Métro Belgique n°4296 3 mar 2021
Métro Belgique n°4296 3 mar 2021
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°4296 de 3 mar 2021

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : n.v. Mass Transit Media

  • Format : (235 x 315) mm

  • Nombre de pages : 20

  • Taille du fichier PDF : 3,5 Mo

  • Dans ce numéro : bienvenue au printemps.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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8 Ei CULTURE MARDI 2/3/2021 I metrotime.be NICOLAS KERAMIDAS SE LIVRE « À COEUR OUVERT » « Il y a une similitude entre être confiné et être hospitalisé » En 1973, Nicolas Keramidas a été l'un des premiers bébés en France à être opéré à coeur ouvert. Quarante-trois ans plus tard, il a dû subir une nouvelle opération. Dans « À coeur ouvert », il raconte son histoire. C'est une grande première pour vous. Vous signez votre premier album autobiographique mais aussi votre premier album à la fois en tant qu'auteur et dessinateur. Comment avez-vous vécu cela ? « C'était tout le défi. Au début, j'ai même failli en faire un roman car je me demandais si j'allais réussir à tout gérer tout seul. Je savais que j'allais partir sur roman graphique, sur un gros pavé, et que ça n'allait pas être une BD de 46 pages. Le projet n'a fait qu'évoluer sans arrêt, mais toujours pour le bien du projet. Ce que j'aime bien, c'est que pour la première fois après 18 albums, je peux tout assumer de A à Z. Ce côté `auteur complet'que je n'avais jamais eu est vraiment plaisant. Je suis content que ça arrive sur un projet comme celui-ci car c'est moi et mon histoire. » Dans l'album, vous racontez que le projet est né en juin 2016 quand vous avez appris que vous alliez devoir subir une nouvelle opération à coeur ouvert, 43 ans après la première. « En janvier 2016, il y a eu l'incident sur un terrain de foot. Je n'avais pas prévu d'écrire un bouquin à ce moment-là. Ensuite, j'ai commencé à faire un tas d'examens mais on n'était pas encore sûrs de m'opérer à coeur ouvert. Tous ces examens avaient pour but de voir s'il n'y avait pas une solution alternative et beaucoup plus light. Jusque-là, je n'avais donc pas pris de notes. Mais quand j'ai appris que ça allait être à coeur ouvert, j'ai décidé tout de suite de tout noter. Je ne savais pas encore que j'allais en faire un bouquin mais c'était REVIEW une phase que je n'avais pas envie d'oublier. » Est-ce que l'écriture vous a aidé à traverser cette épreuve ? « Effectivement, il y a un côté thérapeutique là-dedans. Il y a des gens qui intériorisent tout ça et moi j'avais besoin de coucher tout ça sur papier. Ça m'a fait un bien fou de noter non-stop tout ce qui se passait » Vous expliquez aussi que la « projection dans le temps » vous a beaucoup aidé. En quoi ça consiste ? « Pour moi, c'est exactement ce qu'il se passe en ce moment avec le confinement. Il y a une similitude entre être confiné et être hospitalisé. On est mieux physiquement mais on a les mêmes contraintes et ce n'est pas très drôle. Avec ce bouquin, les gens vont découvrir le confinement, l'intubation. Ce qui aide les gens à tenir, c'est de se dire que cet été, ils pourront peut-être aller à la mer et au restaurant. Quand j'étais à l'hôpital, je fantasmais de pouvoir sortir. Quand on m'a opéré, on m'a raconté qu'il fallait attendre trois mois pour que je sois à nouveau bien. Ce qui me faisait tenir, c'était de me projeter après ces trois mois. Quand j'étais sur mon lit, je me suis dit que j'allais aller à des concerts, que j'allais aller flasher des Invaders (Ndlr  : les oeuvres de street art en mosaïque de l'artiste Invader) en France et partout dans le monde. Ça donne tout simplement un but. » Votre récit va forcément toucher, voire inspirer, des personnes qui ont vécu le même type d'opération. UN DEUXIÈME ACTE PLUS EXPLOSIF QUE JAMAIS En 2018, « Il faut flinguer Ramirez » de Nicolas Petrimaux avait fait grand bruit. Après un peu plus de deux ans d'attente, les fans sont enfin servis avec la sortie, fin 2020, de l'acte 2. Si vous avez la mémoire courte ou si vous découvrez Ramirez, un code QR au début de l'album vous redirigera vers une vidéo qui vous rafraîchira la mémoire. Place ensuite à un second tome toujours aussi explosif, déjanté et captivant. Jacques Ramirez, réparateur d'aspirateurs, se retrouve pris dans une cavale folle et remplie de complications. Nicolas Petrimaux livre une nouvelle petite pépite, ultra-rythmée et bourrée d'humour et de bonnes idées. L'aventure est ainsi entrecoupée de fausses publicités, loin d'être anodines puisqu'elles ont toutes un lien avec l'album. Non seulement l'écriture et le scénario de Nicolas Petrimaux sont excellents, mais en plus « Il faut flinguer Ramirez » est un vrai régal pour les yeux. Bref, une tuerie ! (tw) « II faut flinguer Ramirez - Acte 2 », de Nicolas Petrimaux, éditions Glénat, 192 pages, 22,95 € Avez-vous déjà eu des retours ? « Beaucoup. C'est assez déstabilisant et j'avoue que je ne l'avais pas spécialement vu venir. J'ai reçu beaucoup de mails et de messages. Mais je ne peux pas et je ne veux pas être le porte-parole de tous les opérés du coeur car je me rends compte qu'on n'a pas tous le même ressenti. Je vois qu'il y a des gens que l'opération a traumatisés, bouleversés et qu'ils ont très mal vécu tout ça. En fait, moi je ne l'ai pas mal vécu. C'est mon expérience et mon propre vécu. Ça fait vraiment bizarre de recevoir tout ça mais je crois que c'est normal. » D'un point de vue santé, comment vous sentez-vous aujourd'hui ? « Je me sens très bien. En fait, on m'a opéré pour l'avenir. C'était plus une opération d'anticipation qu'une opération d'urgence. C'est une opération qui a été planifiée et dont le résultat n'était pas pour demain mais pour le futur. Mais au final, les médecins ont constaté qu'il y avait des résultats dans le pré- EN QUELQUES LIGNES Ma. » ememi à CŒUR OUVERT MI Ph. Dupuis 2021 BD sent. Aujourd'hui, je peux même retourner sur un terrain de futsal, ce que je n'imaginais jamais après l'incident qui a déclenché l'opération. J'avais fait une croix dessus et c'est une grande victoire. ». Thomas Wallemacq Atteint d'une malformation cardiaque à la naissance, la tétralogie de Fallot, Nicolas Keramidas est devenu en 1973 l'un des premiers bébés en France à être opéré à coeur ouvert. 43 ans plus tard, lors d'un match de foot, son coeur s'emballe à nouveau et il apprend qu'il doit subir une nouvelle opération à coeur ouvert. L'auteur et dessinateur en profite alors pour plonger dans ses souvenirs. Il raconte ses souvenirs d'enfance mais aussi comment il a vécu son hospitalisation et sa deuxième opération. Un récit personnel, émouvant et poignant, mais également porteur d'espoir. « A coeur ouvert », de Nicolas Keramidas, éditions Dupuis, 208 pages, 17,5 € UN MANGA PROFONDÉMENT TOUCHANT On n'a pas vraiment l'habitude de vous parler de manga. On aurait pu vous parler du sixième tome de « 50 nuances de gras. L'elfe qui aimait trop les frites » mais nous avons préféré mettre en avant « Jizo », un étonnant manga franco-japonais signé Mato et Mr Tan. Cette histoire complète de 240 pages à l'impression soignée se lit dans le sens de lecture japonais. Elle plonge les lecteurs dans une histoire d'amitié entre deux garçons  : Aki, un enfant perdu, et Jizo, un mystérieux personnage sorti de nulle part. Passionné par le Japon, le scénariste et romancier Antoine Dole, alias Mr Tan, s'est inspiré de ses voyages et de petites statuettes devant lesquelles les Japonais se recueillent pour livrer un récit profondément touchant. Si vous n'avez jamais tenu de manga entre les mains, celui-ci pourrait tout à fait être votre premier, tant il est accessible, marquant et puissant. (tw) « Jizo », de Mato et Mr Tan, éditions Glénat, 240 pages, 10,75 €
metrotime.be I MARDI 2/3/2021 CULTURE 9 `AU MY FRIENDS ARE DEAD'  : UNE COMÉDIE POLONAISE SANGLANTE... ET UN PEU BELGE « Ma femme m'a aidé à filmer l'audition » Accrochez-vous à votre canapé, car on croise de tout dans'AH My Friends Are Dead (Tous Mes Amis Sont Morts)', comédie trash venue de Pologne  : des couples qui s'engueulent, du sexe, de la drogue, beaucoup de sang... et même Yassine Fadel, un comédien de Bruxelles ! On en a profité pour papoter par Skype avec ce Belgo-Marocain au parcours international (`Into The Night','De Bunker','The Missing')... Comment êtes-vous arrivé dans ce film polonais déjanté ? Yassine Fadel « En 2018, j'ai tourné dans la série polonaise `Nielegalni'(IRégals, NDLR), c'est de là que la directrice de casting m'a recontacté. Quand j'ai reçu le scénario, au début j'ai hésité, car il y avait des scènes un peu'osées'(rires) ! C'était un défi, aussi parce que je suis Musulman, mais c'est ça le métier d'acteur, et ça me plaît de jouer des rôles éloignés de qui je suis. Jouer un Kader, un Samir, on me propose ça souvent... là je devais être Jacques, un Français chrétien ! Donc je dis OK, ça m'intéresse. Pour l'audition, il fallait filmer la scène'hot'chez soi et l'envoyer... J'ai demandé à ma femme de m'aider, je l'ai filmée de dos, en sous-vêtements... J'envoie la vidéo, on me rappelle, et on me dit que je suis pris. Là, je réalise que je vais devoir le faire pour de vrai (rires) ! Sur le plateau, le réalisateur m'a demandé si j'avais embauché une prostituée pour l'audition.'Nati, la REVIEW ALL MY FRIENDS ARE DEAD (Tous Mes Amis Sont Morts) (Netflix) Vous vous souvenez des fêtes ? Loin de nous l'idée de remuer le couteau dans la plaie, car en voici une que vous ne regretterez pas d'avoir ratée. Ce Nouvel An était pourtant bien parti  : il y avait de l'alcool, de la drogue, de la musique, des inconnu(e)s et des vieux amis. Mais le titre vous indique déjà que tout ça va mal tourner... Tout le monde en prend pour son grade dans ce'Projet X'tarantinesque venu de Varsovie, de la hippie passionnée d'astrologie au loser frustré, en passant par les couples tout frais et ceux déjà fanés, les célibataires, les misogynes, les croyants, les athées et les homos refoulés. Elle n'évite pas certains clichés faciles, mais cette tornade sanglante d'humour noir au scénario ficelé est rondement menée. Et bonne année ! (em)o Ph. D.R prostituée c'est ma femme'(rires) ! » Vous avez débuté dans'The Expatriate', un thriller américain tourné à Bruxelles en 2012... « Oui, à la base je n'ai pas de formation de comédien. Au casting de'The Expatriate, quand le réalisateur Philip Stôtzl m'a demandé si j'avais un agent, j'ai dit le suis agent de voyages, mais j'ai pas d'agent'(rires). Je suis arrivé dans le métier un peu par hasard, j'ai été repéré pour une publicité, et de fil en aiguille j'ai fait du mannequinat, de la figuration... j'ai même fait le casting de la Nouvelle Star, et j'ai été doublure de Jamel Debbouzze dans le `Marsupilami' ! » Vous êtes habitué aux productions internationales  : `Homeland','Brussel','Mou° Maffia','The Team'... « `Homeland, je regardais ça tous les soirs, donc quand j'ai su qu'il y avait un casting, j'ai foncé ! J'ai fait 6h de bus MOXIE (Netflix) Pour Vivian, 16 ans, cette nouvelle année s'annonçait pareille aux précédentes  : réviser avec son amie Claudia, éviter les questions de sa mère, et surtout naviguer l'éternel concours de popularité qu'est le lycée, entre les regards des filles populaires et les blagues douteuses du beau gosse attitré. Ce film commence comme un teen-movie classique... Sauf qu'il est réalisé par Amy Poehler (`Parks and Rec, et co-présentatrice des Golden Globes ce lundi). Alors quand Vivian, inspirée par le passé riot grrrl de sa mère, se lance incognito dans la création d'un fanzine féministe qui va tout faire péter, le teen-movie banal se transforme en brûlot girl power. Un film pétillant, inclusif et moderne sur la quête d'identité, un peu trop sage, mais définitivement inspirant. (em) moo Ph. D.R jusque Londres pour le rôle du Palestinien, et ensuite ils m'ont fait aussi essayer un autre rôle. C'est comme ça que j'ai eu l'agent du Mossad. Avoir fait le trajet a fait la différence. » Sexe, drogues, sang  : 'AH My Friends Are Dead'est assez `trash'. La scène la plus difficile à tourner ? « La scène du mariage. À la base mes répliques étaient en anglais. Le jour du tournage, on me dit'Finalement on le FLORA & ULYSSE (Disney+) On pensait avoir tout vu en matière de superhéros. Voici pourtant Ulysse, l'écureuil capable d'écrire des poèmes, soulever une voiture, ou avaler des M&Ms à la chaîne. Il débarque dans la vie de la jeune Flora pile au bon moment, après la séparation de ses parents. Comme dans `E.T, l'idée est de voir une petite tête blonde retrouver l'espoir après un choc familial. Et si le déclencheur est une créature aussi tendre que chaotique, tant mieux ! Malgré le manque d'originalité, le casting nous accroche. La jeune Matilda Lawler évite adroitement l'abus de mignonnerie, et ses partenaires semblent sortis tout droit d'un panthéon de la culture télé des dix dernières années  : Lily de'How I Met Your Mother, Abed de `Community', Ben Schwartz de Parks and Recreation', ils sont tous là ! (si)000 fait en français, improvise'. J'ai jamais marié personne, je ne sais pas ce qu'il faut dire ! Puis on me dit qu'il y aura une phrase à dire en polonais ! Du coup je devais broder en français, et quand la caméra arrivait sur moi, sortir la phrase en polonais, devant une équipe de Polonais, alors que je ne parle pas polonais (rires) ! C'était très compliqué, à la fin mon cerveau mélangeait tout ! » Elli Mastorou cafe_soluble DAVID BYRNE'S AMERICAN UTOPIA (Proximus Pickx) Quand on voit David Byrne seul sur la scène au début de `American Utopia, difficile de ne pas penser à'Stop Making Sense, le concert filmé de Talking Heads en 1984. Ce souvenir, il le balaie cependant sans problème, grâce aussi au réalisateur Spike Lee et (surtout) à la chorégraphe Annie-B Parson. Si'Stop Making Sense'était encore un concert théâtral,'American Utopia'est un concert-spectacle théâtral, à la mise en scène et l'exécution millimétrées. Mais le fait que tout cela ne paraît jamais drillé ou platement répété en dit long sur le talent et l'enthousiasme de Byrne et de ses nombreux musiciens. Même les digressions politiques occasionnelles ne gâchent pas le plaisir. Seul bémol  : la faim qui nous tenaille après, une terrible faim de musique « LIVE ». Put*** de COVID ! (rn)



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