Métro Belgique n°4311 21 mai 2021
Métro Belgique n°4311 21 mai 2021
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°4311 de 21 mai 2021

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : n.v. Mass Transit Media

  • Format : (235 x 315) mm

  • Nombre de pages : 20

  • Taille du fichier PDF : 3,2 Mo

  • Dans ce numéro : précipice à Paris.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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10 CULTURE VENDREDI 21/5/2021 metrotime.be ROYAL BLOOD SORT L’UN DES ALBUMS ROCK DE L’ANNÉE « Nous avons créé un lien indéfectible » Il est rare de voir un duo marquer de son empreinte le rock, dominé par les groupes d’au moins trois musiciens. Mike Kerr et Ben Thatcher avaient pourtant fait forte impression avec leurs premiers albums, et étaient attendus au tournant pour ce troisième volet. Les deux complices se sont risqués à une nouvelle façon de faire la musique avec « Trouble’s coming ». Le résultat, c’est un enchaînement de hits irrésistiblement dansants. Après dix ans de carrière, est-ce qu’on peut dire que la sortie du titre « Trouble’s coming » est un tournant ? Ben Thatcher  : « Absolument. C’est avec ce morceau que le troisième album est né à nos yeux. Nous avons directement été excités par ce qu’il représenterait et par les nouvelles sonorités que nous allions explorer. Cela nous a donné une nouvelle direction pour composer le reste de l’album et c’est donc naturellement le premier titre que nous avons décidé de sortir. » Les deux premiers albums avaient une énergie très similaire, mais, cette fois-ci, vous bousculez tous les codes que vous aviez établis. Était-ce un changement nécessaire ? « Je n’ai pas trouvé que le changement était drastique, mais c’est certain qu’il y a une évolution. En tant qu’artiste, tu dois te développer et prendre des risques. Si tu ne le fais pas, tu restes dans ta zone de confort et ce n’est pas intéressant. Nous n’allions pas recréer éternellement ce que nous avions fait par le passé. Quand on sortait d’un concert et qu’on rejoignait notre bus de tournée pour faire la fête, on écoutait de la pop, de la funk… de la musique dansante ! Ça nous a amenés à nous demander pourquoi est-ce que l’on n’amènerait pas cet élément, cette sorte de ‘french dance’, sur scène. » Cette envie d’amener une « french touch » vient-elle de votre admiration pour des groupes comme Justice et Daft Punk ? « Ces groupes, on les admire et on a notamment eu la chance de devenir amis avec Justice, qui sont deux types incroyables. Leur musique, c’est presque du métal avec des claviers, des guitares et de la batterie. Leur façon d’interpréter la musique est incroyable, donc incorporer ça à notre façon de faire la musique, c’était naturel. Pour ce qui est de Daft Punk, leur musique ne mourra jamais. C’est certain qu’ils vont nous manquer et qu’ils ont eu une influence sur nous. » Est-ce que l’accueil très positif de vos fans lors de la sortie des premiers morceaux vous a encouragé à poursuivre dans cette direction ? « C’est certain. Ça a été très réconfortant de voir qu’ils nous soutenaient à fond dans cette nouvelle aventure. On pensait que nos fans de la première heure allaient être plus durs avec nous, mais on remarque que la consommation de la musique est maintenant très différente. Cela nous permet de toucher des publics beaucoup plus variés, qui apprécient énormément ce qu’on leur propose. » Côté batterie, vous jouez de façon beaucoup plus subtile que par le passé. Cela a-t-il été frustrant de ne pas pouvoir tout donner sur votre set ? « Ce sont ces éléments assez subtils qui font Ph. M. Perch EN QUELQUES LIGNES'e7-7'eeefre toute la différence sur l’album. Ils ont ouvert un nouveau champ des possibles pour nous et cela a humanisé la batterie qui peut sembler froide aux premiers abords. Pour moi, ça a été un nouveau défi parce que ça change complètement la façon de jouer. De l’extérieur, cela peut sembler plus simple que quand je frappe dans tous les sens, mais c’est l’inverse ! » Ce qui ne change pas, c’est l’alchimie que vous avez avec Mike sur scène et en dehors. Est-ce qu’elle existerait si vous n’étiez pas de bons amis ? « Avant toute chose, nous sommes amis. Notre rencontre musicale est presque le fruit du hasard, puisque l’on a joué ensemble dans plusieurs groupes avant d’essayer de jouer à deux. C’est pour un événement que je lui ai un jour demandé de faire un duo basse-batterie, mais on a essayé SOUNDCHECK Après deux albums qui s’inscrivaient dans la même lignée, Royal Blood était attendu pour son troisième bébé. Les deux Anglais sont parvenus à garder ce qui fait l’essence du groupe, tout en ajoutant une touche terriblement rafraîchissante à leur musique. C’est bien simple  : Ben et Mike prouvent avec « Trouble’s coming » qu’ils sont plein de ressources et qu’ils auront toujours la créativité nécessaire pour nous surprendre. C’est indubitablement l’un des albums rock de l’année. ●●●●○ de nombreuses choses ensemble avant d’aboutir à cette alchimie musicale. Quand Royal Blood est né, c’était la chose la plus naturelle au monde. » La notoriété que vous avez rapidement acquise a-t-elle été difficile à gérer pour garder cette amitié en vie ? « Non, c’était plutôt le contraire. Nous venons de petites villes où il n’y avait pas grand-chose à faire, avec des parents de la classe ouvrière. D’être projetés dans ce style de vie rock’n’roll à deux était très fun et complètement fou. On discutait tous les jours de la chance que l’on avait et tout cela ne nous a jamais éloignés. Les choses exceptionnelles que l’on a vécues ont créé un lien indéfectible que nous sommes les seuls à pouvoir comprendre. » Sébastien Paulus
I metrotime.be VENDREDI 21/5/2021 CULTURE 11 Du mic de Starflam à la télé digitale Nous avons été des millions à fredonner « Pour chaque cause un effet… » lors de la sortie du tube de Starflam  : « La Sonora » en 2001, sur leur album emblématique « Survivant ». Le crew belge comptait alors sept rappeurs dont Thomas Duprel, alias Akro. Celui-ci publie un livre autobiographique qui retrace son parcours, de son adolescence jusqu’à aujourd’hui où il dirige l’équipe de Tarmac, la chaîne digitale de la RTBF dédiée aux jeunes. Pour quelles raisons avez-vous écrit ce livre ? « Je voulais faire un bilan de ma moitié de vie et faire passer des messages. Entre autres, le fait que mon père voyait le rap d’un mauvais œil quand je me suis lancé et que, finalement, j’ai quand même réussi à en faire mon métier. Quand on a la passion, on peut tout réussir si on s’en donne les moyens. J’aime bien aussi l’idée de l’évolution dans ma carrière. Aujourd’hui, je suis manager d’une équipe de 25 personnes pour une chaîne digitale. Je pense à tous ces gens qui croient que le milieu professionnel dans lequel ils évoluent leur donne peu de perspectives. Ne vous inquiétez pas, vous pouvez utiliser votre expérience et la valoriser ailleurs. La vie est pleine de surprises, il ne faut pas avoir peur d’ouvrir les portes qui se présentent devant vous. » Un ancien rappeur, ça fonctionne comme manager d’une chaîne digitale ? « Oui parce qu’il y avait tout à faire chez Tarmac et la vision globale d’un projet, je l’avais déjà vécue avec Starflam. On devait tout inventer et avoir une vision à 360o. Dans les années 1990 et 2000, il n’y avait pas de mode d’emploi, pas de manager, pas d’aide pour s’occuper de la presse. On a créé notre propre business model, de la production à la communication en passant par les tournées, les financements… Alors, quand on m’a proposé d’orchestrer Tarmac, je n’ai pas eu peur de partir de rien. » Est-ce que cela aurait changé la donne si Starflam avait pu utiliser les réseaux sociaux ? « Je pense qu’on aurait pu être encore plus connus, c’est certain. On a vécu une vraie révolution, nous. En 2000, le marché du CD s’effondrait, les gens sautaient sur Napster et le MP3 et les maisons de disques restaient sur leur position du CD à 15 € et ne se réinventaient pas. J’ai vu de mes yeux des maisons de disques passer de 40 employés à quatre. Pendant dix ans, ça a été l’hécatombe. Il en fallait de la passion pour continuer ! » Un passage de votre livre illustre bien votre passion quand vous parlez des travaux manuels dans la cave d’un ‘ingé son’« J’avais 18 ans environ quand on a eu la possibilité de faire le premier disque. On n’avait pas assez d’argent pour payer l’ingénieur du son. Alors, on l’a payé en faisant des petits travaux chez lui. On a effectivement creusé dans sa cave, on a repeint des palissades… Finalement, ça a été très formateur pour prendre conscience du coût d’une heure de studio d’enregistrement. C’était tellement cher qu’il fallait que tout soit préparé au poil à l’avance sinon on perdait du temps et donc de l’argent. Aujourd’hui, c’est très différent parce que n’importe qui peut s’équiper chez lui pour refaire mille fois ses morceaux s’il le veut. En tout cas, je ne vous raconte pas le sentiment de kif total quand on a enfin eu ce premier CD dans les mains, quand on l’a fait tourner sur la chaîne Cette semaine en plus de nos meilleurs prix. Asperges blanches 500 g Origine  : Belgique/Pays-Bas. Espace fraîcheur 5,90 € /kg 2,95 € hi-fi familiale ou quand on l’a vu dans les rayons de la Fnac ! » Avant ce premier opus, votre groupe s’appelait Malfrats linguistiques. Vous avez bien fait de changer, non ? « On a décidé de changer de nom quand on a accueilli des nouveaux membres dans le groupe. Quand on avait choisi ‘Malfrats’, on n’avait pas remarqué que son anagramme était ‘Starflam’. On avait un ami qui, pour nous faire de la visibilité, graffait pour nous dans les rues. Et pour ne pas nous faire capter, il écrivait Malfrats à l’envers. Au final, c’est clair que Starflam, ça claque bien plus ! » Regrettez-vous que Starflam se soit délité après trois albums ? « Dans tous les groupes, quand le succès est là, les egos entrent en scène et les tensions avec. Et puis, certains voulaient partir en solo, c’était compréhensible. Il valait mieux que cela s’arrête. Je regrette juste que le dernier disque ait été créé dans de mauvaises conditions où il n’y avait plus vraiment de bienveillance. On l’a appelé ‘Donnemoi de l’amour’, c’est un comble. Par contre, la scène me manque, c’est le seul moment où on ne triche pas, on communique avec Steak restaurant Boucherie 13,50 € /kg Valable jusqu’au 25/5/2021 inclus. Découvrez toutes nos actions sur les produits frais sur colruyt.be/pourlefraisaussi (et dans nos magasins). le public, chaque concert est différent, c’est magique. » Ecrivez-vous encore des paroles ? « Bien sûr. Je prépare d’ailleurs un album solo à la rentrée ! Je suis à l’étape des maquettes et ça avance bien. J’espère pouvoir faire de la scène. Il y a aussi une autre actu qui ravira les fans de Starflam  : pour les 20 ans de la sortie de l’album ‘Survivant’, Warner sort ce printemps une édition limitée sous forme de vinyle. » Avec Tarmac vous avez la possibilité de garder le contact avec les jeunes rappeurs et rappeuses, quels artistes aimez-vous en ce moment ? « Je salue le succès de Roméo Elvis et de Caballero & Jean- Jass… J’aime bien aussi les Bruxellois de L’or du Commun et des filles comme Blue Samu ou encore l’Anversoise Miss Angel. Et il y en a plein d’autres bien sûr. » Est-ce que vous avez l’impression que les grands médias, en tout cas en télévision, laissent assez de place aux nouveaux artistes ? « Non, c’est certain, ils Ph. D.R. tournent en général en boucle avec les mêmes pendant dix ans. C’est pourquoi les médias digitaux sont tellement importants. La RTBF a eu une excellente idée avec Tarmac qui, d’ailleurs, est une vraie succes story. Je me donne beaucoup pour Tarmac parce qu’il y a de très bonnes valeurs de service public, mais aussi parce que c’est mon bébé et que je représente une culture alors j’ai la pression pour le faire du mieux que je peux. » « Rap Game  : De Starflam à Tarmac. Du rap au management 100% digital », 205 pages, éditions Lamiroy. Zespri kiwi Organic SunGold à la pièce Origine  : Nouvelle-Zélande. Espace fraîcheur BOOKS Lucie Hage 0,84 € /pièce



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