Métro Montréal n°2013-03-08 week-end
Métro Montréal n°2013-03-08 week-end
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2013-03-08 de week-end

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Médias Transcontinental S.E.N.C.

  • Format : (237 x 291) mm

  • Nombre de pages : 40

  • Taille du fichier PDF : 14,4 Mo

  • Dans ce numéro : Québec et Ottawa en désaccord sur le futur pont Champlain.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 22 - 23  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
22 23
journalmetro.com Week-end 8-10 mars 2013 La révolte par le cinéma Cinéma. Rencontre avec Xavier Giannoli, réalisateur du film français Superstar, satire troublante de la célébrité. JÉRÔME VERMELIN metrofrance.com Superstar est inspiré d’un livre de Serge Joncour, L’idole. Qu’en avez-vous gardé ? Ce qui me plaisait dans le roman, c’était l’idée d’un homme qui se réveille en créature mutante, kafkaïenne, qui va devenir célèbre en essayant de comprendre pourquoi il l’est devenu. Après avoir rencontré l’auteur, j’ai décidé d’ajouter l’idée de l’homme BILLETTERIE Le vendredi 22 mars à 20 h ADRESSE Les temps changent « Aujourd’hui, les stars sont à vendre, elles sont soumises aux valeurs commerciales alors qu’avant elles étaient insoumises, elles avaient une dimension sacrée et fascinante. » Xavier Giannoli qui ne veut pas s’intégrer. Qui veut garder une dignité dans ce déchaînement de bêtises. Et qui, en refusant le système... se retrouve encore plus dans le système. Bref, il n’a plus le choix de dire non. La célébrité devient une porte d’entrée pour un voyage dans notre époque. Comme dans À l’origine, votre film précédent, l’intrigue repose sur un malentendu autour du héros. Même si, cette fois, il en est la victime. C’est un thème qui vous plaît ? Disons que les deux films auraient pu s’appeler L’homme de la situation (sourire). De façon générale, ce qui m’intéresse, c’est la tension entre la vérité humaine et la comédie sociale. Un des mes romans préférés dans la littérature contemporaine, c’est Pastorale américaine, de Philip Roth. À un moment donné, il y a un passage sur le malentendu qui m’a ému aux larmes. On trouve ça aussi dans L’homme qui voulait être roi, de Kipling, adapté au cinéma par John Huston. Cette idée d’un homme qui finit par se demander si le mensonge qu’il incarne n’est pas la vérité de ce qu’il est. Kad Merad, c’était l’homme de la situation ? J’ai écrit le film pour lui. On se connaît depuis très longtemps, et j’attendais de trouver l’idée qui permettrait de dévoiler quelque chose de son talent qu’il n’avait pas encore montré. À la fois dans la drôlerie et dans l’émotion. Ce que j’aime en tant que spectateur, c’est lorsqu’une personne que je croyais connaître révèle soudain une dimension que j’ignorais. Ou que j’avais oubliée. Ç’a été le cas avec Gérard Depardieu dans Quand j’étais chanteur, ou avec François Cluzet dans À l’origine. Kad n’a pas été épargné Xavier Giannoli et Kad Merad/MÉTROPOLE FILMS par la critique ces derniers temps. Vous qui le connaissez bien, trouvez-vous qu’il a trop tourné dans la foulée du succès des Ch’tis ? Quand on dit qu’on le voit trop, je trouve ça très injuste. Il y a d’autres acteurs qui ont été désignés comme des « gens chics » et qui tournent beaucoup plus que lui. Et personne ne leur en veut lorsque les films n’ont pas de succès ! Il y a peut-être eu un emballement de la part de Kad, mais, à ma connaissance, avant Superstar, il n’avait rien fait depuis un an. Pour moi, c’est difficile de parler de lui, car c’est quelqu’un que je connais depuis 15 ans. C’est un ami, et je voulais que les gens le voient dans ce qu’il peut faire de mieux. Le film n’est pas très tendre avec les médias. Et dénonce ces icônes éphémères qu’on 22 fabrique jour après jour... C’est amusant d’entendre un journaliste dire ça ! Ce qui me fait rire et m’afflige en même temps, c’est de voir à la une d’un magazine une star faire la promo de son film, et quelques pages plus loin, la même star faire la pub d’un parfum. Aujourd’hui, les stars sont à vendre, elles sont soumises aux valeurs commerciales alors qu’avant elles étaient insoumises, elles avaient une dimension sacrée et fascinante. Pour moi, le cinéma devrait être un cri de révolte... et un éclat de rire devant ce système qui a tendance à triompher des valeurs humaines. Infos Superstar En salle dès aujourd’hui
