Métro Montréal n°2019-12-20 vendredi
Métro Montréal n°2019-12-20 vendredi
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2019-12-20 de vendredi

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Médias Transcontinental S.E.N.C.

  • Format : (279 x 286) mm

  • Nombre de pages : 20

  • Taille du fichier PDF : 20,4 Mo

  • Dans ce numéro : des taxes qui font mal.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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métr LE FOULARD CHRONIQUE LA BISE CATHERINE ÉTHIER Auteure journalmetro.com Week-end 20-22 décembre 2019 OPINION Cernes de cent lieues et mirlitons sur le crâne. Décembre (le mois, pas la comédie musicale), à l'instar de l'agrile du frêne, nous consomme le bulbe jusqu'au dernier vendredi avant le grand Tousse. Comme si chaque tâche et chaque rayure de post-it sur la grande liste des choses à avoir accomplies avant de s'être vidé le corps de tout son sang relevait du COURRIER DES LECTEURS j'achète, donc je suis Le philosophe Descartes nous a laissé à son époque la maxime « Je pense, donc je suis ». La maxime de notre époque est  : « J'achète, donc je suis ». On pourrait aussi dire  : « Plus j'achète, moins je pense ». L'achat compulsif alimenté par la publicité et le capitalisme néolibéral mondialisé, sert d'exutoire à un tropplein d'anxiété pour bien des gens. Des jeunes de pays sous-développés risquent même leur vie pour aller vivre en Europe ou en Amérique et ainsi partager notre rêve et avoir plus d'argent. Derrière cette course à la consommation, dont la plus récente illustration est l'arrivée prochaine à Montréal du mégacentre commercial Royalmount, dont nous n'avons pas besoin et qui va faire mourir des petits commerces, il y a le vide, la perte de sens, la perte d'humanité. Le prochain, comme on l'appelait dans notre culture catholique, est devenu une source de domaine du Piège de cristal. J'ai le casseau en berne, à défaut d'évoquer ce mot qui rime avec « rebelotte » et qui traîne à terre, dans la glace noire et le gros sel semé par ce petit camion de trottoir qui roule à terrifiante vitesse. Déchiquetée de fatigue, comme vous, à n'en pas douter. Les foules, l'excitation d'autrui, ces cantiques imposés et ce vieux fond de scorbut qui attend la seconde précise où le congé carillonnera pour m'abattre d'un franc coup de pelle sur le prélart et me garnir de cette fièvrevapeur qui fera de fort beaux souvenirs sur les portraits de famille. Dans ces moments de patience dépecée jusqu'au dernier nerf il m'arrive de ne voir que mon reflet dans le miroir. Ma si grande, si théâtrale et sinistre fatigue dont moi seule saisis la teneur et la grande pertinence, larmoyante et hormonale. Une tragédie. Mais en montant les marches vers la sortie du métro Mont-Royal, ce tout petit brin d'homme, recroquevillé au sol directement sur les tuiles les plus froides de toute l'histoire des tuiles froides, endormi près de revenu, sinon un obstacle à l'enrichissement. Comment puis-je faire plus d'argent avec l'autre. En lui louant mon logement ? En lui louant une place de stationnement ? En vendant plus cher ce que je produis ou vends ? C'est trop facile de se limiter à dénoncer le 1% qui s'enrichit aux dépens du 99%. Combien des 99% ont la même mentalité que le 1% et souhaiteraient être à leur place. Même le piéton qui traverse la rue est devenu pour plusieurs automobilistes un obstacle. Le temps c'est de l'argent, après tout. Quand nous n'avons plus de respect pour la nature, alors qu'il est plus payant de détruire les arbres feuillus parce que les conifères rapportent plus, alors qu'ils protègent ces derniers contre les feux de forêt. Quand il est plus payant de « fabriquer » par manipulation génétique des vaches plus musclées qui ne donnent plus de lait, mais plus de viande, ou des cochons plus musclés qui donnent plus de viande moins grasse, et que ces pauvres bêtes ont de la difficulté à marcher, pour nourrir notre appétit insatiable de viande, il n'y a plus de Faites voir vos décorations de Noël ! Fans de décorations, à vos appareils ! Courez la chance de voir votre cliché publié dans Les pages Opinions de votre journal favori... Faites-nous parvenir vos photos à opinions@journalmetro.com. mfrmo Je ne l'aurais sans doute pas remarqué [...] si la jeune fille qui marchait devant moi ne s'était pas arrêtée sec pour dénouer son foulard de laine et le déposer près du dormeur des 9laces, délicatement plie avec le soin d'une soeur. Il faisait si froid. son butin  : une clémentine, six cigarettes laissées par un passant, quelques sous, tout juste assez pour s'offrir un tiers de café. Je ne l'aurais sans doute pas remarqué, dans cette foule dense et narcisse, si la jeune fille qui marchait respect pour la vie. Quand on veut que les humains travaillent toujours plus vite et plus longtemps, quitte à prendre encore plus de pilules, on leur fait subir le même traitement. Derrière ce qui semble un mur d'inconscience, je pense que chacun sait qu'on ne s'en va nulle part, mais au lieu de se mettre ensemble avec les jeunes pour changer le monde dès aujourd'hui, le plus grand nombre décide de retourner au centre d'achats acheter quelque chose dont il ou elle n'a pas besoin pour tenter de se calmer. Espérons que la trêve du temps des Fêtes, un moment où on s'arrête enfin, nous permettra de revenir à la maxime de Descartes « Je pense donc je suis » — ce qui est subversif en soi. YVES CHARTRAND L'actualité vous fait réagir ? Écrivez-nous ! opinions@ journalmetro.com devant moi ne s'était pas arrêtée sec pour dénouer son foulard de laine et le déposer près du dormeur des glaces, délicatement plié avec le soin d'une soeur. Il faisait si froid. Mon coeur s'est alors détaché de mon poitrail pour rouler, à travers les chaudes mailles de ma veste de mohair, jusqu'au sol, se fracassant sur le plus terrifiant des lits de fortune. Cette jeune femme, tout juste sortie du secondaire, n'a pas levé le nez sur cette confrontante fresque, pourtant parfaitement positionnée dans cette mer de gens dressés pour ignorer ce qui fait mal, et dont le courant voguait à vitesse Carnival Cruise vers la lumière et la puff d'air. Ce foulard, nul doute À quelques jours de Noël En lisant mon journal Métro avec un bon café, j'apprécie la venue de Noël et me souviens de ma belle saison de moto. Joyeux Noël à tous, nous souhaite une lectrice./COLLABORATION SPÉCIALE/GUYLAINE DUMAIS 12 imprégné du parfum de toute la bienveillance qui l'habitait au moment de se dénuder la nuque dans les rafales polaires, a sans nul doute adouci le plus abrupt des réveils de ce tout petit brin d'homme, comme une main sur l'épaule, un regard de feu de camp. Si, dans ce marathon de « ce que l'on attend de vous », vous avez la bonté de glisser une paire de chaussettes de laine, ces mitaines qui ne vous servent pas tant ou ce pull bien chaud dans votre cabas lors de votre dernière ronde préfestivités, adoucissez, vous aussi, la brunante d'un moins chanceux que vous. Un sourire. Un regard de mélisse. Un petit morceau de tendresse. La bise. Volume  : 19 Numéro  : 197 À Montréal, Métro est publié par Métro Média. 101, boul. Marcel-Laurin, Montréal H4N 2M3 Tél.  : 514 286-1066  : 514 286-9310 Imprimé par  : Transcontinental Transmag, 1.0807, rue Mirabeau, Anjou, Québec, HU 1T7 Distribué par Metropolitan Media Services Directrice de la distribution  : Danielle Tessier Directeur principal des ventes  : Patrick Marsan Contrôleur  : François Dallaire Directeur de l'information  : Olivier Robichaud Chef de pupitre  : Carole Côté Équipe de rédaction/Actualité en soirée  : Zoé Magalhaes Monde  : Chloé Machillot Réviseurs  : Pierre-Yves Thiran, Martin Benoit. Vous avez une opinion à nous faire parvenir ? opinions@journalmetro.com Vous voulez annoncer dans nos pages ? publicite@journalmetro.com Vous avez une nouvelle à nous faire parvenir ? info@journalmetro.com. ISSN 1716-9895
CONCEPTION  : EMMANUELLE HOULE/MÉTRO Quarante mille albums vendus, trois Félix et une tournée qui fait salle comble partout où elle passe  : l'année 2019 de la pianiste Alexandra Stréliski est faite de jalons importants, qui témoignent de la place qu'elle a su se tailler dans le coeur du public. Retour sur l'année pleine d'émotions de celle qui fait la promotion de la douceur sous toutes ses formes. BENOIT VALOIS-NADEAU bvalois-nadeau@journalmetro com 27 octobre 2019. Salle Wilfrid-Pelletier de la Place des Arts. Gala de l'ADISQ. Encore sonnée après avoir remporté son deuxième Félix de la soirée, Alexandra Stréliski se ressaisit et livre un discours inspiré. « Je suis partie de loin pour me rendre là. Je suis partie d'une période très sombre. Je veux dire aux gens qui vivent des moments difficiles que le brouillard peut se dissiper, et de ne pas hésiter à demander de l'aide, de garder espoir. Parce qu'on peut avoir de belles surprises sur ce qui nous attend après. » Ces quelques mots résument à merveille le récent parcours de la pianiste. Un brouillard, ou plutôt une crise existentielle, faite de doutes et de douleurs. Un espoir, celui de vivre de sa musique. Et plusieurs très belles surprises qui ont convergé lors des 12 derniers mois  : un disque d'or pour Inscape, l'album né de sa traversée du désert, quelques trophées (Album instrumental de l'année, Révélation de l'année et Auteure-compositrice de l'année) et des spectacles partout sur la planète, de Reykjavik à Brossard. Comme quoi, comme elle l'a si bien dit, toujours à l'ADISQ « il ne faut jamais sous-estimer la force de la douceur ». Métro est revenu sur cet annus mirabilis avec la pianiste de 34 ans. Quel regard jetez-vous sur mg ? 2019, c'est un peu l'aboutissement d'un cheminement qui m'a amenée à me consacrer à ma musique à temps plein. C'est une grosse année symbolique, imposante, explosive. C'est allé très vite comme ascension. J'ai l'impression d'avoir été adoptée par l'industrie musicale et le public québécois, je ne sais pas ce qui est arrivé ! J'ai vraiment lutté longtemps avant de faire de la musique à temps plein. Parce que ça me faisait peur, en fait. 2019, ç'a été une année tellement belle, qui me dit que j'ai fait les bons choix dans la vie. Le plus étonnant, c'est que vous n'aviez pratiquement pas fait de concerts avant cette année... J'ai commencé à faire des shows avec mon projet solo il y a un an et demi seulement. C'est vraiment peu. Je commence seulement à faire trois shows par semaine au Québec. Avant, j'étais un bébé. J'avais joué au FME, à Paris et après  : boom ! j'étais au Théâtre Outremont devant 900 personnes, puis au Théâtre Maisonneuve. J'ai été rapidement dans de grandes salles, ç'a demandé une adaptation rapide. Ça été un apprentissage pour vous ? C'est sut. Mais en même temps, j'ai été surprise de voir que ça marchait Je me trouve plus à l'aise sur une scène que je le pensais. En fait, j'avais tellement peur de monter sur une scène... Maintenant, j'ai vraiment beaucoup de fun en concert. Ç'a été une surprise pour moi Au début, c'est un peu comme si tout le monde me disait  : « Ben oui, on le sait tous que t'es capable de sauter en parachute ! » Moi je leur répondais  : « Ètes-vous malade ? » Finalement, on m'a poussée en bas de l'avion et j'ai découvert que j'étais capable. Vous êtes devenue en 2019 une personnalité publique. On vous voit dans « CE QUI M'AMÈNE LE PLUS DE BONHEUR, C'EST DE FAIRE CE MÉTIER. J'AI VRAIMENT DE LA CHANCE DE POUVOIR VIVRE DE MA MUSIQUE. » ALEXANDRA STRELISK les médias et on vous reconnaît dans la rue. Comment vivez-vous avec ça ? Ça demande une adaptation également. Au début, je trouvais ça difficile, j'avais l'impression qu'on m'avait volé ma liberté. Mais maintenant, ça va. C'est comme habiter dans un village où la madame de l'épicerie te reconnait et te demande comment ça va. C'est comme ça, mais dans le Québec au complet Les gens sont respectueux et ne m'accaparent pas. Mon expérience, c'est plus des gens qui m'écrivent des témoignages touchants. Inscape les accompagne dans des épreuves de la vie. Ça aussi, c'est un apprentissage à faire que de recevoir tout ça. Justement, en cueillant un prix à l'ADISQ, vous avez rendu hommage à ces gens qui vous écrivent et partagent leurs histoires. Pourquoi ? Inscape, c'est un album que j'ai fait dans une bulle d'intimité, mais que j'ai partagé ensuite. Et qui parfois est devenu la bande sonore de la vie de la personne qui écoute. À part ce moment-là, ça ne m'appartient plus du tout. C'est la vie de la personne, son imaginaire, son coeur, les épreuves qu'elles traversent Si Inscape est rendu là, c'était aussi parce que le coeur des gens a vibré. C'est beau parce que c'est de la musique abstraite. Le thème est dans le coeur ou la tête de la personne qui l'écoute. Je me rends compte que dans nos coeurs, on est semblables en tant qu'humains. Et j'avais envie de rendre hommage à cela parce c'est pour ça que je suis rendue là, parce que les gens ont résonné fort. Est-ce paradoxal d'avoir du succès avec Inscape, qui est né de moments plus sombres de voire vie. Comment conjuguer les deux ? Inscape, ce sont des moments sombres, c'est vrai, mais c'est surtout une période de transition. Un moment dans une vie où on passe du point A au point B. Oui, ça vient avec énormément de peine, de la noirceur par moments, du brouillard, mais c'est aussi du renouveau. C'est aussi une naissance. Je constate surtout qu'il y a plein d'humains qui vivent ça et qui se reconnaissent dans cette espèce de période de transition. Parce que la vie est faite de périodes de transition. L'expérience humaine est loin d'être statique. C'est toujours du mouvement et, des fois, c'est inconfortable. J'ai l'impression que les gens se sont reconnus là-dedans. Est-ce que ces moments plus difficiles occupent toujours une place dans votre vie ? Évidemment. Parce qu'ils sont liés à des événements de ma vie  : une séparation, un burn-out, un changement de job, un déménagement.. Ce sont de grosses épreuves pour tout le monde. Jamais on n'oublie ces moments-là dans une vie. Ça forme qui je suis aujourd'hui En même temps, j'ai réussi à affronter et à faire face. Je n'étais plus bien dans ma vie et quand tu n'es plus bien, il faut que tu fasses des changements. Parfois des changements radicaux. Ça, c'est tough. Mais je n'ai jamais été aussi heureuse de toute ma vie. Vous passez beaucoup par les émotions pour créer. Comment les émotions vécues en 2019 pourraient se transposer en musique ? 2019, ce serait des ostinato rapides qui s'imbriquent et des de grosses lignes épiques. Des cordes, de grands thèmes victorieux ! Puis, des espèces de moments sombres où il n'y a rien, parce qu'après les moments épiques, tu vis généralement un crash. [Rires] Ça irait vite. Mais somme toute, ce serait large et tourné vers l'extérieur.



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