Métro Belgique n°4292 16 fév 2021
Métro Belgique n°4292 16 fév 2021
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°4292 de 16 fév 2021

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : n.v. Mass Transit Media

  • Format : (235 x 315) mm

  • Nombre de pages : 20

  • Taille du fichier PDF : 2,3 Mo

  • Dans ce numéro : carnaval virus.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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m 1 8 GREEN MARDI 16/2/2021 metrotime.be Du quinoa cultivé en Belgique, le pari d’un jeune agriculteur L’an passé, un jeune agriculteur hennuyer a voulu innover en cultivant pour la première fois du quinoa dans ses champs. Si l’expérience ne s’est finalement pas déroulée comme prévu, elle a été riche en enseignements. Antoine Roisin est un jeune agriculteur belge de 24 ans. Après avoir terminé ses études en agronomie, il a repris la ferme familiale tenue par ses parents à Ragnies, près de Thuin, dans le Hainaut. Les Roisin élèvent des porcs, nourris par les céréales récoltées lors de la moisson. En plus des céréales, la famille cultive également des betteraves, du colza ou encore du lin. Le printemps dernier, Antoine Roisin a décidé de se lancer dans un nouveau projet  : la culture de quinoa. UNE GRAINE VENUE DES ANDES Le quinoa est une petite graine croquante qui vient des Andes et qui pousse depuis des milliers d’années sur les hauts plateaux de Bolivie et du Pérou. Depuis le début des années 2000, le quinoa est un aliment devenu de plus en plus populaire dans les assiettes des Belges. Plutôt que de l’importer d’Amérique du Sud, des spécialistes des semences ont alors travaillé pour adapter la culture du quinoa à nos contrées. « Si on prend des semences directement de Bolivie ou du Pérou et qu’on les sème ici, on ne récoltera rien du tout parce qu’elles sont particulièrement sensibles à la longueur du jour et sous nos latitudes, les écarts, les variations de longueur du jour sont beaucoup plus exagérées qu’à proximité de l’équateur », explique Jason Abbott, un Américain venu semer les premiers hectares de quinoa en 2009, dans le Maine-et-Loire, en France. Un pari réussi puisqu’aujourd’hui un tiers du quinoa consommé en France vient de la région d’Anjou. DU QUINOA EN BELGIQUE ? En mai 2020, en réponse aux périodes de sécheresse de plus en plus récurrentes en Belgique, Monique Swinnen, députée provinciale en charge de l’agriculture, avait encouragé les agriculteurs du Brabant flamand à se tourner vers des cultures peu exigeantes en eau, comme le quinoa. « Une telle résistance à la sécheresse offre de nouvelles perspectives aux agriculteurs confrontés au changement climatique », avait-elle estimé. En effet, le quinoa possède un réseau racinaire qui lui permet de bien mieux résister à des périodes de sécheresse que les pommes de terre ou les betteraves. Antoine Roisin n’a pas attendu ces recommandations pour se lancer dans la culture de quinoa. Inspiré par ses voyages, notamment en Amérique du Sud, et par un copain agriculteur qui avait réussi cela en 2019 près de Nivelles, il a décidé de se lancer dans l’expérience. Au printemps dernier, le jeune agriculteur a semé pour la première fois du quinoa sur une petite parcelle de 25 ares. Une fois triées, le but était de récolter environ 400 kilos de graines de quinoa qu’il allait vendre, en vrac, directement à la ferme familiale. La culture et la récolte d’Antoine se sont déroulées à merveille. « La culture en elle-même s’est très bien passée. En comparaison aux betteraves qui se trouvaient juste à côté, le quinoa a bien profité de la sécheresse. La différence était claire et nette. Le quinoa est mieux adapté à un temps plus sec », nous a-t-il raconté. Malheureusement, 4ili/i Ph. Quinoa Graines de Curieux AFP/A. Raldes AFP/A. Jocard l’agriculteur ne pourra pas vendre son quinoa comme il l’avait envisagé. « Je suis passé par quelqu’un d’autre pour le trier et le sécher car je n’avais pas le matériel et cette personne m’a un jour appelé pour me dire que la marchandise était foutue et que je ne pourrai plus rien faire avec. Je n’ai donc plus rien à vendre », regrette Antoine Roisin. À l’heure actuelle, il ne sait pas encore s’il reproduira l’expérience l’année prochaine. Il reste cependant tout à fait possible d’acheter et de consommer du quinoa « made in Belgium ». La marque Graines de Curieux commercialise dans de nombreux magasins bio à travers la Belgique des sachets de quinoa cultivé de manière 100% biologique sur le sol belge par la société Land Farmand Men. Comptez environ 5 € le sachet de 500 gr. Du quinoa belge et bio, c’est donc possible et cela risque d’être de plus en plus courant ces prochaines années. Thomas Wallemacq
metrotime.be MARDI 16/2/2021 GREEN 9 Que faire de son vieux matelas ? Il y a du nouveau depuis le 1er janvier ! Il n’a jamais été simple ni évident de se débarrasser des vieux matelas. Ils font d’ailleurs l’objet de nombreux dépôts sauvages et clandestins. Mais depuis le 1er janvier 2021, les choses ont changé et évolué. Jusqu’à présent, comment faisiez-vous pour vous débarrasser de votre ancien matelas ? Eh bien, ce n’était pas évident. Il faut dire qu’il s’agit de l’un des objets les plus encombrants que l’on possède dans une maison. Le moyen le plus efficace était de s’arranger avec le vendeur, lors de l’achat d’un nouveau matelas, pour qu’il reprenne l’ancien lors de la livraison. Mais ce n’était pas toujours possible. Il restait la possibilité de le revendre ou de le mettre à donner sur Internet, mais il faut avouer qu’un matelas d’occasion n’est pas spécialement l’objet sur lequel on se rue en seconde main. Enfin, et c’est une triste réalité, les matelas font partie de ces objets courants dans les dépôts sauvages et clandestins. LES MATELAS ACCEPTÉS DANS LES RECYPARCS Heureusement, les choses ont changé. En effet, depuis le 1er janvier 2021, les Belges peuvent désormais rapporter gratuitement leur ancien matelas dans les parcs à conteneurs. Revers de la médaille  : les nouveaux matelas coûteront un peu plus cher pour les consommateurs. À l’instar de la cotisation Recupel qui est ajoutée au prix d’un nouvel appareil électrique ou électronique, il y aura désormais une contribution environnementale intégrée dans le prix d’un matelas. Son montant varie en fonction du type de matelas et de la taille de celui-ci. Comptez 4,25 € pour un matelas bébé, 8,5 € pour un matelas d’une personne et 17 € pour un matelas double. QUE DEVIENNENT NOS VIEUX MATELAS ? En Belgique, il n’existe qu’une seule entreprise qui recycle les matelas usagés et elle a seulement ouvert ses portes en 2015. Il s’agit de Suez à Sombreffe. Sur le site, dix employés démantèlent actuellement près de 70.000 matelas par an. Ce chiffre n’a cessé d’augmenter en quelques années et avec l’acceptation des vieux matelas dans les parcs à conteneurs, Suez s’attend à ce que les volumes à traiter augmentent considérablement dans les prochains mois et les prochaines années. Le recyclage des matelas est un processus complexe car depuis des années, ils ont été conçus dans l’optique de justement ne pas être recyclés. Certains modèles sont composés de couches de mousses collées entre elles qui rendent le recyclage quasiment impossible. Sur le site de Suez, des ouvriers découpent d’abord manuellement l’enveloppe du matelas qui sera utilisée comme combustible de substitution dans les cimenteries. Ensuite, les employés retirent et trient les différents éléments à l’intérieur du matelas. Ressorts, mousses ou latex, ces composants vont être recyclés et vont commencer une nouvelle vie. Les mousses peuvent ainsi servir à réaliser des panneaux d’isolation dans le domaine de la construction ou encore à rembourrer les sièges des voitures. UNE NOUVELLE GÉNÉRATION DE MATELAS ÉCOLOGIQUES Le recyclage des matelas se met donc enfin en Ph. Sergei Fadeichev Sipa USA Ph. Again place en Belgique. Parallèlement, des modèles plus respectueux de l’environnement font aussi leur apparition sur le marché. Depuis quelques années, des matelas bios et fabriqués avec des matériaux 100% naturels sont disponibles dans le commerce. La marque française Kipli propose des matelas réalisés à partir de coton biologique et de latex 100% naturel, extrait directement des arbres cultivés sans pesticides ni engrais chimique. Toujours en France, la marque Le Matelas Vert propose plusieurs choix de matelas écologiques. Le modèle « bio laine », par exemple, est conçu avec de la laine de moutons, naturelle et biologique. La Belgique n’est pas en reste avec la start-up Again (www.again-mat.com) qui propose un matelas éco-responsable 100% belge. Il est fabriqué sur le principe d’une économie circulaire, c’est-àdire basée sur le renouvellement continu des matières premières, à partir de mousses issues d’un recyclage sélectif. Enfin, au nord du pays, l’entreprise familiale Veldeman Bedding (fr.velda.net) commercialise des matelas écologiques et entièrement recyclables. Bref, le changement est en marche. Avec l’amélioration du recyclage mais aussi de la conception des matelas, peu à peu, les personnes soucieuses de l’environnement peuvent dormir sur leurs deux oreilles. Thomas Wallemacq



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