Métro Belgique n°4275 17 déc 2020
Métro Belgique n°4275 17 déc 2020
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°4275 de 17 déc 2020

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : n.v. Mass Transit Media

  • Format : (235 x 315) mm

  • Nombre de pages : 20

  • Taille du fichier PDF : 3 Mo

  • Dans ce numéro : ours géants.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 10 - 11  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
10 11
10 FEELGOOD JEUDI 17/12/2020 metrotime.be « Le digital n’est pas un ersatz du présentiel mais une nouvelle offre de soins » Depuis le confinement de mars dernier, beaucoup de thérapeutes se sont organisés pour voir leurs patients en téléconsultations. Une version digitale du divan qui présenterait de nombreux avantages. La psychologue clinicienne Marie- Cécile Remy, elle, gardera à l’avenir les consultations à distance, en plus des rencontres physiques. Après le premier confinement, Marie-Cécile Remy avait repris ses consultations en présentiel et avait trouvé cela particulièrement contraignant  : « Je devais accueillir mes patients avec une bouteille de gel, garder le masque tout au long de la séance et désinfecter entre chaque patient. C’était vraiment inconfortable, d’autant que je suis une psy qui parle énormément et avec le masque, il faut élever la voix et mettre plus d’emphase. C’est vraiment fatigant », explique-t-elle. Par ailleurs, la thérapeute a des soucis d’audition et s’est rendu compte à quel point elle utilisait également la lecture sur les lèvres pour la compréhension. Pour elle, il n’y a pas de doute  : avec les mesures sanitaires actuelles, la téléconsultation l’aide dans la compréhension d’autrui en lui offre au moins la possibilité de voir le visage dans son intégralité et donc tout le champ de la communication non verbale. UN PIED DANS L’INTIMITÉ DES PATIENTS De plus, la séance digitale constitue une petite fenêtre ouverte sur le lieu de vie des patients  : « Je vois un chat, j’entends un oiseau, je vois un petit bout d’où ils vivent. Cela me donne des informations sur eux. J’avais une patiente plus âgée qui tricotait pour sa petite fille et qui me montrait à chaque séance l’avancement de son projet. Et puis pour les femmes voilées, je les vois sans leur voile et ça aussi c’est intéressant. » Ph. D.R. ACCÉDER À DE NOUVEAUX PROFILS La séance digitale permet également de traiter des personnes qui n’ont pas l’occasion de venir à elle  : « J’ai un camionneur qui n’est pas du tout le profil type de mes patients habituels. Il accroche bien avec mon accompagnement et il peut en profiter parce qu’on fait les séances à distance lorsqu’il est dans son camion, pendant ses moments de repos. Nous travaillons sur l’anxiété et la méditation et il me dit qu’il la pratique aussi pendant ses arrêts », dit-elle, ajoutant qu’elle ne pense pas qu’il aurait consulté si ce n’était pas possible à distance. LE THÉRAPEUTE IDÉAL OÙ QU’IL SOIT Autre gros avantage insoupçonné de la téléconsultation  : le choix. En général, on choisit son thérapeute en fonction de sa localisation géographique, mais avec le digital, il peut se trouver n’importe où. On peut donc sélectionner le thérapeute qui nous convient le mieux en ouvrant l’horizon géographique, s’est aperçue Marie- Cécile Remy. Selon cette dernière, en plus, toutes les catégories de la population s’adaptent facilement aux communications digitales  : « Les personnes âgées autant que les enfants s’adaptent facilement pour autant qu’on leur montre le chemin. » Les populations moins aisées socialement et financièrement sont également au taquet  : « Beaucoup de mes patients moins favorisés ont de la famille à l’étranger et ont déjà fort l’habitude d’utiliser les canaux digitaux pour communiquer avec les membres de leur famille. « Et contrairement aux réunions à plusieurs, ce n’est pas plus fatigant qu’en Nous prenons une pause entre le 25 décembre et le 2 janvier. Surfez sur fr.metrotime.be pour ne rater aucune info & abonnez-vous à notre newsletter. Meilleurs vœux de la part de l’équipe Metro ! face-à-face car nous ne sommes que deux personnes connectées. » UNE VOIE COMPLÉMENTAIRE Par ailleurs, les consultations en ligne permettent également de garder le suivi avec des patients qui pour des raisons professionnelles ou privées, n’ont plus le temps de se déplacer. « Il y a les personnes qui sont en congé maladie donc très flexibles puis qui reprennent le travail et pour lesquelles c’est compliqué de continuer à se voir en présentiel. Il y a aussi les jeunes mamans pour lesquelles se déplacer avec un nouveau-né est compliqué. Et puis, imaginez que vous vous cassiez une jambe ? Grâce à la téléconsultation, on n’est pas obligés d’arrêter la thérapie. J’ai une patiente qui est repartie dans son pays d’origine car ses parents étaient malades, et on a pu continuer aussi. Il y a aussi un homme d’affaires toujours en voyage qui a pu également continuer à consulter. Il fallait juste s’organiser avec les fuseaux horaires. » Évidemment, le principe des téléconsultations ne fonctionne pas dans tous les cas de figure  : « Pour des pathologies lourdes ou des préventions de suicide par exemple, le présentiel est parfois indispensable », précise-t-elle, tout en voyant quand même dans le digital une façon peut-être pas idéale mais pratique pour garder le lien avec ces cas « lourds » dont beaucoup se sont retrouvés très isolés pendant le premier confinement. Proposer les deux méthodes en fonction des besoins est donc un réel plus « Le digital n’est pas un ersatz du présentiel mais une nouvelle offre de soins » affirme Marie-Cécile. DEUX TIERS DES THÉRAPEUTES La thérapeute lit tout ce qu’elle trouve comme littérature scientifique publiée au sujet des téléconsultations. Elle participe régulièrement à des conférences digitales et perçoit clairement un engouement  : « Nous étions 177 thérapeutes à la dernière conférence de l’UCL, et nous avons effectué un petit sondage  : deux tiers pratiquaient les séances digitales. » Lucie Hage Premier Metro 2021  : 04/01
metrotime.be 1 JEUDI 17/12/2020 FEELGOOD MI 11 La voyance, une thérapie ? Nous le connaissons tous sous ce « slogan »  : « La star des voyants, le voyant des stars ». Nous avons rencontré dernièrement Dominique Lehmann, le voyant très médiatisé. L’occasion de nous interroger sur les bienfaits d’une séance de voyance et… de nous faire tirer les cartes ! Peut-on considérer la voyance comme une thérapie ? « Certaines personnes qui viennent me voir la considèrent comme une thérapie, oui. On me dit parfois qu’on préfère venir me voir que d’aller consulter un psychiatre (rires). Les gens viennent en général quand ils ont des problèmes. On n’est jamais venus à une consultation seulement pour voir ma tronche (rires). Il y a, dans tous les cas, une recherche de réponses à certaines questions. » Vient-on vous voir avec des questions précises ? « Pas forcément. Pour certains, on développe les choses ensemble. Mais ils ont quand même toujours un domaine qui les chiffonne plus qu’un autre. D’habitude, c’est l’amour qui est la priorité. Mais depuis la crise sanitaire, on me parle plus souvent du travail. » Beaucoup de personnes qui viennent consulter chez vous ont plus peur aujourd’hui de se retrouver sans travail ou sans moyen financier ? « Exactement. Beaucoup se demandent s’ils ne vont pas perdre leur boulot. » Avec la crise sanitaire, l’amour viendrait donc en second plan ? « Non, je ne pense pas quand même. Mais le travail fait vivre. L’amour aussi, d’une certaine manière. Mais on a beau avoir un bel amour, si on n’a pas de pognon… Par ailleurs, que s’estil passé durant le premier confinement ? Le taux de violences conjugales a explosé. Les divorcent ont également augmenté. Les gens ne se supportaient plus. L’amour fait partie des préoccupations, c’est sûr. Mais aujourd’hui, le travail passe au premier plan. » Vous arrive-t-il de vous autocensurer ? De ne pas divulguer ce que vous voyez dans les cartes ? « Je n’ai pas le droit de garder des informations pour moi. Si on vient chez moi, c’est qu’on recherche des réponses, quelles qu’elles soient. Même quand je vois une banqueroute quelque part, je pense que la personne peut toujours s’en sortir. Bien entendu, il y a des choses plus compliquées. Après, je ne dis pas à la personne devant moi qu’elle va mourir la semaine prochaine ! Je dis que je vois un soulagement. Après, elle prend le soulagement comme elle l’entend. C’est une question très compliquée… C’est difficile de dire ça à quelqu’un. Mais heureusement, c’est très rare. » Pensez-vous que les personnes qui vous consultent modifient leurs comportements et changent ainsi leur destin ? « Les choses qui sont écrites sont écrites. Même si on peut un peu les contourner, elles reviennent automatiquement. Et puis, quand il y a une heure de fin, il faut se dire que l’heure est là, c’est le destin, c’est la vie. C’est ça, le chemin de vie  : on pousse le premier cri à la maternité et on rend le dernier soupir quand on meurt. Ces heures-là sont écrites. » Connaissez-vous votre propre destin ? « Je ne vois rien pour moi. Ce sont les cordonniers les plus mal chaussés ! » Mais quand vous vous tirez les cartes, vous voyez bien les combinaisons. Ph. D.R. Les malheurs que Dominique Lehmannavait prédits pour 2020 « On ne peut pas être objectif sur soi-même. C’est impossible ! » Comment faites-vous alors avec l’objectivité quand ce sont vos proches qui vous demandent une consultation ? « C’est très compliqué. C’est pour ça que j’essaie d’éviter ça au maximum. Ça arrive que quand je dîne avec des amis, je jette mon dévolu sur quelqu’un. Mais c’est en général le moins proche de moi. On est parfois dans des situations dingues ! » Vos dîners doivent être folkloriques ! « C’est le cas de le dire (rires) ! Mais des fois, c’est très compliqué. En plus, quand je commence, on n’arrive pas à m’arrêter et parfois, je me dis  : ‘Mais pourquoi tu as dit ça !’. » Tous les voyants exercent-ils la voyance de la même manière ? « Non. Dans la voyance, il y a des numérologues, des tarologues, les cartomanciens, les médiums… Je suis médium à la base, mais je prends toujours un support pour confirmer ce que je dis. C’est important ! Je dis les choses comme elles sont. » Vous voyez les choses sur les deux prochaines années. Pourquoi deux ans ? Dominique Lehmannavait prédit pour 2020 une année où on allait beaucoup pleurer. « La grande tristesse générale concerne la crise sanitaire actuelle. Je ne m’en souvenais pas mais une cliente m’a aussi rappelé que j’avais prédit un scandale général cette année. » En effet, lors de ses prédictions, le voyant avait parlé d’un grand malheur mondial. « Cela ressemble fortement à la Covid ! » Pour Dominique Lehmann, on finira par sortir de cette crise. « Cela prendra du temps. C’est très difficile à voir dans les cartes. On maitrise les choses vivantes. Pour les choses impalpables, c’est plus compliqué. » Comment voit-il l’année 2021 ? « Un peu mieux que 2020 mais 2022, ça sera encore mieux ! En 2022, on va revenir à une situation beaucoup plus normale. » ◀ « C’est une question d’expérience. Depuis le temps que je fais de la voyance, je me suis rendu compte que ce que je voyais se déroulait dans les deux ans. C’est impossible de voir ce qu’il va se passer dans 10, 15, 20 ans ! Vous imaginez… Avec déjà tout ce que je vois quand je me balade dans la rue, toutes les têtes…, si en plus je devais voir dans un futur lointain… » Vous voyez des choses dans la rue que d’autres ne voient pas ? « Je vois les gens. Parfois, ils sont calfeutrés, donc ça va. Mais il y a beaucoup de personnes pour lesquelles je vois tout. Cela peut être beaucoup de choses. Un cœur, par exemple. Cela veut dire que cette personne est bien dans sa vie personnelle. Je peux aussi voir un cercueil sur la tête de quelqu’un. Un jour j’ai interpellé une dame à un abri de bus en lui demandant si elle connaissait une Catherine. Elle était surprise de ma question. Mais elle m’a répondu qu’en effet, Catherine est sa mère décédée une semaine auparavant. Aujourd’hui, elle vient me voir en tant que cliente. » Vous côtoyez-vous entre médiums ? « Non, c’est un milieu tellement ingrat… Personnellement, cela ne me dérangerait pas du tout. Je n’ai pas beaucoup d’amis et je n’en veux pas beaucoup. Les voyants entre eux ne s’aiment pas, ne se supportent pas. Moi je m’en fous, je suis neutre. Que l’on m’aime ou pas, ça ne change rien. » Comment peut-on reconnaître un charlatan ? « Il faut, dans un premier temps, regarder depuis quand il exerce la voyance. Il n’existe pas de manuel du voyant qui nous On a testé pour vous Quand je dis à mes amis que j’ai rencontré Dominique Lehmann, ils ont toujours deux réactions. La première est bien sûr de me lancer le ‘slogan’  : « La star des voyants, le voyant des stars ». La seconde est de savoir ce qu’il m’a raconté et surtout, de savoir si ce qu’il a dit est vrai. Difficile de répondre à cette question puisque ses prédictions auraient lieu au bout de deux années pleines, en 2023 donc. Par contre, j’ai été bluffée sur ce qu’il m’a annoncé d’emblée sur un des aspects de ma vie privée. Il a directement vu ou cerné -c’est à vous de voir- une étape importante que j’aimerais accomplir. Ce que j’apprendrais plus tard en rentrant chez moi, c’est qu’il a fait les mêmes prédictions à mon compagnon concernant sa conjointe, c’est-à-dire moi (nous ne lui avons évidemment pas dit que nous étions ensemble). Don ? Hasard ? À vous de voir ! Pour ma part, je penche plus pour un don quel qu’il soit. Toutefois, je l’ai trouvé, au fur et à mesure de la séance, de plus en plus confus. Et j’ai eu l’impression, à la fin de la séance, de l’aider un peu dans ses « prédictions » avec mes réactions spontanées. Bref, une chose est sûre  : il n’y a que l’avenir qui pourra nous dire si ce qu’il a dit est juste. Affaire à suivre… ◀ permettrait de dire si l’un ou l’autre est nul ou pas. Mais ça se sent. Il faut aussi que le voyant ait l’air sûr de lui. S’il essaie de vous faire payer des activités qui vont vous coûter la peau des fesses, vous avez tout compris. Et il y en a plein ! » Croyez-vous au mauvais œil ? « Non, pas vraiment. Il peut y avoir quelque chose qui s’acharne sur nous mais je n’appelle pas ça comme ça. On a tous des périodes plus compliquées, mais ce n’est pas constant. Quelqu’un qui aurait le mauvais œil comme on l’entend, il finirait par en mourir ! Il faut aussi faire attention au soi-disant grand marabout qui veut vous faire grandir la quéquette. » Maïté Hamouchi



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :