Métro Montréal n°2020-01-17 vendredi
Métro Montréal n°2020-01-17 vendredi
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2020-01-17 de vendredi

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Médias Transcontinental S.E.N.C.

  • Format : (279 x 286) mm

  • Nombre de pages : 16

  • Taille du fichier PDF : 14,9 Mo

  • Dans ce numéro : revers en cour pour Marc Bibeau.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 8 - 9  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
8 9
métr LUMIÈRE CHRONIQUE LA BISE CATHERINE ÉTHIER Auteure journalmetro.com Week-end 17-20 janvier 2020 OPINIONS Ivresse et bonnet de mohair. Voilà que janvier, fidèle ombre sur nos choudaques, se déploie les très longs sourcils sur l'inexorable attente des beaux jours. Retour au travail, petit post-it de résolutions qui flotte vaguement dans l'eau de l'évier rempli de cette vaisselle qui te rappelle que tu as mangé les vieux COURRIER DES LECTEURS Les patients ne sont pas la cause de la congestion des urgences ! La saison grippale frappe encore une fois avec force cette année. On constate de nouveau que notre système de santé est complètement dépassé par les événements. Nous, les urgentologues, voyons les patients languir dans les salles d'attente et les corridors. Nous voyons les soignants travailler sans relâche, se faire imposer des heures supplémentaires, sans parvenir à suffire à la tâche. Nous voyons encore nos départements bondés de patients admis, pogos qui traînaient dans le congélateur hier au soir. Alors, d'accord. C'est mon évier, que je vous décris à l'instant. J'ai consommé le mets ultime de l'apitoiement (le vôtre peut consister en une quiche lorraine ou une canne de soupe grise, à chacun sa soupaille des très petits soirs), en prenant soin de souligner, à chaque déjà passés au triage, diagnostiqués, avec des plans de traitements, mais qui n'ont nulle part où aller et qui empêchent les nouveaux patients en détresse d'être soignés dans la dignité. Il a été maintes fois démontré que la congestion des urgences affecte négativement la qualité des soins et la sécurité des patients. Il faut plus de lits Nous avions déjà envoyé un signal d'alarme en octobre dernier pour prévenir que le réseau n'était pas prêt pour la saison grippale. Le système était alors déjà engorgé et les soignants à bout de souffle. L'ouverture de 900 nouvelles places par le ministère de la Santé pour libérer des lits dans les hôpitaux a aidé, mais c'était trop peu. En fait, c'est sans doute jusqu'à 3 000 lits bouchée, comme la Grande Dépression semblait carnaval devant le triste spectacle de mon existence. Vous êtes-vous pendu par les pieds au-dessus du bourbier de l'éternelle puanteur, vous aussi ? Depuis que je suis toute petite, on me conditionne à la lourdeur de l'hiver, à en anticiper la noirceur et à, en quelque sorte, tâcher d'y survivre — D'Y SURVIVRE — en espérant un bon programme du lundi soir. Je m'engage apparemment dans un billet de type journal intime, sans envolée d'amazone ni perspective affûtée sur l'actualité. Pardonnez-m'en. C'est qu'une fois de plus, je me suis laissée happer par cette batte de baseball qui fait se choir dans un banc de neige Faites-nous découvrir votre Montréal ! Photographes, à vos appareils ! Courez la chance de voir votre cliché publié dans Les pages Opinions de votre journal favori... Faites-nous parvenir vos photos de la ville à opinions@journalmetro.com.szÉrso Nulle perspective ne m'est plus terrifiante. Tout ce vide. Cette impuissance. en attendant qu'on dépose sur mon crâne une circulaire annonçant le potentiel galbe inouï de ma croupe dans ces capris turquoise qui donnent envie d'investir dans cette piscine hors terre dont personne ne veut vraiment Et je te lis. Oh, je te lis, Suzie, qui te plains, pauvre brume, d'avoir dû régler ton cadran à 4 h 30 pour pouvoir te mettre en route vers cet avion qui te mènera vers une conga sans fin dont tu nous partageras chaque arabesque. de plus dont il faudrait disposer en soins alternatifs pour que les hôpitaux fonctionnent mieux. De plus, les cliniques de grippe sont moins nombreuses que l'an dernier. Elles diminuent l'attente des patients requérant des soins mineurs, mais n'ont que