Métro Belgique n°4320 22 jun 2021
Métro Belgique n°4320 22 jun 2021
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°4320 de 22 jun 2021

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : n.v. Mass Transit Media

  • Format : (235 x 315) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 3,4 Mo

  • Dans ce numéro : les Diables au top !

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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12 IM CULTURE MARDI 22/6/2021 metrotime.be ‘PROMISING YOUNG WOMAN’  : LA VENGEANCE EN HAUTS TALONS « Peu de femmes règlent leurs problèmes par la violence » Londres, mars 2020. Tandis que le premier cas de Covid-19 dans le pays est annoncé, nous rencontrons l’actrice Carey Mulligan et la réalisatrice Emerald Fennell pour ‘Promising Young Woman’, un thriller pétillant sur une femme vengeresse, qui faisait beaucoup parler de lui… Juin 2021  : Après une pandémie mondiale, deux confinements, et un Oscar du meilleur scénario, le film sort enfin au cinéma. Et nous publions enfin cette interview. Un film qui, comme la vengeance, se mange froid… mais l’attente valait le coup. Comment est née l’histoire de Cassie, jeune femme prometteuse devenue prédatrice impitoyable ? Emerald Fennell  : « J’avais envie de faire un thriller avec une héroïne. J’adore le cinéma de genre, les’revenge movies’(films de vengeance, NDLR), et je n’en avais pas vu beaucoup avec des femmes. Je voulais casser l’image classique de la femme en colère. À la fois statistiquement, et dans ma vie, je ne connais pas beaucoup de femmes qui règlent leurs problèmes par la violence. Et sans en dévoiler trop de l’histoire, c’était important pour moi d’être honnête sur cette violence  : montrer à quoi ça ressemble, mais aussi ce qui a tendance à arriver dans ces cas-là… » Carey Mulligan  : « Au fond, Carrie veut corriger une injustice faite à quelqu’un qu’elle aime, et qui a changé sa vie pour REVIEWS PROMISING YOUNG WOMAN Qu’est-il donc arrivé à Cassie ? Ancienne étudiante en médecine, cette jeune femme prometteuse a mystérieusement tout plaqué du jour au lendemain. Désormais trentenaire, elle travaille la journée dans un café. Mais la nuit, Cassie mène une double vie  : rôdant en boîte de nuit, elle assouvit ses envies de vengeance sur des proies masculines judicieusement choisies… Voilà un film original de bout en bout  : du scénario malin (et oscarisé) au casting pétillant (Carey Mulligan, Laverne Cox, Alison Brie) en passant par la mise en scène colorée, et jusqu’à la B.O. qui décoiffe (‘Toxic’de Britney repris au violon svp !). On pardonne même la love-story attendue, parce que c’est Bo Burnham. Un film jouissif et ambitieux, et porté par un féminisme à la fois frondeur et réaliste. On se réjouit qu’il trouve enfin le chemin des salles. (em) Ph. D.R. ●●●●○ toujours. Donc ça part d’un endroit d’amour. C’est aussi un film qui parle d’amitié, de sororité. » La sororité, c’est important pour vous ? CM  : « Oui, je suis très proche de mes amies d’enfance, on fête nos anniversaires ensemble… Mais professionnellement aussi, c’est merveilleux de rencontrer des personnes qui comprennent le monde comme vous. J’ai vraiment trouvé ça avec Emerald ! EF  : « Carey, elle est ‘anti-précieuse’  : quand on lui demande quelque chose, elle ne fait pas de chichis, elle le fait. Souvent ça prend du temps pour défaire les couches de quelqu’un, mais elle fait ça avec une aisance folle. On peut être vraiment franches l’une avec l’autre. Bref, je la déteste (rires). » A QUIET PLACE 2 (SANS UN BRUIT 2) Sortez le pop-corn, on tient le film d’horreur de l’été ! Mais chut, pas un bruit… Pour la suite de son festival d’angoisse avec Emily Blunt sur une invasion d’aliens à l’ouïe ultra-sensible, Josh Krasinski (‘The Office’, ‘Jack Ryan’) a la bonne idée d’élargir son univers dangereusement silencieux avec de nouveaux décors, puis l’arrivée du toujours épatant Cillian Murphy (‘Peaky Blinders’, ‘Batman Begins’). Mieux, il construit son récit autour de quelques scènes aux concepts très forts, privilégiant les situations aux enjeux basiques mais terriblement ludiques (se taire ou mourir, il faut choisir). De la superbe scène d’introduction au final tonitruant, tout s’imbrique élégamment pour que la tension monte nonstop… Histoire de mieux nous clouer le bec, probablement ! (si) Ph. Sony ●●●●○ Ph. D.R. MOVIES Le film a été conçu avant #MeToo ? EF  : « Oui tout à fait, beaucoup de gens me posent cette question, mais pour moi ces choses ont fait partie de ma vie depuis toujours, de l’école à l’université jusqu’à la vie active. Et c’est le cas aussi de la plupart des femmes -et d’hommes gays aussi, notamment. C’est un sujet qui m’a toujours questionnée. Ça fait l’actualité aujourd’hui, mais ce n’est hélas pas neuf. » Est-ce plus facile de faire des films sur ce genre de sujet après que #MeToo ait délié les langues sur le STAGE MOTHER C’est l’histoire d’une mère conservatrice dans un bar gay ! On dirait le début d’une blague, pourtant ce film est tiré de faits réels. Il suit la reconversion inattendue de Maybelline, une bonne chrétienne du fond du Texas, héritant d’un cabaret de travestis à San Francisco après le décès de son fils homo. Bizarrement, ‘Stage Mother’se contente de surfer platement sur son sujet en or, pour rester tiède de bout en bout. La faute au réalisateur Thom Fitzgerald, qui passe complètement à côté du talent de son casting de pros (Jacki Weaver, Lucy Liu, Adrian Grenier…). Restent des blagues typiquement queer (mais très anglophones, comme les noms des drag queens, truffés de jeux de mots coquins) et une scène de piano-bar d’enfer avec un barman torse nu et Mya Taylor, la révélation de ‘Tangerine’. (si) Ph. Distri7 ●●○○○ sexisme ? EF  : « Question difficile… Peut-être ? En même temps, je pense qu’il n’y a toujours pas beaucoup de films avec cet angle. Je crois qu’on a plus souvent tendance à connecter le vécu d’une réalisatrice par rapport à son film. On a tendance à séparer plus facilement l’homme et l’artiste quand c’est un homme. Pas seulement quand c’est un artiste d’ailleurs. Mais ce qui est réjouissant, c’est qu’on semble arrive à un moment dans nos sociétés où c’est peut-être en train de changer. » Elli Mastorou @cafe_soluble MIJN VADER IS EEN SAUCISSE (MON PERE EST UNE SAUCISSE) Assez dépéri au bureau, il est temps d’écouter son cœur ! C’est ainsi que Paul (Johan Heldenbergh, formidable) quitte subitement son travail à la banque pour tenter sa chance comme acteur. Mais ses chances de pouvoir maintenir le niveau de vie de sa famille sont maigres, et ce changement de carrière inattendu est un choc pour sa femme Véronique, sa fille aînée Fien et son fils Kas. La seule de la famille à s’enthousiasmer, c’est sa fille cadette de 12 ans, Zoë (Savannah Vandendriessche, excellente aussi), qui décide d’aider son papa. ‘Mijn vader is een saucisse’prend des thèmes matures -vivre sa vie en se laissant guider par la passion ou par la raison ? - et les emballe dans un film juvénile et enjoué. Y compris les séquences animées. (rn) Ph. Kris Dewitte ●●●○○
metrotime.be I MARDI 22/6/2021 CULTURE 13 AVEC SON PREMIER ALBUM, GÉRARD LANVIN SE LIVRE AVEC SON CŒUR DE ROCKEUR « Là, je n’interprète rien. Pour la première fois, c’est moi » De passage à Bruxelles, à 70 ans, Gérard Lanvin est un homme heureux. Avec son fils Manu, il vient de sortir « Ici-bas », un nouveau défi et un premier album qu’il attend impatiemment de défendre sur scène. Comment allez-vous ? « Ma foi, très bien. Je suis à Bruxelles et c’est pour ça que je vais bien. J’ai un plaisir à chaque fois à venir ici car vous avez un tempérament heureux que j’aime beaucoup. De plus, cela faisait longtemps que je ne m’étais plus déplacé. Maintenant, on se déplace habillés en Zorro avec un masque. Désormais, on est dans la vigilance partout. Quand on se déplace, il faut faire attention à tout. Il n’y a plus la même émotion. C’est particulier mais c’est une expérience de plus, un moment de vie que nous devons tous partager. » Comment est né ce projet musical ? « Ce sont les circonstances qui ont décidé de tout ça, cette saloperie de virus. Mon fils Manu et moi, nous étions tous les deux bloqués à Paris. Un jour, il m’a dit qu’il avait écrit des musiques pour moi. On avait un petit studio d’enregistrement à Montmartre et on a regardé ce qu’il était possible de faire avec tout ça. J’ai écrit une chanson qui s’appelle ‘Appel à l’aide’sur l’une de ses musiques. Ça s’est très bien passé et il m’a dit que maintenant il m’en restait neuf à écrire pour faire un album. » Comment de temps cela vous a-t-il pris ? « Cela m’a pris à peu près quatre mois pour écrire ces neuf morceaux et fabriquer l’album. On aurait pu appeler cet album ‘L’an 20’car c’est un constat sur l’année derrière et il y avait de quoi écrire ! Je lui ai amené mes textes et nous avons travaillé pour que ça devienne des chansons de trois minutes. J’avais déjà pratiqué l’exercice et cela m’a permis de croire en moi là-dessus. J’avais écrit pour Bernie Bonvoisin, le chanteur de Trust à l’époque, et pour Paul Personne. Au niveau de l’écriture, j’avais donc déjà saisi la technique. Mais comme cette fois c’est moi qui allais chanter les textes, je ne me suis pas privé d’écrire ce que j’avais envie d’écrire, sans refus de la part de l’interprète. » Avez-vous hâte de défendre cet album sur scène ? « J’ai envie de me dépuceler. C’est une nouvelle intention, une nouvelle énergie que je me propose de vivre. J’ai 70 balais et je souhaite à tous ceux qui ont le même âge que moi de vivre dans cette intention identique et de ‘rebander’un peu. Le challenge n’est pas de prouver quelque chose aux gens mais de participer avec eux à une émotion collective. En cela, la musique est un vecteur idéal. » Quand commencera la tournée ? « Figurez-vous que la première date de la tournée est prévue le 22 avril 2022, ici au Cirque Royal. Je viens de pénétrer dans ce lieu, j’ai passé le rideau rouge et je viens de découvrir cette salle. C’est sublimement beau. Avec mon groupe, on sera huit sur scène. Ça va déménager sérieux et ça va être top. Après, je ferai aussi l’Olympia à Paris. Je suis donc servi au niveau des émotions ! » Est-ce que vous avez l’impression de jouer un rôle lorsque vous êtes sur scène ? « Eh bien, c’est un rôle qui pourrait être possible dans un film mais là, c’est la réalité. À part le fait de me mettre une casquette pour avoir une identité un peu différente de l’acteur Gérard Lanvin, je me lance dans une émotion qui n’est pas truquée et c’est un privilège. D’habitude, je suis toujours le personnage qu’on me propose de jouer. Ce n’est pas moi. J’interprète un personnage qui est écrit et pensé par un autre. Là, je n’interprète rien. Pour la première fois, c’est moi. J’interprète mes mots. Je le fais avec ma propre personnalité, mon intention et le constat social que je veux faire passer. » Dans le titre « Appel à l’aide », vous utilisez des mots forts et poignants pour évoquer les violences faites aux femmes. « J’ai ma pote Marie Trintignant qui a été exécutée par un homme qui n’a pas su se retenir. Je suis très sensible à cette émotion-là, à ce mal-être provoqué aujourd’hui par la Covid dans plein de couples, mais aussi à la folie des hommes qui ne savent pas se contenir et qui tapent sur les femmes et parfois les tuent et les brisent. C’est un sujet très sensible auquel tout le monde doit s’associer. » Dans le morceau « Ce monde imposé », vous écrivez être « fatigué de vous trouver dans ce monde connecté ». Quel rapport avez-vous avec les réseaux sociaux ? « Je suis fatigué de ce monde connecté. Je trouve qu’il est dangereux. Le progrès n’a pas respecté ce qu’il a remplacé. Tous ces gens qui se gerbent dessus et même les enfants qui arrivent à se filer des coups de couteau dans le cœur sur ces réseaux. Ce monde me fatigue. J’ai vécu dans un autre genre de monde et je regrette ce monde où on était plutôt hippie qu’autre chose. » Parallèlement, vous êtes quand même sur Instagram, Facebook et YouTube… « Non, non, ce n’est pas moi. C’est mon fils qui a créé tout ça. Il est dans la nouvelle technologie et il en avait besoin pour communiquer. Moi, je ne comprends rien à la manipulation de ce truc et je ne lis rien de tout ça. Je vous le dis sincèrement, à mon âge, je ne vais pas essayer de comprendre pourquoi il y en a qui m’aiment et d’autres qui ne m’aiment pas. Ceux qui m’aiment, je les remercie. Les autres, ce n’est pas grave. On ne peut pas faire l’unanimité, encore moins quand on est connu. Car cela provoque forcément chez les autres des jalousies. Et ce monde qui consiste à aller voir dans le cul du voisin par le trou de la serrure, ce n’est pas mon genre de vie. Je m’en fous et je n’y participe pas. Mais c’est vrai qu’aujourd’hui si vous voulez faire de la communication, il faut passer par les réseaux. C’est pour ça que mon fils s’en occupe et je le laisse faire. » EN QUELQUES LIGNES Thomas Wallemacq SOUNDCHECK « Ce monde qui consiste à aller voir dans le cul du voisin par le trou de la serrure, ce n’est pas mon genre de vie » Ph. D.R. La pandémie mondiale et le confinement ont eu un effet surprenant sur Gérard Lanvin. À 70 ans, l’acteur aux deux César s’est lancé dans la musique avec « Ici-Bas », son premier album. Il pousse la chansonnette sur des textes qu’il a écrits sur des morceaux composés par son fils, le musicien Manu Lanvin. Ce n’est pas le premier acteur français à se lancer dans la chanson et beaucoup s’y sont déjà cassé les dents. Alors certes, Gérard Lanvin n’est pas le meilleur des chanteurs mais il se dégage pourtant bel et bien quelque chose de particulier et de surprenant de ce premier album. Il pose sa voix rocailleuse sur des sonorités blues et rock et il se livre avec beaucoup de sincérité dans dix morceaux qui ne sont pas sans rappeler Alain Bashung ou encore Renaud. (tw) ●●●○○



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