Métro Montréal n°2015-11-26 jeudi
Métro Montréal n°2015-11-26 jeudi
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2015-11-26 de jeudi

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Médias Transcontinental S.E.N.C.

  • Format : (256 x 291) mm

  • Nombre de pages : 48

  • Taille du fichier PDF : 110 Mo

  • Dans ce numéro : deux semaines pour tenter de sauver la planète...

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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La Conférence sur le climat débute à Paris lundi prochain. Durant les 14 jours qui suivront, vous entendrez beaucoup parler du climat. Voici donc un condensé de connaissances pour comprendre les enjeux (et épater vos amis), recueilli grâce à trois spécialistes du domaine qui ont plusieurs COP à leur actif. 1 C’est quoi ? La COP21 pour les nuls COP est l’acronyme de Conference of parties. Ce type de réunion se tient annuellement depuis 1995. L’enjeu de la 21 e conférence, qui a lieu à Paris cette année, est d’adopter un accord, étant donné l’échec de Copenhague en 2009. Pour la première fois, TOUS les pays devront fournir des cibles de réduction des gaz à effet de serre (GES). « Ce n’est pas un accord qui va sauver la planète, mais on a besoin d’encadrer la manière dont on va s’y prendre pour tenter de la sauver », explique Hugo Séguin, membre du Centre d’études et de recherches internationales (CERIUM). Comment ça se passe ? Cette année, les chefs d’État sont conviés dès la première journée (et pas uniquement à la fin) pour lancer un message politique fort. « Tous, désormais, s’entendent sur les aspects scientifiques du réchauffement causé par les activités humaines, sur l’objectif de limiter la hausse des températures à 2 °C et sur le fait que tous les pays (et non plus seulement les pays industrialisés) doivent faire leur part », indique M. Séguin. Après la plénière d’ouverture, où les 195 pays vont tour à tour faire de grands discours, les négociateurs de La lutte pour la nature en cinq temps journalmetro.com jeudi 26 novembre 2015 chaque pays établiront l’agenda et les groupes de travail thématiques. La deuxième semaine, les ministres de l’Environnement et des Affaires étrangères arriveront sur place juste avant le dernier sprint de négociations, qui sera ininterrompu entre vendredi et dimanche matin. I 1972 Dans son rapport Halte à la croissance publié en 1972, le Club de Rome dénonce l’impossibilité de maintenir une croissance économique infinie dans un monde aux ressources limitées. Qu’est-ce qui sera à surveiller ? Au-delà des points convergents, il existe encore plusieurs points de divergence entre les parties. Les efforts qui ont été convenus entre les nations jusqu’à présent limiteraient la hausse des températures à 2,7 °C, soit au-delà du seuil irréversible. D’où l’importance d’adopter une « clause cliquet » à Paris, qui prévoit que chaque pays doive améliorer ses cibles tous les 5 ans, sans qu’ils puissent revenir sur leurs mathias marchal mathias.marchal@journalmetro.com 3 engagements précédents. Les pays devront aussi s’entendre sur un système de financement pour que les pays pauvres aient réellement accès aux 100 G$ promis annuellement pour leur permettre d’adopter une économie plus verte. En ce moment, les pays pauvres exigent également l’établissement d’un mécanisme de compensation pour les catastrophes climatiques qu’ils subissent, mais les pays riches refusent encore d’admettre leur responsabilité face à l’augmentation de ces désastres naturels. La première ministre de l’Ontario, Kathleen Wynne, le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, et le premier ministre du Québec, Philippe Couillard/la presse canadienne 1982 Les Nations unies adoptent la Charte mondiale de la nature, qui consacre l’importance de protéger les écosystèmes pour la survie de l’humanité. Le texte inaugure aussi la notion de générations futures. I 1992 Le Sommet de la Terre de Rio de Janeiro voit l’adoption par 178 pays d’une conventioncadre sur les changements climatiques qui accorde à chaque être humain le droit à « une vie saine en harmonie avec la nature ». Et au Canada ? Le Canada de Justin Trudeau arrivera à Paris avec les mêmes cibles que les conservateurs, mais le nouveau premier ministre a promis de rencontrer les provinces dans les 90 jours pour adopter des cibles plus ambitieuses. « C’est un changement de ton, même par rapport au Parti libéral sous Jean Chrétien, qui avait adopté ses cibles 5de façon unilatérale alors que c’est aux provinces de les mettre en œuvre », note Annie Chaloux, professeure à l’École de politique appliquée de l’Université de Sherbrooke. La Communauté métropolitaine de Montréal sera représentée par Denis Coderre. Si le Québec a adopté La suite ? I 1997 Le protocole de Kyoto, qui cherchait à réduire les émissions de GES des pays signataires de 5% par rapport à leur niveau de 1990, a été le premier accord visant à diminuer l’impact du réchauffement sur l’être humain. Hausse de la pollution 18% Le Québec a abaissé ses émissions de gaz à effet de serre de 8% entre 1990 et 2012. Le Canada a vu les siennes augmenter de 18% durant la même période, en majeure partie à cause des provinces pétrolières que sont l’Alberta (53%) et la Saskatchewan (66%). une forme de taxation des émissions de carbone, à l’instar d’une trentaine de pays ou d’États fédérés, le mécanisme est loin de tourner à plein régime. Au Québec, les droits d’émission d’une tonne de CO 2 sont évalués actuellement à 13 $ la tonne, soit 10 fois moins qu’en Suède et 5 fois moins qu’en Finlande ou qu’en Suisse, selon les données de la Banque mondiale. Un des aspects de la décarbonisation des économies passe par la réforme des subventions aux combustibles fossiles 4– qui ont représenté 490 G$ dans le monde en 2014. En gros, les pays riches dépensent cinq fois plus pour financer leurs industries énergétiques respectives que pour aider les pays pauvres à s’adapter aux changements climatiques. Mais la tendance est en train de s’inverser, note Frédéric Gagnon- Lebrun, membre de l’International Institute for Sustainable Development à Bruxelles. Les subventions aux énergies renouvelables ont représenté 310 G$ dans le monde en 2014 (16% par rapport à 2013). Il faudra néanmoins multiplier cette somme par 15 pour atteindre les objectifs de réduction des GES qui seront négociés à Paris, souligne-t-il. L’autre aspect concerne le mouvement de désinvestissement vis-à-vis des entreprises liées à l’exploitation des combustibles fossiles. Près de 400 institutions (dont l’Université McGill) et 2 000 individus membres du mouvement Divest- Invest disposant d’actifs s’élevant à 2 600 G$ ont promis de retirer les actifs qu’ils détiennent dans les entreprises liées aux industries fossiles. I 2005 18 Le rapport Évaluation des écosystèmes pour le millénaire est remis à l’ONU. Il indique que les écosystèmes ont changé davantage au cours des 50 dernières années que dans toute l’histoire de l’humanité.
L’histoire du climat s’est écrite à Montréal n Y C’est dans notre métropole que le premier protocole environnemental – adopté universellement par tous les pays du monde en 2009 – a vu le jour en 1987. Le protocole de Montréal – de son vrai nom le Protocole de Montréal relatif à des substances qui appauvrissent la couche d’ozone – prévoyait l’interdiction des chlorofluorocarbones, ou CFC, une substance très dommageable pour la couche d’ozone Qui veut quoi à Paris ? La planète entière affluera à Paris pour COP21. L’Union européenne et 195 pays y seront représentés  : jamais la France n’a accueilli plus importante rencontre diplomatique depuis la signature de la Déclaration universelle des droits de l’Homme, en 1948. Pas simple de s’y retrouver dans un tel rassemblement de famille ! Les différentes parties qui participeront aux négociations défendront chacune ses intérêts. En voici le portrait. qu’on retrouvait abondamment dans les années 1980, notamment dans les bombes aérosol et les climatiseurs. André Bélisle, aujourd’hui président de l’Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique (AQLPA), a commencé à militer contre les pluies acides et pour la protection de la couche d’ozone dès 1982. Selon lui, le travail d’éducation populaire qu’effectuait son organisme à l’époque a contribué au succès du protocole de Montréal. « C’est au Québec que la bataille des pluies acides a été gagnée », explique-t-il, ajoutant que la mobilisation citoyenne autour SÉBASTIEN TANGUAY sebastien.tanguay@journalmetro.com 1Les riches Si tous les pays riches s’accordent sur l’urgence d’affronter le défi des changements climatiques, deux blocs distincts s’opposent quant à la manière d’y parvenir. L’Europe, d’abord, est la véritable locomotive du monde en ce qui a trait au climat, affirme Hugo Séguin, membre du Centre d’études et de recherches internationales (CÉRIUM). « Elle milite Les 2pauvres Comme dans les pays riches, des divisions existent au sein du bloc des pays pauvres en fonction du degré de développement de chacun. Le groupe appelé BASIC regroupe le Brésil, l’Afrique du Sud, l’Inde et la Chine, autant de pays en voie de développement qui sont tout de même d’importants acteurs sur la scène mondiale. Eux acceptent Dans le sens horaire  : l’ouragan Sandy a inondé un stationnement plein de taxis new-yorkais, en 2012 ; la pollution de de réduire leurs émissions l’air, en Chine, est considérée comme un enjeu de sécurité intérieure ; l’île de Kiribati est menacée par la montée des eaux de gaz à effet de serre, mais du Pacifique ; l’industrie pétrolière des pays pétroliers est en péril devant la croissance des énergies vertes./ARCHIVES GETTY SÉBASTIEN TANGUAY sebastien.tanguay @journalmetro.com Universel La Communauté économique européenne et 24 pays ont signé le protocole de Montréal en 1987. Cette annéelà, les 196 pays composant la communauté internationale de l’époque l’ont signé, faisant de ce protocole le premier à être universellement adopté. de cet enjeu a poussé le gouvernement canadien de l’époque à jouer un rôle de leader au sommet de Montréal, en 1987. Les conditions sont-elles réunies aujourd’hui pour que la conférence de Paris connaisse le même succès que celle de Montréal il y a 28 ans ? « La prise de conscience des gens relativement au réchauffement climatique est similaire, explique M. Bélisle. Mais les campagnes de désinformation mises en place par les compagnies pétrolières ressemblent aussi à celles qui étaient organisées à l’époque par l’industrie des CFC. » pour que des mécanismes de contrainte soient imposés aux pays pour les obliger à réduire leurs émissions. » En contrepartie, les autres pays riches de la planète, soit le Canada, l’Australie, les États-Unis, le Japon et la Nouvelle-Zélande, ne veulent pas entendre parler de mesures contraignantes. « Ils veulent que les efforts pour la réduction des gaz à effet de serre soient consentis de manière volontaire », rappelle M. Hugo Séguin. Société civile 40 000 L’importance des 40 000 représentants de la société civile (journalistes, syndicats, gens d’affaires, groupes environnementalistes, etc.) qui afflueront à Paris n’est pas négligeable. « Ils forment une caisse de résonance des travaux et leur force de mobilisation est importante », selon Hugo Séguin. Optimisme demandent en contrepartie l’aide financière des pays riches pour opérer leur transition vers l’énergie verte. D’un autre côté, il y a des pays qui, comme Haïti, ne contribuent pas au réchauffement climatique, mais en subissent les contrecoups les plus sévères. « Eux réclament qu’un fonds d’urgence soit mis en place pour les dédommager lorsqu’un cataclysme naturel causé par le réchauffement les frappe », explique Hugo Séguin. Les insulaires 3 Si les microÉtats insulaires ne pèsent pas lourd sur la scène internationale, ils possèdent néanmoins un poids moral important dans les sommets sur le climat, selon Hugo Séguin. « L’existence même de ces pays est menacée par le réchauffement. Ils sont comme les canaris dans la mine  : ils préfigurent le danger qui nous menace. » « Il y aura un accord à Paris. Il ne sera pas parfait, mais il encadrera les futurs efforts de réduction des GES. » Hugo Séguin, membre du CÉRIUM 4 Les producteurs de pétrole Les pays dont la fortune dépend de la production de pétrole clament que la transition vers des énergies vertes affectera négativement leur principale industrie, indique Hugo Séguin, du Centre d’études et de recherches internationales (CÉRIUM). « Ils plaident pour que des mesures financières soient engagées pour les dédommager. » AUSSITÔT TROUVÉ. AUSSITÔT LIVRÉ. 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