Métro Montréal n°2013-03-15 week-end
Métro Montréal n°2013-03-15 week-end
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2013-03-15 de week-end

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Médias Transcontinental S.E.N.C.

  • Format : (237 x 291) mm

  • Nombre de pages : 36

  • Taille du fichier PDF : 10,7 Mo

  • Dans ce numéro : l'affaire Turcotte en Cour d'appel cet automne.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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CONSTANTIN BRANCUSI, LA MUSE ENDORMIE, 1910. COLL. : CENTRE POMPIDOU, PARIS SUCCESSION BRANCUSI, SODRAC/ADAGP, 2013. Quarante ans qu’ils s’aiment et qu’ils s’engueulent ! « … CHARMANTE FABLE FAMILLIALE… » - La Presse MES HÉROS un film d’ERIC BESNARD JOSIANE BALASKO NiagaraFilms CLOVIS CORNILLAC avec la participation de PIERRE RICHARD « SPLENDIDE ! » - Le Parisien GÉRARD JUGNOT À L’AFFICHE DÈS AUJOURD’HUI CONSULTEZ LES GUIDES-HORAIRES DES CINÉMAS 31 e FIFA CINÉMATHÈQUE QUÉBÉCOISE/CENTRE CANADIEN D’ARCHITECTURE/CENTRE PHI//GRANDE BIBLIOTHÈQUE MUSÉE McCORD/MUSÉE DES BEAUX-ARTS/MUSÉE D’ART CONTEMPORAIN/PLACE DES ARTS/UNIVERSITÉ CONCORDIA journalmetro.com Week-end 15-17 mars 2013 Cœur animal Cinéma. Roy Dupuis incarne un méchant garçon qui parle un français européen dans Cyanure de Séverine Cornamusaz, une coproduction Suisse- Québec. L’exemple par excellence d’un père que personne ne veut avoir. MARTIN GIGNAC info@journalmetro.com Le dernier chapitre, Les doigts croches, Monica la mitraille, The Timekeepers, L’instinct de mort : Roy Dupuis s’est fait une spécialité des rôles de bandits et de salauds, et il ajoute ici une corde à son arc. « C’est sûr que je peux fitter dans les films de gangsters, avoue, sourire en coin, le populaire acteur qu’on peut également voir dans Roche papier ciseaux. Souvent, on va demander des criminels qu’ils soient spéciaux, qu’ils aient une certaine force. J’accepte de jouer ces Marginal de cœur « Souvent, on va demander des criminels qu’ils soient spéciaux, qu’ils aient une certaine force. J’accepte souvent de jouer ces personnages, parce que ce sont des marginaux. » Roy Dupuis, à propos de son rôle dans Cyanure, notamment personnages-là, parce que ce sont des marginaux. » Dans Cyanure, il se glisse dans la peau d’un père qui vient tout juste de sortir de prison et qui tente d’utiliser son fils adolescent (Alexandre Etzlinger) pour reconquérir sa femme. Cet être violent et manipulateur est prêt à tout pour arriver à ses fins. « Je trouvais ça très intéressant qu’il se câli**e de son enfant. Pour lui, il n’est pas père. Il n’a pratiquement jamais vu son fils. C’est un aspect du film qui est venu me chercher et qui participe à la démolition du mythe des gangsters. » « Tu as aussi toute la problématique du système d’incarcération, qui fait en sorte que les gens, s’ils passent un certain temps en dedans, deviennent mésadaptés, poursuit l’interprète. Ce qui fait que la plupart du temps, ils y retournent. » La relation entre Roy Dupuis et le jeune Alexandre Etzlinger étant au cœur du récit, la réalisatrice s’est arrangée pour inscrire leur première rencontre dans la trame du long métrage. « Séverine m’a caché à lui, se rappelle celui qu’on verra au cours des prochains mois dans L’autre maison. On s’est seulement rencontrés la journée où on a tourné la scène où j’arrive à la maison. Il était un peu en admiration, comme il est devant son père dans le film. Ce rapport-là était très présent, et j’ai embarqué là-dedans. Au début, je ne lui parlais pas beaucoup. Je n’étais pas aussi méchant que mon personnage, mais j’entretenais la distance. » Infos Cyanure En salle dès aujourd’hui Je me souviens Cinéma. Dans son premier documentaire, Le Horse Palace, Nadine Gomez fait le portrait d’une des dernières écuries de Griffintown, quartier de Montréal dont les institutions patrimoniales sont prises d’assaut par les promoteurs immobiliers. JESSICA ÉMOND-FERRAT j.emond-ferrat@journalmetro.com Comment avez-vous commencé à vous intéresser à l’écurie Le Horse Palace ? Quand j’ai fait ma maîtrise en communication, je me suis intéressée à l’aspect urbain comme à un matériau pour lire la société dans laquelle on vit. Je me suis rendu compte que la manière dont on aménage les espaces, dont on organise les villes, c’est une façon de voir comment on se situe dans le monde ; c’est politique, philosophique, ça en dit beaucoup sur une société. J’étais donc déjà sensible à ça. Un soir, je me promenais à vélo, au bord du canal de Lachine et j’ai croisé En résumé « Mon film raconte quelque chose d’universel : l’histoire d’un vieux monsieur au moment où la vie tourne, une histoire sur la mort, sur la vie, sur la mémoire. » Nadine