Métro Belgique n°4361 7 oct 2021
Métro Belgique n°4361 7 oct 2021
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°4361 de 7 oct 2021

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : n.v. Mass Transit Media

  • Format : (235 x 315) mm

  • Nombre de pages : 20

  • Taille du fichier PDF : 3,1 Mo

  • Dans ce numéro : des dinosaures engagés.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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12 a FEELGOOD JEUDI 7/10/2021 1 metrotime.be Préserver sa sexualité pour mieux le cancer Comment préserver l’intimité dans son couple, une vie sexuelle épanouie, lorsqu’on est atteint(e) d’un cancer ? Encore taboue, la question est désormais mieux prise en compte par les professionnels de santé, pour aider à combattre la maladie. Quand on lui a diagnostiqué son cancer du sein il y a 4 ans, Amélie, alors âgée de 30 ans, sans aucun antécédent, a d’abord dû digérer l’annonce. « J’étais en plein préparatifs de mon mariage », se souvient-elle en amont d’Octobre rose, mois de sensibilisation à la lutte contre le cancer du sein. Elle doit subir plusieurs opérations. « On ne m’a pas retiré un sein, c’était déjà un grand soulagement ». Mais les traitements pour guérir ce cancer « hormono dépendant » provoquent une « ménopause artificielle »  : « j’avais des bouffées de chaleur, j’ai pris du poids, perdu mes cheveux, je ressentais une fatigue chronique », confie-telle. Sa vie intime en prend un coup, d’autant que les traitements, qui entraînent une sécheresse vaginale, rendent aussi les rapports sexuels douloureux. L’oncologue qui la suit à l’institut Gustave-Roussy, en banlieue parisienne, est alors uniquement « ’focus’sur ce cancer qu’il faut éradiquer ». Comme elle, de nombreuses personnes voient leur vie sexuelle bouleversée par la maladie. Et n’ont souvent personne avec qui aborder le sujet. « Il y a une vraie demande des patientes, mais peu d’interlocuteurs en face », affirme Pierre Bondil, urologue, oncologue et sexologue. « Sur ce sujet, on reste dans le domaine du tabou, des idées reçues, beaucoup de médecins considèrent que même si c’est important, ce n’est pas la priorité ». Mais les choses commencent à changer. « Depuis quelques années, la dimension du bienêtre, de la qualité de vie, est mieux prise en compte dans le traitement du cancer ; la santé sexuelle en fait clairement partie », explique-t-il. « Il y a un changement de paradigme  : on a un faisceau d’arguments pour dire que comme le sport ou la santé mentale, elle peut probablement jouer un rôle dans la guérison ». JEUDI 21 OCT BELGIQUE KOSOVO OHL LOUVAIN KICK-OFF 20.00 TICKETS VIA RBFA.BE ! #COMEONBELGIUM Ph. Fly View Productions/Getty Images « UN DÉCLIC » Problème, la plupart des médecins compétents pour soigner le cancer ne sont pas formés, ou très peu, à cette dimension. Partant de ce constat, Eric Huyghe, chirurgien oncologue à Toulouse, a créé un diplôme d’onco-sexologie il y a cinq ans. « Cette formation diplômante en e-learning s’adresse à des professionels qui ont un diplôme en sexologie et ne connaissent pas le cancer et inversement », explique-t-il. « Les données épidémiologiques nous montrent que le cancer a un impact sur la sexualité pour un(e) malade sur deux ; c’est un domaine qui ne doit plus être tabou et qu’il faut enseigner », estime-t-il. D’autant, rappellet-il, que les cancers génitaux ou à symbolique sexuelle comme le sein sont très fréquents. Parce qu’elle manquait de réponses à apporter aux femmes atteintes de cancer, Marion Aupomerol, gynécologue médicale à Gustave-Roussy, s’est formée à la sexologie. Et une consultation de santé sexuelle s’est ouverte à l’hôpital en novembre dernier. « Les principales questions que posent les femmes ou les couples concernent la douleur, provoquée par les traitements, et la perte de désir, liée à la maladie », rapporte cette médecin. Or « des solutions existent », pour traiter à la fois des problèmes dits « mécaniques » -comme des crèmes contre la sécheresse, ou de la kiné de relaxation-, mais aussi vaincre des blocages psychologiques. Pendant son cancer, Amélie a été suivie par la gynécologue  : Plus d’un adolescent sur sept vit avec un trouble mental « Plus d’un adolescent sur sept âgé de 10 à 19 ans vivrait avec un trouble mental diagnostiqué », s’est alarmé l’Unicef lors de la publication du rapport « La situation des enfants dans le monde 2021  : Dans ma tête  : Promouvoir, protéger et prendre en charge la santé mentale des enfants ». Le dossier, publié lors de la conférence internationale « Mind Our Rights, Now ! » alerte sur la santé mentale des enfants, dégradée notamment par la Covid-19. « Les conséquences de la pandémie sont considérables, et il ne s’agit pas là que de la partie émergée de l’iceberg », souligne Henrietta Fore, directrice générale de l’Unicef dans un communiqué. Selon les chiffres cités par l’organisation onusienne, « 46.000 adolescents se suicident chaque année ce qui en fait l’une des cinq principales causes de décès pour cette tranche d’âge ». L’organisation dédiée aux droits de l’enfant regrette que « seuls 2% environ des budgets alloués à la santé sont affectés à la santé mentale dans le monde ». Un investissement « trop faible », déplore la directrice générale de l’Unicef. Pour accompagner les parents, l’Unicef a mis en ligne un guide intitulé « Qu’est-ce qui te concerne ? ». Classée en quatre catégories d’âge (de 0 à 5 ans jusqu’à 14-18 ans), cette campagne explique les principaux changements vécus lors de chaque période de vie et prodigue des « conseils pour ouvrir le dialogue ». Les institutions privées et publiques ont un rôle « C’est la première personne à m’avoir demandé comment ça se passait dans mon couple », raconte-t-elle. « Ça a été un déclic pour moi, ça m’a aidé à me dégager d’une certaine culpabilité vis-à-vis de mon compagnon », assure la jeune femme. Tout en rappelant que le cancer peut aussi impacter le désir du conjoint  : « voir subitement sa femme avec un crâne chauve n’a rien d’anodin ». « La parole autour de la sexualité s’est libérée dans quasiment toutes les sphères de la société, il faut qu’on y arrive aussi à l’hôpital », prône Marion Aupomerol. Pour libérer cette parole, la Fondation ARC pour la recherche sur le cancer a réalisé un livret « préserver sa sexualité » téléchargeable sur son site internet. ◀% i Ph. FatCamera/Getty Images à jouer, estime l’Unicef qui encourage ces organismes à « investir de toute urgence dans la santé mentale des enfants et des adolescents dans tous les secteurs », notamment en termes de prévention. Il souhaite également garantir un meilleur suivi des troubles de la santé mentale, notamment via l’éducation et de la protection sociale et enfin de « briser le silence qui entoure la maladie mentale ». ◀
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