Métro Montréal n°2019-11-28 jeudi
Métro Montréal n°2019-11-28 jeudi
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2019-11-28 de jeudi

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Médias Transcontinental S.E.N.C.

  • Format : (279 x 286) mm

  • Nombre de pages : 20

  • Taille du fichier PDF : 17,9 Mo

  • Dans ce numéro : des artères mal en point.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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métr journalmetro.com jeudi 28 novembre 2019 T:1111 ? ‘ Gordon Lightfoot reporte son spectacle à Montréal Le spectacle de la légende du folk canadien Gordon Lightfoot, qui devait avoir lieu samedi au Théâtre Maisonneuve de la Place des Arts, a été reporté au 16 avril prochain. L'artiste de 81 ans ne pourra monter sur scène en raison d'une blessure à la jambe. Les billets déjà achetés seront valides ou pourront être remboursés. ento Polytechnique, du déni à la réconciliation Documentaire. Il n'a fallu que 20 minutes à Marc Lépine pour faucher la vie de 14 femmes. Mais il aura fallu presque 30 ans pour que la douleur causée par la tuerie de Polytechnique s'apaise suffisamment pour qu'on puisse regarder la tragédie en face. BENOITVALOIS-NADEAU bvabis-nadeau@journalmetro.com Le 6 décembre 1989, quelques jours avant la fin de la session, Marc Lépine entre dans le local C-230.4 de l'école Polytechnique de Montréal, où a lieu un cours de la faculté de génie mécanique. Armé d'une carabine semiautomatique, il fait sortir les hommes et rassemble les neuf femmes qui restent dans un coin. « Je combats le féminisme », leur lance-t-il avant de décharger son fusil sur elles. Lépine, 25 ans, poursuit son massacre dans la cafétéria, puis dans une autre salle de cours, avant de se suicider d'une balle dans la tête. Bilan  : 14 morts, que des femmes. Quelques jours plus tard, la police présente une lettre dans laquelle le tueur explique son geste par la haine qu'il voue aux féministes, qu'il accuse « d'avoir gâché [sa] vie ». Il avait également dressé une « liste rouge » de femmes à abattre, des personnalités issues des médias, de la politique et du syndicalisme. La preuve est accablante, mais la société québécoise de l'époque a bien du mal à voir la tragédie pour ce qu'elle est  : un crime contre les femmes, parce qu'elles étaient femmes. Et pas n'importe quelles femmes, des futures ingé- Meures, dans un milieu majo- 1 Judith Plamondon, réalisatrice de Ce qu'il reste du 6 décembre, et Nathalie Provost, survivante de la tragédie de Polytechnique/JOSIE DESMARAISMIÉTRO ritairement masculin. On qualifie alors le geste de Lépine de cas isolé, motivé par la folie, en omettant ses motivations profondes. Ce déni collectif est au coeur du documentaire de Judith Plamondon (L'amour à la plage) Ce qu'il reste du 6 décembre, qui raconte les tristes événements de Polytechnique, mais surtout la façon dont ils ont été interprétés au fil du temps. « Un processus de deuil, qu'il soit individuel ou collectif, passe par les mêmes étapes  : le choc, le déni, la colère et l'acceptation, et c'est ce processus qui m'intéressait », explique la réalisatrice de 31 ans. « [Le déni d'un crime antiféministe] était compréhensible, c'était tellement douloureux, Le Québec est un des endroits au monde les plus égalitaires. Il y avait quelque chose d'ahurissant à ce qu'un événement comme ça se produise chez nous. Mais je trouvais déplorable qu'on ne nomme pas les choses. » « Un geste politique » Interviewée dans le documentaire Ce qu'il reste du 6 dé- « Si les femmes québécoises n'avaient pas été puissantes, Marc Lépine n'aurait pas été devant nous. C'est parce qu'on était fortes qu'il nous en voulait. » Nathalie Provost, survivante de la tuerie du 6 décembre 1989, voit malgré tout dans les événements de Polytechnique un signe de l'avancée des femmes. cembre, Nathalie Provost était dans le local C-230.4 cette journée-là. Elle a parlé à Marc Lépine avant qu'il ne fasse feu sur elle et ses consoeurs. « Marc Lépine a commis un geste politique. Je suis la première pour qui c'est une évidence. Je ne suis pas très bien placée pour dire qu'on a douté ou nié, parce que, pour moi, c'était dit. Il me l'a dit ! Il me l'a nommé en pleine face. Je sais pourquoi il s'est mis à tirer. » Atteinte de quatre balles, au front, aux jambes et à un pied, celle qui avait 23 ans à l'époque a rencontré les médias deux jours à peine après la fusillade. De son lit d'hôpital, elle a exhorté les jeunes femmes qui songeaient à des études en génie à poursuivre leur rêve. « [Polytechnique] défaisait toute l'image qu'on se faisait de notre société », estime-t-elle. « En 1989, on n'est pas dans une société où un gars rentre dans une école pour tirer sur des filles. Une école, c'est un lieu sécuritaire en 1989. Les armes à feu ne font pas partie du quotidien des gens. On ne pouvait pas imaginer que quelqu'un se promène avec une arme à feu dans une école. Donc, on ne peut pas imaginer qu'un garçon de notre âge nous tire dessus parce qu'on est des femmes. C'était tellement inimaginable que l'esprit des gens s'est bloqué probablement » Le choc est d'autant plus brutal que le Québec d'alors est à la fin d'une deuxième vague féministe couronnée de plusieurs succès tangibles  : droit à l'avortement et à la contraception, accès à l'éducation et au marché du travail Comme le dit la journaliste Francine Pelletier (elle-même'sur la macabre liste du tueur) dans le documentaire  : « Jusqu'à ce moment, il n'y avait pas eu de prix à payer pour être féministe. » Le ressac de 1989 est très lourd. Le temps qui guérit Il aura fallu attendre 2014 et les commémorations du 25e anniversaire pour que le caractère anti-féministe des meurtres de Marc Lépine soit reconnu par les voix officielles. « Il semblerait que 30 ans, c'est le temps que ça prend pour accepter les grandes catastrophes. Il semblerait que ça prend deux ou trois générations pour avoir suffisamment de maturité et de recul », observe Nathalie Provost. « Je crois qu'il a quelque chose de très humain dans notre réaction. On peut être en désaccord, on peut être déçu, on peut être blessé, mais c'est profondément humain. » Le passage du temps a aidé à gai sir l'ampleur du drame, mais a aussi permis à d'autres victimes de se joindre aux commémorations, notamment les hommes présents le 6 décembre. Douleurs et cicatrices 10 Trente ans plus tard, que reste-t-il des événements de Polytechnique ? « Il reste beaucoup de douleur, des douleurs individuelles et collectives, croit Judith Plamondon. Ç'a été un événement très traumatisant dans l'histoire du Québec et il reste de nombreuses cicatrices. Ça va rester un symbole de la fragilité des acquis féministes et des violences contre les femmes qui se poursuivent » Et pour les victimes ? « Beaucoup trop de choses, lâche Nathalie Provost dans un soupir mêlé de rires. Il me reste des cicatrices, autant sur mon corps que sur mon âme. Dernièrement, mes plaies ont recommencé à me faire mal. J'avais oublié que j'avais été blessée, mais mon corps me le rappelle. Pour moi, il reste beaucoup de choses. Et je crois que mon rôle de témoin consiste justement à m'assurer qu'il reste quelque chose. » « Le choc et la colère que les événements ont suscités ont été très souffrants pour plusieurs d'entre eux, mais ils ne se sentaient pas légitimes d'avoir mal eux aussi, dit Judith Plamondon. Pourtant, ce sont aussi des victimes de Marc Lépine. » « C'était important d'en parler parce qu'on a fait ce documentaire avec une grande volonté de réconciliation. On voulait nommer le déni, mais on ne voulait pas réanimer les chicanes passées. Dans cet esprit, la parole des hommes était très importante. » Ce qu'il reste du 6 décembre Mardi 3 décembre à 21 h sur ICI Télé Mercredi 4 décembre à 20 h sur ICI RDI