très peu d'incidence sur les patients attendant des hospitalisations. Elles ne diminuent pas la nécessité d'avoir du personnel supplémentaire dans les urgences. Ce qu'il faut faire pour corriger la situation est bien connu  : — augmenter la capacité en lits d'hospitalisation ; — diminuer significativement le nombre de patients en fin de soins actifs occupant un lit ; — créer des unités de débordement ; — engager du personnel sup- Mais tu nous partageras aussi la laideur de l'aéroport, le prix scandaleux de cet apérol spritz, la nuance framboise du fond de tête de cette voisine de siège que tu aurais préféré absente. Et ta longue complainte à propos de ce retour dans la neige, tes pleurs discrets et ta nostalgie des jours heureux, trois semaines après avoir tracé « CancCin » dans le sable blond. Bon. Me voilà qui digresse en marre boudeuse de tous ces loueurs de chalets. De ces pleureurs de banquets. De ces veuves siciliennes en skis Rossignol Est-il possible d'entretenir autre chose que le désarroi ou le dédain quotidien à propos de chaque seconde qui n'est pas présentée par les feux plémentaire pour répondre à la demande et créer des corridors de soins avec la première ligne et les soins à domicile. Il est certainement encore possible d'aller chercher des gains de productivité dans le réseau. Mais lorsque plus de 50% des lits des départements d'urgence sont occupés par des patients hospitalisés, c'est qu'il faut augmenter la capacité du réseau. La population doit pouvoir se présenter aux urgences, voir un médecin et avoir un endroit décent pour être hospitalisée. La révision des budgets des centres hospitaliers en fonction de la demande de soins ainsi que l'encouragement à la performance nous apparaît comme une approche à explorer sérieusement Les patients ne sont pas la cause de 8 d'artifice de Disney ? Partager un peu de lumière, en ce début d'année qui débute sur un drôle de wheelie avec ces feux, ces tragédies aériennes et tout le reste. Un peu plus tôt cette semaine, l'astronaute David Saint-Jacques a dit  : On vit sur une boule de magma avec une petite croûte dure, l'eau des océans est comme une couche de vernis sur la terre. L'atmosphère est comme une petite brume qui est collée par la gravité et ça nous garde en vie dans le cosmos. Nulle perspective ne m'est plus terrifiante. Tout ce vide. Cette impuissance. Et nous, en suspension, qui nous plaignons de la couleur du papier peint Lumière. La bise. la congestion de nos tub ices. Ils s'y présentent pour recevoir des soins et s'y retrouvent à attendre pour être vus, attendre pour être soignés, attendre pour être hospitalisés. Merci aux équipes soignantes de continuer à être résilientes dans ces temps si difficiles. Nous nous souhaitons une direction claire pour 2020, avec les moyens pour y arriver. GILBERT BOUCHER, M.D. PRÉSIDENT DE L'ASSOCIATION DES SPÉCIALISTES EN MÉDECINE D'URGENCE DU QUÉBEC L'actualité vous fait réagir ? Écrivez-nous ! opinions@ journalmetro.com Volume  : 20 Numéro  : og À Montréal, Métro est publié par Métro Média. loi, boul. Marcel-taurin, Montréal H4N 2M3 Tél.  : 514 286-1066  : 514 286-9310 Imprimé par  : Transcontinental Transma9, 10807, rue Mirabeau, Anjou, Québec, HU 1T7 Distribué par Metropolitan Media Services Directrice de la distribution  : Danielle Tessier Directeur principal des ventes  : Patrick Marsan Contrôleur  : François Dallaire Directeur de l'information  : Olivier Robichaud Chef de pupitre  : Carole Côté Équipe de rédaction/Actualité en soirée  : Zoé Magalhaes Monde  : Chloé Machillot Réviseurs  : Pierre-Yves Thiran, Martin Benoit. Vous avez une opinion à nous faire parvenir ? opinions@journalmetro.com Vous voulez annoncer dans nos pages ? publicite@journalmetro.com Vous avez une nouvelle à nous faire parvenir ? info@journalmetro.com. ISSN 1716-9895 SOIGNEZ VOTRE LANGUE AntiDOTe WINDOWS MAC LINUX www.antidote.info LE MOT DU JOUR ANTIDOTE URBI ET ORBI, adverbe Présenté par métr Définition — Partout, à tous. Étymologie — Du latin religieux urbi et orbi,'à la ville (de Rome) et au monde entier', des noms urbs,'ville', et orbis,'terre : Cooccurrences — proclamer urbi et orbi, annoncer urbi et orbi, déclarer urbi et orbi, prononcer urbi et orbi.
I (t.)LiAriov\« Elle est sur scène. On ne la voit juste pas », assure le chorégraphe Pierre-Paul Savoie. Dix ans après son décès prématuré, l'autrice-compositrice-interprète montréalaise Lhasa de Sela réchauffe toujours le coeur de ceux qui l'ont connue et aimée. Sa présence habite la version revue et améliorée du spectacle hommage Danse Lhasa Danse. Au moment d'écrire ces lignes, il neigeait sur Montréal. Comme il a neigé dans les jours qui ont suivi le décès de la charismatique chanteuse d'origine américano-mexicaine à la voix grave et ensorcelante, partie le ter janvier 2010 au jeune âge de 37 ans après un long combat contre le cancer. Dix ans plus tard, c'est comme si elle était toujours là. « Pour ses contemporains, elle est inoubliable, avance son amie, la chanteuse Bïa, une des têtes d'affiche de Danse Lhasa Danse. Encore la semaine dernière, je chantais au Rialto lors d'une soirée-bénéfice pour l'Amazonie. Il y avait une vingtaine d'artistes, dont plusieurs de la scène montréalaise, comme Thus Owls, Patrick Watson, Arthur H, Elisapie, Salomé Leclerc, Safia Nolin... » Un beau line-up, lui fait-on remarquer. « Oui, un très beau line-up ! Et plusieurs d'entre eux ont chanté un morceau de Lhasa ou parlé d'elle. 11 y avait un fil dans les coulisses qui nous reliait tous à elle... Ça me touche de dire ça, poursuit-elle après un silence empreint d'émotion. C'est comme si elle était là. Toute la soirée, on sentait sa présence. » Lorsqu'on évoque cette présence à Pierre-Paul Savoie, idéateur de Danse Lhasa Danse, il s'emballe. « Et tu n'as pas vu les images ! Il y a des projections, on entend sa voix ! À un moment, on l'entend dans le noir, c'est très fort », dit-il au sujet de la performance multidisciplinaire qui mêle danse, musique, chant et arts visuels. Bien qu'il n'ait pas personnellement connu la chanteuse — « Lhasa et moi, c'est une amitié posthume », ditil le directeur artistique de la compagnie PPS Danse est, comme tant d'autres, tombé sous son charme, tant pour sa voix chaleureuse que pour la puissance de ses textes. « Elle a une très forte résonnance en raison de la profondeur de son oeuvre, dit-il. On ne réécoute pas tous les chanteurs, mais son oeuvre nous parle philosophiquement, humainement » Bref, elle est intemporelle. « Exactement. Dix ans après, son.4 oeuvre se poursuit. Elle est indémodable. Et personne ne l'a remplacée », souligne le chorégraphe. Ce à quoi Bïa acquiesce  : « Rien ne vieillit, même dans la facture sonore. Il y a tellement d'expertise et de sensibilité dans ce qu'elle a fait Ce n'est pas un son daté. » Une artiste dans l'âme Lhasa de Sela était une artiste très spirituelle. « Elle avait cette profondeur si MARIE-LISE ROUSSEAU mErousseau@journemetro.com jeune, à 28, 30 ans. Elle était très connectée à un monde invisible, elle adorait la magie, elle croyait au destin », se souvient Bïa. Avec le recul, la chanteuse d'origine brésilienne découvre une richesse supplémentaire dans l'oeuvre de son amie. « C'est curieux, mais plus ça va, plus je peux voir la profondeur de tout ce qu'elle a écrit. Ses chansons prennent une nouvelle dimension. Son dernier album était très philosophique, elle y parlait de la relation de l'être à la vie, au destin, à la permanence et à l'impermanence... Je peux juste imaginer le potentiel de ce qu'elle aurait pu développer par la suite. » Pierre-Paul Savoie abonde dans le même sens  : « Personne n'a écrit avec une telle profondeur sur ces concepts. Elle m'a appris à comprendre ce qu'était mourir », dit-iL Comment peut-on traduire une telle âme sur scène ? « J'ai donné des directives. Première chose  : on est au service de Lhasa », se souvient le chorégraphe au sujet de la première mouture du spectacle monté dans l'urgence, en 2011. Lhasa étant elle-même multidisciplinaire dans son ap-. proche artistique, il allait de soi que Danse Lhasa Danse ne soit pas qu'un spectacle de danse ou qu'un spectacle de musique. « Le corps, la musique, la voix et le texte ne font qu'un », résume le chorégraphe. L'énergie des 16 musiciens, danseurs et chanteurs qui se partagent la scène est palpable dans les extraits du spectacle que Métro a pu voir. Comme lorsque Alexandre Désilet chante Con Toda Palabra en compagnie d'un duo de danseurs, dans une chorégraphie sensuelle d'Hélène Blackburn, une des neuf chorégraphes invitées à signer un tableau de cet hommage. Dans leurs regards et leurs mouvements, on sent une proximité entre les artistes, qui vont jusqu'à inverser les rôles à l'occasion. « Les chanteurs ont appris à danser et les danseurs ont appris à chanter », résume Bïa, qui elle-même se produira avec le danseur Sébastien Cossette-Masse. « Ça nous donne tellement d'énergie, ajoutet-elle. Au début, j'avais peur de déranger les danseurs en chantant, et maintenant, non ! On ne se dérange pas, on bâtit les uns sur les autres. » On en a un bel exemple en assistant à la répétition d'un segment où tous les artistes abandonnent leur rôle pour se rejoindre au centre de la scène, tapant dans leurs mains sur un rythme langoureux. « C'est bon, les doigts ! » leur lance Pierre-Paul Savoie, interrompant un instant notre entretien pour donner quelques consignes. « Pour moi, c'était clair que ce mélange se pouvait, explique-t-il au sujet de cette rencontre entre les disciplines. Les vibrations des corps influent sur l'interprétation des chanteurs. Ces derniers ne sont pas seulement en interaction avec le public, ils dansent avec leur voix, ils dialoguent. » Voilà l'essence de ce spectacle, qui compte 23 chansons tirées des 3 albums de Lhasa de Sela  : « On ne travaille pas en silo, on travaille en triangle. Il faut que ça circule », poursuit le chorégraphe, dont la compagnie célèbre par ailleurs ses 30 ans cette année. Le tout dans le but d'offrir une performance à l'image de la chanteuse. « Il faut de la magie. Qu'on la sente. Lhasa se saignait ; on essaie de faire la même chose. » PHOTO ARCHIVES/MÉTRO UN PEU D'INF9a Dansa Lhasa Danse Ce soir au Théâtre de la Ville, à Longueuil Le 6 février au Théâtre Maisonneuve, à Montréal



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :