Métro Belgique n°4315 4 jun 2021
Métro Belgique n°4315 4 jun 2021
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°4315 de 4 jun 2021

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : n.v. Mass Transit Media

  • Format : (235 x 315) mm

  • Nombre de pages : 20

  • Taille du fichier PDF : 2,6 Mo

  • Dans ce numéro : deux jeux olympiques à 100%.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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10 CULTURE VENDREDI 4/6/2021 metrotime.be EDDY DE PRETTO LIVRE UNE ODE À LA DIFFÉRENCE « À TOUS LES BÂTARDS » « La différence est une force » En 2018, Eddy De Pretto sortait « La Fête de trop » et faisait l’unanimité auprès du grand public et des journalistes. Trois ans et de nombreux concerts plus tard, le jeune homme revient avec « A tous les bâtards ». Véritable ode à la différence, cet album permet au chanteur de se raconter, avec une plume toujours aussi belle et une sincérité toujours aussi touchante. Le message véhiculé par l’artiste est clair  : il faut assumer sa différence et en faire une force ! Vous avez été révélé auprès du grand public grâce à « Cure », ce qui vous a propulsé sur les devants de la scène. Mais « A tous les bâtards » nous apprend que vous avez commencé à chanter pour les touristes… « Tout à fait, je chantais sur des bâteaux-mouches pour des touristes à Paris pendant trois ans. C’était un exercice compliqué, mais très enrichissant qui m’a appris beaucoup. Chaque soir, il fallait répéter la même routine, et surtout s’adapter à son public, qui ne réagissait jamais de la même manière à ce qu’on lui présentait. Parfois on ne me regardait et on ne m’écoutait même pas, il fallait se confronter à l’indifférence. » Comment avez-vous vécu ce succès fulgurant il y a trois ans ? « Je dirais que beaucoup de choses incroyables me sont arrivées, mais qu’il y a aussi eu des mauvais côtés. J’ai pu me projeter et concrétiser certaines choses que je gardais en moi depuis longtemps. Mais avec cela est venue la crainte de ne plus savoir quoi raconter, de ne plus trouver de sujets qui me parlent et qui parlent à mon public. » Est-ce que ce succès est à l’origine de certaines de vos addictions, dont la cocaïne, que vous abordez dans « Désolé Caroline » ? « Non, j’ai toujours baigné dans la fête, toujours eu de la drogue, bon il n’y a plus de fête en ce moment avec la crise sanitaire (rires). J’ai toujours aimé me perdre dans la fête. Mais dans ce morceau, je n’évoque pas que cela, c’est une chanson à double sens dans laquelle de nombreuses personnes peuvent se retrouver. » Qui sont les bâtards auxquels vous vous adressez sur cet album ? « Ce sont toutes les personnes qui sortent du moule et qui ont du mal à se retrouver dans une case. Quand j’étais plus jeune, parfois même encore maintenant, j’ai été montré du doigt et on m’a dit que j’étais moche. Je voulais dire à toutes ces personnes SOUNDCHECK Ph. S. Muraire EN QUELQUES LIGNES qui se sentent différentes qu’en réalité, c’est une force qu’ils doivent exploiter. » Ils sont rares les jeunes artistes qui parviennent à transcender la barrière de l’âge pour séduire un large panel d’auditeurs. En 2021, Eddy De Pretto est très clairement l’un d’entre eux. Le chanteur de variété française met sa plume au service de mélodies recherchées, dans le même registre que le premier album. La liberté de ton du jeune homme reste inchangée et les sujets qui sont abordés le sont sans tabou. Eddy De Pretto confirme donc le statut de révélation qu’il avait acquis suite à la sortie de son premier album et livre une ode à la différence fédérateur. Est-ce que ça a été difficile d’assumer votre homosexualité en devenant une personnalité publique ? « On m’a beaucoup limité à cela depuis trois ans, mais j’ai toujours essayé de dire que je suis beaucoup plus que ça, que je suis un humain complexe comme nous le sommes tous. C’est essentiel de garder ça en tête à l’heure où on fait toujours plus de raccourcis. Dans « La Fronde », j’ai utilisé le ‘nous’pour être fédérateur » Vous consacrez une chanson à une « freak » en particulier, Rose Tati, dont on entend la voix… « Oui c’est vraiment ma ‘freak’à moi. Elle incarnait la liberté à mes yeux car elle était célibataire, n’avait pas d’enfants et était une artiste dans l’âme. Elle m’a toujours dit de ne pas m’enfermer dans une case, qu’il ne fallait pas faire des études pour réussir et surtout de m’accepter et de m’aimer comme j’étais. C’était tout le contraire de ma mère qui incarnait une éducation plus stricte. Sur cette chanson, on entend un ●●●●○ message qu’elle a un jour laissé sur mon répondeur et qui m’a beaucoup touché. » Est-ce que vous envisagerez d’arrêter si vous ne parvenez plus à trouver d’inspiration ? « Oui, je ne vois pas l’intérêt de continuer si j’ai épuisé mon inspiration. J’essaie toujours de chercher des sujets qui ont du sens et faire en sorte que mes textes parlent à mon public, que mes chansons soient personnelles. Ces textes viennent directement de mon intimité. » Sébastien Paulus
I r2 metrotime.be VENDREDI 4/6/2021 CHECK-IN 11 FLO DELAVEGA, « RÊVEUR FORÊVEUR » AU MILIEU DE SON JARDIN SECRET « J’avais besoin de me reconnecter à la nature » Après des années d’absence, Flo Delavega fait son grand retour sur les devants de la scène. Son aventure avec Jérémy Frérot écourtée, le Français a décidé de revenir à un mode de vie beaucoup plus proche de la nature. « Rêveur forêveur » est marqué par cette reconnexion à des choses essentielles, et une certaine forme de déconnexion, caractéristique de l’univers du rêve. Suite à votre séparation avec Jérémy Frérot, vous avez radicalement changé votre trajectoire de vie, pour revenir à quelque chose de beaucoup plus naturel. Que s’est-il passé ? Flo Delavega  : « J’ai été m’installer en forêt avec ma chérie et cela m’a fait beaucoup de bien. J’ai toujours été très proche de la nature, mais mon engagement a pris une autre dimension au fur et à mesure de mes lectures et des documentaires que j’ai visionnés. J’ai pris conscience qu’on faisait n’importe quoi de notre planète et je voulais prendre de la distance avec tout ça. J’avais besoin de me reconnecter à elle. » EN QUELQUES LIGNES L’aventure des Fréro Delavega a beau s’être terminée il y a longtemps, Flo reste profondément attaché à la musique que le duo faisait à l’époque. « Rêveur forêveur » permet à l’auditeur de se retrouver au milieu de la forêt dans laquelle vit le chanteur, en harmonie avec la nature. Difficile de ne pas comparer cet album avec celui de Jérémy Frérot, sorti au même moment. S’il a le mérite d’être solaire, l’album reste légèrement simpliste et manque quelque peu d’originalité. ●●●○○ Comment expliquez-vous la fin de cette aventure avec Jérémy ? « C’était une très belle histoire, mais c’était nécessaire d’y mettre un terme. Je n’avais plus de ses nouvelles que via les journalistes qui m’interviewaient. En réalité, j’avais beaucoup de mal avec mon image et toute la pression médiatique durant cette période. Pour mon retour, j’ai pourtant eu besoin d’avoir l’appui de Jérémy donc je l’ai appelé, et il était ravi pour moi. » Vous parlez de la difficulté à gérer la pression médiatique, qu’est-ce qui vous permet d’être beaucoup plus apaisé devant les journalistes désormais ? « J’ai beaucoup plus de recul sur les choses et je me sens mieux à différents égards. À l’époque, je n’étais pas en accord avec moi-même. Je pensais être plus à ma place dans l’ombre que sous le feu des projecteurs. Le fait d’avoir vécu en ermite pendant plusieurs années m’a fait réaliser que je n’étais pas seulement fait pour être dans l’ombre, et que j’avais aussi des choses à mettre en lumière… » Est-ce que la paternité vous a aidé à faire ce retour en musique ? « Devenir père, ça change tout. Avec la vie que l’on menait, nous nous sommes assez rapidement sentis isolés pour toute une série de choses. Désormais, on vit de façon plus hybride, entre la ville et la forêt, et ça s’est accompagné de retrouvailles avec la musique pour moi. Ma compagne m’a énormément soutenu et a facilité ce retour. » On entend d’ailleurs Santi sur l’un des titres, « Merci la vie » … « Oui, c’était un jour où il se sentait reconnaissant de pas mal de choses. J’ai donc sorti mon téléphone pour l’enregistrer. C’était un moment touchant. La venue de Santi a fait que l’on réfléchit pour trois à jamais, mais c’est une magnifique aventure. » Par ailleurs, vous partagez un titre, « Un beau jour », avec votre compagne Natalia Doco. C’était indispensable qu’elle figure sur cet album ? « Oui, je ne pouvais pas imaginer de faire cet album sans elle. Elle est la mère de mon enfant et c’est grâce à elle que je suis l’homme que je suis à l’heure actuelle. C’est ma compagne, DEVILTIME BELGIQUE CROATIE 06 JUIN mais c’est aussi ma meilleure amie et on échange énormément. Quand on s’est rencontrés, elle ne parlait pas français et je ne parlais pas espagnol. Maintenant, on parle chacun la langue de l’autre. » Dans cet album, on ressent la place énorme que prend la nature dans votre quotidien… « C’est ce que l’on voulait accomplir. Cet album a été enregistré loin des studios, avec une fenêtre ouverte sur la nature. On voulait que les auditeurs ressentent vraiment ce lien fort avec la nature et qu’ils se sentent comme en forêt. Désormais, je ne suis plus autant en forêt qu’avant, mais c’est sûr que la place que cela prend dans ma vie est toujours aussi grande. » L’aboutissement de ce mode de vie, c’est un projet de festival en pleine nature que vous souhaitez créer… « Tout à fait. J’aimerais créer un festival qui me ressemble, au cœur de la forêt, chez moi. L’idée serait de mettre l’écologie au centre de l’événement et de parler de biodiversité avec les participants. J’ai construit une scène en bois et j’ai planté des centaines d’arbres. Maintenant Téléchargez la toute nouvelle appRBFA et accédez à l’histoire du football ! Ph. D.R. SOUNDCHECK j’aimerais faire ça à d’autres endroits dans le monde, notamment en Belgique. » Outre la nature, c’est l’univers du rêve que vous abordez largement sur cet album. Être rêveur, c’est profondément ancré dans votre caractère ? « Oui, j’ai toujours été dans mes pensées. Je pense que le fait d’appeler au rêve dans ‘Rêveur forever’, c’est aussi inviter l’auditeur à se reconnecter avec luimême. C’est quelque chose qui me semble essentiel et que l’on a tendance à oublier. » Sébastien Paulus



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