Métro Montréal n°2013-02-15 week-end
Métro Montréal n°2013-02-15 week-end
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2013-02-15 de week-end

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Médias Transcontinental S.E.N.C.

  • Format : (237 x 291) mm

  • Nombre de pages : 40

  • Taille du fichier PDF : 18,5 Mo

  • Dans ce numéro : Nicolo Milioto, prochain témoin de la commission.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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WEEK-END 15-17 février 2013 journalmetro.com Se laisser prendre au jeu Le rappeur algonquin Samian fait ses premiers pas au cinéma dans Roche papier ciseaux, premier long métrage de Yan Lanouette Turgeon, qui sera présenté en ouverture des 31 es Rendez-vous du cinéma québécois (RVCQ). Un film-chorale à la croisée des chemins entre l’univers des frères Coen et celui d’AlejandroGonzález Iñárritu, dont le scénario a convaincu Samian de... se laisser prendre au jeu. JESSICA ÉMOND-FERRAT j.emond-ferrat@journalmetro.com Roche, papier, ciseaux. C’est à partir du nom de ce jeu d’enfants que Yan Lanouette Turgeon et son coscénariste, André Gulluni, ont élaboré le scénario de leur premier long métrage. Un processus « à l’envers », qui a démarré en 2005, explique le réalisateur. « Au début, on n’avait que le titre, et on voulait faire trois courts métrages sensiblement indépendants les uns des autres. On était paresseux, on voulait que ça aille vite, avoue-t-il. Mais on s’est un peu peinturés dans un coin, et on a réalisé que ça prenait plus que ça pour faire un long métrage ! » Néanmoins, l’idée de trois histoires parallèles qui finissent par se croiser est demeurée – le réalisateur révèle d’ailleurs s’être inspiré du canevas du Amores Perros, d’Iñárritu. On suit donc Boucane (Samian), un jeune autochtone qui veut refaire sa vie à Montréal et embarque avec Norm(Roger Léger), un ancien caïd forcé d’effectuer des tâches pas très nettes pour son ancien patron. En parallèle, on rencontre Lorenzo (Remo Girone), un immigrant italien qui, afin d’amasser l’argent nécessaire pour accomplir les dernières volontés de sa femme mourante (Victoria Zinny), accepte l’offre du bras droit du chef des Triades chinoises (Frédéric Chau). Et finalement, on croise Vincent (Roy Dupuis), un ex-médecin marié en voie de devenir papa, lui aussi sous le joug des Triades chinoises qui ont jadis payé ses dettes de jeu. Un soir d’éclipse, les destins des trois hommes se croisent pour leur donner une chance de sortir de la spirale infernale du jeu – quel qu’il soit. « Boucane, Lorenzo et Vincent ont beau être un autochtone, un Italien et un Québécois, on ne s’en rend même pas vraiment compte ; ce sont surtout trois humains au destin malheureux, fait remarquer Samian. On n’entre pas dans les stéréotypes. Et ça Univers parallèle m’a plu : si Yan m’avait demandé de mettre des plumes ou de danser autour d’un feu, ça m’aurait pas mal moins tenté ! » Cela dit, si le jeune homme a accepté le rôle, c’est surtout en raison de son aspect un peu hollywoodien, inhabituel au Québec selon lui : « Je payerais pour aller voir ce genre de film... et là, je joue dedans ! » Il faut dire que le cinéma n’avait jamais fait partie des plans de carrière du rappeur, qui lancera son troisième album l’automne prochain. Mais sa rencontre avec Yan Lanouette Turgeon ayant « Je voulais dépayser le spectateur en l’emmenant dans une réalité qui n’est pas la sienne. Il ne faut pas que ça soit réaliste ; il faut que ça soit crédible. » Yan Lanouette Turgeon, réalisateur de Roche papier ciseaux coïncidé avec les balbutiements du scénario de Roche papier ciseaux, le cinéaste s’est fortement inspiré de lui pour imaginer le personnage de Boucane. Si bien qu’à la fin, le réalisateur se serait « senti malhonnête de l’offrir à quelqu’un d’autre ». « C’était un peu épeurant, pour un premier long métrage, de faire appel à un comédien non expérimenté, avoue-t-il. Mais en faisant des essais, j’ai constaté qu’il était très naturel, qu’il n’avait peut-être pas le bagage des autres comédiens, mais qu’il avait une présence. » Samian avoue qu’il a d’abord été un peu réticent, mais qu’il a lu le scénario « par respect » puisque le personnage avait été écrit pour lui. « Et je suis tombé en amour, lance-t-il. J’ai compris pourquoi on avait pensé à moi. C’est un peu ma vie. Il a fallu que je revienne à 24-25 ans, à l’époque où je suis parti à Montréal pour faire de la musique, alors que je vais avoir 30 ans cette année. Il fallait que je rajeunisse ; j’ai perdu 30 lb, je me suis laissé pousser les cheveux... Et donc, pour moi, c’est simple : je ne joue pas... je « suis » à l’écran. » Pour le reste de la distribution, Lanouette Turgeon a choisi des interprètes ici – Roy Dupuis, Fanny Mallette, Louis Champagne, notamment – et d’ailleurs. Le réalisateur a en effet traversé l’Atlantique pour dégoter son Lorenzo en la personne de Remo Girone, acteur très connu en Italie, et dans la foulée, offrir à la femme de ce dernier, la comédienne Victoria Zinny, le rôle de l’épouse de Lorenzo. Le choix de Girone, le réalisateur ne l’a pas regretté : « Tu imagines un personnage pendant huit ans, et à un moment donné, tu tombes sur quelqu’un comme Remo, qui a un timbre de voix, une posture, une espèce d’énergie... Et tu te dis wow ! C’est tellement ÇA ! » Rappelons que Roche papier ciseaux ouvrira les prochains RVCQ. Enthousiaste, Yan Lanouette Turgeon ? Le mot est faible : « Si, quand j’ai fini l’INIS en 2003, le diable m’avait proposé de réaliser un long métrage qui serait présenté en ouverture des RVCQ en échange de mon âme... c’est sûr que j’aurais accepté ! » Infos FILMOPTION INTERNATIONAL Roche papier ciseaux Aux RVCQ le 21 février à 19 h En salle dès le 22 février
1The Perks of Being a Wallflower Cette semaine, on craque pour... Il y a de ces films qui nous touchent particulièrement sans qu’on puisse mettre le doigt sur une raison concrète, et The Perks of Being a Wallflower est de ceux-là. Tiré d’un livre porté à l’écran par son auteur, Stephen Chbosky, cette comédie douce-amère relate l’amitié entre un jeune homme troublé et un groupe d’ados un peu plus vieux qui l’adoptent instantanément. C’est beau, c’est touchant, c’est vrai et ça nous ramène quelques années en arrière. On notera au passage la performance solide d’Emma Watson et surtout celle de l’ultra-attachant Ezra Miller, à des kilomètres de celle du jeune psychopathe de We Need to Talk About Kevin. JESSICA ÉMOND-FERRAT Présentement en DVD Crédit photo : Les films Séville et on se désole pour... Les oubliés des Prix Grammy Avec les Prix Grammy, c’est un peu comme avec les Oscar. On finit toujours par se sentir un peu flouée. Cette année, par exemple, quand le prix du Meilleur album de l’année est allé à Mumford & Sons (hein ?), on est restée l’air perplexe, pour ne pas dire bête. Babel, meilleur disque de tout l’ensemble des disques de l’année entière au grand complet, genre 365 jours de musique, vraiment ? Plus que l’omniprésent El Camino des Black Keys ? Plus que Blunderbuss de Jack White ?. Et que dire de fun. nommé Révélation de l’année après 12 ans d’existence ? Étrange. Vraiment très, très étrange.. N. WYSOCKA Game Change François Bellefeuille Toute à notre enthousiasme à la sortie du spectacle de Louis-José Houde (voir le journal de jeudi), on en a presque oublié de mentionner l’humoriste qui assure la première partie des Heures verticales, François Bellefeuille. Il y a fort à parier que le nom vous dit déjà quelque chose, puisqu’on l’a aperçu dans plusieurs galas Juste pour rire et à l’animation du spectacle de la Coalition des humoristes indignés l’été dernier. Un humoriste 2à surveiller, on s’en est rendu compte une fois de plus. Pince-sans-rire, les expressions faciales et vocales néanmoins démesurées, Bellefeuille nous a fait pouffer à plus d’une reprise, re, autant par son indignation devant l’implication qu’exige l’achat d’un régime de bananes que par son évocation des gens trop heureux d’attendre l’autobus. On a hâte au one-man-show one-man-show ! J. ÉMOND-FERRAT 7 e ciel Le retour de The Walking Dead Au Théâtre Maisonneuve en première partie de Louis-José Houde jusqu’à demain 6 3Push the Sky Away La dernière fois que Nick Cave et ses Bad Seeds nous avaient gâtés d’un disque, c’était en 2008, avec le très rock Dig, Lazarus, Dig !!!. Entre-temps, en compagnie de trois de ses Mauvaises graines, dont le démon du violon Warren Ellis, le poète australien a formé les Grinderman. Un groupe velu qui nous a offert deux opus complètement déments. De retour avec ses Bad Seeds pour un 15 e album, le premier sans le complice des tout débuts, Mick Harvey, Cave propose Push the Sky Away. On croyait retrouver le chanteur de Murder Ballads ou de Your Funeral... My Trial ; il se présente à nous en mode autrement plus dépouillé, presque grave, caverneux. On se braque un peu au départ, mais au fil des écoutes, on se glisse comme dans un cocon au cœur de ce disque troublant, triste et froid. On y sent beaucoup la révérence que Cave – qui, par le passé, a signé des reprises de Suzanne et de I’m Your Man – porte à Leonard Cohen. On y renoue aussi avec sa poésie noire et déclamatoire, avec ces histoires de filles damnées, d’âmes perdues et de sirènes... parsemées d’allusions à Robert Johnson, à Wikipedia et à Hannah Montana. Une expérience en soi. NATALIA WYSOCKA Les acteurs de Rouge sang George Harrison : Living in the Material World En magasin mardi, sous étiquette Bad Seed Ltd. HBO, ses séries emblématiques… et ses téléfilms ! Mordus de politique, Ça faisait un peu plus de deux mois que les Game Change est un incontournable ! fans de la série apocalyptique zombiesque Retour en 2008 : Obama est une star, The Walking Dead attendaient que la saison « La plupart des gens disent que je suis mais pas encore président. Chez les 3 recommence. C’est chose faite depuis dimanche dernier ! Nous retrouvons nos héros là où nous au fil du temps. Mais il faut changer. celui des Beatles qui a le plus changé républicains, McCain cherche un détonateur pour relancer sa campagne. les avions laissés : une moitié en prison, l’autre moitié Ne pas se limiter. C’est ce qu’il y a de plus important », confie Il le trouvera au bout de l’Amérique, dans le village « idyllique » de Woodbury. Beaucoup George Harrison dans ce documentaire de Martin Scorsese. en Alaska. Sarah Palin devient colistière : de colère règne parmi nos survivants. Toujours aussi Un documentaire dédié au « Beatle silencieux », dans lequel c’est le début des montagnes russes. Empathique, la angoissant, le reste de la série (il reste sept épisodes) on apprend qu’il ne l’était pas tant que ça, silencieux. Plutôt « hockey-mom » rallume la flamme de son parti. Mais tout promet d’être riche en rebondissements...complexe, fascinant. En retrait, oui, mais brillant. Rempli RACHELLE MCDUFF le monde déchante rapidement – « Qu’avons-nous d’images d’archives rares, émouvantes, Living in the Material 7fait ? ». On découvre une femme incontrôlable, ignare en géopolitique, incapable de nommer le fomentateur du World nous montre par exemple George qui croule de rire en regardant une vieille vidéo de ses compagnons et de lui 11 septembre (Saddam Hussein ?). Trop tard pour les chantant This Boy. « Ce n’est pas une mauvaise chanson », gaffes, malgré les efforts pour maquiller la supercherie. remarque-t-il, sourire en coin. Avec respect pour son sujet et Instant révélateur de la politique d’aujourd’hui, un sans une once de complaisance, Scorsese signe un portrait membre du staff dira : « C’est une formidable actrice. » poignant du regretté Harrison en retraçant la montée du Fab Four, en insérant des témoignages de son ami – 5 Julianne Moore, l’actrice de « l’actrice », ressemble de manière stupéfiante à la vraie Sarah Palin. Game Change, et rival – Eric Clapton et en rappelant la rencontre saillante avec Ravi Shankar. Tout ça au son de chansons récompensé par trois Golden Globes, est d’un réalisme déconcertant, agrémenté d’images d’archives. À dévorer, magnifiques, comme My Sweet Lord ou All Things Must Pass. All Things Must Pass, oui. NATALIA WYSOCKA comme le livre. BAPTISTE BARBE En DVD et Blu-Ray Diffusé sur AMC le dimanche à 21 h En DVD 15 Il n’y a pas à dire, pour son premier long métrage, Martin Doepner a su s’entourer d’une distribution 4de toute première qualité, une des grandes forces du thriller historique à huis clos Rouge sang. On pense à Lothaire Bluteau, bien sûr, dans un rôle empreint de nuances et d’humanité, mais aussi à Isabelle Guérard, personnage complexe, très intérieur, aux émotions en dents de scie. Et on ne peut pas passer sous silence le travail fantastique des enfants, l’excellent Andre Kasper Kolstad et la mignonne Charlotte St-Cyr, tous deux épatants et crédibles. JESSICA ÉMOND-FERRAT Présentement au cinéma Beaubien Photo : Isabelle Guérard (crédit Bertrand Calmeau)



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