Gomez un monsieur qui marchait à côté de son cheval. Quand je suis arrivée chez mon ami à Pointe-Saint-Charles, celui-ci m’a raconté qu’il y avait depuis longtemps des écuries à Griffintown – il m’a parlé plus précisément du Horse Palace, celle qu’il connaissait parmi les trois écuries qui restent à Montréal. Ça m’a frappée. Et quand j’ai découvert Le Horse Palace, ç’a été un coup de cœur pour moi. Je me suis dit : « C’est là que je veux faire mon film. » Quelle a été la réaction des gens du Horse Palace quand vous les avez approchés ? Leo Leonard [le propriétaire de l’écurie, qui est décédé en juillet dernier] était un peu gagné d’avance ; il s’est ouvert rapidement. Je pense qu’il était habitué de faire des entrevues ; c’était « le vieil 26 Cyanure raconte l’histoire des retrouvailles entre J sa mère (Sabine Timoteo, à gauche) et que Joe n’a Irlandais de Griffintown », alors les médias anglophones de Montréal faisaient souvent des petits topos sur lui. Pour les cochers, ça a pris un peu de temps, mais à la fin, ils étaient très à l’aise. Il a fallu quatre années pour terminer le film – dont une trentaine de jours de tournage répartis sur trois ans. Quand avez-vous déterminé que vous aviez assez de matériel ? Ç’a été dur ! On accumule du matériel, on ne sait pas comment on va synthétiser tout ça, et en même temps, on veut trouver « la fin » de son histoire... sauf qu’il n’y en a pas toujours dans la vraie vie ! Finalement, il y a eu le décès de Leo, que je ne pouvais pas prévoir. Sinon, ça aurait été soit que l’écurie tombe, soit qu’elle soit sauvée pour de bon, mais c’était toujours en suspens. À un moment donné, il a fallu se détacher et accepter que la vie continue ! Vous avez choisi une approche sans narration : Était-ce un choix naturel ou réfléchi, dans le but de laisser les gens former leur propre opinion ? Avant d’être une cinéaste, je suis une cinéphile. J’ai été influencée par le cinéma
oe (Roy Dupuis, à droite), qui vient de sortir de prison, et son fils Achille, 13 ans (Alexandre Etzlinger, au centre), qui vit seul avec jamais connu./ALLIANCE FILMS La cinéaste Nadine Gomez et le propriétaire du Horse Palace, le regretté Leo Leonard/HÉLÈNE DESBIENS direct, les films de l’ONF des années 1960-1970. Cette façon de faire, pour moi, était une des plus respectueuses. Sans nier notre présence derrière la caméra, je ne voulais pas faire des entrevues trop préparées. Voir ces gens vivre, c’était ce qui était intéressant. Chantal, une des cochères que vous interviewez, mentionne à un moment du film que tout ce qui est beau et romantique semble être remplacé par ce qui est efficace. Un constat qui s’applique à plusieurs domaines... dont les arts ? Il y a certainement une crise de sens dans l’art. Il y a des questions à poser sur là où on est rendus. En documentaire, par contre, je crois qu’il reste une certaine liberté. On est tributaires d’une école de documentaire super forte au Québec, mais on est quand même restés pauvres. Alors on est encore libres, parce que les cinéastes se battent beaucoup avec les moyens qu’ils ont, et il y a beaucoup de passion, beaucoup de sensibilité, d’audace. Le documentaire est un cinéma qui est encore très malléable. Il y a aussi une humilité naturelle qui vient du fait qu’on ne travaille pas avec des vedettes. Qu’aimeriez-vous que les gens retiennent de votre film ? Ce que j’ai voulu faire, c’est apporter un regard sensible sur les choses qu’on trouve laides d’habitude. Rendre à l’écran la nostalgie, la poésie de la ville. La charge historique n’est pas seulement dans les musées. Il y a plein de vieilles institutions qu’on change pour du neuf, dont la modernité prend la place parce que c’est plus rentable, parce qu’on aime ça quand tout est bien propre, alors qu’il y a une âme et une humanité dans ces endroits. Infos Le Horse Palace En salle dès aujourd’hui Filmographie 27 L’autre bout du spectre Roy Dupuis et Sabine Timoteo/ALLIANCE FILMS Cyanure rompt avec Cœur animal, le précédent film de la réalisatrice, qui était de facture plus naturaliste et dérangeante, à mi-chemin entre le cinéma de Bruno Dumont et celui de Rodrigue Jean. Il adopte un esthétisme plus stylisé, pas très éloigné de la bande dessinée, avec une bonne dose d’humour. « C’est un sujet qui aurait pu être très lourd, concède Roy Dupuis. Mais vu qu’on est toujours du point de vue du fils, on alterne entre l’imaginaire et la réalité, jusqu’à un monde manga, et ça aide à faire passer la pilule. Ça en fait un objet particulier. C’est un film qui a son originalité, son souffle, sa couleur, tout en parlant de choses très sérieuses. » MARTIN GIGNAC



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