Métro Montréal n°2013-03-07 jeudi
Métro Montréal n°2013-03-07 jeudi
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2013-03-07 de jeudi

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Médias Transcontinental S.E.N.C.

  • Format : (237 x 291) mm

  • Nombre de pages : 48

  • Taille du fichier PDF : 14,7 Mo

  • Dans ce numéro : Québec inflexible sur l'aide sociale.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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CAMILLE LAURIN-DESJARDINS camille.laurin-desjardins @journalmetro.com Quels ont été les principaux combats de Thérèse Casgrain ? Fondamentalement, au-delà du droit de vote des femmes, Thérèse s’est battue contre l’injustice. Elle a combattu en faveur de l’augmentation du salaire des institutrices rurales. Ces femmes gagnaient 100 $ par année. Elle s’est assurée de faire modifier le Code civil. Les femmes qui travaillaient, une fois mariées, n’avaient pas le droit de toucher leur salaire ; le mari pouvait en disposer comme il voulait. À partir des années 1960, elle a participé à beaucoup de mouvements pour la paix. Cette partie-là est moins connue. Ça vient sans doute de son engagement pour le CCF (le parti qui deviendra le NPD en 1961), qui l’a menée partout dans le monde. Thérèse a fait campagne pour qu’on reconnaisse la République populaire de Chine. Et vers la fin de sa vie, elle s’est intéressée au dossier des Amérindiennes en perte de statut. Elle a essayé de faire changer la loi sur les Indiens. Et elle n’a pas lâché. Dans ce dossier-là, c’est la mort qui l’a arrêtée. Dans le milieu très aisé d’où elle est issue, rien ne la destinait à devenir une gauchiste militante… Non. C’est pour ça que j’ai tenu journalmetro.com jeudi 7 mars 2013 06 NICOLLE FO On la connaît surtout pour son rôle de suffragette, mais Thérèse droit de vote et d’éligibilité pour les femmes du Québec, a mené bie première femme chef d’un parti du Québec et au Canada. À la veil s’est entretenu avec Nicolle Forget, auteure de la biographie de ce « LA MORT L’A AR Urgence « À force de ne pas aller vite, on se traîne, et moi, je trouve qu’il faudrait courir pour rattraper le temps perdu. » Thérèse Casgrain, en 1938, extrait de la biographie de Nicolle Forget à décrire au début le milieu d’où elle venait. Cette opulence à Montréal et à la campagne… Partie de là, elle a mis ça de côté afin de se battre pour ceux qui en avaient besoin. Je l’ai côtoyée un certain nombre d’années, mais pour moi, ça reste un peu un mystère. Sans doute qu’un jour elle a été très choquée par un événement et elle a décidé que ça n’allait pas se passer comme ça. Mais c’est aussi de famille. Son père a démissionné de son poste de député pendant la conscription en 1917 ; ellemême, en 1942, quand elle s’est présentée, était contre la conscription. Elle trouvait que c’était scandaleux d’envoyer des milliards à l’Angleterre et d’envoyer nos jeunes hommes se faire tuer. Quel genre de femme était-elle ? C’était une femme déterminée et extrêmement têtue. Mais elle avait un sens de l’humour extraordinaire. Elle avait des histoires un peu salées à raconter ! Elle était directe et non politically correct. C’est quelqu’un qui avait une autodérision dont on ne se doute pas quand on la voit sur les photos. Mais en même temps, comme c’était quelqu’un qui disait tout haut ce que plusieurs pensaient tout bas, c’était sûrement très dérangeant. En plus, elle s’en allait droit au but. Elle s’est battue longtemps pour l’équité salariale, un dossier qui n’est toujours pas réglé… Oui ! En 1933, son slogan, c’était : salaire égal, travail égal ! Et elle définissait ce que ça voulait dire. C’est vraiment fascinant ! Cette femme était d’avant-garde, très moderne, et c’est certain que le milieu n’était pas capable d’accepter ça. Et au fond, elle a remercié son père, mais elle a aussi remercié son mari, qui s’est fait railler par plein de gens. Il se
