Métro Montréal n°2013-09-25 mercredi
Métro Montréal n°2013-09-25 mercredi
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2013-09-25 de mercredi

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Médias Transcontinental S.E.N.C.

  • Format : (237 x 291) mm

  • Nombre de pages : 48

  • Taille du fichier PDF : 13,2 Mo

  • Dans ce numéro : dans la réalité des gais en Russie.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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journalmetro.com métr mercredi 25 septembre 2013 10 VINCENT FORTIER info@journalmetro.com Pour vous, c’est quoi un musée en 2013 ? C’est un lieu de rencontre de la vie sociale. C’est un lieu où l’on se fait du bien et où l’on arrive à prendre un certain recul dans le zapping de notre existence. Le musée nous permet de renouer avec nos émotions, notre voix intérieure et de mieux dialoguer avec les autres. Au-delà des collections et des œuvres, un musée se doit de servir des valeurs collectives. Le rôle social du musée est confirmé au XXI e siècle. Est-ce que ce rôle social est bien compris des gouvernements ? Nous gagnerions à affirmer davantage le rôle de la culture et des musées comme vecteurs de sociabilité et de valeurs collectives. Si le musée faisait force de loi dans sa mission, ce serait un plus. On pourrait sensibiliser d’autres ministères, comme ceux de l’Éducation ou de la Famille, alors que, pour le moment, on ne dépend que du ministère de la Culture. Partout dans le monde, les musées connaissent une croissance extraordinaire. Nous sommes dans un siècle où l’image nous envahit. Le musée est le lieu où l’on peut prendre du recul par rapport à l’image. Si on ne prend pas NATHALIE BONDIL Depuis que Nathalie Bondil a pris la tête du Musée des beaux-arts de Montréal, en 2007, l’institution connaît une croissance phénoménale. Son secret ? Faire en sorte que le musée soit celui de tous les Montréalais. Métro l’a rencontrée chez elle. UN MUSÉE SANS LIMITES le pouvoir sur l’image, elle prend le pouvoir sur nous. Que prévoyez-vous dans les années à venir pour continuer d’attirer les foules ? Je n’aime pas trop l’expression « attirer les foules ». La culture, ce n’est pas one size fits all. Évidemment, le musée doit trouver une pertinence, sinon c’est un lieu vide qui n’a pas de raison d’être. Le musée répond à des questionnements qui sont différents pour chacun. Dans nos propositions, il faut travailler de manière très précise pour extrapoler tous les langages qui habitent une œuvre. Je cherche des sujets bavards, qui sont très ouverts. On sous-estime souvent l’intelligence et la sensibilité des publics. Il y a un respect à offrir. Quand les publics viennent au musée, ils nous donnent quelque chose de très important : leur temps et leur disponibilité de cerveau et d’esprit. C’est un privilège extraordinaire et c’est à nous d’être attentifs et de proposer des contenus qui soient fouillés. Le musée accueillera sous peu sa 40 000 e œuvre. Savezvous déjà ce qu’elle sera ? La 40 000 e œuvre arrivera au musée au cours de l’automne. Je ne sais pas laquelle ce sera. En 10 ans, nous avons acquis 10 000 œuvres. C’est beaucoup. La 40 000 e œuvre, c’est un bon moment pour montrer que 40 000 œuvres en 150 ans d’histoire, dont certaines de très grande importance, Une mission sociale De janvier à août, le Musée des beaux-arts (MBAM) a accueilli 750 000 personnes, contre 320 000 pendant la même période l’an dernier. Un vif succès pour l’établissement qui compte 75 000 abonnés depuis la semaine dernière, une augmentation de 25 000 en deux ans. Dans les années à venir, la directrice compte poursuivre sur cette lancée et offrir des programmes pour consolider le rôle social du musée. du mécène Michel de la c’est remarquable. On n’a pas d’argent public pour acheter des œuvres, contrairement au Musée des beaux-arts d’Ottawa qui reçoit 8 M$ par année du fédéral, donc de nos taxes. Nous ne comptons que sur des fonds privés. Chaque fois qu’on acquiert une œuvre, c’est une victoire. Chenelière qui offrent des programmes éducatifs connais sent un succès phénoménal. Chaque atelier permet d’accueillir 15 000 élèves par année. Le cinquième pavillon, inauguré d’ici 2017, permettra d’agrandir ces espaces. « On n’a pas encore atteint le seuil, constate Mme Bondil. Ça montre à quel point il y a un besoin. Il faut pousser plus loin et ça, ça passe aussi par le gouvernement. » place des programmes avec les universités pour Les élections municipales approchent. Qu’attendezvous de la prochaine administration ? Je dirais aux leaders de regarder ce qui se fait en culture où les choses fonctionnent très bien ! On travaille bien ensemble. Au-delà de la culture, c’est la création qui nous rassemble. Montréal est une ville créative qui s’exporte et qui fourmille d’idées. Il faut valoriser ça et en être promouvoir l’art québécois et canadien, « parce qu’on ne le connaît pas ». Dans quelques semaines seront lancés des contenus qui s’intégreront directement dans les programmes des écoles et qui seront accessibles à tous sur l’internet. mire de l’établissement. « Il y a très peu de choses qui sont offertes dans les musées pour les 0-5 ans et leurs parents, car ça demande une logistique très particulière », indique Nathalie Bondil. L’ère de l’image DENIS BEAUMONT/MÉTRO « Nous sommes dans un siècle où l’image nous envahit. Le musée est le lieu où l’on peut prendre du recul par rapport à l’image. » Nathalie Bondil fier. On exporte parce que nos ambitions sont énormes. J’ai toujours été sidérée par la nécessité, ici, d’exporter et de faire connaître. Je dirais aux leaders de ne pas travailler en silos, de ne pas avoir peur, d’être audacieux. Nous sommes tous derrière et nous irons tous dans le même sens. thérapie seront aussi lancés. « De plus en plus, on comprend que l’art fait du bien, souligne Mme Bondil. Ça paraît logique pour quelqu’un qui connaît l’art, mais encore faut-il pouvoir l’expliquer. Dans notre société, on insiste beaucoup pour le savoir faire, mais peu sur le savoir-être. » Le musée souhaite que ses actions soient intégrées directement dans les protocoles de guérison et non seulement ouvrir ses portes aux patients. » VINCENT FORTIER
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