Métro Belgique n°4271 10 déc 2020
Métro Belgique n°4271 10 déc 2020
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°4271 de 10 déc 2020

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : n.v. Mass Transit Media

  • Format : (235 x 315) mm

  • Nombre de pages : 20

  • Taille du fichier PDF : 2,6 Mo

  • Dans ce numéro : les enfants pas directement responsables du covid.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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12 CULTURE JEUDI 10/12/2020 metrotime.be « Cette période nous rappelle cruellement à quel point nous avons besoin des autres » Elderbrook n’est pas un petit nouveau de la scène électronique, mais il a décidé de prendre son temps avant de sortir son premier album. Pourtant, le succès fulgurant de « Cola » en 2017 laissait présager une ascension tout aussi éclatante. Ce n’est que trois ans plus tard, dans le contexte particulier de la pandémie, qu’il sort « Why Do We Shake In The Cold », qui aborde essentiellement les relations humaines. Cela fait quelques années que vous faites partie du paysage de la musique électronique. Pourquoi avoir attendu jusqu’à maintenant pour sortir « Why Do We Shake In The Cold » ? Elderbrook  : « Je voulais juste explorer tous les courants musicaux avant de créer ma propre musique. Je suis passé par tellement de genres par le passé, comme la deep house et la musique indépendante que je voulais donner de la spécificité à mon premier album en explorant un peu tout ce qui était possible, ça me semblait essentiel de synthétiser cette diversité. » Connaissez-vous la raison pour laquelle on tremble lorsqu’il fait froid ? Qu’avez-vous voulu dire avec le titre de cet album ? « (Rires) Oui, je crois que c’est une réaction de notre corps lorsque les températures sont trop froides, afin de produire de la chaleur. Mais la vraie raison pour laquelle j’ai appelé l’album de la sorte, c’était pour montrer qu’on avait besoin des autres personnes autour de nous et surtout d’une bonne dose d’humanité, surtout en ce moment. Tout l’album repose sur le fait de rencontrer les autres et d’interagir avec les autres, c’est un petit peu le leitmotiv. » Ironie du sort  : cet album est essentiellement à propos des interactions humaines au moment-même où nous devons les limiter… « C’est extrêmement ironique. De fait, le timing est bon mais nous n’y sommes pour rien. J’ai travaillé sur cet album depuis très longtemps, et je voulais d’ailleurs le sortir avant. C’est un bon moment car la période nous rappelle cruellement à quel point nous avons besoin des autres et c’est le sujet du disque. Nous avons fait tout ce que nous pouvions technologiquement pour nous connecter les uns aux autres quand ce n’est pas possible de le faire physiquement. C’est évidemment essentiel d’utiliser les réseaux sociaux pour rester en contact avec les autres, mais Ph. A. Balmford SOUND CHECK il n’y a rien de plus naturel et beau que les rencontres physiques. » Est-ce qu’il existe une sorte de relation amour/haine entre vous et les réseaux sociaux ? « Je pense que c’est le cas pour tout le monde. Cela peut parfois avoir un côté malsain, lorsque l’on se demande combien de likes ou d’abonnés on a par exemple, mais cela a aussi du bon  : on peut se connecter avec n’importe qui dans le DRT11 monde. Sans cela, on ne serait sans doute même pas en train de se parler à l’heure actuelle. C’est grâce à cela que j’ai démarré ma carrière dans la musique, au final. J’ai commencé en postant une de mes chansons sur Soundcloud alors que j’étais dans ma chambre à l’université. Des personnes se sont mises à m’écouter partout à travers le monde et cela m’a mené où j’en suis à l’heure actuelle donc je suis tout de même reconnaissant envers les réseaux sociaux. » « My house » aborde le délicat sujet du matérialisme et du regard des autres sur ce que l’on possède… « Cette chanson n’est évidemment pas à propos de ma maison, mais c’est à nouveau une image. Les gens veulent toujours plus que ce qu’ils ont. Parfois, on attend pendant des semaines ou des mois avant d’avoir quelque chose et, une fois que nous l’avons, on en veut la nouvelle version. Cette chanson sonne comme un rappel  : prends un moment pour regarder ce que tu as et t’en réjouir parce que c’est, un jour dans ton passé, tout ce dont tu rêvais. » Votre collaboration avec CamelPhat, « Cola », est devenue un hit planétaire qui a été nominé aux Grammy Awards. Est-ce que cela a été le tournant de votre jeune carrière ? « Oui définitivement. L’ampleur que ce morceau a prise m’a complètement dépassé et je ne comprends toujours pas exactement ce qu’il s’est passé. Les réseaux sociaux ont joué un rôle immense dans le succès de ce hit. J’ai collaboré avec de nombreux artistes, mais je dois dire que ce titre, que j’ai réalisé avec CamelPhat, est mon préféré et d’ailleurs, il ne nous appartient plus réellement. Quand je vois la façon dont les gens réagissent à ce titre quand je suis sur scène, je comprends ce qu’il représente pour eux. » Justement sur scène, vous dégagez une énergie solaire et votre public semble beaucoup apprécier cette positivité. Est-ce que c’est ancré dans votre personnalité ? « Lorsque j’ai commencé à me produire sur scène, j’étais très timide. La seule façon de contourner cette timidité, c’était de faire n’importe quoi et d’être ridicule. C’était ma façon de m’ouvrir et c’était ma façon de vaincre mon stress et ma peur. Ce sont des danses bizarres, mais magnifiques à la fois car elles permettent à tout le monde de réaliser qu’il peut faire ce qu’il veut sans que ça soit gênant, tant que c’est fait avec cœur et envie. Au final, je suis devenu beaucoup plus confiant sur scène que dans la vraie vie, parce que je n’ai pas d’autre choix en concert. Plus rien ne compte, l’adrénaline agit et tu ne peux plus réfléchir ! » Elderbrook sera en concert le 4 mars 2021 à l’Ancienne Belgique. Sébastien Paulus EN QUELQUES LIGNES « Why Do We Shake In The Cold », c’est la bonne pioche électro de cette fin d’année. La personnalité simple et chaleureuse d’Alexander Kotz se ressent dans sa musique, qui ne manque pas de générosité. L’attente de cet album se comprend mieux, tant la production de chacun des titres est léchée. Certains d’entre eux, comme « Numb » et « Something About You » tournent déjà en boucle sur nos ondes. Cet album, c’est peut-être la dose de chaleur dont on a tous besoin aux portes de l’hiver, en attendant de pouvoir danser dessus en live ! ●●●●○
metrotime.be 1 JEUDI 10/12/2020 CULTURE CI 13 Qu’est-ce qui se cache sous le parapluie d’Adélaïde ? L’auteur du best-seller « L’Extraordinaire Voyage du fakir qui était resté coincé dans une armoire Ikea » revient avec un roman dans un tout autre style  : « Sous le parapluie d’Adelaïde ». Une enquête pas comme les autres, faite de rebondissements et d’un incroyable coup de théâtre. Le roman débute avec un meurtre qui paraît invraisemblable… « Je voulais montrer qu’il était aussi facile de tuer quelqu’un dans une rue déserte à minuit, qu’un 25 décembre au milieu d’une foule. Le meurtre est aussi anonyme. C’est le point de départ. Après, il y a ce qu’il se passe sous ce parapluie. Y a-t-il un témoin ? Qui est cette personne sous le parapluie ? » Qui est votre enquêtrice ? Pourquoi avoir choisi une avocate ? « Ça m’ennuie les policiers qui mènent des enquêtes ! Je trouve ça tellement banal. Ce qui m’excite, c’est que chacun de nous peut devenir détective. Cette avocate commise d’office est persuadée de l’innocence de son client. Elle va donc tout faire pour résoudre l’enquête. Elle fera peut-être même plus que les policiers. Car les fonctionnaires de police, et je m’inclus [Romain Puértolas est capitaine de police en disponibilité], ne sont pas rémunérés à l’affaire résolue. Ils n’ont pas d’obligation de résolution. » L’histoire se déroule dans le passé. C’est un personnage en avance sur son temps que l’on découvre, non ? « Tout à fait. Cette jeune avocate est brillante et ne se soucie pas de ce que pense la société. Dans le roman, elle a son pendant  : Michel, qui est le seul noir de la ville, comme elle est la seule femme avocate. Ce que j’aime dans mes personnages, c’est qu’ils vont au-delà de cela. Ils se foutent des préjugés et foncent. Et ce sont ceux qui foncent qui vont ouvrir la brèche. Après, on réalise que c’était possible. Tout est possible dans la vie. » Vous êtes ici dans un autre genre que celui du « Voyage du Fakir » … « Oui, j’ai entamé un virage à partir de ‘La Police des Fleurs’. J’écris des choses plus sérieuses, dénuées de fantaisie et de loufoque. J’ai été étiqueté et je voulais faire une rupture, notamment dans le style. Ici, on est dans du dramatique. Je raconte l’histoire de la victime, Rose Rivière. Je livre un extrait de 50 pages de son journal intime. Elle y décrit sa relation avec REVIEWS ifiiietisTil Ph. D.R. BRUXELLES PENDANT LA GUERRE Après « Sourire 58 » et « Léopoldville 60 », les éditions Anspach continuent de mettre l’histoire de la Belgique dans des cases. Le résultat est un véritable succès critique et commercial avec respectivement plus de 26.000 et 17.000 exemplaires écoulés. Dans « Bruxelles 43 », l’historien Patrick Weber et le dessinateur Baudouin Deville retracent le quotidien d’une poignée de Bruxellois durant la Seconde Guerre mondiale. On retrouve notamment Kathleen, l’héroïne des deux opus précédents, qui était âgée de 12 ans à l’époque et son père qui tenait un kiosque à journaux à De Brouckère. Sous l’occupation allemande, entre les rafles anti-juifs, les dénonciations des collabos et les bombardements, l’atmosphère était irrespirable dans la capitale. Dans ce contexte, un dessinateur tente de faire publier des planches de BD tournant Hitler en dérision dans le Faux Soir. Un album instructif, nécessaire et marquant qui se termine par un excellent petit dossier didactique de huit pages. (tw) « Bruxelles 43 », de B. Deville et P.Weber, éditions Anspach, 64 pages, 14,5 € son mari et les violences psychologiques et conjugales. » Vous dédiez ce livre à votre tante. C’est elle qui vous a inspiré l’histoire de Rose ? « Oui, effectivement. Ma tante n’était pas heureuse et c’est sa vie que j’ai romancée. J’ai écrit ce livre pour penser à elle et à toutes ces femmes qui subissent des violences, psychologiques ou physiques, de la part d’hommes. C’est insupportable. J’ai voulu rendre hommage à ma tante, qui me manque depuis maintenant 20 ans. Elle a mis fin à sa vie. C’est dommage. Les êtres humains ne méritent pas d’avoir une vie gâchée par quelqu’un d’autre. Je voulais la faire revivre, la faire vivre et la faire gagner. » Votre roman contient un véritable coup de théâtre. Quelles sont vos ficelles pour jouer des lecteurs ? « D’abord, me creuser la cervelle pour trouver un coup de théâtre, un truc qui fasse dire ‘wahou’à la fin. Il faut que ce soit invisible à la première lecture, et évident à la seconde. Pour cela, je joue sur les préjugés, les interprétations et la polysémie. C’est très jouissif d’écrire comme cela  : sans mentir, mais dire de manière à ce que le lecteur ne voie pas. » Certains lecteurs parviennent-ils tout de même à percer l’intrigue ? « Aujourd’hui, les gens sont habitués et savent où chercher… mais j’arrive encore à les surprendre ! C’est assez jouissif pour moi. Évidemment, quelques personnes comprendront toujours les trucs avant ●●●●○ BOOKS tout le monde. Et c’est très bien aussi. Par exemple, certains points de ‘La police des fleurs’ne seront élucidés que dans le troisième tome [qui sortira en 2021]… Et certains sont parvenus à les résoudre avec deux tomes d’avance ! C’est rare, mais ça existe ! Comme quoi, le travail que je fais en profondeur sur ces livres-là, le moindre petit indice que je glisse peut servir à quelques lecteurs. » Vous avez vécu en France, vous vivez aujourd’hui en Espagne, à Malaga. Est-ce que ces deux cultures influencent votre écriture ? « Bien sûr. On ne peut pas comparer la littérature espagnole et la littérature française. Les deux se complémentent. Comme je lis en plusieurs langues et en version originale, je suis vraiment imprégné de cette culture. Je fais un mélange entre ces deux cultures, entre les deux littératures. Par exemple, j’utilise de temps en temps des expressions que je traduis littéralement d’une langue à l’autre. Ou dans mes livres d’avant, qui ont ce côté humoristique, assez fantasques. Ça aussi c’est une particularité espagnole, notamment avec un très grand auteur, Eduardo Mendoza. » Oriane Renette EN QUELQUES LIGNES En ce 25 décembre, toute la ville de M. est rassemblée sur la place pour assister au spectacle de Noël. Au milieu de la foule, Rose Rivière est étranglée… mais personne ne réagit. Car personne n’a rien vu. Pourtant, un suspect est rapidement arrêté. Son avocate va alors tout faire pour tenter de l’innocenter  : elle se lance à la recherche de celui qui pourrait être l’unique témoin du crime, celui qui était caché sous le parapluie d’Adélaïde… Après « La Police des fleurs, des arbres et des forêts », Romain Puértolas dévoile le deuxième tome de sa trilogie. Tout au long de cette saga familiale, l’auteur se joue du lecteur pour l’emmener dans une enquête horsnorme, allant de fausses pistes en rebondissements. « Sous le parapluie d’Adélaïde », de Romain Puértolas, aux éditions Albin Michel, 336 pages, 19,90 € . ●●○○○ BD LE COMBAT D’ANGELA DAVIS Lancée à la rentrée, la collection Karma de Glénat met en avant les histoires vraies de personnes qui ont fait changer la société. Après « Radium Girls », « Traquée » est le deuxième album de cette nouvelle collection. Il raconte, au début des années 1970, le combat d’Angela Davis, une jeune femme noire, militante communiste et membre des Black Panthers. À travers cet album très documenté, Fabien Grolleau au scénario et Nicolas Pitz au dessin retracent la vie d’Angela Davis, de son enfance marquée dans les actes du Ku Klux Klan dans l’Alabama jusqu’à sa traque et son arrestation par le FBI en 1970. Angela Davis a décidé de se lever et de ne plus accepter la situation. « Traquée » raconte cette lutte qui, 50 ans plus tard, est toujours d’actualité. Le combat d’Angela a été le commencement de nombreux autres combats et cet album lui rend hommage de très belle manière. (tw) « Traquée », de Grolleau et Pitz, éditions Glénat, 152 pages, 22 € ●●●●○



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