Métro Montréal n°2013-03-19 mardi
Métro Montréal n°2013-03-19 mardi
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2013-03-19 de mardi

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Médias Transcontinental S.E.N.C.

  • Format : (237 x 291) mm

  • Nombre de pages : 48

  • Taille du fichier PDF : 11,2 Mo

  • Dans ce numéro : le DG de la Ville démissionne.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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journalmetro.com mardi 19 mars 2013 « Je vis dans un bureau » Londres. Être gardien d’un bureau vide en échange d’un logis : voilà une nouvelle façon de déjouer les loyers élevés. Métro a découvert que cette pratique comporte toutefois certains risques. KIERON MONKS Metro World News On s’attend à entendre la cloche sonner la reprise des cours. Les murs sont couverts de certificats, d’affiches et de bulletins. Les couloirs sont familiers, et on se souvient des casiers remplis de livres. Un retour à l’école après tant d’années, mais pour les 30 personnes qui y vivent, les cours n’arrêtent jamais. L’appartement de Rob McEvely est une vaste salle de classe, mais le tableau sur le mur en est le seul indice. Dans la pièce s’étalent les objets typiques d’un homme fraîchement diplômé : des poufs et des accessoires technos. « C’est encore mieux qu’une maison normale, s’exclame le jeune travailleur de 26 ans. L’espace est énorme – la plupart de mes amis paient le double pour vivre dans un appartement grand comme une boîte à chaussures. Et les pièces voisines sont vides, donc je peux faire autant de bruit que je veux, sans m’inquiéter des voisins. » Rob paie seulement 90 $ par semaine en loyer et services, et profite d’avantages particuliers à la vie dans une école. Une aile du bâtiment est réservée à des DJ qui y vivent et qui ont un accord pour pouvoir pratiquer toute la nuit. Dans le vaste jardin, on retrouve un court de tennis et des potagers. Les occupants sont des gardiens de propriété qui veillent sur des lieux vacants en échange d’un loyer modique et d’un espace modeste. Il s’agit d’une façon de plus en plus populaire de combattre la crise du logement qui a accompagné la crise économique en Europe. Au Royaume-Uni, le septième pays le plus riche du monde, près d’un million de personnes sont techniquement sans abri. Tous les types de bâtisses vacantes peuvent faire de tels accommodements, comme des écoles, des immeubles de bureaux et même des hôpitaux. Les locataires, ouverts d’esprit, sont généralement de jeunes adultes travaillant dans des domaines créatifs, mais peu rémunérés. Les gardiens doivent avoir un emploi et souscrire à des critères stricts. L’école de Rob est gérée par Camelot, la plus grande compagnie de gardiens de propriétés du monde. L’entreprise s’occupe de 70 000 propriétés en Europe et elle s’agrandit de 30% chaque année. Ce modèle d’entreprise compte plus de 50 compagnies qui prennent en charge des centaines de milliers de propriétés. Avec un registre aussi vaste de propriétés, les gardiens doivent se croiser les doigts s’ils veulent tomber sur un endroit agréable. À Bloomsbury Square, dans le centre de Londres, Iain Macintosh a remporté le gros lot. « Je suis assez satisfait », déclare l’artiste de jeux vidéo de 27 ans. Il habite dans un bureau d’avocat reconverti qui jouxte d’anciennes maisons de la famille royale britannique. Mais au lieu de payer un loyer de 3 000 $, son logis lui coûte 375 $ par mois. Originaire d’Écosse, Iain se décourageait des loyers élevés de Londres. Il a gravi les échelons grâce à une série de contrats de gardien. « Je suis très chanceux ici. Avant, je vivais dans une vieille maison avec des alcooliques qui ne m’aimaient pas, et ensuite, je suis allé dans un immeuble de bureau dont tous les murs étaient abattus. On ne se sent pas toujours en sécurité. » Rob McEvely est du même avis. « On a trouvé de l’amiante dans le plafond et tout le monde barre sa porte en tout temps. Un vélo a été volé la semaine dernière. » Il nous indique les tuyaux qui ont coulé et la moisissure dans les murs qui l’ont rendu malade. Mais nul ne songerait à se plaindre. « Camelot ne veut pas entendre parler des problèmes ; si nous devenons un ennui, ils vont tout simplement expulser tout le monde », ajoute Rob. Et c’est sans compter la plus grande source d’insécurité : les occupants n’ont pas les mêmes droits que des locataires réguliers. En tant que gardiens, ils peuvent être évincés à n’importe quel moment en recevant un préavis d’à peine deux semaines. La compagnie, quant à elle, nie faire preuve de négligence. « Nous encourageons les gardiens à nous faire part Les règles ne peut vivre dans les locaux. dans les locaux. - en peu de temps. depuis au moins un an. sans permission. Iain Macintosh est tout sourire : son appartement lui coûte huit fois moins cher que le loyer habituel dans le carré Bloomsbury, dans le centre de Londres./KIERON MONKS Méfiance « Ce n’est pas vraiment un esprit de communauté, parce que tout le monde est très méfiant. J’ai été gardien dans d’autres propriétés qui organisaient des roller discos et des barbecues, mais ce n’est pas comme ça ici. » Rob McEvely, 26 ans, gardien de propriété qui vit avec 30 autres étrangers dans une école. des problèmes, ils sont là pour protéger les propriétés, se défend Bob de Vilder, le cofondateur de Camelot. Tous les règlements sur la santé et la sécurité sont strictement respectés ; rien de moins ne serait accepté par nos partenaires, comme le ministère de la Défense et le service de santé nationale. » Aucun des gardiens à qui Métro a parlé n’a senti que la compagnie répondait aux problèmes, mais les militants du logement affirment qu’ils doivent faire ce compro mis. « C’est une solution impar faite, mais réaliste, dit David Ireland, le directeur de l’agence Empty Homes. J’aimerais voir ce modèle s’étendre. Ce sont des solutions temporaires, mais au moins les propriétés sont utilisées. » Alors, est-ce que les gardiens recommandent leur mode de vie ? « C’est pour des personnes qui n’ont pas besoin de beaucoup de confort, dit Iain Macintosh. Je ne pourrai jamais inviter mes parents ici. » Le bureau transformé en appartement de Iain est confortable, mais il pourrait le perdre en recevant un préavis d’à peine deux semaines./KIERON MONKS Questions-réponses « Ce n’est pas un bail habituel » La surveillance de ce type peut-elle résoudre la crise du logement ? Pour les gens qui sont flexibles à propos des baux, c’est une option peu chère. Cela permet aussi de ne pas voir des propriétés barricadées. Les gardiens ont peu de protections juridiques ; ça vous inquiète ? Pas si les personnes sont claires sur le fait que ce n’est pas un bail normal. Si elles sont prêtes à ce compromis, ce type d’entente peut marcher pour elles. Voudriez-vous que cette mode prenne de l’ampleur ? 30 Les gardiens peuvent vivre n’importe où, même dans cette station de police du nord du Royaume-Uni./CAMELOT Ou encore dans une école comme celle qui accueille Rob McEvely et 30 autres personnes./CAMELOT Oui, mais il y a de meilleures solutions à long terme. Des coopératives d’habitation devraient ouvrir, donc nous verrons si ce sera des appartements abordables. Il est important de noter que plusieurs personnes vulnérables ne peuvent pas devenir des gardiens. Les propriétaires doivent réaliser qu’ils peuvent profiter du fait d’avoir leur propriété occupée. PROPOS RECUEILLIS PAR KIERON MONKS



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