Métro Belgique n°4270 8 déc 2020
Métro Belgique n°4270 8 déc 2020
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°4270 de 8 déc 2020

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : n.v. Mass Transit Media

  • Format : (235 x 315) mm

  • Nombre de pages : 20

  • Taille du fichier PDF : 4,5 Mo

  • Dans ce numéro : premiers flocons.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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10 GREEN MARDI 8/12/2020 I metrotime.be Tests sur les animaux en laboratoire  : où en est la Belgique ? Alors que la Belgique se classe parmi les pay. européens qui font le plus de tests sur les animaux, l'association S.E.A. (Suppression des Expériences sur l'Animal) a lancé une campagne dans le métro bruxellois pour dire stop aux animaux dans les labos. C'est une pratique qu'on ne voit pas, ou qu'on ne veut pas voir. Beaucoup de citoyens l'oublient ou n'en ont tout simplement pas conscience. Pourtant, les expériences sur des animaux à des fins scientifiques sont une réalité en Belgique. Notre pays fait même partie des pays européens qui pratiquent le plus de tests sur les animaux. D'après les derniers chiffres officiels, 511.194 tests ont été réalisés sur des animaux en 2017 en Belgique, qui se classe derrière l'Allemagne et la France (environ 1,8 million de tests chacun), l'Espagne (725.833 tests) et l'Italie (569.177 tests). En Belgique, toujours en 2017, 1.856 de ces tests ont été réalisés sur des chiens. C'est le quatrième pays d'Europe en la matière. Notre pays est aussi le 4'État membre à avoir recours aux tests les plus douloureux sur les animaux. Ainsi, 82.536 expériences ont soumis les animaux à une souffrance qualifiée de « grave » par les chercheurs. Cela représente 16,5% des tests effectués sur notre territoire. POURQUOI FAIRE DES TESTS SUR DES ANIMAUX ? Dans l'Union européenne, les animaux sont utilisés pour les études de biologie fondamentale ; la recherche et le développement, mais aussi la production de produits, dans les domaines de la médecine humaine, de la médecine vétérinaire et de la dentisterie. Certaines de ces expériences sont aussi des essais toxicologiques et des études de sécurité sur des substances chimiques. Enfin, il existe d'autres utilisations expérimentales  : virologie, traitements oncologiques (anti-cancéreux), recherche et développement pharmaceutiques, essais d'associations de médicaments, Belga/C. Charisius génétique, etc. Les souris, les rats, les poissons et les oiseaux représentent environ 90% des animaux utilisés en recherche. Environ 10% de ces animaux sont des lapins, des poulets et des cochons d'Inde. Le pourcentage est très faible mais des dizaines de milliers de chiens, de chats et de macaques servent chaque année à faire des tests dans des laboratoires dans l'UE. DEUX VISIONS OPPOSÉES Deux camps aux opinions diamétralement opposées s'affrontent à propos de ces expériences. D'un côté, il y a les scientifiques et les organisations qui défendent les tests sur les animaux. « Les recherches sur les animaux sont de plus en plus pointées du doigt par une partie de l'opinion publique, alors qu'elles sont indispensables pour faire progresser la biologie et la recherche médicale », assurait en 2015 Daniel Boujard, directeur adjoint scientifique en charge des animaleries à l'Institut des sciences biologiques du CNRS (INSB). Sur son site internet, l'European Animal Research Association (EARA) publie quant à elle 40 raisons en faveur de l'utilisation d'animaux dans la recherche. Selon cette association, la recherche sur les animaux a joué un rôle essentiel dans presque toutes les percées médicales au cours de la dernière décennie et pratiquement tous les prix Nobel de physiologie ou de médecine depuis 1901 se sont basés sur des données animales pour leurs recherches. De l'autre côté, de nombreuses associations de défense des animaux se mobilisent en faveur de l'arrêt des expériences sur les animaux. C'est notamment le cas de Peta ou encore de Gaia et de S.E.A. en Belgique. « La plupart d'entre nous n'accepteraient pas que des millions d'êtres humains naissent chaque année dans le seul but d'être soumis contre leur gré à des tests dangereux et invasifs. Alors, pourquoi accepterionsnous que des animaux non humains soient privés de nourriture, d'eau ou de sommeil, ou bien soient empoisonnés, brûlés, gazés ou électrocutés avant d'être enfin tués ? », estime Peta. UNE CAMPAGNE DANS LE MÉTRO Durant cette rentrée, l'asblS.E.A. (Suppression des Expériences sur l'Animal) a lancé une grande campagne d'affichage dans 15 stations du métro de Bruxelles. « Ils disent que nous ne souffrons pas. Aidez-nous ! Stop aux animaux dans les labos », peut-on lire sur l'affiche accompagnée de la photo d'un Beagle, la tête vers le bas. « Les chiffres en constante augmentation ces dernières années montrent qu'il n'y a pas de réelle volonté des expérimentateurs de diminuer l'expérimentation animale. Or, la directive européenne de 2010 sur les animaux de laboratoire dit qu'il faut privilégier les méthodes sans animaux et il y a des méthodes alternatives existantes, indique Solange T'Kint, administratrice de l'asblS.E.A. « Notre priorité est un financement contrôlé des alternatives, l'intégration de la protection animale dans les commissions d'éthique et que les citoyens fassent pression sur les représentants politiques, notamment sur Thomas Dermine le nouveau secrétaire d'État chargé de la Politique scientifique, en relayant nos pétitions », conclut-elle. Thomas Wallemacq « Les chercheurs utilisent le chantage émotionnel Né en Belgique et résidant actuellement en France, le docteur André Ménache est vétérinaire. Directeur d'Antidote Europe, il est aussi conseiller scientifique pour 15 associations de défense animal dans le monde. Que pensez-vous du positionnement des chercheurs en faveur des tests sur les animaux ? « Pour moi, les chercheurs utilisent le chantage émotionnel. Selon eux, pour faire avancer la science et la médecine, c'est votre chien ou votre enfant, vous devez choisir ! Pour moi, ce n'est pas la question. En tant que vétérinaire, je peux vous affirmer qu'un chien ne peut pas prédire l'effet d'une substance chimique ou d'un médicament chez l'homme. Par exemple, je ne vais pas tester des médicaments pour les chevaux sur des perroquets. Pourquoi tester des médicaments destinés à l'homme sur des rats ou des chiens ? » Qu'est-ce qui bloque aujourd'hui ? « Malheureusement, aujourd'hui, nous sommes bloqués par une réglementation qui exige toujours de tester tout médicament sur un rongeur et un non rongeur avant de passer aux essais cliniques chez l'homme. Les chercheurs et les industriels pharmaceutiques mettent toujours cet argument en avant. Créés dans les années 1980, le processus de la validation et les règles actuelles ne sont pas valables et adaptés à nos technologies du 21e siècle. Or, per- Ph. André Ménache sonne ne les change. Tout le système est incohérent. Il crée non seulement une souffrance animale mais aussi des dégâts sur la santé humaine et l'environnement. Par exemple, les pesticides avaient été testés sur des rats, des poules, des vers de terre et des poissons, mais ils n'avaient pas pensé que cela allait massacrer les abeilles. Aucune espèce n'est un modèle biologique pour une autre espèce, c'est un principe de base en science et il est temps que les gens comprennent cela. Selon le FDA, sur dix médicaments ayant réussi des tests sur les animaux, neuf vont échouer lors des essais cliniques sur l'homme car ils sont soit trop toxiques, soit pas efficaces. A-t-on besoin d'un meilleur exemple pour montrer que le modèle animal n'est pas fiable pour l'homme ? » À quand remonte la réglementation encadrant les tests sur les animaux ? « Cette exigence de tester sur des animaux date de la fin de la Deuxième Guerre mondiale. C'est au procès de Nuremberg, vu ce que les nazis ont fait aux prisonniers, qu'il a été décidé d'encadrer l'expérimentation sur l'homme et de passer sur l'animal avant l'être humain. Aujourd'hui, nous sommes bloqués avec une réglementation vieille de 70 ans et qui n'est pas du tout à jour avec nos connaissances scientifiques. Nous sommes dans cette situation aberrante qui convient parfaitement aux industriels. » Comment changer les choses ? « Les citoyens doivent d'abord se renseigner en arrêtant de soutenir les associations caritatives à caractère médical qui subventionnent la recherche animale. Cela fait 30 ans qu'ils torturent des chiens et ils n'ont rien trouvé. Ensuite, ils doivent solliciter les députés et exiger une commission d'enquête. Les citoyens ont le droit de recevoir une réponse claire car cela touche tous les produits dans notre vie, les médicaments, les substances chimiques et les cosmétiques, tout a été testé sur des animaux à un moment donné. » (tw)
Ph. J. Mignot culture « JE PARLE DE CE QUI ME BOULEVERSE DANS MES CHANSONS » Vianney raconte ceux qu'il aime, avec tendresse et simplicité « N'attendons pas » est le troisième album de Vianney, qui est parvenu à devenir une star incontournable de la chanson française en quelques années seulement. Que cela soit sur les devants de la scène pour sa carrière solo, ou en coulisses pour d'autres artistes, il réussit tout ce qu'il entreprend. Mais de star, Vianney n'a que le statut et reste un jeune homme banal, humble et qu'il est impossible de ne pas apprécier. Avec cet opus, il laisse aux auditeurs la possibilité de rentrer dans sa vie intime, tout en gardant son jardin secret. D'entrée de jeu, le titre « Merci pour ça », une belle déclaration à votre compagne, donne le ton de l'album. C'est difficile de faire une telle déclaration ? Vianney  : « Non, c'est quelque chose qui vient naturellement chez moi. Je me livre complètement lorsque j'écris de la musique, c'est une façon de dire les choses sans filtres à ma compagne, mais aussi à ma famille et à mes proches de façon générale. Par contre, ce n'est pas quelque chose que je fais durant les interviews ou lors de déclarations publiques parce que j'estime qu'il faut garder un jardin secret. Si on veut avoir un certain équilibre, il faut accepter de conserver un minimum d'intimité, ce qui fait que je suis assez radin à ce niveau-là, désolé (Rires). » Cet album est résolument tourné vers les autres. On vous sait investi dans les milieux associatifs, c'est quelque chose qui est venu avec la notoriété ? « Je me suis toujours engagé dans des associations, mais cela relève du privé selon moi donc je me sers assez peu de ma popularité pour mettre cet aspect en lumière. J'étais en fait plus engagé auparavant, lorsque j'étais étudiant. Je passais beaucoup de temps avec des personnes qui vivaient dans la rue. C'était très enrichissant et je joignais l'utile à l'agréable, parce que mon école était à côté de l'endroit où ils vivaient. Du coup, je passais la nuit avec eux et j'enchaînais avec ma journée de cours, donc tout le monde y trouvait son compte ! Plus globalement, je vis pour échanger avec les autres, que cela soit mon public, mes proches ou des inconnus, c'est quelque chose qui m'anime. » Vous êtes entré dans la vie de Catherine, mais aussi dans celle de sa fille. Cette rencontre vous a-t-elle bouleversé ? « Complètement, d'ailleurs je parle souvent de ce qui me bouleverse dans mes chansons, donc c'était logique d'écrire'Beau-papa'. C'est sûr que l'on ne s'attend pas à éprouver autant d'amour pour un enfant qui n'est pas le sien, mais ça montre bien que la famille recomposée est un modèle qui fonctionne. Pour moi, l'idéal reste toujours d'avoir nos deux parents qui s'aiment et qui nous aiment, mais nous sommes la preuve que d'autres formes de familles existent et peuvent apporter beaucoup. » « Funambule » sonne comme une autre déclaration, mais à votre instrument cette fois. Pourquoi appeler ce solo de guitare comme cela ? « Parce que c'est un peu la relation que j'ai avec mon instrument. Je n'ai jamais appris la guitare de façon conventionnelle, j'ai toujours bricolé un petit peu pour jouer, mais c'est vraiment quelque chose qui m'apporte autant, voire plus que le chant. Dans la vie de tous les jours, je passe des heures et des heures à jouer de la guitare donc je trouvais ça normal de livrer cette facette de mon univers musical sur l'album et de me faire plaisir. C'est quelque chose que je n'aurais pas osé avant, mais là je me suis fait plaisir. » Qui sont « les imbéciles » ? « C'est moi, c'est vous, c'est toutes les personnes qui ne veulent pas vivre de la même façon que ce qui leur est proposé et qui ne se sentent pas trop en phase avec la société. Je ne comprends pas trop ce monde dans lequel tout nous est amené sans que l'on doive faire le moindre effort. J'ai beaucoup de mal avec la vision d'une société individualiste et égoïste, ça n'est absolument pas ce à quoi j'aspire et ça ne fait pas partie de mes valeurs que l'on m'a apprises. » Ces valeurs vous viennent notamment de votre grand-père décédé, à qui vous avez dédié le dernier titre de l'album, « Tout nu dans la neige »... « C'est un hommage que je voulais absolument lui rendre parce qu'il compte beaucoup pour moi. Il m'a avant tout appris l'amour de la transmission et des valeurs simples. C'était un petit commerçant qui avait le goût du travail, qui était discret, humble et attentionné. J'aurais adoré qu'il vive cette aventure avec moi et qu'il puisse me voir à un concert, c'est une des choses que je regrette le plus. » Cet amour de la transmission, c'est ce qui vous animera en tant que coach de « The Voice » ? « Oui, c'est vraiment quelque chose qui me motive, le fait de faire des rencontres musicales avec tous ces candidats. Et puis, on ne va pas se mentir, je vais prendre mon pied en participant à cette émission qui est toujours un show incroyable. Mais je pourrais tout à fait envisager de travailler dans le futur avec un de mes talents, parce que je ne mets pas certains noms au-dessus des autres, c'est plus une question de feeling. » Sébastien Paulus EN QUELQUES LIGNES Avant d'écouter « N'attendons pas », on pourrait se dire que Vianney va proposer un album de variété française comme les autres. On pourrait également s'agacer de ce cliché du gendre idéal véhiculé par le Français, voire de la naïveté qui émane de son univers musical. Mais onze titres plus tard, force est de constater que la sensibilité mise dans chacun des morceaux nous a embarqués et qu'il a balayé d'un revers de guitare tous les a priori que l'on avait. La sympathie que l'on ressent pour Vianney se transforme en attachement au moment de le rencontrer. On découvre un mec comme les autres, sympa et humble, qui finit de nous convaincre des belles intentions de ce disque. On n'attendait pas « N'attendons pas », et on se retrouve presque idiots d'avoir pu penser que l'on aurait pu ne pas l'apprécier. Vianney sera en concert à l'Ancienne Belgique le 13 avril prochain et à Forest National le 3 mars 2022. nenno



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