Métro Montréal n°2019-11-25 lundi
Métro Montréal n°2019-11-25 lundi
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2019-11-25 de lundi

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Médias Transcontinental S.E.N.C.

  • Format : (279 x 286) mm

  • Nombre de pages : 16

  • Taille du fichier PDF : 17,9 Mo

  • Dans ce numéro : des bus en baisse à Montréal.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 10 - 11  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
10 11
métr eât journaimetro.com Lundi 25 novembre 2019 10 CULTURE (le « DANS LA MARMITE DF nANY LAFERRIERE Vers d'autres rives, deuxième roman dessiné de l'académicien Dany Laferrière, se lit comme on déguste un bon repas. Au menu de ce festin autobiographique, quelques ingrédients marquants de sa vie  : les cafés de sa grand-mère à Petit-Goâve, les couleurs des façades à Port-au-Prince, le bananier à sa fenêtre à Miami... Le tout assaisonné d'une grande dose de poésie. Métro a rencontré l'écrivain de passage à Montréal. ROUSSEAU mirousseau@journalmetro.com flMARIE-LISE Vers d'autres rives est votre deuxième roman dessiné. On sent que vous avez eu du plaisir à le faire. Qu'est-ce qui vous plaît dans ce format ? Tout me plaît Ça me plaît d'évoquer des choses de ma vie et de les mettre dans un contexte heureux. Pouvoir le faire maintenant, avec des dessins de couleur, c'est commerrlvuver une partie de ma culture parce qu'en Haïti, il y a beaucoup de peintres... C'est l'idée de se référer au monde par les couleurs, de le décrire avec des dessins, dans un imaginaire coloré et vif comme c'est tout à fait normal en Haïti. La prochaine fois, ce sera peut-être par la musique ! (Rires) Avez-vous toujours dessiné ? Non. J'ai commencé avec Autoportrait de Paris avec chat parce que j'avais envie de me concentrer. Les enfants m'ont donné la leçon ; ils sont si sérieux quand ils dessinent qu'ils tirent la langue ! Cette concentration permet de sortir de l'agitation du monde. C'est ce dont j'avais besoin, car j'avais beaucoup travaillé ces dernières années et il m'était arrivé des choses extravagantes, comme le tremblement de terre ide 2010 en Haïti] et l'entrée à l'Académie française. Ce sont des moments très forts. Je ne les compare pas entre eux, mais ils font partie de ma vie. Et ils m'ont un peu déconcentré. Donc, j'avais besoin de quelque chose que je ne savais pas faire pour affronter ces événements qui ont un peu déstabilisé ma psychologie et ma façon de voir le monde. Vous avez tout écrit et dessiné à la main, dans de jolies couleurs qui nous extirpent de la grisaille de novembre. Pouvez-vous nous en dire plus sur votre processus de création ? Les mots viennent-ils en premier, ou sont-ce les dessins ? Je ne sais pas ; ça vient spontanément 11 y a des jours où on est meilleur dessinateur, où on va plus vite dans cette forme de création. À ce moment-là, je fais le dessin d'abord. Si j'en suis heureux, le texte peut être moins bon, ce ne sera pas bien grave, et vice-versa. Dans ce livre, vous racontez que la première leçon d'écriture que vous ayez reçue vient de votre grand-mère Da, qui mettait sa marmite sur le feu avant même de savoir ce qu'elle cuisinerait. Avez-vous appliqué ce principe à Vers d'autres rives ? Oui, je crois. Je n'y avais pas pensé, mais maintenant que vous le dites, c'est visiblement une marmite. Je mets plein de choses dedans  : il y a de l'enfance, de la peinture, du voyage, de la vie de famille, du journalisme... Il y a beaucoup de thèmes. Et puis, dans cette marmite qui ressemble à celle de ma grand-mère, il y ale principe fondamental  : à la fin, un seul goût en ressort, même si les aliments sont très divers. J'espère que c'est moi qu'on trouve à la fin ! (Rires) En racontant ces périodes de votre vie, vous rendez hommage aux artistes qui vous inspirent, surtout des poètes et des peintres. Vous sentezvous redevable envers eux ? Non, non, pas du tout Je veux simplement les faire connaître, ou plutôt offrir le plaisir qu'ils m'ont donné. Je veux partager une poésie qui dit une culture différemment En effet, la question se pose  : comment se fait-il que ces gens qui vivent dans des conditions si difficiles puissent faire une poésie aussi vivante, aussi joyeuse, aussi fantaisiste, et en même temps aussi grave ? Vous jetez un tout autre regard sur Haïti que celui des bulletins de nouvelles... C'est le travail de l'écrivain. C'est pour ça que je refuse de faire des interviews politiques. Ce dont j'ai envie de parler n'est pas très acceptable aux nouvelles ; ça ne sert à rien, ça ne dit rien. Je parle du style, de la forme, du silence, des couleurs qui prennent leur temps avant de se révéler, avant de s'épanouit.. On est sur deux appétits différents. Les journalistes ont un appétit pour des choses corsées, des cocktails forts, et moi, j'ai un appétit pour des choses minuscules, qui semblent sans intérêt Vous avez dit de ce 31e livre en carrière qu'il est comme une pièce de plus dans la maison qu'est votre œuvre. Où se situe-t-il ? C'est peut-être le petit jardin, parce que le jardin est un prolongement, une pièce à ciel ouvert. La nourriture est omniprésente dans les souvenirs que vous évoquez, notamment ceux de votre enfance à Petit-Goâve, avec les plats de poisson, de légumes, les cafés de Da, les mangues... En plus de combler un besoin de base, comment ces aliments vous nourrissent-ils ? Quand je pense à une mangue, je pense à tout ce qu'elle apporte de sensations, d'émotions, de plaisir, de désir... Quand j'étais petit et que mes cousins et moi entendions la nuit les mangues tomber des arbres, nous essayions de localiser dans notre tête les endroits où elles avaient atterri. Une dernière liste pour Poulet Neige Poulet Neige tire sa révérence. Depuis 2oio, l'initiative permet aux mélomanes de recevoir gratuitement une sélection d'albums québécois dans leur boîte courriel le 25 décembre. (Des dons sont suggérés.) Il sera possible de faire ses choix ultimes dès le e'r décembre à listedenoeLca. Le lancement-funérailles aura lieu le 2 décembre, lors d'un 5 à 7 à l'Escogriffe. stirno « Tout devient luxueux si on a une vision sensorielle de la vie. » Dany Laferrière Le matin, on sortait, et chacun avait son plan pour trouver le plus grand nombre de mangues. Je voyage un peu partout dans le monde et je demande qu'on mette des mangues dans mes chambres d'hôtel Je les garde parfois tout le long du séjour pour l'odeur. Vous savez, tout devient luxueux si on a une vision sensorielle de la vie. Il ne s'agit pas d'avoir une chambre extraordinaire, mais si on a l'odeur de la mangue... On attend d'une mangue beaucoup plus que de la manger. Comme mentionné un peu plus tôt, votre ouvrage rend hommage aux peintres primitifs haïtiens, dont vous avez couvert le travail en tant que journaliste. Comment les arts visuels inspirent-ils votre écriture ? L'écriture, la peinture, la poésie... 11 y a ce goût de transfigurer, de sublimer la vie et de créer soi-même des émotions qu'on a eues avec des choses de la vie quotidienne. Dans ce livre, il y a quelque chose d'éclatant, de nonchalant et de très vif à la fois. Cette nonchalance donne l'impression de se faire bercer entre ciel et terre. Ce que je veux dire dans ce livre, c'est qu'on aurait intérêt à s'entourer de plus de luxe. Manque-t-il de luxe dans nos vies ? Bien sûr que oui Prenons Haïti. Dans toutes les émissions et les documentaires, on ajoute  : « le pays le plus pauvre de l'hémisphère », « le pays en souffrance ». On parle de la misère, du tremblement de terre, des cyclones, du coup d'État militaire, du président, des manifestations... Mais on oublie d'ajouter qu'il s'agit d'un des pays les plus sophistiqués de l'hémisphère. Tout le monde y peint, alors qu'en Europe, c'est presque réservé à une classe sociale. C'est quand même pas mal ! Tout le monde est poète en Haïti, les gens se présentent ainsi  : « Bonjour, je suis le poète. » C'est extraordinaire, quand même ! Ce luxe, on n'en parle jamais. Chez la cuisinière de ma mère, les murs sont couverts de tableaux. Je lui ai dit  : « Ce n'est pas possible, vous ne gagnez pourtant pas beaucoup avec ce travail » Elle a répondu  : « Bien sûr que je ne pourrais pas me permettre ça ; je les ai peints moi-même. » Elle, qui n'a pas d'argent, comprend la notion profonde de l'art. Cette notion de luxe est moins présente dans la portion de votre ouvrage qui se déroule à Miami, où vous racontez notamment la misère des migrants cubains et haïtiens... C'est un autre espace, Miami. C'est un berceau pour l'Amérique latine et un cercueil pour l'Amérique du Nord. les gens du Nord y descendent pour y mourir et ceux du Sud y vont pour y trouver une nouvelle vie. Ça vous a marqué, ce contraste ? Oui. C'est pour ça que l'écriture et le dessin du passage à Miami sont différents de ceux de Portau-Prince, qui étaient plus sensuels et colorés. À Miami, c'est plus concret, plus matériel.. À Haïti, il m'a fallu voir les choses par le prisme de l'art À Miami, je tente d'en faire de l'art Ce sont deux regards. Vers d'autres rives Publié chez Boréal Dany Laferrière sera ce soir à la librairie Monet, à Montréal, de 18 h 3o à 21h, pour une rencontre et une séance d'autographes.
métre journ C 25 novembr Lundi z5 novembre zoi9 Des femmes moins sensibilise I (mammographies Au lancement de sa il'campagne de financement « Mémo-mamo », samedi, la Société canadienne du cancer a dit qu'elle porterait une attention particulière aux femmes pauvres et issues de l'immigration, encore trop nombreuses à ne pas se soumettre à un test périodique de dépistage. Les quinquagénaires et les sexagénaires sont invitées à passer une mammographie tous les deux ans. PC Cinq mythes sur le sucre Alimentation- Le sucre  : ami ou ennemi ? Plusieurs croyances sont nourries par l'industrie. Voyons ce qu'il en est réellement. LUZ LANCHEROS Metro World News Certains mythes sur cette substance ont la vie dure. C'est d'ailleurs pour cela que Métro a décidé, avec l'aide de la Dre Maridriana Vitale, coach de santé en nutrition intégrative de l'Institute for Integrative Nutrition (IIN), à New York, de battre en brèche certaines croyances populaires. 1. Le sucre est nécessaire à notre régime alimentaire. « Le sucre blanc n'est pas nécessaire ; il n'a aucune valeur nutritive. Rappelons qu'il existe des macronutriments et des micronutriments. Parmi les premiers, on compte les glucides, les protéines et les graisses. Les seconds comprennent les vitamines, les minéraux et les oligo-éléments. Tous sont importants dans les bonnes proportions », résume la Dre Vitale. « Ce qui arrive, c'est que les glucides, en biologie, sont aussi appelés "sucres" et que tous les aliments en contiennent », poursuit la spécialiste. Mais qu'est-ce que le sucre ? D'un point de vue chimique, il s'agit d'un groupe de substances qui existent à l'état naturel, mais qui ne sont pas le sucre raffiné. L'amidon, par exemple, se compose d'unités de glucose liées entre elles. Et c'est ici que certains s'y perdent un peu. Si on parle de sucre raffiné, on peut dire que le sucre n'a pas de valeur nutritive. Il est tout à fait possible de bien vivre sans consommer d'aliments transformés et de trouver des sucres dans le Le sucre se trouve dans les denrées industrielles, mais est aussi présent naturellement dans certains aliments./MÉTRO fructose, un glucide présent naturellement dans les fruits. 2. Grâce à la réglementation sur les étiquettes des produits, les gens ont tendance à moins manger de sucre. « Dans mon livre Mamci No Mcis Dulces (Maman, plus de sucreries !) , j'explique ce qui se passe dans l'industrie des bonbons. Il existe des preuves, qui remontent jusqu'aux années 1960 et 1970, que ces produits sont nocifs, qu'ils causent notamment des caries et des maladies chroniques, dont des cancers », explique la Dre Vitale. « Malheureusement, bien des responsables de la santé publique ont été manipulés et soudoyés, et cette enquête n'a pu être achevée que récemment, explique-t-elle à « Une pomme ou une banane ne stimule pas l'organisme de la même façon qu'un aliment transformé, qui est plein de produits chimiques et d'arômes artificiels destinés à provoquer un certain type de plaisir. » La D'Maridriana Vitale, coach de santé en nutrition intégrative de l'Institute for Integrative Nutrition (IIN), à New York Métro, qui recommande au passage la consultation de Sugar Science, site réunissant près de 8000 documents sur le sucre. L'industrie alimentaire a manipulé ces responsables pour qu'ils dissimulent des preuves. Ce secteur est très lucratif vous savez. Et il existe des stratégies sur la façon d'utiliser le sucre  : le poids du produit est, par exemple, réduit en fonction de la proportion de sucre, ou bien la quantité de sucre est calculée pour créer une dépendance chez les consommateurs sans que ceux-ci se rendent compte que l'aliment renferme du sucre et pour qu'ils en deviennent dépendants en raison de la création d'un lien avec le produit. » 3. Si on arrête de consommer du sucre, on modifie brutalement sa vie. « Le but est de cesser de consommer du sucre, mais comme il s'agit d'une substance qui crée une dépendance, si on arrête brus- quement d'en prendre, on souffrira d'un syndrome de sevrage, prévient la Dre Vitale. Il est donc conseillé de le retirer progressivement de son alimentation, tout en augmentant l'apport d'aliments non transformés afin que le changement se fasse en douceur. Si vous cessez brutalement de consommer du sucre, votre nourriture vous semblera insipide. Les papilles gustatives se renouvellent tous les 21 jours et, tant qu'une personne n'aura pas réduit sa consommation de sucre et rééduqué son palais, elle ne s'habituera pas au fait d'en manger moins. Vous devez vous fixer des buts à court terme et vous appuyer sur des membres de votre entourage qui s'engagent à vous aider dans votre démarche. » 11 4. Le sucre ne crée pas réellement de dépendance. Cette question très débattue a fait l'objet de bien des recherches. La spécialiste est toutefois catégorique  : « Il existe de nombreuses références et études consacrées à des souris dépendantes à la cocaïne. Quand elles deviennent dépendantes, on observe une augmentation de l'activité dans une certaine zone de récompense du cerveau en raison de la libération de dopamine. Ces souris sont ensuite exposées à une solution de sucrose (sucre blanc). Après quatre semaines, on leur retire cette eau, puis on les met en présence de cocaïne et d'eau sucrée pour voir ce qu'elles préfèrent. Eh bien, elles préfèrent l'eau sucrée. Cela signifie que, si le circuit de la récompense d'une personne est surstimulé, sa préférence ira à la substance responsable de cette surstimulation, et elle aura besoin de cette substance en quantité toujours plus grande pour éprouver la même sensation. On peut aussi se demander pourquoi les gens ne sont pas dépendants aux pommes, par exemple, ou au céleri. Ils sont dépendants aux aliments bourrés de sucres et de graisses, parce que ces substances stimulent le palais », résume la Dre Vitale. 5. Il est difficile de cesser de manger des aliments transformés. « Lisez toujours la liste des ingrédients, conseille la coach de santé en nutrition intégrative Maridriana Vitale. À peu près tout contient du sucre. On trouve dans certains aliments des substances au nom imprononçable ; la plupart des denrées contiennent des produits chimiques et des agents de conservation. Pour éviter cela, on peut manger des produits naturels et bios. C'est un peu plus cher, mais à long terme, on économise en frais d'hôpital et on a moins de problèmes de santé. »



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :