Métro Montréal n°2013-09-27 week-end
Métro Montréal n°2013-09-27 week-end
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2013-09-27 de week-end

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Médias Transcontinental S.E.N.C.

  • Format : (237 x 291) mm

  • Nombre de pages : 40

  • Taille du fichier PDF : 12,6 Mo

  • Dans ce numéro : l’Agence du revenu du Canada (ARC) a confirmé qu’un chèque de 381 737 dollars a été expédié à tort à l’ex-parrain de la mafia Nick Rizzuto.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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27-29 SEPTEMBRE 2013 SASHA GREY Du film au NATALIA WYSOCKA natalia.wysocka@journalmetro.com La Juliette Society, de Sasha Grey, c’est un roman dans lequel on découvre une mystérieuse « société secrète ». Mais c’est surtout un prétexte pour l’ex-star du X de parler de différents thèmes. Car contrairement à une certaine trilogie « osée » qui a connu un succès planétaire (hum, hum, E.L. James) Catherine, l’héroïne de Sasha, n’est ni naïve, ni inexpérimentée ni, surtout, en quête de l’homme idéal. Ouverte d’esprit, amoureuse de cinéma, cette jeune femme sent soudain naître en elle des désirs qui la rendent perplexe et qui rebutent son petit ami. Tout en explorant ce côté plus sombre de son âme, elle livre ses impressions et ses critiques de la société, de la vie. Au bout du fil, Sasha explique. Dans votre roman, vous abordez une multitude de sujets. Le sexe, bien sûr, mais aussi le pouvoir, la politique, la religion, le suicide, le désir, l’argent, l’amour... Je ne sais pas si c’était un choix conscient. J’imagine que oui et non. C’est un roman érotique, c’est une fiction, mais quand je l’écrivais, j’étais vraiment inspirée par des œuvres comme Les 120 jours de Sodome, qui malgré son côté érotique, est aussi un roman satirique qui offre un reflet de la société de l’époque par le biais de la fiction. Catherine s’adresse aux lecteurs directement, en leur parlant au « vous ». En se rendant pour la première fois sur le site hard que lui recommande une amie, elle roman À 18 ans, Sasha Grey commençait sa carrière dans l’industrie du film pornographique. Une industrie qu’elle a depuis quittée afin de se consacrer à la télé, au cinéma, à la photographie. Des avenues qu’elle a toujours explorées et grâce auxquelles elle se fait désormais connaître par un plus large public. Après avoir brillé dans The Gilfriend Experience de Soderbergh, l’actrice publie son premier roman, La Juliette Society. Ne laissez surtout pas son nom vous tromper. Sasha Grey ne donne pas dans le Fifty Shades. PHOTOS : GETTY/MONTAGE : STEVE CÔTÉ
nous dit même : « Je vais vous laisser un petit moment pour digérer tout ça. » Une façon de faire entrer le lecteur dans cet univers avec elle, au fur et à mesure qu’elle le découvre, sans trop le brusquer ? Absolument. Je voulais que les lecteurs soient capables de s’identifier à ce qu’elle voit, aux fantasmes qu’elle a pour la première fois. De plus, elle n’est pas encore à l’aise avec ses désirs et hésite face à ce qu’elle ressent. Je crois que c’est une émotion naturelle et c’était important pour moi de lui permettre de se découvrir et d’être à l’aise avec ses sentiments. Votre héroïne confie qu’elle ne fait pas particulièrement confiance aux théories de Freud ou de Kinsey, surtout celles qui portent sur les femmes. Vous ? (Rires) En fait, une des raisons pour lesquelles j’ai choisi d’adopter le nom de famille « Grey », c’était en référence à l’échelle de Kinsey, surnommée « l’échelle de gris » (the grey scale). J’aime bien ses travaux et ceux de Freud, mais je pense que plusieurs de leurs théories sont obsolètes. Parlant de Grey, à quel point êtes-vous fatiguée des comparaisons incessantes avec Fifty Shades of Grey ? À la sortie de la trilogie, plusieurs personnes pensaient que c’est vous qui l’aviez écrite, et j’imagine que vous vous faites constamment poser des questions à ce sujet. Comment composez-vous avec ça ? Avec humour. Il n’y a rien que je puisse faire d’autre. C’est scotiabank nuit blanche DÉCOUVREZ TORONTO TRANSFORMÉE PAR LES ARTISTES 5 OCTOBRE DU COUCHER AU LEVER DU SOLEIL Une nuit seulement. Toute la nuit. Entièrement gratuit. Économisez sur les frais de voyage en profitant de nos forfaits. scotiabanknuitblanche.ca appelez le 416-392-2489 OUTNOW « JE CROIS QUE LORSQU’ON PARLE DE SADOMASOCHISME OU DES ASPECTS LES PLUS TABOUS DE LA SEXUALITÉ, TRÈS SOUVENT, ON JUGE. ON SE JUGE SOI-MÊME, ET ON JUGE LES AUTRES. ÇA NOUS PERTURBE, ALORS PLUTÔT QUE DE CHERCHER À COMPRENDRE, ON CONDAMNE.. » SASHA GREY une comparaison un peu idiote et je trouve absurde que l’on pense que j’ai écrit ce roman ! Mais si ça peut aider les gens à s’intéresser à La Juliette Society, ça ne me dérange pas. Vous surfez constamment sur la ligne entre rêve, fantasme et réalité. Souhaitiez-vous plonger le lecteur dans un état particulier, un peu confus, comme celui dans lequel baigne votre héroïne ? Ça faisait sans contredit partie de la saveur du roman. Et puis, Catherine trouve plus d’harmonie dans le cinéma et dans les rêves que dans la réalité. Pour moi, c’était aussi une façon de rendre hommage au film Le mépris [de Jean-Luc Godard], auquel je fais référence au début du roman. Vous donnez aussi une dimension actuelle à votre récit avec des références aux Kardashian, à Paris Hilton, à Lindsay Lohan... des passages amusants à écrire ? Bien sûr ! En plus, ces personnalités font partie de la culture pop. Peu importe où vous vous trouvez sur la planète, si vous mentionnez ces noms, on saura de qui vous parlez. C’est une chose à laquelle personne ne peut échapper. Je ne sais pas pour vous, mais je trouve qu’il n’y a rien de plus désagréable à lire qu’une scène de sexe mal écrite... Oui ! (Rires)... ce qui n’est pas le cas dans votre roman. Plusieurs écrivains disent que c’est ce qu’il y a de plus difficile à écrire, une bonne scène de sexe. Vous le croyez aussi ? Oh oui ! Ce n’est pas quelque chose qui vient naturellement. J’étais très inquiète à l’idée de me répéter et il y a même eu des jours où je me suis demandé : est-ce que j’ai déjà écrit ça ? Mais heureusement, j’ai pu puiser dans mes expériences, dans El El sbnuftblancheTO "ID k.'1" 7°1-4 ; niz° i ; erele VBI+ E>ontario Au-delà de la pornographie Ce n’est pas parce qu’elle a pris sa retraite de l’industrie du film X que Sasha Grey a pris sa retraite tout court. En 2011, Sasha Grey annonçait officiellement sur sa page Facebook qu’elle quittait l’industrie des films pour adultes en précisant : « Ne vous inquiétez pas, ce n’est pas parce que j’ai trouvé Jésus. » Depuis, l’actrice à l’aura rock qui cite What’s the Story Morning Glory d’Oasis, Electric Ladyland de Jimi Hendrix, et « tous les albums de David Bowie » parmi ses favoris, a notamment fait partie du band industriel aTelecine. Elle s’est aussi retrouvée dans le générique de la télésérie Entourage et a joué devant la caméra du respecté cinéaste américain Steven Soderbergh, qui nous a donné des films comme Sex, Lies and Videotape et Ocean’s Eleven, Twelve, Thirteen. C’est d’ailleurs lui qui a contacté Sasha pour lui proposer une collaboration dans The Girlfriend Experience. L’expérience, justement, a été un tournant majeur pour la jeune femme âgée aujourd’hui de 25 ans. « C’était sans conteste un virage dans ma carrière. C’était différent. Unique. » les histoires que d’autres m’ont racontées et j’ai fait beaucoup de recherche. Ça m’a permis de rester originale, je crois. Lorsque vous parlez des nouveaux désirs que votre narratrice ressent, vous dites à deux reprises qu’elle se sent comme sur des « montagnes russes ». Est-ce aussi ce mélange de peur et d’excitation que vous avez ressenti en écrivant ? Oh oui ! (Rires) Surtout une fois que j’ai remis mon manuscrit. J’ai passé une année entière à me concentrer uniquement sur le livre. Par moments, j’ai eu peur, ensuite j’étais excitée par un passage que j’avais écrit, ensuite j’oubliais que je l’avais écrit, ensuite je me disais : « Oh mon Dieu, j’ai écrit ça ? » Je suis sans contredit passée par plein d’émotions ! Vous avez toujours dit vouloir défier les stéréotypes, que ce soit dans l’industrie duX, le cinéma et maintenant la littérature. On imagine déjà la réponse, mais où vous êtesvous heurtée au plus grand nombre de préjugés ? J’ai toujours cru que la porno était inondée de clichés, mais c’est peut-être parce que j’ai travaillé dans cette industrie et que c’est encore une chose que l’on mentionne lorsqu’on parle de moi. J’ai quitté cet univers à 21 ans et, pourtant, plusieurs pensent encore que je dois être défoncée, abusée ou forcée à faire des choses dont je n’ai pas envie. La porno est le seul médium de divertissement qui souffre de ce genre de stéréotypes. Ça me fâche, et ça fâche aussi beaucoup de personnes qui se demandent pourquoi c’est encore ainsi. Et je crois que la réponse est simple : le public désire vivre par procuration ce fantasme qui dit que, ouais, les pornstars sont comme les rockstars, elles peuvent baiser, se droguer et faire ce qu’elles veulent 24 heures sur 24. Mais en réalité, les acteurs pornos sont des gens comme les autres. Et cette Produit par 11111TORONTO réalité mine leurs rêves. Donc vous pensez que c’est par déception que certains projettent tous ces stéréotypes sur l’industrie ? Oh oui ! Bien sûr ! (Rires) Pour revenir au livre, vous n’utilisez pas de noms de rues, pas de références géographiques particulières. Était-ce pour accentuer ce flou entre le rêve et la réalité ? Absolument. Je ne voulais pas que la ville devienne un personnage – ce qui arrive souvent dans les romans. J’ai également évité de dire d’où vient Catherine afin que toutes les jeunes femmes, peu importe leur milieu ethnique ou économique, puissent s’identifier à elle. Comme vous, votre narratrice a eu une éducation catholique. Elle rappelle toutefois qu’elle ne croit pas en Dieu. Elle ne croit pas non plus en l’argent ou « aux autres ». La seule chose à laquelle elle croit, c’est l’amour. Une vision que vous partagez ? Absolument. Mais je crois quand même qu’elle est plus cynique que moi quand il s’agit d’amour. (Rires) Je suis plus romantique et plus optimiste ! Infos La Juliette Society Éditions de L’Homme En librairie



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