Métro Montréal n°2015-12-01 mardi
Métro Montréal n°2015-12-01 mardi
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2015-12-01 de mardi

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Médias Transcontinental S.E.N.C.

  • Format : (256 x 291) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 7,6 Mo

  • Dans ce numéro : s'attaquer à la peur que cause le sida.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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métr L’EXCENTRIS  : SILENCE, ON FERME... CHRONIQUE SYLVAIN MÉNARD ANIMATEUR AU 98,5 L’éclairage a été tamisé pour de bon dans les salles de l’Excentris. Pour ceux et celles qui désiraient garder un lien sur grand écran avec le cinéma d’auteur d’ici et d’ailleurs, la perte est cruelle. Depuis l’annonce de cette fermeture, les analyses fusent et je vais laisser aux experts en la matière le soin d’expliquer le contexte qui prévaut dans le milieu de la distribution de films. Sauf que, si vous le permettez, j’ajouterais qu’il n’y a pas que cela qui a cloché dans ce dossier au destin tordu. Mon gros problème avec Reflets métr tC)) journalmetro.com mardi 1 décembre 2015 Une feuille s’est collée à une fenêtre illuminée de lumières de Noël, hier, à Salina, au Kansas./TOM DORSEY/SALINA JOURNAL/AP l’Excentris, c’est qu’entre sa conception et sa triste fin, j’ai vainement attendu la concrétisation du rêve annoncé. La proposition de base, on s’en souvient tous, était plus que séduisante et ses trois salles – indiscutablement les meilleures en ville – seront éternellement chéries. Toutefois, pour ce qui devait devenir un incontournable centre de création bourdonnant d’activité, désolé de saboter ce moment de tendresse obligée alors que le cadavre est encore tiède, mais le constat sera sec  : l’Excentris n’a pas livré la marchandise. Ouvert il y a une quinzaine d’années, l’Excentris était le monument tangible de la réussite en affaires de son fondateur Daniel Langlois. Un lieu construit sans l’aide de l’État. Une exception. Le voir être devenu, depuis, une autre insatiable pompe à financement public ne faisait aucun sens par rapport à sa mission originale, qui devait faire la preuve par mille que la culture pouvait et allait s’auto-suffire. Au final, on aura prouvé exactement le contraire. Et rien ne pouvait laisser croire qu’un jour, il en serait autrement. Il y a aussi l’implacable facteur de l’air du temps qui continue de faire des ravages. Ça compte, particulièrement dans ce cas-ci. Ce segment de la rue Saint-Laurent n’en finit plus de crever. De « très hot » dans les années 1990, il est passé à « zone sinistrée » 20 ans plus tard. Vous irez le Courrier des lecteurs Tricoter l’hospitalité Attentes déçues Mon gros problème avec l’Excentris, c’est qu’entre sa conception et sa triste fin, j’ai vainement attendu la concrétisation du rêve annoncé. Depuis deux semaines, à coup d’images, de reportages et de sondages, les médias entretiennent un climat de peur chez une large part de la population québécoise. De (trop) nombreux commentateurs et chroniqueurs alimentent cette rhétorique et en profitent pour se mettre en valeur. Les médias sociaux s’enflamment avec des opinions à l’emporte-pièce sur les réfugiés, les terroristes, les musulmans, etc. Et tout ce bavardage – qui bien souvent tourne au délire – est récupéré par une droite nationaliste, islamophobe ou conservatrice qui sévit dans l’espace public québécois et ne manque jamais une occasion de recycler ses ritournelles. Devant ces amalgames et ces discours de peur et de « choc des civilisations », que faire ? Des femmes (faut-il s’en étonner ?) ont compris que l’essentiel est ailleurs. Qu’il faut faire face au réel en abandonnant les discours abstraits sur la « sécurité », en sortant de la complaisance dans « l’opinion » et en mettant fin à la confrontation idéologique à coups de stupides pétitions « pour » ou « contre » les réfugiés. Qu’ont fait ces femmes ? Elles ont commencé à tricoter des tuques ! Sur le site 25 000 tuques, on peut lire  : « L’idée est de fabriquer une tuque pour la remettre à un réfugié avec un petit mot d’accueil personnalisé glissé à l’intérieur par la tricoteuse ou le tricoteur. Un cadeau de bienvenue, de personne à personne. » À partir de Montréal, le mouvement s’est répandu ailleurs au Québec – notamment à un groupe Facebook à Victoriaville. constater par vous-même. Le monde change, les villes n’y échappent pas et les institutions, réelles ou annoncées peuvent elles aussi s’effondrer. Dans un ordre d’idées similaire, même le Spectrum – temple unanimement regretté s’il en est un – ne tiendrait probablement pas le coup dans le marché actuel. C’est tout dire... Ajoutez à cela que « l’expérience client » (ils disent ça dans les écoles de marketing...) n’a jamais été particulièrement vibrante en ces lieux. Pas pour moi en tout cas. Aussi bien l’avouer, j’ai toujours trouvé la place sans âme et frette comme le stainless de ses bécosses. Était-ce à cause de la programmation plus pointue ? De l’architecture néo-austère du bâtiment ? Peut-être même qu’au fond, je ne me suis jamais vraiment remis de l‘époque où on devait acheter ses billets en parlant à des hublots... En franchissant les portes de l’Excentris, j’ai toujours ressenti ce léger coup de vent qui m’empêchait de devenir un addict de la formule. J’étais pourtant libre et bien disposé à le devenir. Aujourd’hui, si je pleure la disparition de trois autres écrans au centre-ville de Montréal ainsi que la perte d’une trentaine de jobs, je pleure surtout ce rendezvous manqué sur lequel nous avions tant misé. Une séance de tricotage pour les 25 000 tuques destinées aux réfugiés s’est tenue hier, au Rose Café, dans Rosemont./JOSIE DESMARAIS/MÉTRO Comment sortir de la rhétorique de peur, de la psychose sécuritaire et de l’escalade de la méfiance ? En s’occupant de ce qu’il y a de plus concret  : prendre soin du corps de l’autre, de son prochain. Tricoter une tuque, pour commencer déjà à tricoter des liens avec celles et ceux qui s’en viennent. Pour que l’autre, qui arrivera bientôt, puisse bien sûr se tenir au chaud mais, surtout, ressentir la chaleur humaine de l’accueil et de l’hospitalité. Pendant que plusieurs ergotent et déblatèrent du haut de leur tribune, prenant leur « beaux discours » pour Volume  : 15 Numéro  : 191 À Montréal, Métro est publié par Médias Transcontinental S.E.N.C. 1100, boul. René-Lévesque Ouest, 24e étage, Montréal H3B 4X9 Tél.  : 514 286-1066 Téléc.  : 514 286-9310 Imprimé par Imprimeries Transcontinental, 12 300 boul. Métropolitain est, Pointe-aux-Trembles Distribué par Metropolitan Media Services Éditeur  : Nicolas Faucher Éditeur adjoint  : Yves Bédard Directrice générale des ventes  : Carole Dallaire Contrôleuse  : Marie-Noëlle Bouchard Rédacteur en chef  : Yannick Pinel Directrice de l’information  : Rachelle McDuff Directrice du marketing  : Laure Barnouin Directeurs stratégie média  : Nathalie Godin, Laurent Grenier-Labrecque et Martin Déziel Directrice de la distribution  : Danielle Tessier Chef de pupitre  : Baptiste Barbe Équipe de rédaction Actualité en soirée  : Maxime Huard, Marie-Lise Rousseau, Josie Desmarais Journaliste-pupitreur Monde  : Sébastien Tanguay Vous avez une opinion à nous faire parvenir ? opinions@journalmetro.com Vous voulez annoncer dans nos pages ? publicite@journalmetro.com Vous avez une nouvelle à nous faire parvenir ? info@journalmetro.com. ISSN 1716-9895 Exclusif Sur le web L’amour au temps du numérique L’amour au temps du numérique, un documentaire de Sophie Lambert suit six jeunes de 18 à 24 ans et tente de comprendre de quelle manière la conception de l’amour a changé. Lorsque j’étais au primaire, nous glissions un petit papier dans la case de notre prétendant avec une question claire  : Veux-tu sortir avec moi ? Les applications comme Tinder sont également sans équivoque  : il suffit de glisser la photo de la personne vers la gauche si elle ne vous intéresse pas et de la glisser vers la droite si elle vous plaît. LES NOTIFICATIONS DE @MARIKAMTL PAR MARIKA LAFOREST SUR JOURNALMETRO.COM 18 une finalité, des Québécoises passent aux actes. Elles tricotent le lien social et le vivre-ensemble d’aujourd’hui et de demain. Elles posent un geste concret, très humble, d’apparence dérisoire et pourtant essentiel  : s’occuper de la vie réelle, prendre soin des personnes dans le besoin et, ainsi, construire le corps social. Il n’y a pas d’autre base possible à la coexistence dans nos sociétés pluralistes et dans notre monde troublé. Ces tricoteuses de la solidarité font l’honneur du Québec ! En ces temps sombres, elles redonnent un peu espoir en l’humanité. Et, à mes yeux, elles redonnent une actualité nouvelle à ce passage d’un vieux livre au fondement de la culture québécoise, mais pourtant issu du Proche-Orient  : « J’étais un étranger, et vous m’avez accueilli ; j’étais nu, et vous m’avez vêtu. » (Matthieu 25, 35-36) MARCO VEILLEUX L’actualité vous fait réagir ? Écrivez-nous ! opinions@ journalmetro.com MIXTE O Papier Issu de sources responsables FSC wowee.e. FSC. CO11825
CIBL offre à de jeunes journalistes et groupes musicaux leur première chance de se produire en ondes. « Si cette station disparaissait, ce serait un trou énorme pour tous ceux qui visent à faire ce métier », estime son directeur, Gilles Labelle./CIBL Sauver CIBL Campagne. Si les grands joueurs de l’industrie des médias coupent partout, les petits joueurs, eux, « en arrachent ». La station de radio communautaire montréalaise CIBL 101,5 se tourne pour la première fois de son histoire vers le sociofinancement pour l’aider à poursuivre ses activités. LAURENCE HOUDE-ROY laurence.houde-roy @journalmetro.com « L’idée, pour nous, c’est de pouvoir se rendre à la fin de l’année 2016 », déclare au bout du fil le directeur général de la station, Gilles Labelle. CIBL, qui a donné sa première chance à de grands noms comme Rock et Belles Oreilles, Marie-France Bazzo et Jean-René Dufort, a lancé la semaine dernière une campagne de socio-financement qui vise à récolter 35 000 $ d’ici le mois de mars 2016. « C’est vital, ajoute M. Labelle. Ça va nous permettre de tenir le coup. Si on n’a pas ce 35 000 $, on risque d’être en danger. » Et le directeur n’exagère pas. Alors que les grands médias annoncent des coupes de personnel pour assurer leur survie, pas étonnant que de plus petits médias comme CIBL peinent actuellement à payer même leurs employés. Effet domino « C’est symptomatique d’une industrie des médias qui bat de l’aile, et nos annonceurs, ce sont des organismes culturels qui eux aussi se font couper. » Gilles Labelle, directeur général de la radio CIBL « On a un problème de liquidité, avoue Gilles Labelle. Pour la première fois [la semaine dernière], il nous manquait de l’argent pour faire les payes de nos employés, parce qu’on est à la limite de la marge de crédit. » Il faut dire que la station a une dette de 200 000 $ qui pèse sur ses finances. « Mais ce serait dommage de fermer un média de 35 ans pour une dette de 200 000 $ », insiste le directeur. Alors, la station ne flanche pas. CIBL croit plutôt que la situation dans laquelle elle se trouve est la conséquence d’une suite de mesures d’austérité. « On avait une entente depuis six ans avec la Commission scolaire de Montréal, mais ils ont subi des coupes budgétaires du gouvernement, donc on a aussi perdu le budget qu’ils nous donnaient, explique M. Labelle. L’Agence métropolitaine de transport (AMT) et la Société de transport de Montréal (STM) se serrent aussi la ceinture, alors on a perdu notre entente avec eux. » Devant l’adversité, CIBL a fait comme tout le monde, elle a coupé dans ses dépenses, jusqu’à n’avoir que le minimum requis pour fonctionner. Elle a coupé dans l’entretien ménager, elle a coupé son directeur des émissions, elle n’a pas remplacé son responsable de la salle de nouvelles qui est parti en septembre. Son émission quotidienne du midi est maintenant constituée de reportages en rediffusion. « Mais ce n’est pas parce qu’on a coupé des salaires annuels qu’il va me tomber 50 000 $ sur la tête demain matin », explique le directeur de CIBL. Avec toutes ces compressions, CIBL estime qu’elle pourrait finir l’année avec un léger surplus qui lui permettrait de respirer. « Mais il faut absolument se rendre jusqu’au mois d’août 2016 pour dire qu’on va pouvoir s’en sortir », nuance le directeur. Et c’est en partie avec cette somme de 35 000 $ amassée par socio-financement qu’elle pourra le faire. Si l’objectif avait été plus élevé, « personne n’y aurait cru », estime Gilles Labelle. La station est déjà allée cogner à la porte de la SODEC, de PME MTL et de différents ministères cet été, ce qui lui a rapporté 85 000 $ en argent neuf. « Mais on ne peut pas aller cogner à ces mêmes portes une deuxième fois », explique le directeur. « On ne peut plus faire de radiothons comme on le faisait avant, les circonstances ne s’y prêtent plus. On est en 2015, on prend les moyens de 2015 », ajoute-t-il. Infos Pour appuyer la campagne de CIBL  : haricot.ca/project/CIBL Suggestions télé. À voir ce soir Hommage à Édith Piaf (et plus) Avis aux mélomanes  : la chaîne Mezzo présente ce soir le concert Hommage à Édith Piaf, qui réunit l’accordéoniste Richard Galliano et le guitariste Sylvain Luc. Et ce n’est pas tout  : après que les musiciens auront eu revisité le répertoire de la Môme, on pourra voir, à 21 h 30, un concert solo du guitariste et compositeur jazz américain Kurt Rosenwinkel. Histoire de finir la soirée en beauté, Mezzo projettera enfin à 22 h 30 le concert des guitaristes Nels Cline (qui officie également au sein du célèbre groupe Wilco) et de Julian Lage. Le duo mêle jazz et blue pour offrir un résultat étonnant. Sur les ondes de Mezzo dès 20 h 30 SIDA  : aux origines de l’épidémie Le sida est l’un des plus grands tueurs de la planète. Avec près de 40 millions Kurt Rosenwinkel/COLLABORATION SPÉCIALE de morts et 30 millions de personnes infectées, le sida constitue à ce jour la pandémie la plus destructrice de l’histoire contemporaine. Afin de mieux lutter contre le virus, une équipe de scientifiques se rend là où il trouve son origine, au cœur de l’Afrique, dans l’ancien Congo belge. Sur les ondes d’ICI Explora à 20 h CULTURE A Noel, soyez un messager de la Paix, Donnez maintenant devp.org 1 888 234-8533 Textez PAIX au 45678 pour faire un don de 10 $ La Paix sur Terre est possible pour nos soeurs et nos freres dans les pays du Sud ! 19 À faire aujourd’hui Foirée montréalaise Dès ce soir, Pascal Contamine anime cette soirée de parole de temps des Fêtes qui succède aux Contes urbains et où, à la façon de Soirée canadienne, on visitera chaque année un arrondissement différent de Montréal. Théâtre La Licorne 4559, avenue Papineau infos  : 514 523-2246 Jusqu’au 19 décembre Développement et Paix



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