Métro Belgique n°4307 7 mai 2021
Métro Belgique n°4307 7 mai 2021
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°4307 de 7 mai 2021

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : n.v. Mass Transit Media

  • Format : (235 x 315) mm

  • Nombre de pages : 20

  • Taille du fichier PDF : 2,6 Mo

  • Dans ce numéro : Royal gardener.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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cm 9 CULTURE VENDREDI 7/5/2021 metrotime.be JULIEN SANDREL « Les liens du cœur peuvent être plus puissants que les liens du sang » L’auteur de « La chambre des merveilles » publie son quatrième roman chez Calmann-Lévy  : « Vers le Soleil ». Une nouvelle fois, Julien Sandrel nous plonge dans l’histoire d’une famille, celle d’une famille singulière, inventée de toutes pièces mais bien réelle. Un des points de départ de cette histoire, c’est un étrange phénomène venu du Japon… « Sacha va accepter une mission  : être acteur pour client privé. Ce phénomène existe vraiment au Japon. Dans un reportage, j’ai découvert l’histoire d’une jeune femme qui avait fait appel à une vingtaine d’acteurs pour jouer le rôle de sa propre famille à son mariage. Elle ne voulait pas que la famille de son mari rencontre la sienne. Ce reportage m’a fasciné. Je me suis demandé quels étaient les secrets qu’elle avait envie de cacher ? Et de l’autre côté, qu’est-ce qui a pu motiver ces acteurs à accepter cette mission ? C’est en m’interrogeant sur leur psychologie que sont nés les personnages de Tess et de Sacha. Au début de l’histoire, Tess propose à Sacha le rôle d’un oncle pour sa fille, Sienna. » Tess et Sacha vont partir « Vers le Soleil ». Pourquoi l’Italie comme décor de ce nouveau roman ? « J’avais une furieuse envie de voyage ! Par ailleurs, j’ai des racines italiennes et cela faisait quelques années que je voulais ancrer un roman dans un terroir italien. Je suis parti en vacances en Toscane à l’été 2019. J’ai adoré les paysages, la lumière et l’âme des villes » Pourquoi l’effondrement du pont de Gênes ? « Le déclic est venu durant ces vacances en Toscane. Quand on part en Toscane depuis la France, en voiture, il y a un passage obligé qui est la ville de Gênes. À l’été 2019, le pont était déjà effondré mais l’absence de ce pont emplissait tout l’espace. Mes enfants n’arrêtaient pas de poser des questions, notamment sur les victimes. Ils ont eu cette phrase qui m’a marqué, toute simple mais riche de sens  : ‘ça aurait pu être nous’. Ils ont eu raison. Au retour des vacances, j’ai donc voulu ancrer cette histoire autour de la paternité en Toscane, en prenant pour toile de fond l’effondrement du pont de Gênes. » Le roman explore la question de la famille, surtout de la famille que l’on choisit. « J’avais envie de parler de la naissance d’un père, de la manière dont les liens se construisent entre un homme et son enfant, en partant de quelqu’un qui n’est pas le père de cet enfant. Je crois profondément que les liens du cœur peuvent être beaucoup plus puissants que les liens du sang. Ces liens du sang, je les ai pas mal explorés dans mes romans précédents. J’avais envie, cette fois-ci, de parler des liens du cœur et de famille que l’on choisit. Quand on est adulte, on a la capacité de choisir sa propre famille, de se créer une autre forme de cocon, de tribu. C’est exactement ce que va faire Sacha sans s’en rendre compte  : se créer une nouvelle famille, lui qui n’en avait pas. » Sacha va se confronter à la question de ‘jusqu’où est-on prêt à aller pour son enfant’ ? « Cette question m’interroge et me fascine toujours. C’est un fil rouge entre mes différents romans. Pour moi, la famille est une source inépuisable d’inspiration. Il y a autant d’histoires que de familles ! C’est absolument fascinant et c’est mon territoire de prédilection. » Vous êtes-vous inspiré du coronavirus pour créer le personnage de Sienna ? « L’anosmie de Sienna prend une dimension particulière puisque cette pathologie a été mise en lumière avec la covid. Cependant, son personnage était déjà construit avant la pandémie. C’est de nouveau un reportage qui m’a inspiré  : une jeune femme sourde de naissance avait décidé, lorsqu’elle était enfant, qu’elle deviendrait avocate. Avec l’aide d’orthophonistes et de sa famille, elle est parvenue à parler, à émettre des sons qu’elle n’avait jamais entendus… et à devenir avocate ! Le parcours extraordinaire de cette jeune femme m’a inspiré le personnage de Sienna. J’avais envie de cet enfant au caractère extrêmement fort. Un enfant qui brave son handicap pour atteindre un objectif qui, aux yeux du monde, paraît totalement inaccessible mais qui, pour elle, paraît tout à fait normal. » Tess, sa maman, a subi des violences conjugales. Vous montrez que ça peut toucher n’importe qui, mais aussi qu’il existe d’incroyables réseaux de sororité. « Les chiffres sont effroyables. En France, on estime qu’une femme sur dix est victime de violences conjugales, quel que soit le milieu. Une femme meurt tous les trois jours sous les coups de son conjoint. C’est effrayant. J’avais envie de parler de parcours de femmes qui s’en sont sorties et de mettre en lumière ces réseaux d’entraide. Ces réseaux de sororité permettent à ces femmes de sortir la tête de l’eau et de reprendre une vie normale. Je voulais montrer que c’était possible. D’en parler Ph. D.R. de manière parfois très dure dans le roman, mais aussi de manière lumineuse. » Votre premier roman, « La Chambre des Merveilles », a connu un grand succès et est en cours d’adaptation. Comment vivez-vous cela ? « Très bien ! (rires) L’aventure de ‘La Chambre des Merveilles’est extraordinaire. Elle a changé le cours de mon existence et me permet aujourd’hui de me consacrer à l’écriture. Le film est produit par la société Jerico [La famille Bélier, Petit Pays…] et réalisé par Lisa Azuelos [LOL, Mon bébé]. L’actrice principale est Alexandra Lamy. Elle tient le rôle de cette maman qui se bat pour essayer de sortir son fils du coma en réalisant un à un chacun de ses rêves. Sa maman à elle, c’est Muriel Robin. Le film devrait sortir en 2022 et je suis ravi que mon livre soit entre d’aussi belles mains ! » Qu’est-ce que cela vous fait de découvrir vos personnages incarnés à l’écran ? « Les choix d’Alexandra Lamy et de Muriel robin sont de très bons choix. Ce que j’imaginais, pour ce film comme pour le roman, c’est quelque chose qui soit à cheval entre la comédie et le drame. Ces deux actrices sont excellentes, à la fois dans la comédie et dans les moments d’émotions. J’ai eu la chance d’aller sur le tournage et les premières images m’ont mis les larmes aux yeux ! » Oriane Renette JULIEN 4, BOOKS EN QUELQUES LIGNES Quand Sacha laisse son numéro à Tess, il est à mille lieues d’imaginer l’aventure dans laquelle il va s’embarquer. Maman d’une petite Sienna, Tess l’engage pour jouer le rôle du tonton sympa. Trois ans plus tard, cette famille atypique prend la route vers la Toscane. Au cours de ce périple, c’est tout leur univers qui vole en éclats. Nous sommes le 18 août 2018, le pont de Gênes vient de s’effondrer. Et Tess est probablement coincée sous les décombres. Pour son quatrième roman en quatre ans, Julien Sandrel nous livre le récit touchant d’un homme qui, sans vraiment le savoir ni le vouloir, devient père. Sacha, Tess, Sienna, Francesca et les autres sont autant de personnages attachants qui nous rappellent que la famille, c’est avant tout celle que l’on choisit. « Vers le soleil » est un livre lumineux et plein de couleurs qui nous transporte tout droit en Italie ! ●●●○○ « Vers le Soleil » de Julien Sandrel, éditions Calmann-Lévy, 270 pages, 18,50 €
metrotime.be VENDREDI 7/5/2021 CULTURE 11 JÉRÉMY FRÉROT SE LIBÈRE ET VIT SA « MEILLEURE VIE » Jérémy Frérot est un père de famille épanoui depuis son retour au bassin d’Arcachon qu’il chérit. La crise du coronavirus a profité à l’artiste qui a écrit « Meilleure vie », celle qu’il mène actuellement, et celle qu’il nous souhaite tous. Ce deuxième album donne l’opportunité à l’ancien comparse de Flo Delavega d’aborder des sujets qui lui sont chers et de faire ce qu’il fait de mieux  : partager la musique. Est-ce que l’euphorie du lancement de « Meilleure vie » est-elle plus grande que pour le premier album ? « L’euphorie est plus grande que lors du premier album car je suis beaucoup plus en accord avec ce que j’ai fait. J’ai trouvé ma voie avec ce disque donc ça se ressent dans mon excitation. » « Matriochka » était une première expérience qui était volontairement imparfaite. Avec trois ans de recul, qu’est-ce qu’elle vous a appris ? « Je me suis rendu compte de ce que je voulais, notamment dans le chant. Que la scène était quelque chose qui me plaisait et ce que je voulais en faire. L’album était assez froid et sur scène, j’ai réalisé que j’avais envie d’être beaucoup plus chaleureux et que ma musique devait donc plus ressembler à cela. Cette envie a été amplifiée au moment d’écrire les chansons. Je me trouvais près des miens, entouré des gens que j’aime dans le bassin d’Arcachon, donc ça s’est ressenti dans l’album. » MARDI 11/05 MARDI 11/05 Journal spécial jeux de Metro rempli de sudokus, mots-croisés et autre casse-têtes à volonté. offert par BOTRON Depuis que vous êtes revenu dans le bassin d’Arcachon, on peut parler d’une renaissance. Vous avez mal vécu votre période à Marseille ? « Pas exactement, mais je ne me sentais pas à ma place. J’avais du mal à m’intégrer dans cet état d’esprit. Le sud, c’est très chaud et très virulent, ce qui ne me ressemble pas. Je me suis fait énormément d’amis mais y vivre, je n’y arrivais pas. J’avais besoin d’un retour aux sources, à des choses qui me ressemblaient plus. Qui plus est, je voulais offrir ce cadre paradisiaque à mes enfants, qui leur permettra d’avoir une vie saine et proche de la nature, sans être déconnectée de la vraie vie. Tout cela, je le chante dans ‘Meilleure vie’. » Ces aspirations écologiques, comment se traduisent-elles dans votre quotidien ? « C’est avant tout une multitude de petits gestes que j’ai pris l’habitude d’adopter. Je suis aussi ambassadeur de Surfrider Foundation, une ONG qui se consacre à la qualité des eaux des océans et de nos littoraux. Le but est de sensibiliser les gens à cette problématique afin de réussir, par le biais de nouvelles lois, à réduire notre consommation de plastique, parce que l’arrêter c’est utopiste. » Cette meilleure vie dont tu parles, c’est celle à laquelle tu aspires ou celle dans laquelle tu t’épanouis à l’heure actuelle ? « C’est celle dans laquelle je m’épanouis. C’est particulier parce que la pandémie est passée par là mais je n’ai jamais été aussi prolifique qu’en 2020. Pendant le premier confinement, j’ai ouvert un bar à vin, j’ai écrit un album, j’ai fait un enfant et j’ai déménagé dans le bassin d’Arcachon. Le virus m’a aussi NE LE MANQUEZ PAS... w permis de rester chez moi près de ma famille, ce qui était inespéré. Je ne sais pas si l’album aurait abordé les mêmes sujets sans cela. Je suis passionné par tout ce que je fais donc je vis ma meilleure vie, même si on est privés d’une multitude de choses. » Dans « Fais-le », tu parles de la difficulté de se lancer. Qu’est-ce qui t’a le plus demandé d’oser depuis tes débuts en musique ? « Le simple fait de se lancer en musique était un pas à franchir. Je n’étais pas destiné à cela et tout plaquer pour le faire, c’était quelque chose. C’est venu d’un échec scolaire parce que je ne voulais pas ce qu’on me proposait. Se lancer en solo aussi était osé après les Fréro Delavega. Je ne savais pas si j’étais fait pour être seul parce que j’avais appris les joies de la musique à deux. Reprendre les rênes d’un concert était périlleux, mais j’ai découvert que je savais le faire aussi. » Lorsque tu as démarré ton aventure avec Flo, il était inconcevable de te 121 lancer seul ? « Si, mais pas aussi tôt. J’avais un sentiment d’inachevé lorsque l’on s’est séparé. Je voulais construire encore plus et m’ouvrir, ce que j’ai dû faire seul. Mais c’était un besoin de se relancer rapidement, car la musique c’est ce que j’aime profondément. Être en communion avec les gens et partager la musique, c’est quelque chose qui m’est indispensable. » Comme tu l’as dit tantôt, tu as été très occupé dernièrement. Est-ce que c’est la clé du bonheur à tes yeux ? « En ce moment, j’en ai besoin pour me sentir vivant et complet. Tant que je réussis ce que je fais, je vais continuer comme ça mais quand je serai dépassé, je prendrai le temps de me calmer pour réussir chaque chose une par une. Mais là tout va bien et j’y arrive, donc je continue dans mon essor. » Sébastien Paulus Avec « Meilleure vie », Jérémy Frérot signe une meilleure version de son premier album et continue à étoffer son projet en solitaire, suite à la séparation des Fréro Delavega. L’artiste français s’est entouré de paroliers et de compositeurs, ce qui lui a permis de se concentrer sur sa voix. Avec « Un homme » ou « Je te veux », on retrouve des titres originaux et rafraîchissants qui trouveront leur place dans le cœur des fans. metro CL SOUNDCHECK « Je n’ai jamais été aussi prolifique qu’en 2020 » EN QUELQUES LIGNES ●●●○○



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