinon plus, que tout ce que j'ai pu voir dans ma vie d'ado. La vache, quand même. Me souviens de mes années à la polyvalente lauriermontoise où les équipements de football étaient inexistants, faute de moyens publics. Cela a fait l'objet de discussions incessantes, jusqu'à ce que la poly, lasse de se faire casser les oreilles, lance un programme formel, aujourd'hui mené de main de maître par mes rhums Pilote, Maurice et Yale. Ici ? Aucune plainte ou complainte. Deux ou trois ballons payés par la fondation. Des jeunes radieux, joyeux, profitant de l'instant présent Parce que peu après, le retour Vaudreuil-Dorion, alors qu'elle se révèle un facteur-clé dans le cas de centres comme ceux de Chibougamau ou de Mont-Laurier. L'improvisation et l'expérimentation n'ont pas leur place quand il s'agit de la structure du réseau collégial. Le MEES a la responsabilité sociale, politique et économique de s'opposer à tout développement qui nuirait à la cohérence du réseau collégial Aussi, nous demandons la mise en place d'un comité national tripartite (FNEEQ-CSN, Fédération des cégeps et MEES) qui conviendrait de balises nationales pour l'ouverture d'un centre d'études collégiales et qui analyserait tout projet de cette nature avant de recommander ou non sa poursuite. En attendant de disposer de ces balises, un moratoire sur les autorisations d'ouverture de centres d'études collégiales ou de points de service permettrait de maintenir la cohérence du réseau collégial [...] YVES DE REPENTIGNY, V.-P. ET RESPONSABLE DU REGROUPEMENT cfmEe DE LA FNEEQ-CSN Écrivez-nous ! opinions@ journalmetro.com à la réalité, cruelle et sans merci, s'installera de lui-même. L'absence de collecte d'ordures par les services publics, trop craintifs de s'avancer dans le quartier. Le refus de l'État de financer l'école au-delà de la deuxième secondaire, crissant dès lors des jeunes pleins d'avenir dans les mains du crime organisé, histoire de survivre. Des ti-culs de 14 ans mitraillette à la main. Des filles de 13 ans enceintes, dommage collatéral de la prostitution, gagne-pain classique. Alors que je termine mon petit topo pour la caméra, dos aux cabanes de fortune entourant le terrain de soccer, Fabio me souffle à l'oreille un truc du genre  : « OIÇ it's time to go. I dontlcnow who is in those houses behind you. » Hipelaye. De retour à la quasi-entrée de la favela, là où l'atmosphère est plus viable, on s'attable autour d'un repas typique servi dans un resto minuscule. Des petits dealers s'échangent fric et autres trucs obscurs. Faisant fi de l'évidence, nos jeunes s'en donnent à coeur joie, bouffant tout ce qu'il est possible de manger et siphonnant des litres de boissons gazeuses. Souriants, blaguant entre eux, s'agaçant l'un et l'autre, manifestement heureux de faire partie de la bande. Des ados classiques, quoi Sauf que, pour Gabriel, Iris, Lucas et compagnie, le retour dans la spirale infernale ne saurait tarder. Peut-être pour la dernière fois. Coeur et esprit fendus en deux, je fais signe à Ève, amie réalisatrice, et à Manuelo, notre chauffeur, qu'il est temps d'y aller. Mes piles supportant l'injustice et l'apathie sont, pour un sacré bout de temps d'ailleurs, à plat... Allée du savoir Notre lectrice a été impressionnée par le chemin menant au Pavillon des arts de l'Université McGill, malgré le ciel gris. i COLLABORATION SPÉCIALE, HARLIKA YOSHIDA Volume  : 20 Numéro  : 11 À Montréal, Métro est publié par Métro Média. 101, boul. Marcel-Laurin, Montréal H4N 2M3 Tél.  : 514 286-1066 Téléc.  : 514 286-9310 Imprimé par  : Transcontinental Transmap, 10807, rue Mirabeau, Anjou, Québec, H1J 1T7 Distribué par Metropolitan Media Services Directrice de la distribution  : Danielle Tessier Directeur principal des ventes  : Patrick Marsan Contrôleur  : François Dallaire Directeur de',Information  : Olivier Robichaud Chef de pupitre  : Carole Côté Équipe de rédaction/Actualité en soirée  : Zoé Magalhaes Monde  : Chloé Machillot Réviseurs  : Pierre-Yves Thiran, Martin Benoit. Vous avez une opinion à nous faire parvenir ? opinions@journalmetro.com Vous voulez annoncer dans nos pages ? publicite@journalmetro.com Vous avez une nouvelle à nous faire parvenir ? info@journalmetro.com. ISSN 1716-9895
métr journalmetro.com Mercredi 22 janvier 2020 Métro s'est entretenu avec Thi's de Vlie er (au centre), de l'illustre formation électroni oc Noisia. i RUTGER PRINS/COLLABORATION SPÉCIALE « La musique est un phénomène intrinsèquement social. Son rôle a toujours été de rassembler les gens, de créer un sentiment d'euphorie collective. » Thijs de Vlieger, de Noisia aux logiciels Cubase et Logic, Ableton Live n'est pas conçu pour recréer des chansons de façon linéaire, mais ouvre plutôt la voie à une nouvelle façon d'imaginer les possibilités de ce contexte. La meilleure bande sonore des 20 dernières années ? Chernobyl, de la compositrice et violoncelliste islandaise Hildur Guanadcittir. Elle a enregistré des sons dans une centrale nucléaire estonienne désormais hors service et y a ajouté une trame de violoncelle. C'est sombre et merveilleux. Une plateforme Crave en français Une version francophone de la plateforme de visionnement Crave sera mise en ligne le 28 janvier avec la promesse de près de 6 000 heures de contenu. Le service de Bell Média diffusera des séries traduites de HBO et de Showtime en plus de créer du contenu original, dont la série Pour toujours, plus un jour, avec Pierre-Luc Funk et Catherine Brunet. MÉTRO Un parcours supersonique qui se termine en beauté À l'approche de son ultime performance en sol montréalais, le trio hollandais Noisia revient sur son catalogue de basses turbulentes et les faits saillants des 20 dernières années. MICHAEL-OLIVER% IR infoejourna[metro.com HARDING « Je n'ai rien contre le fait que notre renommée repose sur quelque chose qui ne nous ressemble plus du tout. » Thijs de Vlieger, de l'illustre formation électronique Noisia, a l'esprit songeur lorsqu'on le joint dans son studio à Groningue, dans le nord de la Hollande. L'automne dernier, Thijs ainsi que Nik Roos et Martijn van Sonderen, les deux autres membres du groupe cultissime de bass music, annonçaient la fin de leur aventure. Ils disent souhaiter emprunter des tangentes différentes tout en restant amis, collaborateurs et cogestionnaires de leurs étiquettes. À constater l'ampleur du chemin parcouru, on peut comprendre cette envie de se défaire d'étiquettes désuètes. Lorsque les trois copains d'école en étaient à leurs premiers bangers survitaminés il y a 20 ans, la scène de drum and boss était fortement sous-représentée. On connaissait surtout l'héritage électronique néerlandais pour son gabber (pensez techno extrême) et ses grandes pointures du trance (Tiêsto, Ferry Corsten), sans oublier les légendaires Vengaboys. Nous étions encore bien loin de l'électrochoc culturel qu'allait administrer un dénommé Skrillex avec ses basses fréquences dévastatrices piquant la curiosité d'un nouveau, jeune et large public. En faisant notamment paraître des morceaux sur les étiquettes de Skrillex, de deadmau5 et de Jay-Z, les copains de Noisia allaient rapidement s'imposer par leurs drops distordus, mais surtout par leur design sonore futuriste et extrêmement léché. Alors que Noisia s'apprête à se livrer au public montréalais pour la toute dernière fois à Igloofest, dans le cadre de sa tournée d'adieu, Thijs s'est prêté au jeu d'une entrevue bilan sur 20 ans de bouleversements et de basses tonitruantes. La technologie ayant le plus révolutionné le milieu ? Ableton Live, qui a repoussé les limites de l'improvisation et de la performance en direct. Contrairement Le changement le plus difficile avec lequel composer ? De nos jours, la musique existe surtout sous forme gratuite, en format numérique, ce qui réduit un peu sa valeur d'antan. Pour ceux qui tentent de faire de la création leur gagne-pain, ça complique drôlement l'affaire. Toutefois, ça a également des points positifs, comme nous permettre de publier notre travail sans passer par une armée d'intermédiaires. C'est une arme à double tranchant, mais la nature même du progrès implique que certains privilèges soient remis en question. La meilleure publication consacrée à la musique ? Je ne lis aucune publication consacrée à la musique. Cependant, je pense au livre The Rest Is Noise, du critique musical Alex Ross. Il passe en revue l'histoire de la musique classique du XXe siècle. Il s'agit d'une lecture hautement jouissive qui pourrait même engendrer une dépendance ! Au final, que préférez-vous ? Créer des pièces ou les partager avec un public ? J'ai longtemps cru que je préférais le studio à la scène. Toutefois, je me suis récemment rendu compte que la musique est un phénomène intrinsèquement social. Son rôle a toujours été de rassembler les gens, de créer un sentiment d'euphorie collective. Quand je suis en studio, bien sûr, j'oublie tout ça, mais je 9 crois foncièrement que la musique doit être partagée. L'endroit le plus froid où Noisia s'est produit ? Igloofest ! J'ai toujours le manteau Canada Goose qu'on m'a remis au festival. C'était avant que Drake ou d'autres rappeurs soient photographiés en train de le porter. Grâce à un étrange festival canadien en plein air et au grand froid, j'ai été un précurseur de tendances aux Pays-Bas ! Votre collaboration la plus marquante ? en a eu trois. La première, avec Skrillex, a changé nos vies en nous ouvrant beaucoup de portes. Ensuite, celle plus intime avec le groupe de hiphop Foreign Beggars, avec qui nous avons formé un nouveau groupe [I Am Legion]. Et sur un plan plus personnel, ma collaboration avec la compagnie de danse Club Guy & Roni, qui m'a permis d'oser entreprendre de nouvelles choses. Quelques mots pour décrire les fans de Noisia ? Des gens en quête d'intensité. Le plus grand bouleversement à venir en musique ? Les gens s'intéressent énormément aux possibilités de l'intelligence artificielle pour donner vie à des compositions génériques, à des choses qu'on peut programmer en formule. Les machines pourront à court terme s'en charger. Elles « rédigent » déjà de petits romans. Les gens les lisent sans se rendre compte que ce n'est pas la plume d'un être humain. La même chose sera bientôt vraie pour la musique. Noisia Demain à 19 h go, au Quai Jacques-Cartier du Vieux-Port, dans le cadre d'Igloofest



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