Métro Belgique n°4269 7 déc 2020
Métro Belgique n°4269 7 déc 2020
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°4269 de 7 déc 2020

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : n.v. Mass Transit Media

  • Format : (235 x 315) mm

  • Nombre de pages : 20

  • Taille du fichier PDF : 3,0 Mo

  • Dans ce numéro : roulez jeunesse !

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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8 NOËL LUNDI 7/12/2020 metrotime.be 11 Un Noël particulier, ça n’est pas une première ! On voit souvent Noël comme une fête immuable, que rien ne saurait perturber. Le Noël 2020 sera pourtant très particulier, Covid-19 oblige. Mais ce ne sera pas la première fois que Noël se célèbre dans un cadre hors du commun. Tour d’horizon des années qui se sont distinguées avec des réveillons spéciaux. NOËL 336  : Ce Noël ne pouvait qu’être particulier. Et pour cause  : il était le premier du genre ! C’est en tout cas la première célébration de la naissance du Christ dont on ait connaissance. Les Chrétiens goûtaient alors à une liberté nouvelle, suite à la conversion des empereurs romains, qui leur ont permis de vivre leur foi après des années de vie cachée. NOËL 1870  : La capitale française est aux mains de l’armée prussienne. Les Parisiens manquent de tout  : charbon, gaz et nourriture. Mais Noël arrive, et ils ne comptent pas se priver d’un moment de répit. De nombreuses familles décident alors de mettre dans leurs assiettes chevaux, chiens, chats, mulets et rats. On laisse chacun se faire une idée de l’intérêt gustatif de ce repas, mais sans aucun doute, l’envie de passer du bon temps en famille était présente. NOËL 1914  : La guerre fait rage depuis près de six mois en Europe. Les combats sont particulièrement violents, les soldats ont commencé à s’enterrer dans des tranchées afin de bloquer l’ennemi. En Belgique, la ligne de front se trouve au niveau de la frontière française. Et là, on a parfois assisté à des miracles. Le long de certaines tranchées, des soldats ont installé des sapins. Pour quelques heures, ils ont posé leurs armes, et parfois même discuté avec leurs ennemis. Ces scènes se répéteront plusieurs fois de Noël 1914 à Noël 1917. On verra même des soldats des deux camps sortir de leurs tranchées pour fraterniser le temps d’une soirée magique (des moments racontés dans le film « Joyeux Noël », avec Dany Boon). Cela ne les empêchera tout de même pas de reprendre leurs affrontements acharnés dès le lendemain. NOËL 1944  : Cette période restera dans les mémoires comme un hiver froid et meurtrier pour les habitants de l’Ardenne. Le 16 décembre, les troupes nazies ont lancé une contre-offensive pour espérer mettre un terme à la reconquête alliée lancée en juin 1944. Pour beaucoup, c’est un Noël dans les abris qui s’annonce. Pour d’autres, il est tragique  : le soir de la veille de Noël, 34 jeunes gens de la région de Bande, dans le Luxembourg belge, ont été exécutés par les soldats nazis. NOËL 1969  : En 1968, une nouvelle forme de grippe se répand sur la planète. Cette grippe de Hong Kong arrive en Europe début 1969, et provoque une hécatombe lors de l’hiver 69/70  : en deux mois, la France enregistre 35.000 morts (l’équivalent de la première vague de Covid, mais pour une population moins importante). Pour ce Noël 1969, quelques familles s’adaptent et portent le masque, afin de limiter le risque de contagion. Le phénomène n’est pourtant pas généralisé  : ni les autorités, ni le public, ni les médias ne se soucient de cette « épidémie passagère ». « Un présentateur d’un journal télévisé parle de la grippe de 68 comme du dernier cadeau de Noël qui fait des millions de malades et quelques morts », raconte Bernardino Fantini, historien de la médecine, dans Le Temps. NOËL 1999  : Les préparatifs de Noël allaient bon train en la fin de l’année 1999. Mais mi-décembre, quelques météorologues s’inquiètent  : deux puissantes tempêtes semblent prendre forme dans l’Océan Atlantique. Au fil des jours, leurs pires prédictions se confirment  : Lothar et Martin vont frapper l’Europe, et de la plus violente des manières. Si le jour de Noël bénéficie encore d’un calme relatif, les habitants des régions situées sur sa trajectoire se préparent. Les uns fixent tout ce qui pourrait s’envoler dans le jardin, les autres consolident des volets abîmés… Toutes ces précautions étaient bien nécessaires. Le 26, des vents violents s’abattent sur l’ouest de la France, puis se dirigent vers le sud de la Belgique et le centre de l’Allemagne. Quelque 140 personnes trouvent la mort à cette occasion. Des millions d’habitants finissent les fêtes de Noël à la bougie, en attendant que l’électricité soit rétablie. ◀ Ph. « Joyeux Noël » Ph. Belgium Remembers Un Noël 2020 Covid-safe Un Noël en petit comité, sans grande réunion de famille, est sans doute « la meilleure option » en ces temps de pandémie pour la majorité des pays, estime l’Organisation mondiale de la Santé (OMS). « C’est incroyablement difficile parce que, particulièrement pendant la période des fêtes, nous voulons vraiment être avec notre famille. Mais dans certains cas, ne pas tenir de réunion de famille est l’option la plus sûre », estime Maria Van Kerkhove, chargée de la gestion de la pandémie à l’OMS. Pour elle, une célébration commune par visioconférence pourrait être la solution. « Même si vous ne pouvez pas célébrer ensemble cette année, vous pouvez trouver des moyens de célébrer quand tout cela sera fini », a- t-elle anticipé. Pour se consoler, on pourra toujours se dire que nos aînés ont connu des réveillons de Noël plus difficiles. ◀
metrotime.be LUNDI 7/12/2020 CULTURE 9 Au cœur de la révolution française, l’enquête se poursuit Avec « Le mystère de la main rouge », la suite très attendue du « Loup des Cordeliers », Henri Loevenbruck nous replonge en plein cœur de la révolution française. Le jeune journaliste Gabriel Joly s’élance à la poursuite d’un justicier masqué. Mystères, vengeance et complots  : cette nouvelle enquête le mènera jusqu’en Corse, au cœur d’une sombre société secrète. On peut dresser de nombreux parallèles entre la révolution française et notre monde actuel. « Il y en a énormément ! Ne serait-ce que le confinement des Parisiens, entre la prise de la Bastille et le 22 juillet ! Les Parisiens étaient confinés, les spectacles arrêtés, les magasins fermés. Ça m’a beaucoup amusé de voir le discours à la fin du confinement de Jean-Sylvain Bailly, le maire de Paris, en 1789. Il ressemble à un discours de Macron en 2020 ! Ensuite, évidemment, sur le mouvement des gilets jaunes et tous les mouvements populaires et insurrectionnels. Ce qui est intéressant, en les mettant en parallèle avec 1789, c’est de voir les erreurs qu’il ne faut surtout pas commettre. Apprendre à se méfier des récupérations possibles  : la colère populaire est une arme redoutable pour beaucoup de politiciens. Apprendre, aussi, à faire très attention à ceux qui prennent la place de ceux qui ont été renversés. C’est bien de se remémorer l’histoire… et de voir que beaucoup de choses se répètent, malheureusement. » Votre héros va être confronté à une mystérieuse société secrète. Qu’est-ce qui vous l’a inspirée ? « La ‘Main Rouge’n’a pas existé mais elle symbolise pour moi le mensonge qu’il y a eu au sujet de la révolution. Ce devait être une révolution populaire. Elle est née sur des idéaux légitimes et magnifiques  : mettre fin aux privilèges et au système féodal. On y a mis fin… mais au profit d’une nouvelle aristocratie, qui était l’aristocratie industrielle. La bourgeoisie a récupéré les terres et les richesses de l’aristocratie et de l’église. Mais le peuple, lui, n’a pas gagné grand-chose du point de vue matériel. » Il a gagné des droits… « Il a gagné des droits et la mise en place progressive du suffrage universel. Ça a été important. Mais les grandes perdantes de cette révolution, c’était les femmes. La révolution a accordé des droits aux hommes mais très peu aux femmes. Or, elles étaient à l’origine de ce mouvement. » Justement, Gabriel pourra notamment compter sur son amie Théroigne de Méricourt. C’est une figure à laquelle vous vous êtes attaché ? « Oui. Théroigne et le pirate Récif sont les deux personnages pour lesquels j’ai une tendresse particulière. J’ai mis en scène une Théroigne romanesque ! Avec cet avantage qu’il n’y a pas beaucoup de documentation sur elle. Ce qui m’arrange, parce que cela laisse de la place à l’imagination, plus de liberté. En revanche, on connaît bien la fin de sa vie. C’est une histoire très forte, dramatique. Pour moi, c’est un matériau privilégié pour un roman. » Comment expliquer que sa vie soit passée sous les radars de l’Histoire ? « On connaît très bien Olympe de Gouges, qui est la deuxième grande figure féminine de la révolution. Elle a écrit une pièce de théâtre, elle était très introduite dans les salons… C’est devenu le symbole du féminisme naissant de la fin du 18 e siècle. Elle a un peu occulté les autres actrices, dont Théroigne de Méricourt. Pour moi, Théroigne a un charme particulier car elle est plus populaire. J’avais envie de lui rendre hommage. J’aimais avoir une espèce de féminisme qui s’incarnait dans un esprit aventurier. » Vous savez exactement où cette saga va nous mener ? « Elle continuera jusqu’à ce que je m’ennuie ! (Rires) On va aller jusqu’à la Terreur, donc il m’en reste cinq ou six à écrire, au minimum ! Le prochain va se dérouler à la Comédie Française, qui à l’époque était installée dans le théâtre de l’Odéon. On sera plus dans du Agatha Christie, du Hitchcock  : un polar pur et dur, un peu intimiste en huis clos. » Vous poursuivrez cette fresque historique et politique ? « Bien sûr ! Elle est super importante. Le prétexte du thriller et du divertissement, c’est pour permettre au lecteur de découvrir la révolution de manière plus proche. Depuis l’époque où je l’ai étudiée, plein de choses ont été découvertes. Elles permettent de la regarder avec un regard plus moderne et plus juste. » EN QUELQUES LIGNES 41r:We Ler.Vvimit,CK Lc MyMète dr la Milet Nier Ph. D.R. BOOKS Vous deviez être présent au Salon de l’Iris noir, à Bruxelles, annulé pour les raisons que l’on connaît. Qu’est-ce que ça représente ces annulations, ces rendez-vous manqués avec les lecteurs ? « C’est terrible. Je le comprends d’autant plus que je suis moi-même organisateur d’un salon que j’ai dû annuler aussi. Et c’est d’autant plus frustrant lorsque c’est justifié ! Ça fait très mal, c’est très douloureux. Aujourd’hui, les plus grosses victimes sont les libraires. Les petites librairies qui sont obligées de fermer (en France,ndlr.), il y en a plein qui vont crever. Il faut absolument soutenir les petits commerces de proximité face au poids des grandes multinationales de la vente par correspondance. Avec une vingtaine d’auteurs (collectif #sauvonsnoslibrairies), on sensibilise les lecteurs à acheter en librairie via le clic & collect. Ensuite, on milite auprès du gouvernement pour qu’il donne aux librairies les mêmes droits qu’aux marchands de tabac et aux cavistes. Eux peuvent continuer à vendre des cigarettes et de l’alcool. Et on pense que lire est une addiction aussi importante que le tabac et l’alcool… Au minimum ! » Oriane Renette Paris, 1789. La Bastille vient de tomber, le masque aussi. Alors que le journaliste d’enquête Gabriel Joly vient enfin de percer le mystère de l’identité du « Loup des Cordeliers », ce mystérieux justicier s’est enfui. L’intrépide jeune homme se lance alors dans une course-poursuite rocambolesque. Il pourra compter sur l’aide de ses amis Desmoulins, Mercier, Théroigne de Méricourt et le pirate Récif. Cette nouvelle enquête le mènera jusqu’en Corse, au cœur d’une redoutable société secrète… « Le Loup des Cordeliers » nous avait séduit, « Le Mystère de la Main Rouge » nous a convaincus. On attend déjà la suite de cette saga d’aventures, écrite à la manière d’un Alexandre Dumas. On dévore ces thrillers captivants, avançant de rebondissements en mystères au cœur de la révolution française. Une fresque historique passionnante qui nous ramène aux jours d’aujourd’hui. « Le mystère de la Main Rouge », par Henri Loevenbruck, XO Éditions, 473 pages, 21,90 € . ●●●●● REVIEWS UNE ŒUVRE COUP DE POING Au milieu des années 1940, Boris Vian utilisa le pseudonyme « Vernon Sullivan » pour changer d’air et publier quatre polars, teintés de sexe et de violence. Paru en 1950, « Elles se rendent pas compte » est le troisième roman noir de Vernon Sullivan. Il raconte les aventures de deux frères qui se retrouvent au milieu d’une mystérieuse affaire de drogue. À l’époque, Vian brisait les tabous en abordant notamment l’homosexualité à travers « un gang de lesbiennes ». Septante ans plus tard, cette histoire n’a rien perdu de son charme et de son mordant. Le Français J.D Morvan au scénario et l’Argentin Delpeche au dessin revisitent le roman de Vian en le mettant dans des cases. Ils plongent le lecteur dans les années 1950 et livrent une œuvre coup de poing, violente avec de nombreuses scènes de sexe, mais aussi beaucoup d’humour. (tw) « Elles se rendent pas compte », de JDMorvan et Delpeche, éditions Glénat, 96 pages, 19,5 € ●●●●○ DES CONTES EXTRAORDINAIRES ! « Jusqu’ici tout allait bien… » est un album exceptionnel à plus d’un titre. Tout d’abord, il est l’œuvre d’Ersin Karabulut et ce n’est pas tous les jours qu’on a l’occasion de découvrir le travail d’un dessinateur et scénariste turc. Cet album est découpé en neuf contes, dignes des meilleurs épisodes de la série Black Mirror. La première fable par exemple nous plonge dans une société dans laquelle tous les citoyens doivent porter une lourde pierre qu’ils ne peuvent jamais déposer, de leur enfance jusqu’à leur mort. Un moyen de soumettre la population ? Une autre fable raconte l’étrange histoire d’une femme n’ayant aucun orifice qui tombe enceinte et qui voit grandir et se développer en elle un être étrange. On découvre aussi la difficile vie d’un homme qui refuse d’avoir un smartphone dans une société hyper connectée. Ces histoires ont un point commun  : elles font réfléchir. Un album magnifiquement illustré et rempli de bonnes idées à découvrir d’urgence ! (tw) « Jusqu’ici tout allait bien… », d’Ersin Karabulut, éditions Fluide Glacial, 80 pages, 16,9 € ●●●●○



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