Métro Belgique n°4293 19 fév 2021
Métro Belgique n°4293 19 fév 2021
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°4293 de 19 fév 2021

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : n.v. Mass Transit Media

  • Format : (235 x 315) mm

  • Nombre de pages : 20

  • Taille du fichier PDF : 2,7 Mo

  • Dans ce numéro : une montagne de neige !

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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ci 1 12 ON THE ROAD VENDREDI 19/2/2021 metrotime.be TOYOTA HIGHLANDER Le Rav4 des familles nombreuses Grand classique pour les Américains qui le connaissent depuis 2000, le SUV Highlander a attendu sa 3 e génération pour explorer l’Europe. Il sera en concession en février, uniquement en version hybride, évidemment. Lancer maintenant le SUV le plus imposant de la gamme peut sembler paradoxal, à un moment où les préoccupations environnementales se font de plus en plus pressantes. Soit. Et rappelons que ce n’est pas le premier SUV « typiquement américain » qui tente l’expérience européenne, puisqu’il y a tout juste un an, Ford a lancé chez nous l’Explorer Plug-in Hybrid, de dimensions comparables à celle du Highlander. Et malgré cette similarité dans la taille, le Highlander est bien moins exotique que son concurrent américain. Si bien que pour l’œil non averti, le Highlander pourrait passer pour un Rav4. Pas plus de dépaysement à bord, puisque Toyota à l’habitude de proposer le même genre d’environnement partout dans le monde. Donc malgré une console centrale plus massive que d’habitude et un écran multimédia plus généreux, à la hauteur du positionnement au sommet de la gamme de la marque, on a ici un intérieur typiquement Toyota  : qualitatif, fonctionnel, mais pas forcément très recherché au niveau des formes. L’argument majeur du Highlander par rapport à un Rav4 est donc de proposer 7 places en série. Et grâce à sa longueur un peu hors-norme de 4.996 mm, il dispose encore que 336 litres de coffre lorsque tous les sièges sont occupés. Ceci dit la 3 e rangée est destinée à des enfants plutôt qu’à de grands ados. En configuration 5 places par contre, tout le monde dispose d’un espace royal, et le coffre embarque alors au-moins 865 litres de bagages. Tiens, subitement, nous pensons aux vacances… PRO Discret malgré ses dimensions Excellentes consos Confort général Prix concurrentiels HYBRIDE, ÉVIDEMMENT Proposé en versions classiques sur d’autres marchés, le Highlander européen sera hybride, et rien qu’hybride. Il reçoit la même mécanique que le Rav4 et la Camry, à savoir un 4 cylindres 2.5 litres, associé ici à deux moteurs électriques, le tout délivrant un total de 248 ch. Un des moteurs électriques équipe le train arrière, le véhicule est donc aussi d’office 4x4, et cela offre par ailleurs une autre caractéristique au Highlander  : une capacité de remorquage de 2 tonnes, la plus élevée pour un véhicule hybride Toyota. Ce système hybride nous avait déjà épatés quand nous l’avons découvert dans les deux modèles cités plus haut, car en plus d’être aussi économique en ville que tous les hybrides de la marque, celui-ci l’est aussi sur autoroute. Ce qui est plus rare. Toyota annonce une moyenne de 6,6 à 7,1 l/100 km selon les normes WLTP. Nous, sur un parcours majoritairement périurbain, moyennant un peu d’anticipation et une bonne connaissance du système, nous avons relevé… 6,3 l/100 km ! Pour un engin de cette taille, qui n’est pas hybride rechargeable et ne revendique donc pas des dizaines de km d’autonomie électrique, c’est tout simplement remarquable. Enfin, sachez aussi que le Highlander est un véhicule très confortable, très apaisant et qu’on oublie très vite ses dimensions peu communes. Le Toyota Highlander démarre à 56.460 € . CONTRA Laurent Zilli Encombrant dans les faits Places 6 et 7 un peu justes Style intérieur peu recherché 248 ch très calmes LE TOYOTA HIGHLANDER EN QUELQUES CHIFFRES Moteur4 cyl. essence hybride, 2.487cm 3 ; 248ch ; 500Nm Transmission aux 4 roues Boîte auto CVT L/l/h.4.996/1.930/1.755 mm Poids à vide 2.015 kg Volume du coffre865 – 1.909 l Réservoir... 65 l 0 à 100 km/h..8,3 sec Vitesse maxi 180 km/h Conso mixte... 6,6-7,1 l/100km CO 2... 149-161 g/km Prix. 56.460 € Photos Toyota
metrotime.be VENDREDI 19/2/2021 CULTURE 13 DE LA ROUMANIE À L’AFRIQUE DES GRANDS LACS Annie Lulu signe un premier roman époustouflant Dans son premier roman, Annie Lulu nous présente une héroïne qui, comme elle, est née en Roumanie d’une mère roumaine et d’un père congolais  : Nili Makasi. Installée au bord de lac Kivu, Nili raconte à l’enfant qu’elle porte le voyage qui l’a menée jusqu’à la terre de ses ancêtres, le Congo. Naitre d’une mère roumaine et d’un père congolais sous Ceausescu n’est pas courant. Comment cela va-t-il marquer la vie de Nili ? « Nili va grandir avec un père absent. Père qui va manquer tant par sa présence physique que par le besoin de transmission auquel elle fait face. Et elle y fait face seule, puisque sa mère ne l’aide pas. Au contraire, elle est d’une grande sécheresse affective, voire brutale pour rejeter les questionnements de son enfant. Et en même temps, elle lui donne les armes intellectuelles pour qu’elle fasse face à sa vie future. Nili va donc souffrir à la fois d’un manque d’affection d’une mère pourtant brillante et protectrice, et d’une absence totale d’un père qui, pense-t-elle, l’a abandonné. Elle décide de partir à la recherche de cette partie manquante d’elle-même. » Elle entreprend un voyage initiatique vers le Congo. Un voyage à la fois choisi et contraint ? « Elle dit que c’est ‘le monde pourri qui l’a mise dehors’. Quand elle parle du ‘monde pourri’, ce n’est pas l’endroit géographique de sa naissance, mais l’endroit mental. C’est l’endroit égoïste, individualiste, où les gens vivent seuls et pensent à se réaliser de manière isolée… Ces valeurs sont pour elle cette sorte de pourrissement morbide. Elle refuse de se laisser enfermer dans les catégories de l’identité dans lesquelles on l’a condamnée. Elle, elle fait un pas de côté. Elle choisit de voir le monde autrement. Pour elle, ça passe d’abord par la transmission, la filiation. ‘De qui suis-je la fille ? De qui vais-je être la mère ? Qui sont les gens qui ont vécu avant moi ? Qu’est-ce que je peux laisser après moi ?’ » En est-elle consciente quand elle part ? « Quand elle part pour le Congo, elle ne sait rien du monde dans lequel elle va atterrir. Tout ce qu’elle voit, c’est que ça correspond chez elle à un désir qu’elle doit réaliser. Arrivée au Congo, elle découvre ce qui va devenir pour elle le lieu de vie, le lieu originel de vie. » Est-elle au bout de son Ph. F. Gattoni BOOKS cheminement ? « Elle a fait ce qu’elle avait à faire pour s’inscrire dans une filiation L’idée de sa trajectoire, c’est que l’on n’arrive pas au bout. Ce qui la pousse à aller au Congo, c’est de s’inscrire dans une lignée humaine, comme un maillon dans ce maillage de vies. Elle ne se déplace pas seulement géographiquement, mais aussi mentalement. Sa conception même de la vie change. Elle comprend qu’une vie formée et tendue vers un objectif personnel n’est pas ce à quoi elle aspire. » Elle rassemble toutes les parties de ce qu’elle est, comme on coud un patchwork… « Oui, c’est un tissage  : les fils de la filiation paternelle et maternelle vont s’entremêler pour former des motifs sur un tissu, le tissu de la vie. Toute sa trajectoire est une tentative de tisser avec tous ces mondes, toutes ces cultures, toutes ces aspirations… un territoire qui soit le sien. C’est en devenant la fille de son père qu’elle devient aussi la fille du Congo, la fille d’un peuple. En devenant la fille de ce peuple, elle est complète. Alors, elle se trouve à même de tisser, dans le tissu de sa propre vie, ce nouveau motif qu’est cet enfant. » Vous êtes, comme votre héroïne, née d’une mère roumaine et d’un père congolais. Est-ce qu’il y a aussi quelque chose de cette recherche de racines, de liens chez vous ? « Cette rencontre entre la Roumanie et le Congo pouvait être un point de départ précieux. Du fait de sa rareté, ça donnait un relief particulier à ce personnage. Après, je n’ai pas la même trajectoire que Nili. J’ai grandi d’abord en Roumanie et puis en France avec mes deux parents, entourée d’amour et de bienveillance. L’Afrique était présente à la maison. Cela dit, il y a toujours quelque chose de l’ordre de la douleur dans le brassage. Il y a un besoin de connexion. Adolescente, j’ai eu du mal à trouver ma place. EN QUELQUES LIGNES Lu flirt Iredmilhlk-NCralad2, Quand on hérite de plusieurs cultures, on a parfois le sentiment que l’on doit choisir. Mais on ne peut pas répondre à l’injonction de choisir. À l’âge adulte, après d’âpres expériences, il me fallait trouver un lieu où je puisse réunir tous ces mondes. Ça passe pour moi par l’écriture. C’est un endroit où tous mes mondes se sont liés pour former un univers protéiforme et harmonieux. Mais pour en arriver là, il y a eu un très long chemin. On peut se sentir perdu à un moment de sa vie, incapable de se situer avec cette croyance qu’il faut le faire. Alors qu’en fait, non. Si tu n’as pas un lieu où t’ancrer, crée ton lieu. » Le roumain est votre langue maternelle. Vous n’écrivez qu’en français ? « Je rêve en français. C’est la langue dans laquelle j’ai été instruite. À notre arrivée en France, ma mère a appris le français et me refaisait les cours. Elle m’a transmis l’amour de cette langue. C’est devenu comme une autre langue maternelle. J’écris en français essentiellement, mais il y a toujours des incursions de langues étrangères. Pour moi, le français est une maison dont toutes les portes et fenêtres doivent être ouvertes. Le français ne peut pas être une prison. Il doit être un lieu que tous les autres mondes peuvent traverser. Dans mon travail, j’insiste pour faire surgir des termes étrangers dans le français parce que ça permet d’apporter une nouvelle musicalité. Ça devient une langue que j’aime d’autant plus quand elle devient une charpente pour construire quelque chose de nouveau. » Oriane Renette « La mer Noire dans les Grands Lacs », d’Annie Lulu, éditions Julliard, 224 pg, 19 € . Comme celle qui l’a fait naître de sa plume, Nili est la fille d’une mère roumaine et d’un père congolais. Un singulier métissage qui donnera tout son relief à ce roman. Pour autant, ne vous y méprenez pas, ce livre n’est pas une autobiographie. Nili, elle, n’a jamais connu son père. Souffrant de cette absence, Nili s’enfuit vers Paris où elle entend un jour, en rue, le nom de son père  : Makasi. Ce sera le point de départ d’un long voyage initiatique vers Kinshasa, à la recherche de ses racines africaines et de cette part manquante d’elle-même. (or) « La mer Noire dans les Grands Lacs » est un livre d’une poésie magnifique porté par une plume acérée et puissante. Avec ce premier roman, Annie Lulu fait une entrée fracassante sur la scène littéraire. ●●●●○



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