Métro Montréal n°2019-12-18 mercredi
Métro Montréal n°2019-12-18 mercredi
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2019-12-18 de mercredi

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Médias Transcontinental S.E.N.C.

  • Format : (279 x 286) mm

  • Nombre de pages : 16

  • Taille du fichier PDF : 17,8 Mo

  • Dans ce numéro : REM, le tunnel fermera plus tard.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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métr journalmetro.com Mercredi 18 décembre 2019 OPINION POINTS DE SUSPENSION... CHRONIQUE SYLVAIN MÉNARD Animateur au 98,5 Chaque année, c'est la même affaire. Quand vient le temps d'arracher la dernière page du calendrier, on se demande toujours comment dresser un bilan qui se tienne, comment placer la recension exacte des événements qui ont marqué les 12 derniers mois sans rien échapper. Et chaque fois, c'est peine perdue. De toute façon, on n'est pas tous touchés de la même manière À sept jours de Noël Les employés du cimetière Saint-Laurent ont créé cette crèche à l'entrée du cimetière, nous fait savoir une lectrice./COLLABORATION SPÉCIALE/HÉLÈNE FOURNIER par tout ce qui se passe. Dans le grand champ de patates de l'actualité, ce n'est pas tout le monde qui repart avec la même recette de pouline, si je puis m'exprimer ainsi. On vient de traverser une bien drôle d'année. Une année à deux sens, écartelée entre l'espérance et « l'exaspérante ». Une année où un demi-million de personnes alarmées par la situation climatique (surtout des jeunes) ont marché dans la rue pour aller à la rencontre de l'amie Greta, la messagère venue du lointain. Au même moment sur la scène fédérale, le Parti vert menait la campagne électorale la plus insignifiante de son histoire. Un beau paradoxe mêlé de vert et de brun. Levez la main ceux et celles qui croient encore que la solution viendra des vieux partis... Ce fut l'année où Desjardins a vu les données personnelles de ses membres partir comme si ses ordis étaient des mangeoires à ciel ouvert. Ce n'est qu'un début, on gage combien que toutes les autres banques, sans la moindre exception, vont devoir tôt ou tard admettre la même faiblesse de leurs dispositifs de sécurité ? Et, sans vouloir COURRIER DES LECTEURS Des offres choquantes et indécentes Le Syndicat de professionnelles et professionnels du gouvernement du Québec (SPGQ) s'indigne des offres gouvernementales déposées aujourd'hui aux secteurs public et parapublic par M. Christian Dubé, président du Conseil du trésor, visant à renouveler les conventions collectives des employés de l'administration gouvernementale. Les employés de l'État ont largement contribué à assainir les finances du Québec au cours des dernières années. Leur apport précieux au bon fonctionnement des institutions québécoises, malgré l'appauvrissement dont ils sont victimes depuis les années 1980, n'est toujours pas reconnu. Le retard salarial de 13,2% de l'ensemble du personnel de l'État québécois par rapport aux autres salariés québécois n'est pas près d'être comblé avec ces offres choquantes et indécentes. Le SPGQse souviendra du 12 décembre 2019 comme étant la journée du grand gâchis. La décision du Conseil du trésor de ne pas consentir la même hausse de salaire Faites voir vos décorations de Noël ! Fans de décorations, à vos appareils ! Courez la chance de voir votre cliché publié dans Les pages Opinions de votre journal favori... Faites-nous parvenir vos photos à opinions@journalmetro.com. ! driva On vient de traverser une bien drôle d'année. Une année à deux sens, écartelée entre l'espérance et « l'exaspérante ». vous faire trop peur, attendezvous à ce que les gouvernements soient pris, eux aussi, à annoncer qu'on a allègrement pigé dans le buffet de nos informations confidentielles. Le verdict est clair et sans équivoque  : on a complètement perdu le contrôle de la machine, nos données « privées » sont à la portée de tout un chacun et elles étaient bien mieux protégées du temps où on les gardait rangées dans une boîte de chaussures sous notre matelas. Cet automne, hormis la dérape du Programme de l'expérience québécoise destiné aux étudiants et travailleurs venus d'ailleurs, le gros dossier à l'Assemblée nationale aura été celui du hoodie en coton ouaté jaune-orange porté par la députée Catherine Dorion, qui aurait tellement intérêt à utiliser d'autres moyens pour se démarquer. Ça va arrêter quand, ces histoires-là ? Quand ses collègues vont en avoir assez ? On dirait que ça s'en vient Les êtres singuliers finissent souvent par être poussés en bas de leur marge... En 2019, le débat sur la liberté d'expression a été relancé par une discussion sur le droit de faire une joke plate, méchante et répétée trop souvent Comme le disait le collègue Ferrandez à la radio l'autre matin, la liberté à tous ses employés choque et révolte le SPGQ, Le gouvernement a pourtant engrangé un surplus historique de 8,3 G$ avant versement au Fonds des générations en 2018-2019, ce qui lui conférait toute la latitude voulue pour briser le cycle d'appauvrissement qui afflige ses employés depuis 40 ans. En dépit du bon sens, le gouvernement a opté pour une ségrégation salariale. C'est parfaitement honteux ! Cette usurpation des surplus budgétaires au détriment des employés de l'État risque de freiner l'amélioration de la qualité des services à la population québécoise, craint le SPGQ, En agissant ainsi, non seulement le gouvernement creuse l'écart salarial avec les autres salariés de l'État, mais il cautionne la discrimination salariale envers des milliers de femmes à son emploi et refuse de tenir compte de la hausse du coût de la vie, selon le syndicat Pourtant, le premier ministre a maintes fois martelé que les surplus appartiennent aux Québécois. En offrant des augmentations de salaire inférieures à l'inflation, le gouvernement fait fi de ses problèmes de plus en plus criants d'attraction et de rétention de la main-d'oeuvre. 11 sacrifie le maintien et le développement de l'expertise gouvernementale, tout en faisant preuve de mépris envers ses employés qui s'échinent au d'expression a été inventée pour donner une chance aux faibles de s'en prendre aux forts, pas le contraire. Tout est là, je n'en rajouterai point Au milieu d'un argumentaire tordu à souhait, cet implacable constat fait du bien à entendre. Encore une fois, une fois de trop, 2019 aura été une année où des hommes incapables de gérer la réalité ont décidé d'en finir avec leur vie et ont égoïstement choisi d'interdire à leur compagne et à leurs enfants de poursuivre la leur. Alors que je m'apprête à fermer les livres, c'est aux absents que je pense. Dans quelques jours, on se donnera une autre chance de tout repartir à zéro. Déjà hâte de vous retrouver de l'autre côté du Bye-Bye. On vous aime gros. XX quotidien à rendre des services essentiels à la population québécoise. Cette maigre pitance constitue un affront et une insulte à l'intelligence des employés de l'État Elle est parfaitement indigne d'un gouvernement envers ses salariés chargés de mettre en oeuvre ses politiques. De ce dépôt, le SPGQtire la conclusion que le gouvernement ne fait rien pour faire reconnaître la multitude de gestes posés par les professionnels de l'État liés à l'éducation, à la santé, à la culture, à la langue, à l'environnement, à la sécurité, à la justice, aux infrastructures, aux services financiers, à l'aménagement du territoire et au divertissement Le gouvernement vient de signifier clairement à nos membres que leur contribution à la stabilité, à la planification, au respect, au rayonnement et à la santé de nos institutions ne mérite pas une reconnaissance adéquate, à la hauteur de leurs responsabilités. Quelle triste journée ! 6 LINE LAMARRE, PRÉSIDENTE L'actualité vous fait réagir ? Écrivez-nous ! opinions@ journalmetro.com Volume  : 19 Numéro  : 195 À Montréal, Métro est publié par Métro Média. 101, boul. Marcel-taurin, Montréal H4N 2M3 Tél.  : 514 286-1066 Téléc.  : 514 286-9310 Imprimé par  : Transcontinental Transmag, lien, rue Mirabeau, Anjou, Québec, H1J 1T7 Distribué par Metropolitan Media Services Directrice de la distribution  : Danielle Tessier Directeur principal des ventes  : Patrick Marsan Contrôleur  : François Dallaire Directeur de l'information  : Olivier Robichaud Chef de pupitre  : Carole Côté Équipe de rédaction/Actualité en soirée  : Zoé Magaihaes Monde  : Chloé Machillot Réviseurs  : Pierre-Yves Thiran, Martin Benoit. Vous avez une opinion à nous faire parvenir ? opinions@journalmetro.com Vous voulez annoncer dans nos pages ? publicite@journalmetro.com Vous avez une nouvelle à nous faire parvenir ? info@journalmetro.com. ISSN 1716-9895
journalmetro.com métr'u, Mercredi 18 décembre 2019 7 CULTURE ERIf K. BOULIANNE Ils ne sont pas très connus du grand public. Pourtant, sans leur travail en coulisses, l'année culturelle québécoise aurait été bien différente. Métro vous présente jusqu'à demain une série d'entrevues avec des artistes qui ont marqué 2019. Aujourd'hui, le scénariste Eric K. Boulianne, qui, fait exceptionnel dans le cinéma québécois, a vu trois de ses projets prendre l'affiche cette année. EN MONTAGNES RUSSES BENOITVALOIS-NADEAU bvalois-nadeau@journalmetro.com Tous les artisans du cinéma vous le diront  : voir un de ses projets aboutir à l'écran est le fruit d'un long processus qui demande beaucoup de travail et un peu de chance. Alors, quand trois de ses films prennent l'affiche la même année, on peut presque parler d'une coïncidence exceptionnelle. C'est ce qu'a vécu en 2019 le scénariste Eric K. Boulianne, qui a vu trois de ses projets atterrir dans les salles obscures  : Avant qu'on explose, Les Barbares de La Malbaie et Menteur, film québécois le plus populaire de l'année avecplus de 6 M$ au box-office. Trois films aux styles et aux destins bien différents, qui témoignent à leur façon de l'année en dents de scie du cinéma québécois, qui peine parfois à rejoindre le public. Comment qualifieriez-vous votre année 2019 ? Ça ressemble un peu à des montagnes russes. La sortie de Avant qu'on explose, c'était un gros high. On était vraiment contents du résultat, mais ç'a fonctionné moyen en salle... Alors, ç'a été suivi d'un clown. Après, il y a eu Menteur, qui a connu un gros succès, puis Les Barbares, qui n'a pas trouvé son public non plus. C'est beaucoup d'émotions, le cinéma, surtout quand tu as trois films dans l'année. C'est peut-être un peu trop. [Rires] Je suis privilégié quand même, c'est rare qu'on puisse avoir ce genre de possibilité. Mais il reste que je suis humain. Ça peut être rough par moments, c'est beaucoup de stress. Et si tu ajoutes un enfant de 20 mois à tout ça, ça te fait un beau cocktail ! Votre moment fort de 2019 ? La première de Avant qu'on explose aux Rendez-vous Québec Cinéma. C'est un de mes plus beaux moments à vie. On voulait que le film tourne en festival, mais ça n'a pas fonctionné. On était donc très contents d'ouvrir les Rendez-vous. Dans la salle, il y avait plusieurs de mes meilleurs amis. C'était un moment super chargé, je shakais sur le stage avant de présenter le film. Rémi [St-Michel, le réalisateur], m'a fait brailler. Puis, je me suis assis et les gens se sont mis à rire immédiatement, jusqu'à la fin. Ç'a tellement fait du bien. La pression est tombée, et j'ai appris à regarder et à aimer le film de nouveau, après des moments de doute. Pour que trois de vos films sortent la même année, ça prend un concours de circonstances particulier ? Oui. Dans le cas du dernier, Les Barbares de La Malbaie, c'est un film que j'ai commencé à écrire avec Marc-Antoine Rioux en 2010 ! Et Avant qu'on explose devait sortir en 2018. Le seul qui était prévu pas mal cette année, c'était Menteur. Avec Émile [Gaudreault, le réalisateur et coscénariste], c'est pas mal plus simple. Si son film ne sort pas l'été, il y a un problème ! C'est une belle année, mais en même temps, l'écart entre l'écriture et le tournage est tellement long pour nous, les scénaristes, qu'on en oublie presque ce qu'on a écrit ! C'est étrange aussi parce que, l'année prochaine, il n'y aura pas de sortie pour moi En fait, je ne sais pas quand ce sera, la prochaine fois. Je vais peut-être me ramasser l'année prochaine en dépression post-partum. [Rires] Ce sont trois films assez différents  : un film d'ados (Avant qu'on explose), un film de hockey (Les Barbares de la Malbaie) et une grande comédie populaire (Menteur). J'imagine que vous avez abordé chaque projet