JEUDI 28 NOVEMBRE 2019 Am-ie MONTAGE FARINE BERTRAND/MÉTRO Votre party de oêl est pour bientôt ? Cela nécessite une mise en beauté totale robe du soir, bijoux, coiffure et, bien sûr, maquillage ! Malheureusement, au même rythme que vous avalerez verres de vin et bouchées, votre rouge à lèvres s'estompera. Assurez-vous d'avoir des lèvres colorées toute la soirée en ayant en main le meilleur rouge à lèvres longue durée. Gagnant-gagnant La texture de ces rouges à lèvres haute définition est fabuleuse ! Veloutée et crémeuse d'apparence, mais tenue très résistante ! Son application est aisée et ne déshydrate pas les lèvres. Ils se déclinent en trois finis  : mat, métallique et hyper mat. Le dernier, arrivé sur le marché récemment, présente une texture fouettée très confortable sur les lèvres. On adore la palette de couleurs vibrantes ! Rouges à lèvres Ultra RD Mat, Revlon, 10 $ dans les pharmacies Le meilleur pour les plus habiles Ce rouge à lèvres longue tenue a de multiples qualités  : il a une belle texture liquide, il a un fini mat et doux, il n'est jamais collant, la gamme de nuances est généreuse, il n'est pas testé sur les animaux, il est visuellement très beau et, surtout, il résiste à tout ! Il n'a qu'un seul petit défaut  : son application est quelque peu difficile et demande de la précision et de la minutie. Stunna Lip Paint Longwear Fluid Fenty beauty by Rihanna, 32 $ chez Sephora MARYSE DERAÎCHE mderaiche@journemetro.com Mot d'ordre  : intensité ! Ce rouge à lèvres liquide de Lancôme est ultra pigmenté ! Avec son fini mat, il donne un résultat tout en intensité. L'applicateur éponge rend la définition du contour des lèvres un peu difficile, mais cela se règle facilement en utilisant un pinceau pour l'application. L'effet deuxième peau, très confortable, fait de ce rouge à lèvres longue tenue un must ! Matte Shaker, Lancôme, 33 $ chez Sephorai Six heures parfaites La formule de ce rouge à lèvres est enrichie de vitamine E et d'huile d'avocat, ce qui lui confère un grand pouvoir hydratant et adoucissant. Sa texture est crémeuse, mais légère, et son fini est mat. On évalue la tenue à environ six heures sans retouches, ce qui en fait un rouge à lèvres performant. L'éventail de couleurs est large, et la charge pigmentaire est élevée. Rouge à lèvres liquide Stay all Day, Stila, 30 $, NOUVEAUTÉS MODE ÉCORESPONSABLE Esprit de fragrances Les odeurs influent sur notre humeur et certaines fragrances activent des zones précises du centre émotionnel du cerveau. Adidas Body Care s'est inspiré de gens renommés (Madame Gandhi et Jake Downer) afin de créer quatre nouveaux parfums, nés de l'état d'esprit d'une personnalité et élaborés grâce à la science. STRIKE (pour lui) —Aromatique et ambré CHARGE (pour lui) — Acidulé aux tonalités épicées et résineuses UNLEASH (pour elle) — Acidulé et gourmand UPLIFT (pour elle) — Floral aux parfums d'agrumes Eau de toilette Adidas, 25 $ pour 50 ml, chez Pharmapriz Un classique Le Retro matte de MAC Cosmetics a fait ses preuves ! Son fini suède et ses pigments vifs feront de votre bouche l'élément central de votre maquillage. On aime le choix de couleurs audacieuses  : mauve foncé, sarcelle originale et même un noir caviar. Son application est moyennement facile et il assèche un peu les lèvres, mais sa tenue et sa texture sont exceptionnelles ! Retro matte, MAC Cosmetics, 26 $ chez MAC et Sephora Eve Gravel  : première designer québécoise sur Nuuly Créée il y a 15 ans, la marque montréalaise Eve Gravel vient de faire son entrée sur la plateforme américaine de location de vêtements Nuuly. Propulsé par Urban Outfitters, Nuuly envoie à ses abonnés six morceaux de vêtement par la poste chaque mois en échange d'un montant de 88 $. Pour la réception et le retour des items, Nuuly propose un emballage réutilisable qui permet d'éliminer complètement les déchets liés aux envois postaux. La designer se dit fière de faire partie de cette plateforme novatrice dans sa proposition responsable de consommer la mode et qui, en plus, permet aux clients de sortir de leurs habitudes vestimentaires. Les collections printemps-été et automne-hiver 2019 de Eve Gravel sont disponibles sur nuuly.com. I



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