Métro Belgique n°4385 23 nov 2021
Métro Belgique n°4385 23 nov 2021
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°4385 de 23 nov 2021

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : n.v. Mass Transit Media

  • Format : (235 x 315) mm

  • Nombre de pages : 20

  • Taille du fichier PDF : 2,4 Mo

  • Dans ce numéro : Pfizer efficace à 100% chez les ados.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Avec son débit de parole en dents de scie et sa galerie de moues sarcastiques appuyant ses bons mots, Marina Foïs défend son nouveau longmétrage ‘La Fracture’avec l’intelligence et l’humour qu’on lui connaît. Un film aussi dramatique que comique… à son image en somme ! ‘La Fracture’se déroule une nuit de manifestation de gilets jaunes. Quelle était votre position quand les manifestations ont commencé ? IMPRESSiONNANT, DRÔLE, 14TEIRSE" « ME TRACI-COMME FASCiNANTr. 1,114401* » 11NrIt 1.10411 tagfew sYeLto sAtle LA FRACTURE etreg*ttikieeiçtedle Marina Foïs  : « Je pars du principe que je suis née dans un milieu privilégié, plutôt bourgeois et intello. Donc je m’interdis de juger la colère des autres. Après, c’est pas à moi de le dire, mais c’est vrai qu’il y avait un flou idéologique. C’est un mouvement qui était protéiforme. Je pense aussi que la presse n’a pas rendu service aux gilet jaunes. Par exemple, la nuit dont parle le film, c’est une nuit où les gilets jaunes se réfugiaient à l’hôpital parce qu’ils se faisaient gazer par les flics, et ce qu’on voit dans le presse le matin, c’est des titres comme’Ils empêchent les soignants de faire leur travail’. » Le film déclare l’urgence de revaloriser le travail des soignants. Quel est votre rapport aux professions médicales ? « J’ai une sœur qui a fait de la médecine interne dans l’hôpital de Saint-Denis. Je l’ai vue faire ses études jeune, et travailler énormément. Évidemment culture ‘LA FRACTURE’  : MARINA FOÏS REJOINT LES GILETS JAUNES « Je m’interdis de juger la colère des autres » REVIEW LA FRACTURE Que pensiez-vous des gilets jaunes quand les manifestations ont commencé ? Le temps d’une nuit superbement chaotique, quatre perspectives vont se croiser, se froisser et s’entraider dans un hôpital parisien débordé  : deux bourgeoises en pleine rupture (Marina Foïs et Valeria Bruni Tedeschi), un camionneur en rage (Pio Marmaï) et une infirmière épuisée (Aïssatou Diallo Sagna). Au-delà de la métaphore bien tapée d’une institution de santé mise sous pression, et réfléchissant nos lignes de tension démocratiques, c’est la mise en scène éblouissante de Catherine Corsini (‘La Belle Saison’) qui nous épate. Son magnifique bordel ne s’arrête jamais de monter, avec autant d’humour que de drame. On frôle la cacophonie, mais quand la colère nous est servie avec autant de maîtrise, on ne peut que se réjouir ! (si) ●●●●○ ENCANTO Une famille colombienne en fuite découvre un lieu aux pouvoirs magiques  : une maison où chaque membre de la famille reçoit, à un certain âge, son propre don (guérison, force surhumaine, ouïe exceptionnelle…) et une pièce pour l’exercer. La grande exception, c’est Mirabel, qui n’a jamais développé un tel don et se sent différente. Jusqu’à ce que de sombres nuages planent audessus de la famille. ‘Encanto’est un film d’animation musical fluide et une ode très colorée à la culture, aux traditions, aux rythmes et à la faune et flore latino-américaines. Cette splendeur visuelle ne cache cependant pas la faiblesse générale des gags, et une histoire moins profonde que ne le pensent les créateurs. ‘Encanto’ne s’étouffe pas dans sa gentillesse, mais a tout de même du mal à respirer. (rn) ●●●○○ j’adore qu’elle me raconte toutes ses histoires, et elle le dit souvent, l’hôpital est un endroit passionnant ! Ce dont le personnel soignant se souvient le soir en rentrant chez soi, c’est pas d’avoir fait des piqûres Leur mission, c’est d’accueillir. Donc oui, c’est un milieu que je connais un peu. Et comme tout le monde, j’ai déjà dû me rendre à l’hôpital. L’hôpital public hein, le privé je connais pas ! » C’est très français cet hôpital entièrement public… Ph. D.R. Ph. D.R. Ph. Sony Pictures Ph. Dalton Distribution Ph..D.R. MOVIES HOUSE OF GUCCI Le 27 mars 1995, Maurizio Gucci (Adam Driver) était assassiné en plein Milan devant l’entreprise familiale. L’enquête révèlera que le meurtre n’était pas commandité par la mafia, ou dû aux embrouilles familiales entre Maurizio, son père Rodolfo (Jeremy Irons) son oncle Aldo (Al Pacino) ou l’excentrique cousin Paolo (Jared Leto, un peu too much). Non, derrière tout ça, il y avait une femme  : son ex-épouse Patrizia… Ridley Scott (‘Gladiator’, ‘Le Dernier Duel’) revient sur la saga familiale de la maison de haute couture au double G dans une fresque épique et chic. Sorte de ‘Succession’rétro, avec une BO entre opéra et pop 80s, et porté par une formidable Lady Gaga, le film en met plein la vue (les bijoux ! les costumes ! les coiffures !) … mais manque de point de vue. Derrière le bling-bling, on en saura peu sur leurs intentions. (em) ●●●○○ « Si on voyage un peu, on sait que très peu d’endroits au monde où la santé est gratuite pour tous. En France, même quand on n’a pas ses papiers, on peut se faire soigner, l’hôpital doit vous prendre en charge. Ce qui est très paradoxal, c’est qu’on n’en fait pas une fierté au même titre que les châteaux de la Loire. Pour ça, on a Stéphane Bern qui se charge de nous le rappeler. Donc oui, préservons le patrimoine français, et trouvons-nous un Stéphane Bern de la santé ! » Stanislas Ide THE RESCUE En 2018, une dizaine d’adolescents thaïs, tous membres de la même équipe de foot, se retrouvent coincés dans une cave souterraine suite à la montée des eaux. Quand même les forces spéciales de la Marine nationale se retrouvent dépassées, l’espoir viendra d’un groupe de plongeurs internationaux, qui ont un hobby particulier  : l’exploration de caves… Ne vous renseignez pas sur le dénouement  : la tension n’en sera que plus grande face à cette incroyable histoire vraie, qu’aucune fiction n’aurait pu imaginer. Racontant l’histoire du point de vue des plongeurs (Netflix ayant sécurisé les droits de celui des footballeurs), le duo de cinéastes derrière le puissant -et oscarisé- ‘Fee Solo’frappe fort de nouveau. Chaudement recommandé – sauf si vous êtes claustro… (em) ●●●●○
metrotime.be I MARDI 23/11/2021 CULTURE 11 ‘SUPRÊMES’, JOEYSTARR REMONTE LE TEMPS « On n’est pas du tout dans la branlette avec ce film » Tous en Benz ! Après avoir refusé des dizaines de propositions, le groupe NTM a choisi la réalisatrice Audrey Estrougo pour raconter l’origine de leur succès fracassant. Absent à l’écran, JoeyStarr a tout de même apporté son grain de sel au film, et profite de son passage à Bruxelles pour en parler… tout en nous abreuvant bien sûr de sa taquinerie brute et légendaire. Morceaux choisis ! Comment avez-vous participé à la construction du film ? JoeyStarr  : « J’ai participé à la musique. J’avais bien vendu le DJ Cut Killer à Audrey (Estrougo, la réalisatrice, NdlR), et il a fini par faire les chansons. Et moi j’ai participé au’scoring’. Et je pense avoir participé au scénario, parce qu’Audrey et Marcia (Romano, la coscénariste, NdlR) avaient besoin de précisions. Je me rappelle, elles venaient chez moi. Il faisait bon, donc j’étais en slip, je les reçois, leur propose de boire un coup… Et là, Marcia elle dit :’Non, on boit pas, on bosse’(rires) ! (Laisse planer un silence) Bon, on a bossé ! C’est déjà pas mal, non ? » Vous n’avez pas voulu garder un œil sur les avancements ? « J’avais envie de lui faire confiance tout de suite. Il y a pas eu de débat entre nous. Et puis j’allais pas surveiller les comédiens. Non, tu les laisses s’approprier le truc, et voilà. C’est comme quand Audrey m’appelle et me dit  : ‘J’ai décidé de faire chanter les acteurs’… Moi je dis OK ! Je lui ai filé les clefs du vaisseau, et à un moment donné, je sais même pas pourquoi elle m’appelle ! Je lui ai dit’vas-y’, et le résultat il est là quoi ! » Vous avez présenté le film à Bozar en parlant du danger du dépôt de bilan. On sentait presque les restes d’une réticence… « Ouais, mais ça c’est pour faire le beau ! Bon, je vais parler pour deux personnes, mais ce qu’on a fait, on l’a vécu, ça nous a remplis, et on a grandi avec. Pardon mais, quand on nous propose de faire un film, y a danger… Moi j’ai un ego vertigineux, l’autre aussi, tu vois le truc venir (rires) ! (Pointe Audrey du menton) Et puis Boss est arrivée, et elle voulait raconter mieux que moi cette histoire, la remettre dans son contexte, placer notre épopée dedans. Ne fût-ce que pour l’aspect mémoriel. Et là-dessus, on a dépassé la branlette, non ? » Comment s’est-elle distinguée ? « Elle savait ce qu’elle voulait. Ce que j’aime dans le taf qu’a fait Maman (lance un nouveau clin d’œil entendu à Audrey), c’est que ce qu’on a vécu se retrouve à l’écran. (Sur le ton de la confidence) Je suis mielleux, mais en même temps, dès qu’elle est dans la pièce, je peux pas m’empêcher de lui faire une déclaration d’amour. » Le fait qu’il s’agisse d’une femme vous a influencé ? « Vu que je me sens irrésistible… non (rires) ! C’est la seule meuf à nous avoir contacté, c’est vrai. Et tous les mecs, ils venaient avec un petit livret, leurs gros machins. Avec Audrey, on a juste discuté en fait. Elle peut être très convaincante, on parle la même langue. » C’est troublant pour vous de voir vos souvenirs joués par d’autres à l’écran ? « Ce que j’aime dans le film, c’est que l’humeur de ces années-là a été captée. On était comme ça ! Le succès nous tombait sur la gueule. Et y avait pas de scène rap à l’époque ! Il y avait que le rock, le punk… Nous, on arrivait avec des sacs plastique autour de nos Air Force blanches, à cause de la boue que les rockeurs laissaient au sol, après s’être traînés partout pendant trois jours. On disait pourtant de nous qu’on était le groupe de rap le plus rock. C’était à cause de la scène en fait. » REVIEW MOVIES Ph. Gianni Giardinelli Ça ne vous plaisait pas ? Seulement parce que ce n’était pas votre came ? « Non mais faut arrêter de relever toutes les conneries qu’on a dites hein (rires) ! Bien plus tard, j’ai fait un album solo, et j’ai essayé de le vendre via des canaux rock. Moi je donne tout sans penser à ce que ça représente. J’aime chier dans la douleur, tu vois ! Ce qu’on est venu chercher, depuis le début, c’est pas juste du rap ou du rock. On est venus se télescoper avec la vie, avec les gens, et entre nous. Donc ouais, dis-nous qu’on est rock si tu veux ! » Stanislas Ide SUPRÊMES N… T… M ! Trois lettres symbolisant bien plus que les débuts du rap français pour toute une génération. Un groupe collectif (35 membres au départ), novateur (le rap était réservé aux Américains et à MC Solaar), et porteur d’un vent d’anarchie dont les autorités publiques et les mélomanes bien-pensants ne savaient que faire. Trente ans plus tard, Audrey Estrougo parvient à capter l’ambiance et la colère qui ont poussé JoeyStarr et Kool Shen à devenir, malgré eux, les porte-drapeaux d’une France des banlieues négligée. Mais sans tomber dans le piège du film contestataire ! Car si ‘Suprêmes’suggère qu’un manque d’écoute a mené au durcissement des tensions actuelles, il n’en oublie pas sa dimension cinématographique. Les dialogues débordent d’humour, le scénario ose aller au clash entre les deux héros, et les concerts envoient du lourd (coup de cœur pour la scène improvisée sur le parking de Mantes-la-Jolie). Bon, le rythme traîne parfois en longueur, mais comme dirait Joey, c’est d’la bombe baby ! ●●●○○



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