1Ernest et Célestine Le fait qu’on ne connaissait pas du tout l’univers d’Ernest et Célestine avant de voir le film n’a en rien altéré notre appréciation. Bien au contraire. Cet antépisode des livres de Gabrielle Vincent a pu compter sur une équipe du tonnerre, notamment l’inimitable Daniel Pennac à la scénarisation – qui de mieux pour créer un univers qui plaira aux enfants tout en intégrant plusieurs éléments bien mordants qui feront sourire les adultes ? Du reste, la magnifique animation à l’ancienne réalisée à six mains (par le nouveau venu Benjamin Renner et ses réalisateurs adjoints, les virtuoses Vincent Patar et Stéphane Aubier), vaut à elle seule le coup d’œil. JESSICA ÉMOND-FERRAT Cette semaine, on craque pour... et on se désole pour... Le refus de voir du bon dans Twilight The Twilight Saga Breaking Dawn Part 2 vient de sortir en DVD. Pourquoi ne pas en profiter pour se réconcilier avec cette série qui a complètement déformé les idéaux romantiques de milliers de jeunes filles dans le monde ? Oui, il est facile de se moquer de ces vampires qui se reproduisent sans fluides et de ces loups-garous qui tombent amoureux de nouveau-nés. Oui, il est facile de basher ces effets spéciaux un peu boboches. Mais pourquoi ne pas voir le positif et se dire que cette saga possède une valeur cinématographique ? Après tout, elle a gagné plein de prix (Razzies). Eh oui, parfois, l’excellence se trouve dans les petites choses et il y a du (tellement mauvais que c’est) bon dans ce Breaking Dawn 2. Comme lorsque Jacob voit Bella transformée en vampire pour la première fois et lui dit : « Oh ! Je ne pensais pas que tu serais aussi... TOI. » Ou lorsque KStew dévore une bête sauvage et s’adonne à un concours de tir au poignet. Ou encore, lorsqu’elle se fâche parce que Jacob appelle son enfant, Renesmée, tout simplement « Nessie ». « Tu as surnommé ma fille comme... LE MONSTRE DU LOCH NESS ? ? ? ? » Ah, Twilight.Tu es tellement... TOI. NATALIA WYSOCKA L’écume des jours Présentement en salle (crédit photo : Métropole Films) On sait maintenant que le film L’écume des jours sortira en salle cette année. En attendant avec une impatience teintée de scepticisme qu’il arrive sur nos écrans, pourquoi ne pas lire ou relire le roman culte de Boris Vian dont il est adapté, bouleversante histoire d’amour onirique s’il en est une ? Oui, oui, oui ! Apprenons à danser le biglemoi et à jouer du piano-cocktail ! Succombons au génie de Jean-Sol Partre. Sautons sur la glace d’une patinoire meurtrière. Décourageonsnous des efforts vains de Colin pour trouver un travail convenable. Pleurons la progression des nénuphars dans les poumons de Chloé et le rétrécissement des murs de l’appartement de Colin. Enfin, croisons-nous les doigts pour que les acteurs Romain Duris et Audrey Tautou, ainsi que le réalisateur Michel Gondry, ne gâchent pas ce récit qui nous a tant fascinée. ROXANE LÉOUZON 7En librairie Seven Psychopaths Le film précédent de Martin McDonagh, In Bruges (2008) comptait parmi nos coups de cœur de la dernière décennie. Et c’est un peu dans le même genre d’univers un peu décalé de truands sympathiques 2 – ou qui donnent carrément la chair de poule – que le cinéaste britannique nous entraîne avec Seven Psychopaths, qui joint les destinées d’un scéna- riste en panne d’inspiration (Colin Farrell) et de ses amis (Sam Rockwell et Christopher Walken) à celle d’un gangster fou de rage d’avoir perdu son chien (Woody Harrelson). Une trame imaginative pleine de sous-intrigues délicieuses, un humour cinglant et une distribution irréprochable : on adore. JESSICA ÉMOND-FERRAT Présentement en DVD Photo : Woody Harrelson (crédit Alliance) 7 e ciel 6 La cuvée Qui ne rêverait pas, par un beau soir d’hiver, de déguster quelques bonnes bières de microbrasseries québécoises dans le sous-sol d’une église du Plateau ? C’est ce que nous avons eu la chance de faire vendredi dernier à l’église Saint-Enfant-Jésus, à l’occasion de la première Cuvée d’hiver. L’événement, organisé dans le cadre de Montréal en lumière, avait tout pour plaire : de bonnes bières (notre coup de cœur va à la micro-brasserie shawiniganaise ase Trou du diable, qui nous a servi deux bières fort réussies), de bons petits plats, de la bonne musique et une ambiance de fête de quartier ! Étant donné la foule qui se pressait aux portes de l’église en début de soirée, nul doute que l’événement a piqué la curiosité. Nous espérons qu’une deuxième Cuvée nous sera proposée l’année prochaine ! JENNIFER GUTHRIE lacuvee.ca 23 3 Écrite en réponse à Œdipe roi, la pièce Jocaste reine de Nancy Huston se veut le point de vue de cette mère incestueuse sans le savoir – ou est-ce vraiment le cas ? Nancy Huston a réussi à transcender le tabou de l’inceste et à faire de Jocaste reine sa Jocaste un plaidoyer en faveur de l’amour et de la féminité, dans une prose efficace, chargée, pré- cise, passionnée. La mise en scène dynamique de Lorraine Pintal et le jeu vibrant et solide de la magnifique Louise Marleau dans le rôle-titre achèvent de nous happer complètement pendant l’heure et demie que dure la pièce. JESSICA ÉMOND-FERRAT Cinq visages pour Camille Brunelle Sur scène, cinq trentenaires beaux et branchés énumèrent tous les films qu’ils ont vus, Antéchrist, ooooh, l’intégrale de Woody Allen, ahhh. Ils lancent les noms de tous les auteurs qu’ils ont lus, Albert Camus, bah, Gabriel García Márquezsssss, ah. Ils dressent aussi des listes de tous les artistes qu’ils aiment, NewOrderLadyGagaTrickyATribe- CalledQuestlesBeastieBoys, oh ! C’est tellement toi, ça ! Ils comptent leurs amis par centaines, voire par milliers, mais 4quand ils ont besoin de quelqu’un, ils n’obtiennent qu’une faible réponse : je te fais un câlin-câlin virtuel, moi aussi ma belle. Ils sortent en boîte dans les endroits les plus in de Montréal, flirtent avec les plus beaux DJ et puis avec ce type qui joue de la harpe dans un band de punk rock. Ils frenchent avec AudreyTellierXavierAlbertJohnMonacoLéonieMalouin. Mais après tout ça, que reste-t-il ? Une photo dans le Redlight Magazine, craaaaazy, un nez qui saigne d’avoir pris trop de coke, un changement de statut, une série de photos surexposées. Non, vraiment, que reste-t-il ? Un texte brillant de Guillaume Corbeil mis en scène par Claude Poissant qui offre une réflexion aussi subtile que troublante sur notre besoin maladif d’attention, notre désir de nous mettre en scène, notre indifférence, et puis notre solitude, surtout. NATALIA WYSOCKA À Espace Go jusqu’au 23 mars 5 Richard Gere dans Arbitrage On ne s’attendait plus à voir Richard Gere – ou, comme le surnomme si bien notre collègue des Sports, le « fantasme de nos mères » – tenir un rôle où il brillerait autant. Et pourtant, l’acteur à la chevelure argentée s’avère drôlement solide dans Arbitrage. Dans ce thriller réalisé par Nicholas Jarecki, qui avait travaillé au scénario des Informers avec Bret Easton Ellis, mister Gere joue le rôle d’un homme tout-puissant qui a le monde à ses pieds... jusqu’à ce qu’il perde pied, justement, et se retrouve avec un empire en faillite sur les bras, une maîtresse malheureuse dans son lit, un inspecteur sur le dos et une fille trop intelligente pour qu’il la floue dans ses bureaux. Une jolie surprise portée par un acteur qu’on n’avait pas vu aussi en forme depuis Pretty Woman. OK, peutêtre depuis Chicago. NATALIA WYSOCKA En DVD Au Théâtre du Nouveau Monde jusqu’au 30 mars Photo : Jean-Sébastien Ouellette et Louise Marleau (crédit Yves Renaud)



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :