Métro Belgique n°4381 16 nov 2021
Métro Belgique n°4381 16 nov 2021
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°4381 de 16 nov 2021

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : n.v. Mass Transit Media

  • Format : (235 x 315) mm

  • Nombre de pages : 20

  • Taille du fichier PDF : 3,0 Mo

  • Dans ce numéro : première rentrée en 20 mois aux Philippines.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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8 GREEN MARDI 16/11/2021 I metrotime.be Comment renverser le déclin apocalyptique des insectes ? Arrêter de répandre des pesticides, réduire la pollution lumineuse et sonore, privilégier des biens dont la production n’est pas nocive pour l’environnement… Voici quelquesunes des mesures qu’il faudrait appliquer immédiatement pour lutter contre le déclin massif et alarmant d’insectes. Dans un plan d’actions relayé en 2020 par le magazine Nature, une septantaine de scientifiques internationaux ont livré leurs pistes et appelé les autorités à agir, sans délai. Les études se multiplient et se répètent. Depuis des années, les scientifiques tirent la sonnette d’alarme  : l’activité humaine sur Terre menace les populations d’insectes d’extinction. La pollution, le dérèglement climatique, la réduction, voire la disparition de leur habitat, la surexploitation des terres… Autant de facteurs humains qui réduisent drastiquement la diversité et la quantité d’insectes et d’autres invertébrés sur Terre. « Il y a aujourd’hui un large consensus scientifique sur le fait que le déclin des insectes, des autres arthropodes et de la biodiversité dans son ensemble, est une menace très réelle et très sérieuse à laquelle la société doit faire face de toute urgence », alertaient des scientifiques internationaux, dans un article publié en 2020 dans la revue Nature. L’EXEMPLE ALLEMAND Plus de 70 scientifiques, venus des cinq continents, s’étaient alors rassemblés pour appeler les autorités à agir immédiatement pour contrer ce déclin. Ils applaudissent l’Allemagne, dont le gouvernement s’est engagé en 2019 pour la protection des insectes, notamment via la restriction des pesticides (dont la sortie du très controversé glyphosate en 2023) et la réduction de la pollution lumineuse. Investissements, soutien aux agriculteurs, recherche… Au total, l’Allemagne consacrera 250 millions  € à la protection des insectes. « Ce financement devrait faire office d’appel au clairon aux autres pays du monde, en particulier les plus riches, pour qu’ils emboîtent le pas et répondent de manière proactive à la crise, en s’attaquant aux menaces et en mettant en œuvre des solutions », écrivent les scientifiques. Et ces solutions, ce collectif de chercheurs les livrent clef en main. En effet, ils ne se contentent pas d’appeler à l’action mais proposent également une feuille de route pratique. « En tant que scientifiques, nous voulons rassembler toutes les connaissances à notre disposition et les mettre en pratique avec les gestionnaires des terres, les décideurs politiques et toutes les autres personnes impliquées », expliquait au Guardian le professeur Jeff Harvey de l’Institut néerlandais d’écologie. « Fondamentalement, Photos Unsplash nous pensons stratégiquement, et ça, c’est nouveau. Dès à présent, tout doit être pensé pour inverser le déclin des insectes », soulignait l’auteur principal de l’appel, au moment de sa publication. AGIR IMMÉDIATEMENT Ce plan « implique la mise en œuvre immédiate de plusieurs mesures ‘sans regret’ », écrivent les auteurs. Ces mesures « sans regret » se réfèrent à des actions à mettre en œuvre dès que possible, qui seront bénéfiques à la biodiversité même si leurs effets directs sur les insectes ne sont pas encore connus. Il s’agit en premier lieu de réduire drastiquement les émissions de gaz à effet de serre. De mettre en œuvre des stratégies de conservation pour les espèces vulnérables, menacées ou en danger en protégeant leur habitat. Il convient aussi de lutter contre les espèces invasives et stopper l’introduction d’espèces exotiques. Les chercheurs encouragent les états à financer des programmes de sensibilisation et à recourir aux incitants fiscaux pour encourager les technologies et les comportements respectueux de l’environnement (et donc des insectes). Ces recommandations ne sont pas uniquement adressées aux décideurs politiques. En effet, chacun peut agir à son échelle pour ralentir, voire même inverser le déclin des insectes. Arrêter l’utilisation de pesticides et d’engrais synthétiques, réduire la pollution lumineuse et sonore, favoriser les produits dont la fabrication ne se fait pas au détriment des écosystèmes et des espèces, veiller à la conservation des zones naturelles et des espèces menacées… Autant de solutions auxquelles chacun peut prendre part. « Surtout, nous ne devons pas attendre d’avoir comblé toutes nos lacunes en matière de connaissance pour agir », plaident les scientifiques. « Nous avons déjà suffisamment d’informations sur certaines causes principales du déclin des insectes pour formuler des solutions. » Des données supplémentaires seront encore compilées et évaluées. En outre, l’impact des nouvelles mesures sera lui aussi évalué afin de les améliorer, dans une approche « d’apprentissage par la pratique », ajoutent les équipes. « Nous devons agir maintenant ». (or) i ee" En plus des mesures à appliquer immédiatement, les scientifiques ont émis des recommandations à destination du monde académique. Pour mieux comprendre et évaluer ce déclin de la biodiversité, les chercheurs ont un rôle clef à jouer. Ainsi, les signataires de cet appel publié en 2020 dans Nature estiment nécessaire de lancer des études et recensements à grande échelle, notamment dans les zones les moins documentées. En évaluant la diversité d’espèces d’insectes et leur état de conservation, ils pourront alors déterminer les espèces prioritaires à préserver (et donc les actions prioritaires à entreprendre). Selon ces scientifiques, il convient aussi, à moyen terme, de favoriser, 40% des espèces sont en déclin D’après un premier bilan mondial, plus de 40% des espèces d’insectes sont en déclin à travers le monde, et un tiers d’entre elles sont en voie de disparition. Et chaque année, environ 1% supplémentaire s’ajoute à la liste. À ce rythme-là, tous les insectes pourraient avoir disparu de notre Planète d’ici 100 ans, alertaient les auteurs de ce bilan, synthèse de 73 études scientifiques dévoilée en 2019 dans le journal « Biological Conservation ». Poursuivre dans la voie de l’extinction, c’est se placer sous la menace d’un « effondrement catastrophique des écosystèmes naturels ». En effet, les insectes sont essentiels au bon fonctionnement de nos écosystèmes. Ils servent de pollinisateurs, mais participent aussi au recyclage des nutriments et font office de repas pour de nombreuses autres espèces, dont la survie en dépend. ◀ La recherche, un rôle essentiel les recherches sur les facteurs anthropogéniques [dus à l’activité humaine], qui conduisent au déclin des insectes. Parmi les pistes pour le long terme, ils plaident pour la création de protocoles standardisés et la mise en place d’un organe international de documentation et de suivi. De manière globale, ils insistent sur l’importance de la « science citoyenne », à la fois pour sensibiliser le public et pour collecter davantage de données. Enfin, lancer des partenariats public-privé et des initiatives de financement durable pour restaurer, protéger et créer de nouveaux habitats pour insectes leur semble aussi une priorité. ◀
metrotime.be 1 MARDI 16/11/2021 CULTURE 9 DELTA CONFIRME SON ASCENSION AVEC « GENRE HUMAIN » « Le coronavirus nous a fait réaliser que ce que l’on pensait acquis ne l’était pas » L’histoire de Delta commence en 2010 dans un groupe qui évoluait en anglais. Depuis, Julien et Benoît ont décidé de revenir à leur langue maternelle. Deux albums plus tard, le duo enchaîne les titres aux mélodies entêtantes, et semble avoir trouvé la recette parfaite pour faire danser la Belgique. Vous viviez dans le même quartier et fréquentiez la même école, mais il a fallu du temps pour que vous finissiez par vous rencontrer tous les deux. Était-ce en premier lieu une rencontre amicale ou musicale ? Julien Joris  : « Elle a été en premier lieu musicale, mais est devenue rapidement amicale. En 2010, on a démarré un groupe qui s’appelait Meridians, dans lequel on chantait en anglais. On sortait tous les deux de groupes et on a été mis en contact par mon frère. On a ensuite continué en duo, pour créer Delta en français. » Pourquoi avoir effectué ce changement de langue ? Benoit Leclercq  : « Nous voulions transmettre notre message dans notre langue maternelle parce qu’on sentait un souci de légitimité et de concurrence. On a aussi eu des opportunités grâce à un label, qui nous a proposé de nous lancer en français. On a toujours été fan de pop/rock anglais mais on a rapidement accroché avec le fait de communiquer en français parce que ça nous rend plus honnête. Depuis notre premier album, on se sent aussi plus cohérent avec notre façon de nous exprimer dans notre langue maternelle. » Vous avez le don de créer des titres qui rentrent instantanément en tête. Est-ce que c’est le but recherché lorsque vous composez ? J.  : « Ça sort comme ça parce que l’on vient d’un milieu pop et qu’on en écoute beaucoup. On met l’accent sur la mélodie et c’est donc assez naturellement que cela reste en tête. Après on travaille énormément et on ne garde que les meilleures, c’est donc assez normal que la sélection finale soit composée de morceaux qui nous ressemblent et qui seront efficaces. » Dans « Anomalie » et « Retour à l’anormal », vous vous concentrez sur le concept de normalité. Quel est votre rapport à cela ? B.  : « La normalité n’est propre qu’à toi, en fonction de tes racines et de ton vécu. On ressent souvent des pressions issues de ce concept de normalité alors que cela n’a pas de sens, puisqu’il diffère pour chacun. On trouve donc que c’est essentiel de créer sa propre normalité pour se sentir bien. Et s’il faut sortir d’un schéma boulot 9-17 puis retour à la maison pour cela, tant mieux ! Le fait d’être en sécurité financière ne nous permet pas spécialement d’être en sécurité mentale et chacun doit faire ses propres choix pour trouver le juste équilibre. » « En fait » vous permet de dire que vous acceptez de ne pas savoir. Est-ce que ça vient d’un ras-le-bol des personnes qui ont des avis sur tout ? J.  : « On a vécu à Paris pendant un an et demi et on a réalisé qu’il y avait des débats pour tout, qu’il était difficile d’avoir une conversation simple. En tant que Belges, on acceptait l’autre avis sans aller chercher plus loin mais on s’est rendu compte que c’était loin d’être le cas pour tout le monde. ‘En fait’nous permet de dire  : ‘Si tu ne sais pas, tais-toi !’. C’est une leçon d’humilité ! » Vous abordez le regard des autres dans « Aimez-moi » et « Taille humaine ». Est-ce que vous vous libérez de cela au fur et à mesure de votre évolution artistique ? B.  : « Dans ‘Taille humaine’, on parle de son regard sur soi-même. Pour ‘Aimez-moi’, on évoque le fait que tout ce qu’on fait dans la vie de tous les jours a pour but d’être aimé de ses proches. J’ai le sentiment qu’on se détache de ce regard avec l’âge, non ? » J.  : « Oui, maintenant lorsque l’on sort un son et qu’un hater va dire que c’est nul, on se demande vraiment quel est le but, mais ça ne nous touche plus. » Il y a quelques semaines, vous repreniez les concerts avec, entre autres, un concert sur la Grand-Place. Qu’est-ce que vous avez ressenti en tant que Bruxellois ? J.  : « C’est un lieu mythique et à chaque fois que j’y passe, je me rends compte de la chance qu’on a de l’avoir. Le fait de se retrouver dans ce cadre sur scène, c’était super impressionnant, on ne pouvait pas rêver mieux. On sent que les gens sont trop contents de retourner en concert et c’est un plaisir que l’on partage parce que ça nous avait beaucoup manqué. » B.  : « Cela nous a fait réaliser que ce que l’on pensait acquis ne l’était pas. Maintenant que c’est de retour, on se rend compte de la chance que l’on a. » Sébastien Paulus Ph. D.R. EN QUELQUES LIGNES SOUND CHECK Parfois, la musique n’a pas besoin d’être compliquée pour être qualitative, et ce n’est pas les deux gars de Delta qui seront là pour le contredire. « Genre humain » voit les titres accrocheurs s’enchaîner à un rythme effréné, sans que l’on ne se rende compte du temps qui passe. Rafraîchissant, l’album met de bonne humeur et se consomme sans modération. ●●●○○



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