Métro Montréal n°2020-01-09 jeudi
Métro Montréal n°2020-01-09 jeudi
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2020-01-09 de jeudi

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Médias Transcontinental S.E.N.C.

  • Format : (279 x 286) mm

  • Nombre de pages : 16

  • Taille du fichier PDF : 14,9 Mo

  • Dans ce numéro : la Cour d'appel donne raizon à Gilbert Rozon.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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métr r,:tA journaimetro.com Jeudi 9 janvier 2020 8 CULTUPV,„. avec À E J Les Misérables, mettant en vedette Alexis Menenti (au centre) et Steve Tientcheu (à gauche), prend l'affiche demain. J LYLY FILMS De plus en plus de rôles principaux féminins a Hollywood La proportion de femmes jouant des rôles principaux à Hollywood a bondi en 2019, s'approchant de la parité les hommes, selon une étude annuelle sur le sujet publiée hier. L'an dernier, 4o % des quelque 2 300 personnages principaux étaient des femmes, contre 31 % en 2018. Parmi elles, Captain Marvel, interprétée par Brie Larson. ÀuIP Tous ensemble dans la même misère Cinéma. Dans Les Misérables, long métrage coup-de-poing abordant les violences policières en banlieue parisienne, il n'y a ni gentils ni méchants. Ni gagnants ni perdants. Ou plutôt, si, il y a des perdants. Que des perdants. MARIE-LISE ROUSSEAU mirousseau@journaimetro.com C'est du moins l'avis de Steve Tientcheu, qui tient le rôle du Maire, figure de grand frère pour les jeunes défavorisés de la banlieue de Montfermeil, où a été tourné ce premier long métrage de fiction de Ladj Ly, cinéaste qui a grandi et qui réside toujours dans ce quartier. «À la fin, on est tous ensemble dans cette même misère. Tout le monde est perdant», laisse tomber l'acteur rencontré dans le cadre du festival Cinemania l'automne dernier en compagnie de son collègue Alexis Menenti, qui interprète le policier Chris et qui est également co-scénariste du film. «Tout le monde», ce sont les nombreux personnages qui rythment l'action de cette chaude journée d'été : un trio de policiers, un groupe d'enfants laissés à eux-mêmes, le Maire et son entourage, des marchands, des prédicateurs... et même un lionceau! Dans cet environnement déjà tendu, une altercation survient entre les policiers et les jeunes. Altercation qui, modernité oblige, se trouve à être captée par le drone d'un enfant. C'est alors que la situation s'envenime, jusqu'à culminer dans une scène finale chargée dont l'issue laisse peu de place à l'espoir. Une des forces de ce film lauréat du Prix du Jury au Festival de Cannes l'an dernier — et qui, il y a fort à parier, se retrouvera dans la course à l'Oscar du Meilleur film en langue étrangère la semaine prochaine — est qu'il expose de façon subtile et nuancée la complexité des problèmes sociaux des milieux défavorisés sans jamais prendre parti ni montrer quiconque du doigt. Steve Tientcheu attribue cette réussite à la force du scénario. «Ça motive à faire un projet comme ça», dit-il. «Ça c'est fait d'abord à l'écriture, confirme Alexis Menenti, qui a co-scénarisé Les Misérables avec Ladj Ly. On a essayé de créer des personnages complexes. Ensuite, chaque comédien a ajouté une autre couche de complexité avec son interprétation. Tous les acteurs du film ont défendu leur personnage avec justesse, ils ont cherché à ne pas les juger et à les défendre au maximum. C'est ce qui donne ce résultat.» Son collègue acquiesce et ajoute : «Quand on joue un personnage, il faut tout accepter, ses bons comme ses mauvais côtés; il faut en tomber amoureux.» Pas évident de tomber amoureux d'un homme «Il faut montrer à ces jeunes que c'est possible de croire en ses rêves.» Steve Tientcheu, acteur, à propos des jeunes des banlieues défavorisées comme Chris, policier à la mèche courte et tombant facilement dans l'abus de pouvoir joué par le co-scénariste. «Je lui ai créé un parcours en me posant des questions : Qu'estce qui l'a poussé à être comme il est? Où est-il né? A-t-il des frères et soeurs? Quelle a été sa première rencontre amoureuse? Est-ce qu'il est déçu par rapport à ça? Est-il sensible, fragile?» Symbolisme Tout est empreint d'un puissant symbolisme dans Les Misérables, à commencer par le titre même du film, référence au célèbre roman de Victor Hugo paru en 1862, dont l'intrigue se déroulait aussi chez les plus démunis de Montfermeil. «Il y a un parallèle géographique et historique», soutient Alexis Menenti, précisant que certains personnages du film sont même inspirés de ceux du livre. Ce n'était pas le cas du court métrage Les Misérables (2016), aussi signé Ladj Ly, dont découle cette version aboutie qui prendra l'affiche au Québec ce vendredi. Il y a aussi un contraste troublant entre la scène d'ouverture, tournée en pleine célébration de la victoire de la France à la Coupe du monde de 2018, dans une ambiance rassembleuse et festive, et la scène finale, dont on taira ici la teneur. «À la base, cette intro n'était pas dans le scénario, parce qu'on ne savait pas que la France allait être en finale. Le soir même de la finale, Ladj Ly a trouvé ce symbole fort et on a décidé d'aller filmer les scènes de fête pour les intégrer au film», relate le co-scénariste. Cette scène bien réelle, de même que toutes celles qui suivent, aussi fictives soientelles, sont d'un hyper-réalisme saisissant. Ce n'est pas un hasard : le réalisateur a fait ses armes dans le documentaire. Il s'est inspiré de cette approche cinématographique lors du tournage, notamment en incluant les habitants du quartier dans son projet. «Ladj dit que son plateau de cinéma, c'est son quartier», résume Alexis Menenti. Par la similitude des thèmes qu'ils abordent, Les Misérables est souvent comparé au film culte La haine, de Mathieu Kassovitz, dont on soulignait les 25 ans l'an dernier. Si les deux oeuvres se déroulent dans le contexte des banlieues, Steve Tientcheu retient surtout qu'«on peut les comparer parce que les deux traitent de problèmes sociaux qui n'ont toujours pas été réglés 25 ans plus tard.» Par sa façon de montrer une escalade de tension entre divers groupes d'un même quartier par une journée caniculaire, le long métrage de Ladj Ly rappelle également Do The Right Thing de Spike Lee, dont l'action se déroule dans le Brooklyn des années 1980. C'est que ce contexte est propice aux dérapages. «L'été dans les quartiers, c'est un moment où les gens qui n'ont pas d'argent ne partent pas en vacances. Il fait chaud, plein de choses se passent, les enfants sont dans les rues...» énumère Alexis Menenti, précisant ne pas avoir été particulièrement influencé par ce film. L'action des Misérables évoque par ailleurs les nombreux cas de bavures policières qui ont fait les manchettes ces dernières années, aux États- Unis, mais aussi ailleurs dans le monde. «Ça parle à beaucoup de gens, et ce, partout dans le monde, parce que ce problème, on n'est pas les seuls à l'avoir», souligne l'interprète du Maire. Qu'est-ce que les deux acteurs voudraient que le public retienne de ce film poignant? «Le public, il retiendra que c'est un bon film. C'est plus les politiciens qu'on aimerait voir retenir quelque chose!» répond Steve Tientcheu d'un ton catégorique, insistant sur le fait que les solutions aux enjeux abordés dans le film sont d'abord et avant tout politiques.
La défense d'Harvey Weinstein demande au juge de se récuser Justice. La défense d'Harvey Weinstein a demandé, hier, au juge qui dirige le procès de se récuser, mettant en cause son impartialité après qu'il a menacé mardi le producteur déchu de le placer en détention provisoire. «Il est devenu clair pour M. Weinstein que la cour a déjà fait entorse à son mandat [...] en décidant que [l'accusé] est coupable, avant même la présentation» des éléments du dossier», a écrit Arthur Aidala, l'un des avocats de M. Weinstein, dans une lettre versée au dossier. À l'appui de sa demande, la défense de l'ex-magnat d'Hollywood rappelle la réprimande du magistrat James Burke à Harvey Weinstein à l'audience mardi. «Est-ce que c'est vraiment comme ça que vous voulez finir en prison pour le reste de votre vie? Pour des textos en violation d'un ordre du tribunal?» s'est ainsi emporté le juge, reprochant à l'accusé l'usage répété de son téléphone à l'audience. Pour l'avocat de la défense, soit le juge estime qu'utiliser son téléphone dans un tribunal peut valoir la prison à vie, soit «il laissait entendre que M. Weinstein [était] coupable» et prévoyait déjà le condamner à la prison à vie. Pour la défense du Arthur Aidala reproche aussi au juge son refus, mardi, de reporter le procès pour limiter l'influence sur les jurés potentiels de la nouvelle inculpation d'Harvey Weinstein lundi, à Los Angeles, pour un viol et une agression sexuelle. • La défense critique aussi le refus du magistrat de dépayser le procès de cette affaire ultramédiatisée ailleurs qu'à New York, et sa décision de limiter Le temps imparti au questionnement des jurés potentiels. producteur déchu, accusé de viol sur une femme et d'agression sexuelle sur une autre, ce commentaire «incendiaire, partial et préjudiciable» a porté atteinte «aux apparences d'un procès équitable». Dans le cas oit le juge refuserait de se récuser, la défense demande à nouveau un report du procès et davantage de temps pour interroger les jurés potentiels au cours du processus de sélection. La pré-sélection des jurés s'est poursuivie hier, un nombre très important des personnes appelées affirmant ne pas pouvoir juger Harvey Weinstein avec impartialité. AGENCE FRANCE-PRESSE LES INVITÉS Bleu Jeans Bleu Catherine Dorion Antonine Maillet, citoyenne d'honneur L'écrivaine d'origine acadienne Antonine Maillet a accueilli avec joie hier le statut de citoyenne d'honneur de la Ville de Montréal, qui lui a été décerné par la mairesse Valérie Plante lors d'un événement tenu à l'hôtel de ville. On doit à la dame de go ans, en pleine forme, une vingtaine de romans, dont Pélagie-la-Charrette, une oeuvre emblématique pour laquelle elle a reçu le prix Goncourt en 1979. MÉTRO / JOSIE DESMARAIS/MÉTRO Les designers montréalais Matières fécales CE SOIR 21H CULTURE 9



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