Métro Belgique n°4273 14 déc 2020
Métro Belgique n°4273 14 déc 2020
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°4273 de 14 déc 2020

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : n.v. Mass Transit Media

  • Format : (235 x 315) mm

  • Nombre de pages : 20

  • Taille du fichier PDF : 3,5 Mo

  • Dans ce numéro : Bruges reprend sa couronne.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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8 111 CULTURE LUNDI 14/12/2020 metrotime.be ÉGLANTINE EMÉYÉ BOOKS Maman d’un enfant handicapé, « ça reste un parcours du combattant très solitaire » Dans son dernier roman, Églantine Eméyé imagine un échange entre Samy, son fils de 12 ans autiste et polyhandicapé, et Mohammed, réfugié irakien de 37 ans qu’elle a accueilli chez elle. Au fil des pages, ils tissent un dialogue inattendu, tendre et touchant. Comment vous est venue cette idée de dialogue ? « Je voulais raconter Samy de l’intérieur, c’est-à-dire que Samy se raconte lui-même. Quand j’ai accueilli Mohammed, j’avais là un écho à ce que vivait Samy. Samy n’a pas de mots et Mohammeden était privé lui aussi. Il ne parlait qu’irakien et n’avait aucun moyen de communiquer ÉCOUTEZ NOTRE WEBRADIO CHRISTMAS VIA NOTRE APPLI OU SUR NOSTALGIE.BE 1Per- ; ; 1 Écoutez Neetelgie Belgique 6DI doblD avec nous. Je trouvais intéressant ce dialogue entre deux personnes qui n’arrivent à parler avec personne d’autre. » C’est aussi une nouvelle façon de parler du handicap ? « Oui, c’est un autre regard. C’est une perception au plus proche de ce que Samy vit. Cela permet de découvrir que la personne handicapée, finalement, n’est pas très différente de vous et moi. Elle a ses propres blessures, elle doit faire avec. Mais elle a aussi son regard sur la vie  : il peut être tendre, critique, Ph.C. Lartige joyeux… C’était pour rapprocher les gens, comme vous et moi, de ces personnes-là. » Comment les avez-vous fait parler ? « Ça a été plus facile pour Samy. J’ai l’habitude d’essayer d’imaginer ce qu’il pense et ressent. Pour Mohammed, il y a eu beaucoup de questions auxquelles il n’a pas pu répondre. J’ai fait quelques recherches. Après, j’ai fait confiance à mon imagination et à mon sens de l’observation. » Pour vous, sa maman, est-ce NOSTALGIE une furieuse envie de chanter facile de lire Samy au quotidien ? « Ça reste très compliqué. C’est beaucoup d’interprétation, d’observations et de recherches. Parfois je devine certaines choses, parfois je me heurte à une incompréhension totale. Je suis sans doute celle qui le comprend le plus parce que je le connais intimement et que je connais le moindre tressaillement de son visage… Mais ça reste toujours un art un peu divinatoire ! » Installer Samy loin de vous, ça a dû être une décision difficile à prendre, mais aussi à concrétiser ? « Oui, c’est très difficile de trouver un lieu qui accueille un enfant comme lui. Et puis, la prise de décision a été encore plus difficile parce que ce n’est pas naturel de se séparer de son enfant. Même six mois avant de prendre la décision, j’étais à mille lieues d’imaginer que je pourrai faire une chose pareille ! Je l’ai fait lorsque, soudainement, j’ai été convaincue que la vie que je lui offrais, chez nous, lui faisait du mal. Quand ça m’a sauté à la figure, il a fallu que je trouve une solution. Et si cette solution devait être loin de moi pour qu’il soit mieux, tant pis pour moi, mais tant mieux pour lui ! » Aujourd’hui, il a quitté l’hôpital pour une structure plus humaine… « Plus adaptée et plus humaine, exactement. L’hôpital a ses contraintes, ses moyens financiers… C’est difficile la vie d’hôpital. Là, Samy est dans un véritable lieu de vie. C’est presque une colocation, et avec plus de monde pour s’occuper EN QUELQUES LIGNES d’eux. » Ça lui fait du bien ? « Énormément ! Ça change tout. C’est hallucinant la différence. Avant, c’était miraculeux d’avoir dix jours successifs de calme pour Samy. Aujourd’hui, c’est plutôt l’inverse. On a plus souvent l’occasion de voir Samy apaisé, détendu et souriant. » Il reste encore de multiples chantiers pour l’inclusion des personnes handicapées… « Jusqu’il y a peu, on appelait la Belgique au secours ! Nos enfants venaient chez vous. Il n’y a pas très longtemps que le gouvernement français a décidé qu’il fallait que l’on ait nos propres solutions. Elles se mettent en place progressivement. C’est bien. Mais c’est long, pour nous, familles, d’attendre ces solutions. Et puis, il reste un grand pas à faire pour qu’ils soient intégrés dans tous les pans de la société. Aussi, il y a encore tellement à faire dans l’aide aux familles, qui sont désemparées. C’est très cruel d’avoir un enfant handicapé. C’est long avant de comprendre et d’accepter les limites de notre enfant. C’est un cheminement personnel qui est long, douloureux et beaucoup trop solitaire. » En tant que maman, vous vous sentez plus soutenue aujourd’hui qu’auparavant ? « Non. Honnêtement, en tant que famille pas tellement. Ce sont les associations qui sont les plus soutenantes. Mais ça reste très compliqué. Ça reste un parcours du combattant très solitaire. » Oriane Renette À première vue, Samy et Mohammedn’ont pas grand-chose en commun. Samy a 12 ans. Polyhandicapé et autiste sévère,rrva dit il vit à l’hôpital, loin de sa famille. Mohammeden a 37. Après avoir fui les bombes et son pays, il arrive en France, où il obtient le statut de réfugié et est accueilli par une famille. Pourtant, quelque chose les lie tous les deux  : ils n’ont pas de mots. Sous la plume d’Églantine Éméyé, Samy et Mohammedvont se raconter leur quotidien et se livrer l’un à l’autre. Un dialogue plein de tendresse et d’humanité qui fait souffler une bouffée d’air frais sur nos vies de « normaux ». « Tous tes mots dans ma tête », d’Églantine Éméyé, aux éditions Robert Laffont, 240 pages, 19 € . ●●●●○
metrotime.be LUNDI 14/12/2020 ON THE ROAD 9 TOYOTA MIRAI SECONDE GÉNÉRATION La révolution par la séduction Toyota s'apprête à lancer la seconde génération de sa voiture à hydrogène, alternative à la voiture électrique à batterie. Plus performante, un peu moins chère, et surtout moins baroque. Certains se souviennent peut-être en effet que la première Mirai, lancée en 2016, misait sur un design très « futuriste », reflet des technologies très avant-gardistes qu'elle embarquait. Mais ce look était plutôt indigeste, et même si le constructeur a réussi à écouler à peu près 11.000 exemplaires de cette voiture quasiment expérimentale, il était impératif, pour que la voiture à hydrogène prenne vraiment de l'ampleur, qu'un public plus large puisse être tenté. Mais avant d'y revenir, rappelons de quoi il retourne. Pour ceux qui l'ignoreraient encore, une « voiture à hydrogène » est en fait une voiture électrique qui tire son énergie non pas de batteries, mais d'une pile à combustible. Cette pile est un système qui, par réaction chimique entre l'oxygène de l'air et l'hydrogène contenu dans les réservoirs, produit sa propre électricité et… de la vapeur d'eau. Avantage par rapport aux batteries  : une autonomie très réaliste (quelque 650 km pour la nouvelle Mirai), que l'on récupère intégralement en moins de 5 minutes, le temps de faire le plein d'hydrogène. Désavantage  : les stations d'hydrogène sont encore rarissimes. Il y en a actuellement 2 en Belgique, moins de 30 en France, mais déjà près de 140 en Allemagne. Rappelons enfin que Toyota n'est pas seule sur ce marché  : Hyundai commercialise depuis 2018 le Nexo, un grand SUV roulant également à l'hydrogène. PRESQUE PREMIUM Nous le disions, Toyota a compris que pour populariser l'hydrogène, il faut vendre des voitures. La nouvelle Mirai tranche radicalement avec sa devancière. Jadis étrange, elle prend aujourd'hui la forme d'une grande berline statutaire et athlétique, à notre avis très réussie. Même topo à l'intérieur, l'univers est plutôt celui d'une voiture premium et bien sûr un équipement technologique haut de gamme. Une seule chose choque  : l'habitabilité. Les batteries sont maintenant derrière le dossier de la banquette et restent encombrantes. Donc, dans cette majestueuse berline de près de 5 mètres de long, l'espace aux genoux à l'arrière est plus réduit que dans… une Yaris ! Quant au coffre, il est raisonnable mais sans plus pour un véhicule de ce gabarit. La technologie avant-gardiste impose donc encore quelques compromis. Pour le reste, la Mirai est une voiture admirablement normale. Son moteur électrique de 184 ch et 300 Nm n'a aucun mal à emmener les 1.900 kilos de la voiture (c'est plus léger qu'une électrique à batteries équivalentes), le châssis garantit à la fois un comportement de haute tenue et un confort de limousine. Le tout dans un silence quasi absolu. C'est donc comme sur un nuage qu'on parcourt les 650 kilomètres autorisés par les 5,6 kilos d'hydrogène des réservoirs. En Belgique, celui-ci est au prix de 9,9 € /kg, ce qui signifie que rouler en Mirai n'est pas beaucoup plus cher que de rouler dans une grosse berline essence. Autant dire que s'il n'y avait ne serait-ce qu'une trentaine de stations supplémentaires en Belgique, la voiture électrique à batteries aurait trouvé à qui parler… Laurent Zilli Photos Toyota PRO Look charismatique Prix en baisse Confort d'utilisation « Recharge » à 100% en 5 minutes EN QUELQUES CHIFFRES Moteur électrique ; 182 ch ; 300 Nm Transmission aux roues arrière Boîte auto 1 rapports L/l/h 4.975/1.885/1.480 mm Poids à vide 1.900 kg CONTRA Stations rarissimes Habitabilité arrière/Coffre Vrai bilan environnemental du H2 ? Prix toujours élevé Réservoir 5,6/142,2 kg/l Autonomie +/- 650 km 0 à 100 km/h 9,2 sec Vitesse maxi 175 km/h Prix +/- 63.920 euro En décembre, votre journal paraît les lundis, mardis, jeudis et vendredis ! **Dernier journal de 2020  : 24/12. 1



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