Métro Belgique n°4283 15 jan 2021
Métro Belgique n°4283 15 jan 2021
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°4283 de 15 jan 2021

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : n.v. Mass Transit Media

  • Format : (235 x 315) mm

  • Nombre de pages : 20

  • Taille du fichier PDF : 3,5 Mo

  • Dans ce numéro : un banc de robots.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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2 VENDREDI 15 JANVIER 2021 DOSSIER MOBILITÉ a « Je veux des changements rapides pour les citoyens » À quoi ressemblera la mobilité de demain ? Pour le Ministre de tutelle Georges Gilkinet (Ecolo), la réponse est évidente  : elle sera durable, libre, partagée et multimodale. S’il défend une vision à long terme de cette mobilité 2.0, il promet parallèlement des changements aux citoyens, et ce rapidement. Comment voyez-vous la mobilité dans les prochaines années ? « La mobilité va évoluer très fortement et ce, pour différentes raisons. Il y a d’abord l’enjeu climatique. Ensuite, les problèmes liés aux embouteillages, à la fois pour notre santé, notre environnement et notre économie. Enfin, le coronavirus a un impact sur nos vies quotidiennes et va avoir un impact sur notre mobilité. On va vers une mobilité 2.0. » « La mobilité est une liberté fondamentale et doit le redevenir. Trop longtemps, nous avons été otages de la voiture. La mobilité partagée fait partie des attentes citoyennes  : utiliser chaque jour différents moyens de mobilité comme un vélo, une trottinette ou une voiture pour ensuite rejoindre les transports en commun. C’est vraiment cela la mobilité de demain, et il faut la faciliter. » Quels sont les chantiers prioritaires ? « Le rail sera la colonne vertébrale de la mobilité de demain. Notre réseau ferroviaire a souffert de désinvestissement au cours des 20 dernières années. Il faut le renforcer et en activer tout le potentiel, notamment en s’inspirant des meilleurs modèles européens  : suisse, germanique, autrichien… C’est-à-dire fixer un horizon à long terme et développer les choix politiques ainsi que les investissements en fonction. C’est pourquoi l’accord de gouvernement a fixé une vision 2040 du rail, mais en essayant d’apporter des effets rapides pour les citoyens. J’y suis très attentif. Cette vision 2040, c’est d’avoir un train qui arrive à chaque point d’arrêt toutes les demiheures, toutes les dix minutes pour les grandes villes. Avec des gares qui sont des nœuds multimodaux. » « À côté du train, il faut travailler pour une meilleure coordination avec les sociétés de transport régionales (TEC, STIB et de Lijn), mais aussi avec les entreprises afin qu’elles permettent aux travailleurs de choisir les solutions de mobilité qui leur correspondent le mieux. » Belga/T. Roge La voiture aura une place dans cette mobilité 2.0 ? « Aujourd’hui, beaucoup de travailleurs ne sont plus demandeurs d’une voiture-salaire mais préfèrent être payés en euros tout en ayant différentes solutions de mobilité. Il faut sortir du dogme de la voiture individuelle. La voiture aura toujours une place demain. Mais elle sera, je l’espère, moins polluante, plus sûre et plus partagée. » Vous parlez d’une vision 2040 ce qui, pour les citoyens désireux de modifier leurs habitudes de mobilité, peut paraître long… « Évidemment, on verra du concret dans les prochaines années… et le plus rapidement possible, parce que je suis un homme pressé ! Cette vision 2040 ne veut pas dire que rien ne va se passer d’ici là. Chaque année, il y a aura des progrès. Dans les trois prochaines années, l’offre des trains augmentera de 3%. Cette année-ci, nous avons inauguré une nouvelle gare. On travaille d’ores et déjà au renforcement du réseau et à l’amélioration de l’accessibilité des gares. Progressivement, l’offre deviendra plus attractive et plus accessible. À chaque étape, je souhaite que les citoyens puissent voir le changement. » Malgré un matériel non adapté, le transport des vélos à bord des trains était gratuit pendant la crise. Pourquoi ne pas prolonger cette gratuité ? Ou créer une aide pour ceux qui s’engagent dans une mobilité douce ? « Le vélo dans le train a eu un succès énorme, et a même été victime de son succès. Cela a montré tout le potentiel de cette formule. Alors effectivement, le matériel n’est pas adapté. Mais j’ai pour objectif, d’ici cet été, de rendre l’offre adaptée. Je veux travailler avec la SNCB afin de proposer une offre 2 4.1 CD E plus accessible et plus attractive pour le transport des vélos dans les trains. » Le RER wallon se fait attendre depuis… 20 ans. Quelles perspectives pouvez-vous donner ? « Aujourd’hui, les moyens sont là pour terminer les travaux prévus sur les deux lignes wallonnes  : vers Ottignies et vers Nivelles. L’important maintenant c’est de tenir les plannings et de conserver, contrairement au passé, les moyens qu’on a alloué budgétairement au RER pour le RER. Je veux que l’offre soit renforcée chaque année  : tant sur l’attractivité que sur les fréquences ou les tarifs. On vise 2025 et 2026 pour atteindre une offre optimale, mais il ne faut pas attendre jusque-là avant d’utiliser cette offre déjà existante ! Car elle permet non seulement d’entrer et de sortir de Bruxelles, mais c’est aussi une solution de mobilité intra-bruxelloise. » Au-delà de la mobilité, ne faut-il pas également penser aménagement du territoire ? Par exemple, en favorisant le fait de vivre près de son travail ? « Aujourd’hui, les entreprises peuvent proposer le budget mobilité à leurs employés  : c’est-à-dire remplacer le budget de la voiture de société par un budget pour une plus petite voiture (ou pas de voiture du tout) combinée à d’autres solutions de mobilité. Nous souhaitons que la prise en charge d’un logement plus proche de son lieu de travail soit une possibilité offerte par ce package. » Oriane Renette Taxe kilométrique  : il ne faut pas attendre les alternatives pour agir Le ministre fédéral de la mobilité Georges Gilkinet estime qu’il ne faut pas attendre le développement des alternatives avant de se pencher sur la question du péage urbain. « Nous souhaitons apporter des alternatives, et permettre ainsi à chacun de se passer de sa voiture pour arriver et se déplacer dans Bruxelles. C’est un objectif à long terme. On doit mettre en place ces alternatives tout en travaillant sur des modèles comme celui de ‘SmartMove’. Il n’y a pas un seul levier qu’il faut activer, mais bien plusieurs pour faire une réalité de cet objectif  : que la mobilité redevienne une liberté pour chacun. Je veux le faire sans attendre la résolution de la question  : ‘faut-il commencer par une tarification à l’usage des voitures ou par un renforcement de l’offre ?’On va travailler sur les deux en même temps. Dans un petit pays comme le nôtre, on doit d’abord chercher l’accord entre entités sur la proposition ‘SmartMove’. On pourrait imaginer que ce soit ensuite appliqué à l’ensemble du pays, avec tous les correctifs nécessaires en matière sociale. Aujourd’hui, on doit avoir la politesse et l’intelligence de discuter avec Bruxelles pour chercher la meilleure solution. Analyser le projet et éventuellement proposer des alternatives. On doit trouver l’équilibre entre la vision, l’objectif et les moyens. »
metro Gobee bike, oBike, Bolt, Jump, Mobike, Hive, Tier… On les a vus débarquer sur les trottoirs, parfois avec la satisfaction de voir une nouvelle solution de transport arriver, souvent avec agacement devant l’incivisme des usagers qui les laissaient au milieu des trottoirs. Un temps, les autorités des communes concernées avaient envisagé de sévir devant les abus, tout en temporisant. « Le phénomène va finir par se réguler de lui-même », espéraient alors plusieurs bourgmestres bruxellois. Le temps leur a donné raison. Les vélos en free floating et sans assistance électrique (comme Gobee bike) ont vite disparu. La plupart des opérateurs de trottinettes ont également décidé de retirer leurs modèles, définitivement (comme Wind ou Hive), ou de manière temporaire. Lime avait ainsi suspendu son service suite à la première vague de Covid-19, tandis que Dott avait choisi de réduire son offre. LES SURVIVANTS Ceux qui n’ont rien lâché sont sûrement les plus solides, et ceux qui vont s’installer durablement dans le paysage. À Bruxelles, il y a notamment les vélos électriques en libre-service Billy Bike. Rien d’étonnant à ce que l’offre ait été maintenue, puisque contrairement aux autres acteurs du secteur, il s’agit d’une société bruxelloise. Alors que tout le monde quittait Bruxelles, elle a, au contraire, décidé d’offrir des minutes gratuites aux usagers, afin de les aider à se déplacer. Mais l’instabilité de ses concurrents ne satisfait pas le cofondateur de Billy Bike, Pierre de Schaetzen. « Cette situation n’est pas une bonne chose, car nous avons besoin d’une offre crédible et claire à offrir aux Bruxellois qui veulent se passer de leur voiture », explique-t-il. « Si celui qui est prêt à changer de mode de transport constate que son alternative ne sera peut-être plus là dans quelques jours., il ne vendra donc pas sa voiture et ne passera à une alternative SPECIAL MOBILITY VENDREDI 15 JANVIER 2021 Mobilité partagée  : où sont-ils tous passés ? Souvenez-vous du printemps 2018  : les grandes villes européennes voyaient fleurir sur leurs trottoirs des vélos partagés et trottinettes en libre-service. Leur arrivée a inquiété et agacé, alors qu’ils encombraient les trottoirs. Deux ans plus tard, seuls les plus solides sont encore présents à Bruxelles. multimodale ! Nous avons besoin d’une offre de qualité. » L‘opérateur de trottinettes Lime a fait son retour sur le marché bruxellois, tandis que Dott, qui avait revu sa flotte à la baisse, revient à la normale. Mathieu De Lophem, CEO de Skipr, une application qui veut faciliter les déplacements in- Rouler au CNG, c’est J Moins cher J Plus vert r> V Bon pour le climat J Une belle autonomie v V *en Wallonie termodaux des employés des entreprises, se réjouit de ce retour. « C’est une bonne chose de voir ces véhicules revenir, et pour tout le monde », constatet-il, comme le CEO de Billy Bike. « Plus il y a d’appareils disponibles, plus le système est simple et fiable pour les usagers. Cela a donc le bénéfice AVEC LE BIO-CNG Pour tout le monde Le plein près de chez vous Découvrez les modèles CNG sur gas.be ou chez votre dealer CNG le plus proche. Roulez plus vert, roulez au CNG Un contexte général favorable à la mobilité partagée Du côté des opérateurs de mobilité partagée, on constate que le contexte général est favorable au développement d’alternatives à la voiture individuelle. D’abord, il y a la taxation automobile qui pousse à se débarrasser de sa voiture. Ensuite, le terrain est de plus en plus favorable aux alternatives  : les pistes cyclables qui se développent et le passage de Bruxelles en zone 30 créent un environnement sûr pour les usagers. Dans ces conditions, l’environnement Ph. Billy bike d’engager un cercle vertueux, qui profite à tous les usagers, et à tous les opérateurs. » OPTIMISME POUR L’AVENIR ? Par le passé, plusieurs opérateurs ont pointé du doigt les problèmes de vandalisme dont ils étaient victimes. Gobee bike Prime de 500 € * Ji0 gas.be semble prêt pour un retour de ces solutions de transport. Elles ne devraient toutefois pas concurrencer les transports en commun, mais plutôt les compléter. Elles sont particulièrement appréciées des usagers dans les zones où le maillage par le réseau de transport est moins dense, ou bien dans les centres-villes, où certaines zones sont moins bien desservies du fait de la densité. ◀ 3 a quitté la ville avec ce prétexte, et d’autres se sont également plaints de retrouver leurs trottinettes cassées. Pour un observateur du secteur, le problème serait ailleurs. « Un service de vélo en libre-service implique d’avoir du matériel robuste et de savoir l’entretenir. Cela a un prix, on ne gagne pas d’argent facilement », soulignait un concurrent pour expliquer le départ de Gobee bike. Bruxelles Mobilité se dit toutefois optimiste quant à l’avenir du secteur. « Après des craintes justifiées suite au confinement, les perspectives sont plutôt bonnes », souligne Camille Thiry, porte-parole de Bruxelles mobilité. « Les startup européennes de micro-mobilité nous indiquent toujours bénéficier de la confiance des investisseurs. Cela permet une stabilisation du marché. » Si ce retour satisfait les différents acteurs, qui y voient une manière d’engager la transition vers un système où la voiture individuelle occupera beaucoup moins de place, certains rappellent toutefois qu’il faudra être vigilants. « Il sera nécessaire de réguler afin d’éviter les abus, peut être avec des zones de stationnement des appareils », souligne Mathieu De Lophem. « Mais si on encadre bien tout cela, on peut multiplier le nombre de ces engins dans nos rues. Ça sera une bonne nouvelle pour tous les usagers, et pour la mobilité en général », conclut-il. (cg) CHIFFRE DU JOUR 4.818 Bruxelles compte actuellement 4.818 véhicules de micro-mobilité (trottinettes, scooters, et vélo électriques).



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