de façon différente. En partant, le seul que j'aie écrit en solo, c'est Avant qu'on explose. C'était le plus personnel, le plus proche de moi et de mes angoisses. Et ça se passe à Baie-Saint-Paul, où j'ai grandi. Dans le cas de Menteur, c'est plus le projet d'Émile. J'aime aussi travailler avec la vision de quelqu'un d'autre. C'était l'occasion de faire un film plus grand public. Je sais pas si j'aurais eu l'occasion de parler à autant de gens sinon. C'est un beau défi de faire une comédie populaire, d'amener mon style d'humour, mes référents, tout en travaillant avec Émile. Puis, Les Barbares, c'est un projet complètement différent, qui a connu plusieurs incarnations. Les résultats de vos films au box-office vous préoccupent ? Oui. C'est drôle parce que Menteur a vraiment bien fonctionné, alors que les deux autres n'ont pas bien marché. C'est dommage. C'est quelque chose qui m'affecte beaucoup. Je trouve difficile de ne pas m'en faire avec ça. On veut que nos films soient vus, sinon c'est quoi l'intérêt d'en faire ? Au Québec, il y a deux moyens de mesurer le succès d'un film. Le succès à l'étranger, dans les festivals reconnus, et le succès populaire en salle. Si tu réussis à faire les deux, c'est extraordinaire, comme l'a fait La femme de mon frère, de Monia Chokri. Mais quand tu fais Un nouveau roman de Biz porté au grand écran Les abysses, le septième et plus récent livre de Biz (Loto Locass), sera adapté au grand écran. La société GO Films en a acquis les droits cinématographiques, a-t-on appris hier. En 2018, son roman La chute de Sparte avait également fait l'objet d'une adaptation au cinéma par le réalisateur Tristan Dubois. MÉTRO Quels sont vos projets pour zozo ? Je travaille à l'adaptation du roman de Stéphane Lame Le plongeur, avec Francis Leclerc. Je travaille aussi sur un film d'horreur et j'ai déposé un projet de court métrage en tant que réalisateur et scénariste. Je m'éloigne un peu de la comédie. Je vais toujours y retourner parce que c'est quelque chose qui me parle et qui me vient naturellement Mais quand tu fais de la comédie, tu veux faire rire. Ca devient fatiguant de tout le temps travailler pour le gag. Ça fait du bien de se libérer de ça. Qu'est-ce qu'on vous souhaite pour zozo ? Plus de sommeil. Idéalement que mon bébé fasse ses nuits. Sinon, d'être heureux. [Rires] Je le suis, alors ça va. un film comme Avant qu'on explose, qui malheureusement ne trouve pas sa place en festival et ne fait pas un gros score ici, ça t'amène à te questionner. De quelle façon ? Dans mon écriture, j'essaie d'utiliser les codes grand public pour en faire quelque chose de personnel, mais dans les deux cas où j'ai essayé ça, ç'a plus ou moins marché. [Rires] J'aime marcher sur la ligne entre les deux, mais je me rends compte que c'est difficile de trouver le public de cette façon. Mais tout le monde se pose la question au Québec. Avant qu'on explose est quand même dans le top 10 des films québécois cette année, en n'ayant fait que 170 000 $ au box-office. Il y a un problème généralisé pour parler au public. Quelle est la source du problème, selon vous ? Il y a mille problèmes. C'est dur de mettre le doigt sur une raison précise. Il y a Netflix, la concurrence américaine... Le cinéma américain prend tellement de place, est « Avec tout le contenu disponible actuellement, un film vit dans le moment et s'évanouit dans la nature par la suite. On a tellement accès à tout, tout le temps, je me demande si les oeuvres vont s'inscrire dans le temps. » Eric K. Boulianne, scénariste, à propos de la vie de ses films après leur sortie en salle. tellement familier pour tout le monde. C'est un cinéma rassurant, réconfortant Et puis, l'image du cinéma québécois n'est pas glorieuse et beaucoup de chroniqueurs martèlent que c'est du cinéma gris. Pourtant, je n'ai jamais vu de films québécois si arides que ça. On a une belle palette de films, mais pour le grand public, c'est comme si quelque chose s'était brisé. Depuis ce temps, on tente de reconstruire le lien, mais on ne sait pas trop comment y arriver. Il n'y a pas de solution facile.



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