Métro Belgique n°4267 3 déc 2020
Métro Belgique n°4267 3 déc 2020
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°4267 de 3 déc 2020

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : n.v. Mass Transit Media

  • Format : (235 x 315) mm

  • Nombre de pages : 20

  • Taille du fichier PDF : 2,3 Mo

  • Dans ce numéro : no fugging way.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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12 là1 FEELGOOD JEUDI 3/12/2020 1 metrotime.be Vaccination  : le vrai du faux D’ici quelques semaines, l’humanité lancera la plus vaste campagne de vaccination jamais lancée  : celle contre le Sars-Cov-2, le virus responsable de la Covid-19. Pourtant, depuis quelques années, les vaccins sont souvent remis en question. Metro se penche sur quelques-uns des débats et rumeurs qui entourent les vaccins. LES VACCINS ENTRAÎNENT PARFOIS DES EFFETS SECONDAIRES Vrai. Les effets secondaires suite à une vaccination sont assez fréquents, et c’est tout à fait normal. Le patient peut ressentir une légère fièvre, une douleur localisée… Ces symptômes durent généralement un jour ou deux. Ils s’expliquent par le fait que le corps est mis à l’épreuve. Dans un vaccin, la capacité qu’a le microbe de rendre malade a été diminuée, mais sa capacité à stimuler les défenses immunitaires a été préservée. Pas d’inquiétude toutefois  : la vaccination n’aura évidemment pas les mêmes effets que la maladie. CERTAINS VACCINS SONT RESPONSABLES DE L’AUTISME Faux. Le vaccin contre la rougeole, la rubéole et les oreillons (RRO) est parfois la cible de telles accusations. Il n’y a aucune preuve scientifique étayant ce point de vue. Cette croyance pourrait venir du fait que les premiers symptômes de l’autisme se manifestent souvent à l’âge d’administration du vaccin RRO. Il n’y a pourtant pas de cause à effet. LE VACCIN CONTRE L’HÉPATITE B EST RESPONSABLE DE LA SCLÉROSE EN PLAQUE Cette rumeur s’est diffusée dans les années 90 et ressurgit régulièrement depuis. Selon l’Organisation mondiale de la Santé, rien dans les données cliniques actuellement disponibles n’apporte de preuve de l’existence d’un lien entre la vaccination et cette maladie. DES ÉTUDES CONFIRMENT LA DANGEROSITÉ DES VACCINS Faux. Il faut savoir qu’il y a « étude » et « étude ». Les études considérées comme les plus fiables sont celles qui ont été publiées dans des titres prestigieux comme The Lancet, The New England Journal of Medicine… Pour être publiée dans ces pages, une étude doit se soumettre à la « revue par les pairs » (peer review). Le processus consiste à soumettre l’analyse à d’autres scientifiques, qui analysent comment elle a été menée, quels facteurs pourraient la fausser, afin de dire, in fine, si la conclusion qui est tirée est juste. L’université de Rennes qualifie de « revues prédatrices » des revues qui publient systématiquement les articles « moyennant des frais de publication, et quelle que soit la valeur scientifique des travaux soumis ». Cela mène à ce que des documents soient présentés comme des études, alors qu’ils n’ont fait l’objet d’aucune vérification. LES VACCINS AFFAIBLISSENT LE SYSTÈME IMMUNITAIRE Faux. En fait, c’est l’inverse  : les vaccins renforcent le système immunitaire. On peut les voir comme un activateur du système immunitaire  : ils lui envoient le signal de fabriquer des anticorps sans activer la maladie. Le système immunitaire sort donc renforcé de la vaccination. IL N’EST PLUS NÉCESSAIRE DE SE FAIRE VACCINER Faux. Les maladies comme la rougeole, la rubéole, la poliomyélite, existent toujours. Elles sont devenues très rares grâce à la vaccination. Elles ne sont pas définitivement éradiquées pour autant  : en 2018 (date des derniers chiffres disponibles), elle a tué 140.000 personnes à travers le monde. Les États-Unis ont connu l’an dernier une recrudescence de la maladie, poussant certaines villes (notamment New York) à rendre la vaccination obligatoire. Pour cette maladie, il est nécessaire que 95% de la population soit vaccinée afin d’atteindre l’immunité collective. Les spécialistes insistent pour que toutes les personnes qui le peuvent se fassent vacciner, afin de protéger celles qui ne le peuvent pas, en raison de maladies chroniques notamment. L’ALLAITEMENT FAVORISE LA PROTECTION IMMUNITAIRE DU BÉBÉ Vrai. Le lait maternel est très riche, et contribue à la protection du bébé contre les infections. C’est important, mais pas suffisant pour le protéger de toutes les infections possibles. « C’est « Il faudrait rendre le vaccin contre le coronavirus obligatoire » Vincent Lorant est professeur de sociologie de la santé à l’Institut de Recherche Santé et Société de l’UCLouvain. Il estime essentiel de rétablir la confiance dans la vaccination. Depuis quelques années, la vaccination est de plus en plus souvent remise en cause. « Il y a effectivement un problème d’éducation vaccinale. Des vaccinations qui semblaient acquises, comme le RRO ou la grippe, commencent à être remises en cause. Globalement, l’opposition à la vaccination est le fait de deux groupes assez distincts. Il y a, d’un côté, ceux qui sont souvent proches des théories complotistes. Ce groupe est assez peu important, mais sera très dur à convaincre d’accepter la vaccination contre le nouveau coronavirus. D’un autre, il y a de nombreuses personnes qui font preuve d’hésitation vaccinale  : elles ont des doutes, mais ne sont pas radicalement opposées à la vaccination. » Comment convaincre ces personnes d’accepter la vaccination ? « Il faut être à l’écoute de ces gens qui ont des doutes. Ils ne sont pas irrationnels ou incompétents, mais ils veulent avoir des réponses à leurs questions. Il y a souvent, derrière leur hésitation, la référence à un article de Wakefield, publié dans le Lancet en 1998 (une publication médicale reconnue), qui liait la vaccination à l’autisme. Cette étude a été contredite et rétractée par la suite, mais cela n’a pas fait autant de bruit que l’étude elle-même. Il faut donc faire preuve de pédagogie, expliquer, et restaurer la confiance envers les autorités et les entreprises pharmaceutiques. » Comment expliquer la défiance actuelle envers les autorités et l’industrie pharmaceutique ? « Pour le moment, les autorités belges, comme la Commission de remboursement des médicaments (CRM-INAMI), prennent leurs avis sur base d’études fournies par le secteur privé. Cela n’aide pas à renforcer la confiance des citoyens dans l’indépendance des décisions politiques. Le temps et les ressources dont dispose la CRM pour revoir ces études sont limités. De plus, les firmes pharmaceutiques siègent dans la CRM. Mais il est très difficile d’avoir une recherche indépendante  : la recherche médicale demande des moyens considérables, et seules de grosses sociétés ont les reins assez solides pour se lancer dans le développement de vaccins et médicaments. Le problème, c’est que cela n’aide pas à redonner confiance à la population. Différents travaux en Ph. Unsplash précieux pour le bébé mais cela ne suffit pas à le protéger complètement ni suffisamment longtemps », souligne vaccination-info.be, un site de l’asblQuestion santé réalisé en collaboration avec les autorités francophones en charge de la famille. LES LABORATOIRES ONT DES INTÉRÊTS DANS LA VACCINATION Vrai et Faux. La mise au point et commercialisation des vaccins ont été laissées au secteur privé. Comme acteurs économiques, les laboratoires ont tout intérêt à faire des profits, et donc à pousser en faveur de l’utilisation de leur production. Les politiques de vaccination, en revanche, sont décidées par les États Ceux-ci s’appuient sur les recommandations de comités d’experts. Ces derniers, issus du monde de la recherche, sont indépendants, et ne tiennent donc pas compte des intérêts privés. L’indépendance de ces experts est toutefois souvent remise en cause par les mouvements anti-vaccins, dont la voix porte de plus en plus dans des pays comme les États-Unis ou la France. ◀ matière de pharmaco-économie ont montré que les études financées par des firmes pharmaceutiques arrivent, étrangement, à des résultats plus favorables que celles qui sont financées par des fonds indépendants. Le public peut donc légitimement se poser des questions. » Dans ce cadre délicat, comment va se passer la vaccination contre la Covid-19 ? « Un article récent du Jama estime qu’il faudra que 50 à 70% de la population soit immunisée pour atteindre l’immunité de groupe contre la Covid-19. Or, les jeunes seront difficiles à convaincre car le bénéfice de la vaccination est faible pour eux. C’est un groupe relativement moins touché par la maladie, avec beaucoup d’asymptomatiques, et je crains que le rejet du vaccin soit important. » (cg)
metrotime.be 1 JEUDI 3/12/2020 FEELGOOD 13 L’impact non négligeable du confinement sur la santé mentale Depuis le 2 novembre, et pour la deuxième fois cette année, la Belgique est confinée pour lutter contre la propagation du coronavirus. Si cet isolement est nécessaire pour préserver notre santé physique, il n’en reste pas moins dangereux pour notre santé mentale. C’était l’une des interrogations du premier confinement. Quel impact un isolement de longue durée allait-il avoir sur la santé mentale de la population ? Le 20 mars, déjà, sur le plateau du JT de la RTBF, le professeur Gwenolé Loas, chef du service de psychiatrie de l’hôpital Erasme, tirait la sonnette d’alarme. « Nous n’avons pas encore le recul, il n’y a pas encore d’étude clinique relative au confinement dû à la Covid-19. Mais il y a eu des études sur les conséquences du SRAS, notamment en Asie. Les chercheurs ont observé l’apparition d’une morbidité psychiatrique, autrement dit des troubles psychiatriques, conséquents à l’isolement, comme des symptômes identiques à ceux du stress post-traumatique », détaillait-il à l’époque. Depuis, de l’eau a coulé sous les ponts. L’Europe s’est déconfinée en été avant de resserrer la vis en automne face à une seconde vague contre laquelle seul un second confinement semble efficace. Entre-temps, plusieurs études évaluant l’impact du confinement sur la santé mentale sont sorties. C’est notamment le cas en Suisse, où l’Université de Bâle a découvert que « le niveau de stress avait augmenté chez une personne sur deux » pendant le confinement. Tout comme les symptômes d’anxiété et de dépression qui auraient été particulièrement accentués. En Grande-Bretagne, le « bienêtre émotionnel global » des habitants se serait détérioré pendant la pandémie alors que 65% des adultes avec des problèmes de santé mentale préexistants auraient vu leurs problèmes s’aggraver pendant le confinement. Situation similaire en France, où l’Agence nationale de santé publique pointait une « augmentation significative des troubles dépressifs, une dégradation de la satisfaction de vie actuelle et des états anxieux très élevés » au début du confinement. DES MESURES ADAPTÉES Évidemment, la Belgique n’échappe pas à la règle. Et il semble que les autorités en aient conscience. Il est ainsi toujours possible de s’évader en bricolant, en dévorant un bouquin (les librairies étant par exemple fermées en France et en Grande-Bretagne), ou en allant se promener loin de chez soi. « Je ne vois pas le mal si quelqu’un roule 50 kilomètres pour aller se promener dans un bois », avait ainsi déclaré Alexander De Croo à l’annonce du second confinement. Les personnes isolées, particulièrement touchées par la solitude au printemps, peuvent quant à elles avoir deux contacts rapprochés au lieu d’un seul, afin qu’elles souffrent moins de l’isolement. Mais malgré ces mesures, le moral de nombreux Belges est impacté par la situation. « Le vécu de ce reconfinement risque d’être plus difficile parce qu’on n’est plus dans ‘l’exceptionnel’. Face à une certaine lassitude, la population aura peut-être plus de difficultés à se mobiliser, se montrera peut-être moins solidaire avec une tendance au repli sur soi. Aussi, les angoisses ont tendance à s’accentuer étant donné que la situation perdure. En outre, l’automne-hiver est une période difficile en termes de bien-être psychologique  : journées plus courtes, peu de lumière, froid », confie Lara Kotlar, chargée de communication pour l’Agence pour une Vie de Qualité. RISQUE D’ÉPUISEMENT PROFESSIONNEL Pour l’AViQ, ces angoisses se caractérisent de nombreuses manières, que ce soit au niveau comportemental (difficultés de concentration, repli sur soi/isolement), émotionnel (sentiment de découragement, de tristesse, de colère, vision négative des choses), ou somatique (difficultés de sommeil, diminution de l’appétit, sensation de fatigue…). Sans surprise, les personnes âgées font partie des groupes les plus impactés par le confinement. Mais elles ne sont pas seules. Les jeunes, les personnes en situation de vulnérabilité et les personnes souffrant de difficultés psychologiques préexistantes sont également fortement touchées par la situation actuelle. « Une attention particulière doit aussi être portée aux professionnels de l’aide et du soin », rajoute Lara Kotlar. Le personnel soignant, parlons-en. Une enquête réalisée en octobre par Zorgnet-Icuro montre que le soignant est moins « craintif » qu’en avril « parce qu’il connaît désormais la maladie, parce que le matériel de protection ne manque pas et parce que des scripts et protocoles encadrent leur pratique en lien avec la COVID ». Il se sent par contre « très fatigué, souffre de manque de sommeil et n’a pas la possibilité de se détendre suffisamment ». Cette étude vient donc confirmer ce que l’on savait déjà et ce que les professionnels de la santé martèlent depuis de longues semaines  : l’épuisement professionnel n’est pas loin. (cd) Ph. Unsplash AFP/A. Oikonomou AFP/A. Oikonomou La Wallonie réagit Bien consciente de l’impact du confinement sur la santé mentale, la ministre wallonne de la Santé Christie Morreale a annoncé début novembre que 44 recrues allaient venir renforcer les 141 psychologues déjà engagés ces derniers mois dans les services de santé mentale (SSM) et de soins psychiatriques à domicile (SPAD) en Wallonie pour faire face à l’important rebond de l’épidémie. Le gouvernement wallon a également lancé, le 9 octobre, une campagne de sensibilisation à la santé mentale (affichage, réseaux sociaux et spots radiophoniques) autour du nouveau site www.trouverdusoutien.be. Cette plateforme web s’adresse tant aux citoyens qu’aux professionnels de l’aide et du soin et leur permet de trouver du soutien en santé mentale à proximité de chez eux ou de leur lieu de travail.



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