RGET asgrain, en plus d’avoir obtenu le n des combats. Elle a en outre été la e de la Journée de la femme, Métro te féministe des premières heures. RÊTÉE » faisait dire : « Tiens-la donc, ta femme, rentre-la à la maison ». Mais c’est très fragile, tous ces droits-là. On le voit pour la question de l’égalité salariale. On en a des législations, mais ce n’est pas vrai que les femmes gagnent les mêmes revenus pour les mêmes fonctions. Et ce n’est pas parce qu’elles ne sont pas capables, c’est que culturellement, on n’arrive pas à se sortir de ça. D’où l’admiration qu’on peut avoir pour Thérèse, qui est partie d’aussi loin pour être capable d’avoir cette stature, qui incarnait au fond des réformes qui ont mis des décennies – j’ai le goût de dire des siècles ! – à arriver ! Si Thérèse Casgrain était encore en vie, quels seraient ses combats ? Elle continuerait ses combats pour la justice, et elle en aurait des quantités abondantes ! Par exemple, ces passe-droits pour les garderies. Thérèse voulait des garderies même pour les femmes qui n’allaient pas travailler à plein temps, durant les années 1930. C’était fort pour l’époque. Donc, de nos jours, qu’il n’y en ait pas pour tout le monde, je suis certaine qu’elle aurait combattu ça. Elle aurait insisté pour que l’éducation des jeunes filles soit plus forte quant à leurs droits. On n’enseigne plus rien de ça à l’école. On n’enseigne même plus l’histoire, alors… Elle serait contre les armements nucléaires dans le monde, contre les guerres. Elle continuerait de faire des démarches pour faire modifier la loi sur les Indiens. Elle aurait été à Idle No more, et probablement qu’elle aurait fait partie aussi du mouvement des Indignés. Elle aurait fait des démarches terribles afin qu’on arrive à rendre possible l’éducation pour ceux qui en ont besoin, comme elle le disait. Elle se serait assurée que les gens qui risquaient d’être défavorisés faute de moyens obtiennent les moyens d’aller à l’école. Probablement parce qu’elle était favorisée. Elle-même n’a pas pu faire des études, mais ce n’était pas faute de moyens, c’était faute d’approche sociale et d’éducation. En librairie demain Thérèse Casgrain, la gauchiste en collier de perles Nicolle Forget Éditions Fides YVES PROVENCHER/MÉTRO Journée de la femme 07 L’opposition fustige Marois Les partis d’opposition ont accusé hier le gouvernement Marois de détourner à des fins partisanes et aux frais des contribuables la Journée internationale de la femme avec une publicité parue samedi dans le quotidien Le Devoir. La publicité, qui a coûté 5 000 $ au gouvernement, montre les photos des 17 élues du Parti québécois, y compris celle, bien en évidence, de la première ministre Pauline Marois. Les 24 autres femmes qui siègent à l’Assemblée nationale dans les partis d’opposition ont été complètement ignorées. LA PRESSE CANADIENNE Protection du territoire Québec pressé d’agir par des écologistes Un front d’organismes écologiques demande au Québec de bouger rapidement s’il veut atteindre ses objectifs de conservation du territoire d’ici 2020, notamment dans le Nord. Dans une lettre envoyée au ministre de l’Environnement, Yves-François Blanchet, les écologistes demandent la mise sur pied d’un groupe de travail dans les plus brefs délais pour que, d’ici à 2020, 20% de l’ensemble du Québec soit protégé, ainsi que la moitié du territoire du Nord, conformément aux objectifs fixés par le gouvernement précédent. LA PRESSE CANADIENNE Accès Montréal Nouvelle carte à l’étude La Ville de Montréal souhaite fusionner la carte Accès Montréal, qui donne entre autres accès aux bibliothèques et aux activités récréatives de la métropole, à la carte Opus. Elle est présentement en discussion à ce sujet avec la Société de transport de Montréal (STM), a mentionné hier aux membres du comité exécutif Caroline Spandonide, de la Direction des communications de la Ville de Montréal. MÉTRO



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