Métro Montréal n°2020-01-08 mercredi
Métro Montréal n°2020-01-08 mercredi
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2020-01-08 de mercredi

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Médias Transcontinental S.E.N.C.

  • Format : (279 x 286) mm

  • Nombre de pages : 20

  • Taille du fichier PDF : 18,5 Mo

  • Dans ce numéro : l'armée canadienne évacuée d'Irak.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 10 - 11  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
10 11
métr journalmetro.com Mercredi 8 janvier 2020 OPINION UNE PHOTO DE PCIUTINE CHRONIQUE IN LI BRO VERITAS FRÉDÉRIC BÉRARD docteur en droit et politologue « L'Australie brûle dans l'indifférence de ses journaux. » Rictus gêné, et gênant, de ma part. Il était déjà décidé que l'apathie générale devant la catastrophe humaine ferait l'objet de cette chronique. Tout cela a débuté au Chili, là où je devais passer une partie des Fêtes, les premiers jours ayant été consacrés à des reportages en Colombie et au Brésil. Comme je publie presque chaque jour sur mes réseaux COURRIER DES LECTEURS Par quelle porte sort-on du bus ? J'ai passé quelques jours à Québec où, à ma grande surprise, on a implanté dans les autobus des incitatifs pour faire sortir les usagers par la porte arrière. Premièrement, sur les écrans visuels qui annoncent le nom de la rue du prochain arrêt, on inscrit entre chacune des annonces  : « Veuillez SVP sortir par la porte arrière. » Et une fois sur deux, en plus de l'inscrire, on le dit  : « Veuillez SVP sortir par la porte arrière. » métr "Je SOIGNEZ VOTRE LANGUE AntiDoTe WINDOWS MAC LINUX www.antidote.info sociaux quelques vidéos ou témoignages d'une guerre civile potentielle, la réaction suscitée se trouve parfaitement insignifiante ou, au mieux, mièvre. Ce qui se déroulait sous mes yeux, pourtant revêtait une puissance suffisante pour en assurer le saignement  : des raids de tanks (des vrais) mettant fin à une célébration tout inoffensive, rentrant dans le tas à grands coups de gaz lacrymogènes et poursuivant les citoyens jusque dans les moindres recoins de la ville (j'atteste la qualité insoupçonnée de mon cardio). Des policiers et des militaires torturant, violant et tuant, à l'instar des meilleures années Pinochet. Des leaders féministes pendues aux clôtures. Des bombes foutant le feu dans un cinéma où se sont réfugiés les manifestants. Des cancéreux incapables de se faire soigner par le régime public, se faisant taper dessus à coups de matraque. De l'eau potable, seule disponible, facturée par l'État Des enfants gazés, comme l'ensemble des participants présents à la Plaza de la Dignidad (on remarquera l'ironie), pour &ter l'arrivée de la nouvelle année. Voilà le type de trucs que je publiais, impuissant et rage au coeur, dans l'indifférence assurée. C'est alors que m'est venue l'idée de procéder à un test d'intérêt Pour la pre- Donc, il y a un renforcement  : on l'écrit et on le dit De plus, il y a sur chacune des fenêtres de l'autobus un autocollant en forme de flèche sur lequel il est inscrit  : « Déplacez-vous vers l'arrière. Ça permet à plus de personnes de monter à bord. » Cette dernière initiative, formulée en d'autres mots, a été implantée par la STM, mais sans grand succès. Ces trois démarches facilitent les montées et les descentes de tous les usagers, et à Québec, ça marche. Aucun usager ne s'entasse à l'avant de l'autobus pour sortir au prochain arrêt, laissant l'arrière de l'autobus vide. Quand la STM fera-t-elle de même ? Faites-nous découvrir votre Montréal ! Photographes, à vos appareils ! Courez la chance de voir votre cliché publié dans les pages Opinions de votre journal favori... Faites-nous parvenir vos photos de la ville à opinions@journalmetro.com. beim Parce qu'à moins d'être un jovialiste fini, force est de constater la pente glissante sur laquelle nous sommes humainement engagés. mière fois de mon existence dacebookierme », j'ai posté sur mon mur une photo de... poutine chilienne. Boum. Lilces en profusion. Bonne année, grand nez, à toi pareillement, grandes dents. Crisse-nous patience avec tes violences d'État, tes féminicides et autres dictatures du coin de la rue, pis parle-nous de poutine. « I » Je ne juge personne, remarquez bien. Parce que je ne vaux guère mieux, étant également un cochon gras, triste produit d'une époque d'indicible indi- On veut augmenter le nombre d'usagers, mais je vous avoue que, lorsque je suis obligé de me battre pour me frayer un chemin dans un autobus, ça me met en rogne. Et là, je ne parle pas des gens qui s'entassent à l'avant de l'autobus avec des sacs à dos, des poussettes, des chariots à roulettes, etc. Québec a réussi Montréal le peut aussi JEAN-CLAUDE, LASALLE Écrivez-nous ! opinions@ journalmetro.com vidualisme. Si on peut excuser nos réflexes perso, demeure néanmoins une énigme, insoluble, qui devrait nous sauter à la gorge après un minimum de recul  : qu'est-ce que ce paradigme débile ? Quelles explications pour cette apathie généralisée, cette anesthésie collective pour tout ce qui touche son prochain et son... avenir ? Comment l'humanité peut-elle être aussi dépourvue... d'humanisme ? Questions épaisses, je sais. Rien n'indique que la situation actuelle est pire ou meilleure que divers points de référence de l'Histoire. Reste que les enjeux afférents à la géopolitique 2.0 devraient, si on s'intéressait sérieusement à autre chose qu'à la valeur de nos REM, à notre nombre defollowers et au pH de nos piscines, nous interpeller pour la peine. Parce qu'à moins d'être Couloir coloré 10 un jovialiste fini, force est de constater la pente glissante sur laquelle nous sommes humainement engagés. Des embryons de régimes totalitaires poussent comme de petits champignons toxiques, et ce, dans nos cours arrière. La planète flambe à grands feux. Les libertés civiles reculent partout corollaire d'un populisme omnipotent Les ressources névralgiques s'amenuisent Et pendant ce temps, le sans-dessein le plus puissant du monde pourrait à la prochaine occasion, appuyer sur le p'tit piton assurant le boum final. Schopenhauer a écrit que « l'existence humaine ressemble à une représentation théâtrale qui, commencée par des acteurs vivants, serait terminée par des automates revêtant les mêmes costumes ». Nous voici au deuxième acte ; reste à anticiper la fin de la pièce. Entre deux poutines. Voici une photo que son auteur a nommée Contemplation. Elle a été prise dans un couloir de la Place des Arts./cou SP.-CIALE, ROBERT TREMBLAY Volume  : 20 Numéro  : 03 À Montréal, Métro est publié par Métro Média. loi, boul. Marcel-taurin, Montréal H4N 2M3 Tél.  : 514 286-1066  : 514 286-9310 Imprimé par  : Transcontinental Transmap, 10807, rue Mirabeau, Anjou, Québec, HL 1T7 Distribué par Metropolitan Media Services Directrice de la distribution  : Danielle Tessier Directeur principal des ventes  : Patrick Marsan Contrôleur  : François Dallaire Directeur de l'information  : Olivier Robichaud Chef de pupitre  : Carole Côté Équipe de rédaction/Actualité en soirée  : Zoé Magalhaes Monde  : Chloé Machillot Réviseurs  : Pierre-Yves Thiran, Martin Benoit. Vous avez une opinion à nous faire parvenir ? opinions@journalmetro.com Vous voulez annoncer dans nos pages ? publicite@journalmetro.com Vous avez une nouvelle à nous faire parvenir ? info@journalmetro.com. ISSN 1716-9895 LE MOT DU JOUR ANTIDOTE TRITURER, verbe Présenté par métr Définitions — Réduire en poudre en écrasant. Triturer du sel. Pétrir énergiquement. Triturer les chairs en les massant. [FIGURÉ] Soumettre à diverses actions qui dénaturent. Triturer un texte. Étymologie — Du latin triturare,'battre (des céréales)'. Locution — se triturer la cervelle ou se triturer les méninges : [FAMILIER] se fatiguer à trouver une solution à un problème.
journalmetro.com métr 117 e CULTUR Mercredi 8 janvier 2020 11 La vie invisible d'Euridice Gusmao est présentement à l'affiche. i TRIGON-FILM Loin du paradis Cinéma. L'année cinématographique s'ouvre sous la chaleur étouffante et parfois toxique du Brésil avec La vie invisible d'Euridice Gusmao, de Karim Aïnouz. MARTIN GIGNAC info@journalmetro.com Deux soeurs ont soif de liberté et d'émancipation dans le Rio de Janeiro des années 1950, se heurtant au régime traditionnel de l'époque qui finira par les séparer. « Lorsque j'ai lu le livre de Martha Batalha, ça m'a rappelé ma mère, se remémore le metteur en scène de 53 ans, joint à Berlin. Cette génération de femmes qui s'est beaucoup battue pour qu'on soit où on est maintenant. » Inspiré par sa double nationalité kabylo-brésilienne, le cinéaste a conçu une oeuvre autour de personnages solitaires qui vivent en marge d'une société cherchant à les exclure. Il le fait cette fois avec une rare sensibilité féminine évoquant celle de Todd Haynes, de PedroAlmo- dovar et de Rainer Werner Fassbinder. « C'est l'histoire de femmes que je connais très bien, confie celui qui a été élevé dans un milieu presque exclusivement féminin. Cependant, je ne pouvais pas faire ce projet sans mes collaboratrices. C'est un processus collectif et j'ai eu beaucoup d'aide des nombreuses femmes qui faisaient partie de l'équipe du film, que ce soit ma monteuse, ma chef opératrice, etc. » Soumission et oppression Se déroulant sur plusieurs décennies, La vie invisible d'Euridice Gusmao ressemble parfois à un opéra, à un mélodrame tropical et sentimental plein d'émotions et de couleurs vives dans la lignée de ceux de Douglas Sirk. Une véritable subversion du genre qui permet de regarder le passé à partir du présent. « On pense au mélodrame comme à un genre qui est très prude, expose le réalisateur et coscénariste. Le sujet principal du film est la soumission et même l'oppression des corps féminins par un système patriarcal, et c'était nécessaire de voir quelles étaient les conséquences de ce système sur le corps de la femme. C'est pourquoi il fal- « Plus je me plongeais dans l'Histoire, plus je me rendais compte que beaucoup de monde ne savait pas ce qui se passait au Brésil dans les années 1950. » Karim Aïnouz, réalisateur lait montrer certaines scènes. Ce n'est pas que le film soit cru ; en fait, il décrit une société, un contexte, un système qui étaient très violents et qui, normalement, sont représentés de façon assez pudique. Ça n'aurait pas été juste de parler de toute cette histoire de façon pudique. » Karim Aïnouz a donc fait un long métrage sur la résilience dans un pays de plus en plus conservateur, dont les avancées sociales se heurtent encore à des élans machistes. « Je crois que le patriarcat est toujours là, mais ça sent le désespoir, avance le créateur de Madame Sata. C'est comme s'il était proche de sa fin et que ça le rendait plus violent. Beaucoup de choses restent très figées, très compliquées. Une espèce de désir refoulé du patriarcat est remonté à la surface pour devenir la règle du jeu. » 'Timothée Chalamet incarnera Bob Dylan l'acteur Timothée Chalamet, actuellement en vedette dans Les filles du docteur March de Greta Gerwig, a décroché le rôle principal du prochain long métrage de James Mangold. Après Not There de Todd Haynes, sorti en 2007, Rob Dylan fera de nouveau l'objet d'un film, qui sera basé sur le livre d'Elijah Wald, Dylan Goes Electric. AFP RELAX mas Affaire Matzneff. Gallimard retire la vente de son journal L'éditeur Gallimard a décidé de ne plus vendre le journal de l'écrivain français Gabriel Matzneff, qu'il publiait depuis 30 ans, à la suite du succès en librairie du témoignage de Vanessa Springora qui jette une lumière crue sur les pratiques pédophiles de l'écrivain. Les éditions de La Table Ronde (groupe Madrigall, dirigé par Antoine Gallimard), qui ont publié cinq volumes entre 1979 et 1992 du journal dans lequel l'écrivain évoque notamment ses relations sexuelles avec des enfants et des adolescents, ont également cessé la commercialisation de ces livres. « La souffrance exprimée par Mme Vanessa Springora dans Le consentement fait entendre une LIBÉR LA QUATRE PROGRAMMES PUBLICS Animation 3D I Modélisation 3D Design de niveau Conception-intégration soi www.lecampusadn.com 3e Depuis le début de l'affaire, le dernier volet du journal de l'écrivain s'est beaucoup vendu dans les librairies. Il se classait hier à la 3'place dans la catégorie Biographies chez Amazon. parole dont la force justifie cette mesure exceptionnelle », a affirmé hier la maison d'édition française. Les exemplaires encore présents en librairie vont ainsi être rappelés. L'écrivain de 83 ans est visé depuis vendredi par une enquête pour « viol sur mineur> de moins de 15 ans, ouverte après la sortie du livre de Mme Springora. AGENCE FRANCE-PRESSE LITTÉRATURE Décès de Fautrice de Prozac Nation L'écrivaine américaine Elizabeth Wurtzel, autrice du livre Prozac Nation, considéré comme un ouvrage marquant sur la dépression chronique et le célèbre antidépresseur, est décédée hier à 52 ans des suites d'un cancer. Elle avait annoncé publiquement en 2015 être atteinte d'un cancer du sein. Elle a souvent écrit sur l'évolution de la maladie et sur ses traitements, notamment dans son compte Twitter. AGENCE FRANCE-PRESSE Séance d'information Le 9 janvier à 18h Le campus numfrqs Ur)ifl



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :